États-Unis : des républicains charmés par les sirènes anti-armes à feu

Si nouvelle loi il doit y avoir, ce serait plutôt pour que la police fasse son boulot de défense de la loi et d’arrêter un tireur fou.

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États-Unis : des républicains charmés par les sirènes anti-armes à feu

Publié le 28 juin 2022
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On viole les droits constitutionnels des gens au nom de leur sécurité.

Les fusillades sont une triste réalité qui semble unique aux États-Unis. Et à chaque fois qu’elles se produisent, les sirènes (généralement démocrates) implorent le Congrès de « faire quelque chose ». Même si cela implique de violer les droits fondamentaux des individus.

Généralement, les républicains résistent au charme. Mais pas cette fois-ci.

Plusieurs sénateurs du parti de Trump se sont rangés du côté du parti de Biden pour imposer des restrictions fédérales sur les armes à feu. La nouvelle loi restreindra le port d’arme à 21 ans plutôt que 18, imposera une plus grande vérification des antécédents et la suspension du droit au port d’armes si une cour juge qu’une telle autorisation serait trop dangereuse – appelées communément red flag laws.

L’invocation de ces mesures est des plus ironiques. En effet, elles se sont révélées complètement inutiles pour stopper la fusillade de Buffalo alors que le tireur montrait plusieurs signes avant-coureurs.

Pour le reste, tout libéral qui se respecte doit s’insurger contre de telles lois. Elles vont à l’encontre même du principe d’habeas corpus et rendent la personne coupable jusqu’à preuve du contraire – un peu comme les listes d’interdiction de vol. Aux États-Unis, ces lois vont à l’encontre de la Constitution, notamment la saisie abusive des biens civils et la présomption d’innocence. De plus, elles s’apparentent à un pré-crime.

Oh, si l’esprit théorique des lois – imposer le fardeau de la preuve aux délateurs – était respecté à la lettre, une personne raisonnable pourrait les considérer. Mais les supporteurs oublient trop souvent que de tels procédés sont ouverts aux abus. Pensons simplement à ces procureurs régionaux woke qui transforment les grandes villes en zones de non-droit où les criminels sont vraiment des victimes. Ou qui accusent sans enquête préliminaire des gens qui ne faisaient que se défendre.

 

Pas un droit de seconde classe

Si la loi présente était adoptée au Congrès et signée par Joe Biden, une contestation judiciaire a de fortes chances de l’invalider derechef.

En effet, la Cour suprême a unanimement rejeté une telle loi, lorsqu’un homme s’est fait saisir ses armes sans procès aucun. Une instance inférieure avait maintenu la décision en invoquant une exception inexistante de « sécurité pour la communauté. »

Et alors que le Congrès débattait du bien-fondé d’imposer les lois red flag au niveau fédéral, la Cour suprême rejetait une autre loi restreignant le port d’arme de façon injustifiée. Dans une décision six contre trois, la plus haute cour du pays a jugé inacceptable que l’État de New York oblige les demandeurs de permis de port d’arme de justifier leur demande.

En d’autres termes, le monopole de la violence permettait de demander à ceux souhaitant se défendre de donner de « bonnes » raisons comme un danger imminent à leur encontre. Comme toute bonne démocrate, la gouverneur ne s’en laissera pas compter et songe déjà à imposer d’autres restrictions.

Heureusement, la Cour suprême s’est levée pour affirmer que le deuxième amendement n’est pas un droit de seconde classe. Pouvez-vous imaginez si une telle logique s’appliquait au premier amendement (liberté d’expression, de religion, d’association) et au troisième amendement (pas de soldat chez l’habitant en temps de paix)? Pourrions-nous parler, nous associer ou pratiquer notre religion ?

Bref, le Congrès perd vraisemblablement son temps à vouloir imposer des restrictions au port d’arme. Elles surviennent suite à des fusillades où, particulièrement à Uvalde, les forces de l’ordre ont laissé à eux-mêmes les élèves en restant plantées à ne rien faire.

Si nouvelle loi il doit y avoir, ce serait plutôt pour que la police fasse son boulot de défense de la loi et d’arrêter un tireur fou. Rien n’a été appris de cette fusillade en Floride, où la police était aussi restée inerte.

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  • « A well regulated militia being necessary to the security of a free State, the right of the People to keep and bear arms shall not be infringed. »

    Un tireur fou pourrait-il être intégré dans une milice bien organisée ? Un enfant de dix ans ?

    Dans le premier cas, la loi fédérale l’interdit, mais sans se donner les moyens de le faire respecter

    Le deuxième cas relève de la législation des états – le Minnesota autorise les enfants de dix ans à obtenir un permis de chasse ; au Kentucky, l’auteur d’un homicide par balle avait cinq ans et utilisait une arme conçue spécialement pour les enfants ( Keystone Sporting Arms « Crickett » calibre . 22 avec des crosses, entr’autres, rose ) ; par contre, on peut se poser la question de la validité des lois dans les états demandant 21 ans minimum pour un achat alors que tous les corps d’armée peuvent recruter des jeunes de 17 ans avec le consentement des parents ou de 18 ans sans celui-ci.

    -2
    • @Lucx
      Bonjour,
      Le 2nd Amendement n’est pas.inscrit dans le.Bill of Rights pour permettre la chasse.
      Le Peuple, the People, regroupe les citoyens pas les enfants.ni les criminels.
      Cet.amendemnt que vous citez dit clairement que sans le droit de port d’arme, pas d’état libre donc pas de Peuple libre. C’est aussi simple que cela.

      « au Kentucky, l’auteur d’un homicide par balle avait cinq ans et utilisait une arme conçue spécialement pour les enfants ( Keystone Sporting Arms « Crickett » calibre . 22 avec des crosses, entr’autres, rose ) »
      Conçue pour que les enfants apprennent à connaître les armes à feu.
      Il y a aussi eu le cas où un enfant de 41ns a tué sa mère car il avait attrapé une arme laissée près de la banquette arriere. Il aurait dû être attaché à son siège auto d’ailleurs. Errange que vous ne parliez pas des enfants ado qui se servent de leurs armes ou de celles de.leurs parents pour défendre leurs vies ou celles de leurs parents.
      Au passage, un homicide n’est pas forcément un meurtre.

      • Les enfants font partie du peuple. Et on a déjà eu au moins un cas où un enfant a sauvé son parent, arme en mains.

  • Diagoras L Athee
    28 juin 2022 at 12 h 17 min

    Excellent article. Merci M Veer.

  • Un article qui fera de l’ombre à ce papier de pacotille que je viens de lire sur la police et les refus d’obtempérer, où il y est dit qu’un refus d’obtempérer mérite la peine de mort. Je ne comprends pas en quoi on puisse se faire arrêter alors que l’on a pas commis d’infraction. C’est juste du délit de faciès.

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