Présidentielle : en finir avec l’anti-fascisme de pacotille

Les antifascistes d’aujourd’hui ne se battent que pour maintenir leur zone de confort, ce qui n’est pas très glorieux.

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Présidentielle : en finir avec l’anti-fascisme de pacotille

Publié le 27 avril 2022
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Je viens de regarder une vidéo émouvante sur cet homme noir, Daryl Davis, qui se lie d’amitié avec un membre du KKK, sans (bien sûr) l’approuver pour faire triompher le dialogue et le respect sur la haine.

Ce qu’il dit sur le racisme et la lutte contre l’ignorance est très frappant. En particulier cette phrase :

« Si tu as un adversaire, tu ne dois pas respecter ce qu’il dit, mais respecter son droit de le dire ».

Attention à ne pas voir le fascisme partout

C’est l’exact opposé de l’anti-fascisme que nous voyons se répandre partout, notamment en France.

Avec l’invasion impitoyable de la Russie prétendument motivée par la dé-nazification, je pense que le moment est venu de reléguer les accusations de fascisme aux cas bien documentés et bien sûr justifiés auxquels elles doivent être attribuées… mais pas plus.

Les personnes qui utilisent ces accusations ne respectent pas les autres. Ces antifascistes sont à l’intolérance ce que Poutine et sa dé-nazification sont au totalitarisme : identiques.

Ce court-circuitage consistant à faire taire les autres et leur dissidence au nom d’un soi-disant anti-fascisme doit cesser pour le bien des autres et pour son propre bien.

Pour donner un exemple : en France, nous sortons d’une élection où certains nous expliquent que la démocratie a gagné parce que Marine Le Pen a perdu et que, de ce fait, « le fascisme a perdu ».

J’ai voté contre Marine Le Pen parce que son programme est très fortement dirigiste, parce que je trouve qu’elle parle de la France en termes à la fois approximatifs, autoritaires et peu enthousiasmants, parce que ses positions sur l’Ukraine sont inacceptables, parce que son programme économique est rétrograde et mènerait à la ruine, par ce qu’elle est une sur-étatiste insensée… mais je suis désolé, pas parce qu’elle est fasciste : elle n’est ni Mussolini ni Hitler, il faut arrêter de dire n’importe quoi…

Je ne dis pas ça par amour de la vérité, mais parce que je pense que cette accusation de fascisme permet de diaboliser l’adversaire et de laisser sous la table les vrais problèmes comme par exemple que Macron est aussi fortement dirigiste, qu’il parle de la France de manière insincère (il a même dit que la culture française n’existait pas). Il est un sur-étatiste insensé au programme économique inacceptable et sans beaucoup de principes autres que ceux de rester au pouvoir ; ses positions sur l’Ukraine sont par contre beaucoup plus acceptables que celles de Marine Le Pen – raisons ultimes de mon vote.

Qu’auriez vous voté si, toutes choses étant égales par ailleurs, c’était Marine Le Pen qui était pro-Ukraine et Macron qui avait été pro-Russie avec toutes les conséquences que cela implique sur l’extension de la menace totalitaire russe en Europe et le risque réel de vassalisation de l’Europe qui lui est lié ?

C’est un scénario impensable; je le sais bien, mais je pose quand même la question : auriez-vous voté pour le combat de la liberté en Ukraine ?

Je suis bien conscient que ce n’est pas le fruit du hasard si Marine Le Pen soutient Poutine, mais il est utile d’observer comment cette question nous amène à nous poser des questions sur notre propre valeur et les vraies raisons de soutenir ou combattre une personne. N’est-il pas préférable de clarifier les raisons de combattre Marine Le Pen que de ne pas les examiner sous le prétexte facile qu’étant fasciste elle ne devait pas être élue ?

Critiquons Le Pen pour de vraies raisons

En d’autres termes, en votant contre Marine Le Pen parce qu’elle est soi-disant fasciste, nous passons à côté de l’opportunité d’examiner les véritables raisons pour lesquelles il faut la combattre.

Je n’ignore pas le passé plus que trouble de certaines personnes autour d’elle, mais franchement, qui n’est pas également troublé par les liens plus que suspects des salafistes qui ont été maintenus au pouvoir des autorités de l’Islam de France ces cinq dernières années ?

Mon point n’est pas d’excuser l’intolérance des soutiens de l’un par rapport à celle des soutiens de son opposant, mais de souligner à quel point cette conviction que chacun de nous peut facilement acquérir sur le fascisme de l’autre nuit à notre capacité d’observer ce qui se passe du côté de ceux que l’on soutient.

Bref : les antifascistes d’aujourd’hui ne se battent que pour maintenir leur zone de confort, ce qui n’est pas très glorieux. Faisons mieux que cela en arrêtant de procéder par des anathèmes qui ne font qu’exprimer notre « excommunicateur » intérieur… Si mes propos vous choquent et vous révoltent et font de moi à vos yeux un vil fasciste, ou à tout le moins, l’un de leurs alliés objectifs, je vous invite à relire le début de ce post et à regarder cette vidéo et à vous demander si ce n’est pas vous qui n’avez pas suffisamment analysé les sources de votre intolérance.

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  • Alors personnellement, il n’y a pas de pour ou contre Poutine. Nous ne sommes pas en guerre contre la Russie, l’Ukraine n’est ni dans l’UE, ni dans l’OTAN.
    Donc mon souhait aurait été de rester neutre à l’international. Permettre aux réfugiées ukrainiens de venir en France (apprendre la langue, travailler et respecter les lois) tout en favorisant une entente économique avec la Russie (et les autres pays).
    Cela m’aurait paru être la moins mauvaise des solutions. Car la politique, c’est de choisir entre 2 mauvaises décisions.

    • Tout à fait. Et cette manie de se référer à Poutine à tout propos, non sans lui adjoindre les qualificatifs et sous-entendus de l’affichage vertueux, est particulièrement irritante. Si on voulait faire appel à la raison du lecteur, surtout sur un sujet comme l’anti-fascisme, on veillerait à utiliser une expression neutre.

  • Je suis d’accord avec le raisonnement de l’auteur : que l’on approuve ou désapprouve, en tout ou partie, les positions de Mme Le Pen, utiliser le terme « fascisme » à son sujet est inexact et seulement insultant, tout cela brouillant la réflexion.
    Au risque d’être « pesamment scolaire », je viens de consulter l’entrée « Fascisme » dans le dictionnaire Robert en ligne et voici exactement ce qu’on y trouve :
    « fascisme | nom masculin
    1. Doctrine, système politique nationaliste et totalitaire que Mussolini établit en Italie en 1922.
    2. Doctrine ou système politique tendant à instaurer dans un État un régime totalitaire du même type.
    3. par extension Attitude politique réactionnaire et autoritaire. »
    Que peut-on en déduire en confrontant à ce faisceau de définitions les convictions affirmées par Mme Le Pen et ses propositions ?
    – la Définition 1 est évidemment inapplicable puisqu’elle s’applique à des événements historiques révolus, le dernier avatar du régime fasciste de Mussolini, à savoir la « République de Salo » ayant définitivement disparu en 1945 ;
    – une analyse honnête de la Définition 2 amène à conclure qu’elle n’est pas applicable aux idées et propositions de Mme Le Pen : car, à moins d’être délibérément ou inconsciemment de mauvaise foi, on ne peut soutenir que Mme Le Pen ou le RN en général veuillent instaurer en France un régime totalitaire de type fasciste (monopole du pouvoir conféré à un parti de masse organisé de façon paramilitaire, emprisonnement voire meurtre des opposant politiques, etc.) ; le fait que, par exemple, le programme de Mme Le Pen contienne des éléments « populistes » [j’emploie le mot – dont il faudrait aussi rappeler la signification : mais ce serait trop long – dans un sens descriptif et non pour formuler un jugement], qu’ils militent en faveur d’une primauté de la souveraineté nationale ou souhaitent renforcer le rôle de l’État en matière économique ne suffit pas à en faire une idéologie fasciste, ne serait-ce que parce que ces éléments se retrouvent en tout ou partie dans le programme d’autres partis ;
    – c’est à propos de la Définition 3 (« par extension Attitude politique réactionnaire et autoritaire. ») que la discussion pourrait s’engager : or, précisément, cette « définition » n’en est pas une mais plutôt le constat d’une dérive, à savoir l’utilisation du terme « fascisme » pour des idées qui n’en relèvent pas ; il faudrait presque faire précéder cette Définition 3 du terme « (Abusif ») : comme l’écrivait il y a déjà plusieurs décennies le grand historien Henri Michel dans son précis sur le fascisme publié dans la Collection « Que sais-je ? », le terme « fascisme » est appliqué à de multiples situations moins pour en exposer la nature profonde que pour déconsidérer un adversaire ; « On est toujours le fasciste de quelqu’un. », écrivait-il fort justement.
    Bref, cela confirme que l’emploi des termes « fascisme » ou « fasciste » à propos de Mme Le Pen ou du RN est inapproprié et remplit uniquement une fonction d’insulte couplée à une volonté de dévaloriser l’adversaire ab initio en refusant tout débat : on est dans le même esprit que, par exemple, la qualification d’ « anticommuniste » à une époque où cette épithète revêtait un caractère infamant [Dieu merci, les temps ont changé sur ce point] ou, aujourd’hui encore, d’ « antieuropéen », apostrophe destinée à empêcher de s’exprimer les personnes ayant une conception des relations entre pays européens autre qu’européiste ou fédéraliste. Cela s’appelle du terrorisme intellectuel et sa pratique nuit à la tenue de débats ouverts qui sont indispensables en démocratie.
    Il est donc crucial, avant d’entrer dans tout débat d’idées, de s’assurer que celui-ci se fera dans un cadre intellectuellement honnête, ce qui doit ipso facto amener à rejeter absolument toute catégorisation a priori destinée à bloquer en pratique toute discussion ouverte.

    Je me sens d’autant plus à l’aise pour exposer ce qui précède que je suis en désaccord avec beaucoup d’idées et de propositions de Mme Le Pen et du RN : à mon avis, si on veut comparer ce parti à un mouvement en partie similaire, on pourrait par exemple évoquer l’UDC de C. Blocher en Suisse en parlant de « droite dure », encore que cette expression soit fort vague.
    Je n’ai d’ailleurs même pas considéré que le FN de Jean-Marie Le Pen était un parti de type fasciste, même si la présence d’individus aux convictions clairement néonazies ou néofascistes en faisait pour moi un mouvement malsain contre lequel j’ai voté, de même qu’un certain nombre de propos odieux de J-M Le Pen : simplement, se contenter de parler de « fascisme » pour décrire le FN était très réducteur donc erroné.
    « Mal nommer un objet c’est ajouter au malheur de ce monde » (Albert Camus)

  • Même moi je suis d’accord ?

  • Donc si je comprends bien, l’auteur a voté Macron car il est pro-ukrainien (mais alors, pourquoi ne souhaite-t-il pas parler de « génocide », comme demandé par Zelensky ? ^^)… Même si tous les autres sujets « internes » au pays qu’il évoque sont similaires sur les deux candidats ; en gros programmes qui vont faire s’effondrer la France… Etrange. Mais ça confirme que les Macronistes sont clairement un « danger » pour la France et ses principes, car ils souhaitent détruire la notion de Nation pour pouvoir amener à un contrôle au niveau mondial… Merci donc pour toutes ces précisions 😉

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