La résilience facile du père Castex

Castex présente son plan de résilience : redistribution d’argent qu’on n’a pas, et surtout aucune diminution des dépenses étatiques.

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La résilience facile du père Castex

Publié le 21 mars 2022
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Ce n’est pas parce que la campagne s’est quasiment évaporée quelque part entre le Donbass et la quatrième dose de produit magique de Pfizer qu’elle n’existe plus du tout. En réalité, certains ont bien compris toute l’importance de distribuer encore quelques bonbons avant le manège électoral. Et avec les petites surprises sur les prix actuels de l’énergie, voilà une occasion en or de faire briller la fine fleur de la redistribution à la française.

Il faut dire qu’actuellement, ça picote !

Les prix des matières premières flambent et entraînent avec elles les coûts de production ; outre un baril de pétrole qui dépasse maintenant les 100 dollars, le blé a explosé à la hausse (+36 % depuis trois semaines, le tournesol de 40 % et le gaz de 90 %). Les produits manufacturés voient en conséquence leurs prix grimper à un rythme soutenu, à tel point que l’INSEE envisage déjà un solide 4 % d’inflation sur les quatre premiers mois de l’année, ce qui, compte-tenu de l’habituelle sous-évaluation de l’institut, signifie probablement un chiffre plus proche de 8 %…

Dès lors et comme le veut l’habitude gouvernementale depuis plusieurs décennies, il convient absolument de faire quelque chose ; comme gesticuler en agitant les bras en l’air a largement prouvé son efficacité pour un certain nombre de crises précédentes, le gouvernement Castex a donc fort logiquement envisagé la même technique. Concrètement, cela se traduira cette fois-ci par un nouveau plan qu’on qualifiera de « résilience économique et sociale ». On échappe de peu au numéro vert et au Grenelle de la résilience, mais l’esprit y est, c’est évident.

Et quand on dit qu’il s’agit bien d’appliquer les techniques utilisées « avec brio » lors des crises précédentes, ce n’est pas une simple formule puisque c’est exactement dans ces termes qu’ont été présentées les actions décisives envisagées par Castex et sa troupe de joyeux lurons : dans une vidéo pourtant courte mais suprêmement soporifique, le Premier ministre explique vouloir baisser de 15 centimes par litre le prix à la pompe des carburants, et compenser par des aides l’augmentation des factures énergétiques des entreprises à hauteur de la moitié des surcoûts enregistrés depuis le début de la guerre en Ukraine.

Vraiment, le Prince est trop bon ! Le voilà qui va rendre aux petits gueux 15 centimes du litre d’une essence dont le coût est composé à plus de 70 % de taxes (soit plus de 200 % de ponctions étatiques sur le prix hors taxes) et encore faudra-t-il que ce dernier s’estime heureux; Le tout en faisant passer ça pour une augmentation liée à la crise ukrainienne alors que cette augmentation est maintenant constatée depuis l’automne dernier. Normalement on appelle cela du floutage de gueuletaxe : la taxe est toujours perçue en totalité, mais grâce à des petites tubulures gouvernementales, un peu d’argent revient dans la poche du contribuable, une fois que l’inflation lui a déjà pris l’équivalent. En somme, on lui promet une somme qui s’évapore avant d’arriver dans son bas de laine qui continue donc de maigrir.

La planification et le protectionnisme outrancier, mis en place dès le premier confinement de 2020, ont pourtant largement démontré leur capacité à détruire les chaînes de valeurs et la logistique délicate que l’interaction mondiale de milliers d’acteurs différents rend pourtant impossible à réguler d’en haut.

Comme à l’habitude, les propositions sont à mi-chemin entre le lunaire et l’impraticable : plutôt que diminuer les montagnes de taxes et de ponctions que l’État impose sur l’énergie, plutôt même que renoncer aux abrutissantes stupidités écologiques qui nous ont propulsé, directement et indirectement, dans la situation actuelle, propositions qui constitueraient de vraies solutions allégeant les charges des entreprises et des particuliers, leur redonnant du pouvoir d’achat et des marges de manœuvres, tout en éclaircissant franchement l’avenir, le gouvernement Castex choisit un nouveau système de réduction en caisse avec des remboursements compliqués, des chèques énergie et autre mécanismes de subvention de l’État qui s’accompagneront, on s’en doute, d’épais conditionnel et de vérifications fiscales a posteriori dont on sent déjà qu’elles seront épicées.

En somme, nous assistons une nouvelle fois à une bordée de planisme pour contrer un effet jugé délétère d’un marché déjà largement corseté par des règles étatiques plus ou moins arbitraires et empilées sans vergogne depuis des décennies d’un socialisme qui se porte de plus en plus mal. Ajouter des règles et des contraintes à un marché déjà largement englué de contraintes, de taxes et d’interventions massives des administrations, forcément, c’est une recette du succès : ce sont toujours les pays les plus administrés et les plus bureaucratiques qui s’en sortent le mieux, c’est bien connu.

Mais le pire de tout cela est le constat navrant qu’on redistribue encore et encore ce qu’on n’a même pas commencé à amasser. En réalité, ici, Castex et sa brochette de clowns approximatifs redistribuent de la dette, à grandes pelletées vigoureuses de déficit budgétaire, sur la tête des générations les plus jeunes et, mieux encore, sur celles qui ne sont pas encore nées et dont l’intérêt n’est positif que lorsqu’on parle climat, jamais lorsqu’on parle finances. Brûlant avec ferveur l’argent des autres qu’elle n’a pas encore dérobé, la mafia actuellement au pouvoir se comporte ainsi exactement comme s’il s’agissait de laisser le passif le plus immonde à l’équipe suivante, et peu importe si elle sera du même bord ou pas : l’avenir personnel de ces escrocs officiels ne s’étant jusqu’à présent jamais confondu avec l’avenir du reste du peuple, l’impact réel sur ce dernier, à moyen et long terme, n’a aucune importance.

Avec le même brio que la gestion sanitaire où tout fut fait à l’emporte-pièce et en dépit d’absolument toute planification budgétaire ni même de retour d’expérience pour essayer de voir ce qui a marché ou non, on va donc reproduire les mêmes mécanismes pour la crise énergétique avec l’entêtement idiot de ceux qui en ont en réalité absolument rien à foutre.

Et pour faire bonne mesure, Castex présentera ça comme un gage de sérieux. Voilà qui promet.


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  • La Plankastex, c’est fantastique 🙂

    Ils ne se posent pas la question suivante : puisque la monnaie ne vaut plus rien, pourquoi donc la garder?
    Et pourquoi donc travailler quand on est jeune, puisque toutes les sommes versées seront rabotées à l’os par l’inflation?
    Vive les pays ou l’on peut gérer soi-même sa retraite.

  • Merci frère H16, pour cet article, mais vous évoquez « clowns approximatifs », auriez vous fait une erreur ? s’agissait il plutôt de clowns professionnels dont la politique est approximative ?
    Désolé je n’ai pas pu m’en empêcher.

  • Dans le même ordre d’idée, les c.a.r. nous promettent des allègements d’impôts … en euros courant.

    Super : avec l’inflation, l’économie réalisée nous permettra d’acheter un carnet de timbres !

    Question subsidiaire naïve sur la stratégie politique d’effacement de la dette par l’inflation : comment les entreprises matraquées par les coûts de l’énergie et des matière premières vont-elles pouvoir augmenter les salaires pour compenser l’inflation ?

  • Dans ce cas précis, résilience signifie résistance dans une guerre qui n’est pas la nôtre, ou du moins que l’énorme majorité des français ne considère pas la nôtre malgré la propagande.

    On nous présente bien sur la guerre de façon noble : des chevaliers ukrainiens affrontant des dragons russes et qu’on se doit de soutenir. Et on s’étonne naïvement de l’impact sur les populations civiles, là-bas et chez nous. Mais révisez un peu vos cours d’histoire : ce sont toujours les populations qui payent le prix fort dans les conflits. Mes grands parents ont été ruinés par la guerre 14. Il en sera de même pour beaucoup d’ukrainiens et un certain nombre de français.

    Pour les américains, c’est beaucoup plus tranquille tant au niveau militaire qu’économique. Alors heureusement que l’OTAN nous protège !

    • Les populations n’écoutent pas leurs grands-parents. Mon grand-père avait conclu, à 99 ans, ses souvenirs par :
      Je suis très vieux, j’ai connu deux guerres. A la première, j’ai perdu deux frères, à la seconde j’ai perdu ma femme, ma maison a été saccagée, ma vie brisée. Depuis, la solitude et les regrets. Si l’on me proposait de me retrouver à dix ans, avec la perspective de revivre la vie que j’achèverai heureusement bientôt, je dirais non, cent fois non. Une fois suffit amplement. La balance entre les rares périodes heureuses et les fichus quarts d’heure est trop inégale.
      J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à l’opinion de mon grand-père, et par conséquent éprouvé beaucoup de mépris pour les nobles envolées lyriques, et je suis sidéré de me sentir si seul dans ce cas.

      • « A la première, j’ai perdu deux frères … »

        Pour ma grand-mère : 2 sœurs et 4 frères, dont 2 morts pour la patrie, un de la grippe espagnol, et un devenu fou après avoir été enterré vivant ! Alors oui, les nobles envolées lyriques des médias …

        Question subsidiaire pour les médias : s’il n’y avait pas Vladimir, Kim et Xi, est-ce que les remplaçants (du banc de touche) feraient mieux ?

        • Je précise, bien que ça n’aie guère d’importance, que mes grands oncles sont morts pour la France, et que ma grand-mère est morte sous les bombes alliées dans son petit village normand.

  • Ce gvt de miserables est insupportable…. Sauf pour les sondeurs d’opinion… Et oui ce monde est corrompu et en voie de dispartion, oser offrir 100 balles, c’est…… A priori, les dettes ne seront pas payées, l’euro et le dollar n’ont que quelques jours à vivre ainsi que vos économies…. 2 ans de corona, on ne peut pas s’en sortir indemne même. Avec une quatrième piqûre, la dernière sans doute avant notre(votre) trépas…

  • Et dire qu’il y a de nombreux analystes qui considèrent Macron comme un libéral !
    Il est évident que ce plan de résilience ne doit rien au cerveau de Castex qui est le premier ministre le moins compétent et le plus ridicule que la France ait connu.
    Le génial Alain Minc pense que Macron appartient au « cercle de la raison ». Je pense, au contraire, qu’il n’a rien fait de raisonnable pour la France et que son seul projet est de se faire réélire.

    • « le premier ministre le moins compétent et le plus ridicule … »

      Fonction assumée par l’intéressé ! Ce qu’il dit a-t’il donc plus de portée que ce que dit Attal ou n’importe quel autre C.A.R. ? Ce qui compte est ce que dit leur chef, le « Joker ».

  • Voilà ce qui nous attends, et ce n’est pas très joyeux.
    « We suggest that, once again, financial repression may be part of the toolkit deployed to cope with the most recent surge in public debt in advanced economies. » Document du FMI ….
    https://www.imf.org/en/Publications/WP/Issues/2016/12/31/The-Liquidation-of-Government-Debt-42610

  • Génialissime.
    Précision : les dépenses de l’État, quelle que soit l’origine des fonds (impôts directs ou création monétaire), aboutissent toujours à un prélèvement en nature sur les vrais producteurs, ceux qui produisent des biens et services dont les gens ont besoin. Par exemple, si le gouvernement demande à une banque inféodée à la BCE ou à la BCE elle-même de lui fournir 100 milliards créés d’un clic sur un clavier, les bénéficiaires de ces 100 milliards vont bien s’en servir pour acheter des biens et services qui feront défaut à d’autres producteurs qui soit en seront exclus, soit devront les payer plus chers suite à l’augmentation artificielle de la demande induite. Les dépenses de l’État sont toujours un impôt immédiat, non différé, sauf si les bénéficiaires ne s’en servent pas tout de suite.

  • On ne peut pas demander a un fonctionnaire d’avoir d’autres reflexes que ceux d’un fonctionnaire. Donc ç’est normal qu’il propose une solution a base d’ignoranc économique et de complication administrative.
    Plus sérieusement, suis je le seul a voi apparaitre un béret au dessus de la tête de castex chaque fois qu’il parle, un peu comme le chat du Cheshire de Lewis Carroll? Le béret lévite environ quinze centimètres au dessus de sa calvitie..

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