Sans opposition politique crédible, le chaos arrive

La disparition d’une opposition politique au Parlement contribue à plonger le pays dans le chaos.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Parti Socialiste-Assemblée nationale (CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Sans opposition politique crédible, le chaos arrive

Publié le 7 janvier 2022
- A +

Après trois jours de débats tumultueux, alimentés par des propos controversés d’Emmanuel Macron, prêt à « emmerder » les non-vaccinés, l’Assemblée nationale a adopté jeudi 6 janvier au petit matin en première lecture le projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal.

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie », avait clamé le chef de l’État dans un entretien au Parisien mardi. « Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen », a-t-il ajouté.

À la violence verbale des propos (irresponsables) du président de la République a failli répondre la violence physique entre deux députés. En effet, l’Insoumis Alexis Corbière et le Marcheur François Cormier-Bouligeon ont manqué de peu en venir aux mains juste après que la séance sur le texte a été levée, rapporte Le HuffPost, mercredi 5 janvier.

Fatigue, désillusion mais surtout bêtise des uns et des autres sont les facteurs de cette échauffourée.

Fatigue et désillusion pour l’opposition politique …

Après des heures de débats, la fatigue mêlée au stress des futures échéances électorales a certainement eu raison d’organismes les plus aguerris aux combats politiques. Mais aussi et surtout désillusion dans une institution plus que bicentenaire, l’Assemblée nationale, qui sous les deux derniers quinquennats (états d’urgence successifs), s’est transformée en simple chambre d’enregistrement (multiplication du vote par ordonnances).

L’inversion du calendrier électoral a réduit l’influence des oppositions. Les réformes constitutionnelles de 2008 n’ont pas permis à celles-ci de survivre au raz-de-marée de députés issus des majorités présidentielles.

Si l’Assemblée nationale est devenue cette chambre d’enregistrement c’est aussi à cause du non cumul des mandats (qu’en un autre temps j’avais défendu !). Les ténors de la basse assemblée ayant préféré l’aventure d’une présidence de région ou d’une mairie suivant l’adage attribué à Jules César : « je préfère être le premier dans mon village que le second à Rome. » Position qui aura donné raison à Valérie Pécresse.

La question reste la suivante : une opposition parlementaire et donc une démocratie représentative est-elle encore possible en France (en tout cas sous la Vème République) ?

… mais aussi bêtise

Bêtise partagée par toutes les strates politiques du citoyen au premier d’entre eux.

Dans une période où la caste semble prendre le citoyen pour un crétin (les mesures anti-covid en sont l’illustration parfaite), la rue répond de plus en plus par la violence face à cette démocratie qui lui échappe.

Aujourd’hui plus une manifestation ne se déroule sans débordement de violence, dégradations matérielles, agressions physiques. Le mouvement spontané des Gilets jaunes en est un exemple parmi d’autres. Depuis, les menaces physiques des représentants de l’État (maires, parlementaires mais aussi policiers et pompiers) se multiplient (les menaces de mort à l’encontre de députés sont le dernier acte avant un drame tant redouté).

Comment accepter alors, que deux députés puissent vouloir en venir aux mains dans un tel climat ? Comment admettre les propos du président de la République, même en campagne, qui se doit d’être le président de tous les citoyens français sans ostracisme ?

 

Voir les commentaires (9)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (9)
  • « Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne. » (Gary Linecker, 1990).
    « L’Assemblée est un théâtre où s’amusent 577 acteurs, et à la fin, ce sont les propositions LREM qui sont votées. » (WebCharcutier, 2022).

    • Si seulement ils étaient 577 à s’amuser… peut-être LREM ne gagnerait pas toujours.
      Mais il faudrait des séances à horaires fixes, et dates fixes, indépassables… Ce serait trop beau, la majorité ne pourrait pas manipuler l’agenda, les dates et heures de votes à son avantage pour bafouer la démocratie déjà peu représentative en l’absence de proportionnelle…

  • Decontractez vous, dans un pays devenu totalitaire le chaos est sous contrôle. Donc, tout va bien et on finira par se debarasser des antivax ces empêcheurs de tourner en rond. Un point de vue intéressant, les antivax forment un groupe témoin pour cet essai vaccinal à haut risque, l’éliminer permet de s’affranchir d’expliquer la suite par manque de preuves vivantes.

    • Ah!
      Si seuls les non-cobayes survivent, les autres leur en voudront beaucoup ?

    • En effet… Sans ma femme non vaccinée je me dirais « j’ai quand même choppé le COVID … malgré le vaccin complet et de moins de 4 mois ? Mais sans ce vaccin j’aurais sans doute morflé plus » ? Sauf qu’elle est là, non vaccinée, elle l’a choppé aussi, et elle a même moins de symptômes que moi… et nos enfants, petits et non vaccinés aussi… ben eux l’ont même pas attrapé alors qu’ils ont passé 8h dans la même voiture que nous pendant la période de contamination max, un jour ou deux avant les symptômes. Puis la journée d’après avec nous dans l’appartement, sans sortir, en faisant de jeux de société etc…
      Étrange… Ou alors le vaccin ne marche vraiment pas bien comparé à l’immunité naturelle (la vraie, la basique, celle dont on évite soigneusement de parler et qui fait que même en n’ayant jamais choppé la maladie, certains ne l’attrapent pas… )

  • Avatar
    Laurent Lenormand
    7 janvier 2022 at 11 h 30 min

    Les échanges musclés dans l’Hemicycle ne datent pas d’hier. A une certaine époque, le duel était commun aussi. Ce n’était pas forcément une mauvaise chose…
    Il est même surprenant, vu l’énormité des couleuvres que le Parlement a dû avaler depuis deux ans, que ça ne se soit pas produit plus tôt.

    • Je suis près à provoquer en duel notre président « bien aimé »… A l’épée, au sabre, au pistolet… Ou à la batte de baseball s’il préfère. Mais à mort le duel, pas juste au premier sang !

      • Bon, sans rire, un duel au golf ou au bras de fer, celui qui perd donne son poste à l’autre ?? Je n’ai pas peur pour mes étudiants et je serais un président très « Calvin Coolidge », promis !

  • À Babyfoot: merci pour cette suggestion de faire disparaitre le groupe témoin ! Je n’y avait pas pensé, je dirai même que cette identité négative de non-vacciné me déconvenait. Voilà une identité bien positive, à faire circuler : Le groupe témoin dont l’État veut faire annuler le témoignage !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

L’article 49, alinéa 3, de la Constitution française (dit 49-3) prévoit que lors du vote d’un projet ou d’une proposition de loi, le Premier ministre peut décider d’engager la responsabilité du gouvernement.

Dans ce cas, le projet de loi est alors adopté sauf si une motion de censure est déposée par au moins un dixième des députés. En cas de rejet de la motion, le projet est considéré comme adopté ; dans l’hypothèse inverse, le texte est rejeté et le gouvernement renversé.

 

La fin du régime des partis et la parlementar... Poursuivre la lecture

Par Elina Lemaire.

Remous provoqués par la scission de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) en quatre groupes politiques, interrogations autour de l’attribution aux groupes d’opposition de certains postes-clés à l’Assemblée nationale (vice-présidences, questures, présidence de la – très stratégique – commission des finances), réception des présidents des groupes par le président de la République au lendemain des élections, puis par la Première ministre à quelques jours de son discours de politique générale… La situ... Poursuivre la lecture

Situation étonnante s’il en est, la mesure phare de l’autoritarisme sanitaire macronien, le pass sanitaire, a été rejetée grâce à une alliance de circonstances entre toutes les oppositions, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

L’article 2 de la loi sanitaire présentée devant l’Assemblée nationale a été rejeté par 219 voix contre 195. Il permettait d’instaurer jusqu’en janvier un pass aux frontières et entre la Corse, les outre-mer et l’Hexagone au nom de la lutte contre le covid.

Le Premier ministre Élisabeth Borne s’en est p... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles