L’OCDE alerte sur les finances publiques de la France

Selon l’OCDE, la situation économique française est mauvaise et nos finances publiques sont dans le rouge.

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L’OCDE alerte sur les finances publiques de la France

Publié le 12 décembre 2021
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Par Adrien Hall.
Un article de l’IREF Europe.

Dans une étude récente sur la situation économique de la France, l’OCDE s’inquiète de la dérive de nos finances publiques et invite le gouvernement à engager d’urgence des réformes structurelles.

Le couperet de l’OCDE vient de tomber et il est sans appel. La situation économique française est mauvaise et nos comptes publics sont dans le rouge. L’OCDE s’inquiète de l’augmentation « marquée » de la dette publique pendant la crise covid et nous enjoint de « développer une stratégie de stabilisation et de réduction progressive de la dette publique […] pour la ramener sur une trajectoire soutenable, étant donné l’augmentation attendue des dépenses liées au vieillissement démographique ».

C’est une préoccupation majeure, à laquelle l’IREF a d’ailleurs maintes fois fait allusion dans ses articles.

L’OCDE estime que notre niveau de dépenses publiques est trop élevé. Il est en effet l’un des plus hauts de l’OCDE, ce qui nuit directement à notre croissance et donc à la soutenabilité de la dette. L’OCDE estime en outre que certaines de ces dépenses manquent d’efficacité.

Pour rappel, le déficit public français est passé de 2,5 % en 2018 à 9,1 % en 2020, tandis que les dépenses sociales représentent la bagatelle de 31 % du PIB contre 20 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Si l’intervention de l’État durant la crise covid était nécessaire, juge l’OCDE, il serait urgent maintenant de développer une stratégie d’assainissement budgétaire à moyen terme fondée sur un examen approfondi de l’efficacité des dépenses, leur meilleure affectation, une réduction de la masse salariale du secteur public et une régulation des dépenses sociales.

Réformer le système de retraite et favoriser l’emploi des seniors pour faire face au vieillissement démographique

Parmi les recommandations de l’OCDE figure en premier lieu la réforme du système de retraite français. Elle est plus que nécessaire. En effet, notre système coûte cher, avec des dépenses publiques représentant environ 14 % du PIB. Il est aussi profondément incohérent puisque sa structure, d’une rare complexité avec ses 42 régimes différents, empêche les travailleurs d’anticiper leurs droits futurs, ce qui nuit à la mobilité de la main-d’œuvre.

Si à toutes ces difficultés on ajoute le fait que, de tous les pays de l’UE, la durée de cotisation au système public est une des plus courtes alors que les prestations sont versées pendant un temps bien supérieur à la moyenne, et que l’âge auquel les Français sortent du marché du travail est le second plus bas de l’OCDE alors que l’espérance de vie à 65 ans est la seconde plus élevée, on comprend aisément la nécessité d’une réforme.

Pour faire face au vieillissement de notre population, l’OCDE propose donc assez classiquement de repousser l’âge de départ à la retraite, sans toutefois dire où placer le curseur. Elle suggère aussi de mieux intégrer les seniors au monde de l’entreprise en leur facilitant l’accès à des formations, en leur offrant des horaires plus flexibles, voire des temps partiels. Évidemment il faudrait surtout faire évoluer progressivement notre système de répartition vers la capitalisation, ce que l’OCDE ne dit hélas pas.

La gouvernance des finances publiques française est défaillante et sans vision stratégique

Pour mettre le ratio dette/PIB sur une trajectoire soutenable et renforcer l’efficacité des dépenses publiques, l’OCDE estime que la France doit mieux cerner les bénéfices et coûts de chaque politique publique en réduisant la fragmentation des processus budgétaires.

Elle préconise la mise en place d’un système ayant fait ses preuves aux Pays-Bas et en Suède, à savoir l’établissement d’une règle de dépenses pluriannuelle s’appliquant à l’ensemble du domaine public afin d’assurer une meilleure coordination entre secteurs. Elle recommande aussi de déterminer des objectifs de performance précis concernant la qualité des services publics ou les économies budgétaires à réaliser. L’inventaire des dépenses pourrait être un outil d’aide au recensement des domaines où des économies sont possibles. L’ensemble de ces mesures devrait favoriser un meilleur alignement des dépenses publiques sur les priorités stratégiques et politiques, comme au Canada ou au Royaume-Uni.

En conclusion, l’OCDE précise que l’absence de réformes structurelles pour stabiliser la dette et compenser l’augmentation des coûts liés au vieillissement démographique risquerait de faire passer le ratio dette/PIB de 120 % à 150 % en 2060, particulièrement si les taux d’intérêts remontaient fortement.

Espérons que cela incite nos responsables politiques à prendre des mesures fortes.

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  • « Pour faire face au vieillissement de notre population, l’OCDE propose donc assez classiquement de repousser l’âge de départ à la retraite »

    De qui parle l’OCDE:
    Des fonctionnaires, des agents de la SNCF ?

    • Ils sont comiques, déjà qu’on n’arrive pas à faire bosser 35h alors 65 ans la retraite pour les fonctionnaires est un rêve inaccessible.

      • Pourquoi faut-il rappeler encore et encore que la retraite à 60 ans a été décidée par la gauche idéologique (pléonasme) de Mitterrand en 1981 ? Qu’elle était à 65 ans auparavant ? Que l’évolution démographique montrait déjà que cette mesure était un non-sens absolu sans une refonte totale du système des retraites ? La mémoire de poisson rouge des Français les fait maintenant considérer la retraite à 65 ans comme une horreur apocalyptique, alors que c’est d’une logique absolue.

        • Il a baissé l’âge de la retraite à cause du chômage, ça plus les préretraites à 50.ans et les 35 h .voila, le socialisme dans toute sa décrépitude, vraiment des malades pas forcément plus malades que nos politicards actuels.

        • Retraite à 60, 62, 65, 67 ans pour qui ?

          Les retraites du privé sont gérées par les syndicats que nous connaissons, pourquoi ?

          Vous connaissez beaucoup d’assurances qui peuvent modifier les termes du contrat initial sans votre consentement ?

          Vous connaissez beaucoup d’assurances dont vous ne pouvez rompre le contrat ?

          Vous connaissez beaucoup de sociétés privées qui peuvent exercer en toute légalité sur le système de Ponzi ?

          Et si les Français pouvaient choisir l’âge et le mode de financement de leur retraite sans avoir à financer les retraites des fonctionnaires, cela est-il possible ?

    • @Dror45- c’est qui n’est jamais dit est que les retraités publics représentent 15% des pensionnés pour 30% du montant total des retraites versées (sources officielles)

  • quand on apprend que le sieur véran a commandé et payé 50.000 doses d’un médicament anti covid de MERCK sans attendre l’autorisation de la haute autorité de santé qui a refusé la mise sur le marché dudit médicament ….résultat des courses : 35 millions d’euros de dépense contre rien….c’est pas grave , c’est l’état qui paie…

  • belle claque à Le Maire qui donne des leçons à ses opposants, imbu de ses supposées compétences. En lui refusant l’économie et les finances, Sarkozy avait eu du nez!

  • Si l’OCDE commence à expliquer à nos énarque ce qu’il faut faire, alors ils vont vite la boycotter !
    Leçon n°1 à l’ENA : si tu as un problème, sort le carnet de chèque. Si tu ne le fais pas, ton collègue le fera.

  • Si l’OCDE ne parle pas de retraite par capitalisation pour réformer la retraite par répartition alors à quoi sert l’OCDE ?

    • @philippe- Tous les organismes nationaux et internationaux sont phagocytés par des énarques ou fonctionnaires de la même formation. Donc les solutions sont toujours les mêmes à la différence qu’on est jamais allé assez loi.
      Financer le secteur privé par l’épargne est inconcevable alors qu’il est tellement pratique de faire de la dette et ainsi marquer le peuple de sa générosité et compassion, donc pas de capitalisation .
      Rendez-vous compte qu’avec la capitalisation les pensions seraient au minimum quatre fois plus élevées !

      • Vous avez raison parce qu’on ne pourra pas se donner rendez-vous sur le sujet si jamais une crise financière arrivait.

        • @JFG51- Si votre propos est de dire qu’une crise financière mettrait en difficulté les retraites capitalisées, c’est parce que vous raisonnez en stock et non en flux. Ceci étant le fruit d’un travail que j’ai conduit et que je me suis administré et j’en suis extrêmement satisfait si vous pouviez savoir.

  • Pourquoi voulez-vous que nos politiques prennent des mesures fortes, ils n’en ont pas envie et de plus ils ne seront plus au pouvoir dans quelques années !
    Par contre sortir le carnet de chèques à la moindre occasion, ils ne s’en privent pas.
    Quant à l’OCDE ils peuvent dire ce qu’ils veulent, tout comme la cour des comptes d’ailleurs, cela ne sera jamais suivi d’effets et leurs dossiers et remarques finiront à la poubelle.

    • Bah, ils s’en foutent, même la France en faillite n’empêchera pas de toucher leurs indemnités leurs frais ni leurs retraites, ils n’ont aucune raisons de faire du bien au peuple sauf lors des élections, easy.

  • On sera à 150% bien avant 2060 !!

  • Et pdt le débat avec Zemmour, B.Lemaire se glorifiait de bons résultats économiques sous sa direction… Lol.
    Dommage que Zemmour ne lui ait pas balancé cela.
    Par contre, on peut compter sur les autres (PS, LR, Modem…) pour ne rien dire vu qu’ils sont en partie responsable de cette situation.
    MLP pourrait en parler mais comme son programme économique tient maintenant plus du mélenchonisme que de la rigueur économique, il ne faut rien en espérer.

  • Le problème provient, je crois essentiellement du fait que le pouvoir est concentré entre deux seules mains : celles du Président. Si un contre-pouvoir existait, le déficit serait bien moindre.

  • Qui s’en préoccupe très sincèrement ?

    Plus de trente ans que cette comédie dure, avec des parlementaires qui votent des budgets déficitaires les yeux fermés.

    L’impression est donnée que de toute manière, « toute cette histoire de dettes n’a aucune importance » comme se plaisent à le répéter certains intellectuels néo-marxistes.

    « Jusqu’ici tout va bien », en somme. Après tout, beaucoup de Français ont l’impression d’être riches, aveuglés par le mirage des prix immobiliers. Donc ça n’irait pas si mal.

    On se serait évidemment tentés de rappeler que tout ça n’est qu’illusion financière, mais au risque de se faire qualifier de « cassandre ».

    Alors, dormez braves gens.

  • « Espérons que cela incite nos responsables politiques à prendre des mesures fortes. » > J’aime quand les articles de Contrepoints se terminent par un trait d’humour hilarant.

  • Sommes nous à l’aube d’une année 1929 bis ? Probablement oui sous une autre forme. L’on prendra peut-être ceci d’adepte aux théories de complots, de conspirationniste, cela m’importe peu. Citoyen F / CH j’ai quitté la F pour raison de sécurité, financière, juridique. Au pays de cocagne à crédit il est peu sûr de voir un lendemain et un avenir durable pour les descendants ou son petit capital retraite visionné comme avoir de riche !. Les privilégiés syndiqués de la fonction publique et assimilés veulent encore plus et la populace jaune suit en applaudissant, l’on veut pareil. Les questions combien cela coûte, qui en profite et qui paye n’existent pas. Une vraie justice sociale n’existe pas non plus, les privilèges restent. Le résultat de la gestion financière du pays montre que pendant des décennies la dette publique et le budget en équilibre étaient très secondaires aux promesses électorales, et le sont encore. Il suffit d’écouter les candidats adeptes à la royauté. Pour masquer finement la mauvaise gestion partisane et suicidaire, comme par hasard (peut être? allez savoir) un trouble fête est apparu, un bienvenu ??, le COVID pour accélérer les mécanismes, augmenter très vite les dépenses et la dette publique, créer une inflation très très importante pour ensuite dire c’est la faute à lui. Une forte dévaluation fera baisser, voire disparaître les dettes. Une partie sera peut être remboursée en monnaie très dévaluée, la monnaie de singe. Ce mécanisme existait déjà sous louis IV, lisez l’histoire, sur Wikipédia, éclaire bien. Ceci n’est bien sûr pas seulement spécifique à la grande nation. Il y a bien d’autres grands belliqueux avec autant de folie de grandeur et d’ego, qui se voient dominer le monde, surtout pour les richesses souterraines des autres, où ils désignent de terroristes les opposants. Souhaitons simplement bon courage aux descendants héritiers de la dette. Ils paieront les frais de succession de riches endettés. Le sujet taxer les riches est bien d’actualité, ou bien ?. Il est de bon ton de dire laissons aux générations futures la planète, le pays durables. Cela commencerait par ne pas sursurendetter les générations futures. La gauche, les rougesrosesverts entendent sourd. Ils veulent tout, tout de suite et ne rien payer.

    • L’assignat est une monnaie fiduciaire mise en place sous la Révolution française. Il est intéressant de lire comment cela a été utilisé, particulièrement sous louis IVX 14. Déjà, avant la Révolution, les finances royales sont dans un état très préoccupant avec une dette évaluée entre 4 et 5 milliards de livres, la moitié du budget royal servant à résorber cette dette qui ne fait qu’augmenter et à servir de rente pour diverses personnes…

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