Voici la leçon la plus importante de cette pandémie de covid

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Nous devons réduire le pouvoir de l’État au strict minimum, sinon la prochaine menace pour notre sécurité entraînera une perte encore plus grande des libertés individuelles.

Par Frank Hollenbeck.
Un article du Mises Institute

Nous devons réduire le pouvoir de l’État au strict minimum, sinon la prochaine menace pour notre sécurité entraînera une perte encore plus grande des libertés individuelles.

Dans la vie, nous devons constamment faire des compromis entre la vie, la liberté et la propriété. Lorsque nous prenons notre voiture pour aller faire un tour, nous échangeons la vie contre la liberté : marcher est plus sûr que conduire. Lorsque nous prenons notre voiture pour aller travailler, nous échangeons la vie contre la liberté et la propriété.

Dès que nous sortons du lit, nous faisons ces compromis, et nous le faisons si souvent que la plupart du temps nous ne nous rendons même pas compte que nous les faisons. En effet, notre vie entière est une série de compromis.

Cependant, pour cette pandémie, les politiciens ont décidé qu’ils connaissaient le meilleur compromis pour tout le monde et que, comme des moutons, nous devions accepter aveuglément ces édits gouvernementaux. Ils ont même essayé d’infantiliser leurs populations (par exemple, la propagande utilise beaucoup de dessins animés enfantins) pour étouffer toute dissidence.

La justification générale de ces diktats gouvernementaux est que les décisions individuelles sur sa vie, sa liberté et sa propriété ne tiennent pas compte des effets externes sur la vie, la liberté et la propriété des autres. Ne pas porter de masque peut propager la maladie, affectant ainsi la vie et la liberté d’autrui. On dit que les individus sont imparfaits et égoïstes.

L’État étant une association d’individus, cela ne le rend-il pas également imparfait et égoïste ? Ou bien avons-nous des dirigeants irréprochables et altruistes ? Comment s’assurer qu’ils sont au pouvoir au bon moment ? Par ailleurs, une stratégie unique est-elle optimale pour tout le monde et comment déterminer cette optimalité sans stratégies de comparaison ? (voir ici et ici.)

Les arguments de John Stuart Mill

Selon John Stuart Mill :

L’esprit d’amélioration n’est pas toujours un esprit de liberté, car il peut viser à imposer des améliorations à un peuple non consentant… mais la seule source infaillible et permanente d’amélioration est la liberté, puisque par elle il y a autant de centres d’amélioration indépendants possibles qu’il y a d’individus. On Liberty (1859, chapitre III)

Mill soutient que les individus font des compromis différents et poursuivent des voies différentes vers des stratégies individuelles. Ce processus d’essai et d’erreur basé sur une information imparfaite aboutira finalement à une stratégie globale ou à des stratégies adoptées volontairement par d’autres. Il s’agit d’un processus semblable à celui du marché (actions volontaires mutuellement bénéfiques) et il sera plus populaire et accepté que la stratégie unique actuellement appliquée par pratiquement tous les gouvernements.

En France toutes les remontées mécaniques des stations de ski ont été fermées pendant l’hiver 2020-21, violant les droits de propriété de leurs propriétaires. La Suisse était ouverte au ski, mais avec des restrictions supplémentaires en matière de liberté et de propriété.

Quelle stratégie était la meilleure ? Avant de répondre, pourquoi sommes-nous obligés de choisir entre deux stratégies au lieu de plusieurs ? Les propriétaires de stations auraient pu prendre ces décisions et d’autres concernant l’utilisation de leur propriété. Où est l’indignation face à ces restrictions des libertés fondamentales ? Êtes-vous propriétaire d’un bien si vous ne pouvez pas en disposer comme vous le souhaitez ?

Bien sûr, laisser chacun trouver une stratégie est jugé chaotique, et nos dirigeants  bienveillants ne peuvent concevoir de permettre une telle solution. Pourtant, tout comme un processus de marché concurrentiel correspond à l’optimum de Pareto, ce semblant de chaos aurait conduit à un résultat social mieux accepté.

Cette pandémie nous a enseigné une leçon sur la liberté et le gouvernement

La démocratie n’est pas une garantie de liberté ni une protection contre le despotisme

L’avantage de la démocratie est qu’elle est plus susceptible d’assurer la paix puisque nous avons un transfert pacifique du pouvoir d’une majorité à une autre. Elle peut cependant être aussi despotique que tout autre forme de gouvernement.

Hitler a accédé légalement au pouvoir et de nombreux Allemands ont eu connaissance de l’holocauste pendant la guerre. La démocratie doit disposer d’un règlement pour protéger les minorités de la majorité. Pour les États-Unis, il s’agit soi-disant de la Constitution. Mais ces règles doivent être explicites et contraignantes. Aujourd’hui, personne ne sourcille à l’idée de taxer les milliardaires pour financer les programmes sociaux.

Ces milliardaires sont une infime minorité, de l’ordre de 700, mais disposent néanmoins des mêmes libertés fondamentales. Voter pour limiter les libertés des autres ou des minorités est une entreprise risquée, car les tables peuvent tourner, comme l’ont découvert de nombreux Juifs avant même la Seconde Guerre mondiale.

La police peut rapidement devenir un instrument de despotisme

Aujourd’hui, en France, la police vous arrêtera si vous traversez une rue dans un marché ouvert parce que vous ne portez pas de masque. Pour entrer dans de nombreux commerces, vous devez être vacciné. Pourtant, l’un des piliers fondamentaux de la liberté, développé par John Locke et d’autres, est un droit naturel immuable sur son propre corps.

Les libertés individuelles n’ont pas la même valeur

Nous pouvons identifier les hommes politiques qui respectent et valorisent les libertés individuelles, et ceux qui considèrent les libertés individuelles comme un obstacle à leur vision du bien et du mal.

De nombreuses personnes, même celles qui ne se classent pas parmi les libertaires, comprennent que des libertés fondamentales ont été perdues au cours de ces deux dernières années. Une façon de retourner le pendule est de tenir un débat sérieux et de mettre en œuvre une législation visant à limiter la portée des actions gouvernementales. Comme Bastiat l’a clairement indiqué dans son ouvrage fondamental, le rôle unique ou exclusif de l’État est la défense de la vie, de la liberté et de la propriété d’un individu, et rien d’autre.

Nous devons cesser d’idolâtrer les pilleurs et exiger que le pouvoir du gouvernement soit utilisé pour protéger, et non pour piller la vie, la liberté et la propriété.

Traduction Alexandre Massaux pour Contrepoints.

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