Plus de forêts : une mesure simple contre le changement climatique

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La plantation d’arbres et le développement de forêts comme solution partielle au changement climatique présente un large intérêt.

Par Ronald Bailey.
Un article de Reason.

Le projet de document de décision de la 26e Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP26), qui est censé intégrer les accords négociés par les pays sur la manière de faire face au changement climatique d’origine humaine, comprend un langage axé sur la protection et l’utilisation de la nature comme moyen de réduire le réchauffement futur.

L’importance des arbres et des forêts

Plus précisément, le document « souligne l’importance de la protection, de la conservation et de la restauration de la nature et des écosystèmes, y compris les forêts et autres écosystèmes terrestres et marins, pour atteindre l’objectif de température de l’Accord de Paris en agissant comme des puits et des réservoirs de gaz à effet de serre et en protégeant la biodiversité, tout en assurant des garanties sociales et environnementales ».

Dans ce cas, les « puits et réservoirs » font référence aux moyens naturels d’absorber et de stocker le dioxyde de carbone de l’atmosphère.

L’accord de Paris vise à limiter l’augmentation de la température moyenne mondiale d’ici 2100 à moins de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Il poursuit également un effort plus ambitieux visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.

Afin de soutenir l’objectif consistant à utiliser des solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique, la déclaration des dirigeants de Glasgow sur les forêts et l’utilisation des terres a été annoncée au début de la COP26, le 2 novembre. À ce jour, 137 pays ont souscrit à l’objectif de mettre fin à la déforestation d’ici à 2030. Ces pays représentent environ 91 % des forêts du monde, soit plus de 14 millions de kilomètres carrés. Toutefois, après l’annonce de la déclaration, plusieurs pays possédant de vastes zones forestières (dont le Brésil et l’Indonésie) semblent être revenus sur leur engagement.

Les forêts peuvent en effet absorber et stocker de grandes quantités de dioxyde de carbone atmosphérique, selon l’analyse récente de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO ou ONUAA) sur les tendances en matière d’émission et d’absorption de dioxyde de carbone des terres forestières mondiales entre 1990 et 2020. L’analyse révèle que la déforestation a été responsable d’émissions annuelles d’environ 3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans le monde au cours de la période 2016-2020. Dans le même temps, les forêts restantes ont piégé quelque 2,5 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, ce qui se traduit par des émissions nettes d’environ 0,5 milliard de tonnes de dioxyde de carbone par an des terres forestières vers l’atmosphère.

La bonne nouvelle est que le taux mondial de déforestation a ralenti au cours des trois dernières décennies. Selon la FAO, le taux de perte nette annuelle de forêts est passé de 7,8 millions d’hectares (30 000 miles carrés) entre 1990 et 2000 à 5,2 millions d’hectares (20 000 miles carrés) entre 2000 et 2010, pour atteindre 4,7 millions d’hectares (18 000) entre 2010 et 2020. À titre indicatif, 18 000 miles carrés représentent un peu plus du double de la superficie du New Jersey. À mesure que le taux mondial de déforestation diminuait, les émissions de dioxyde de carbone provenant des forêts ont baissé d’environ un tiers entre 1990 et 2020, pour tomber à environ 3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone par an en 2020.

Le développement des arbres et forêts : un atout pour le changement climatique

Le rapport de la FAO constate que du fait de la déforestation le Brésil et la République démocratique du Congo émettent chacun annuellement environ 600 millions de tonnes de dioxyde de carbone, tandis que l’Indonésie en émet environ 200 millions de tonnes. En revanche, les pays dont les forêts ont absorbé le plus de dioxyde de carbone annuellement sont la Chine (650 millions de tonnes), la Russie (620 millions de tonnes), les États-Unis (350 millions de tonnes) et le Brésil (300 millions de tonnes).

Selon l’inventaire le plus récent de l’Agence américaine de protection de l’environnement, les forêts américaines ont absorbé et stocké 775 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2019, soit plus du double de l’estimation de la FAO. Cela a permis de réduire les émissions américaines de près de 12 %.

En 2019, une équipe de chercheurs suisses a estimé de manière controversée qu’à l’échelle mondiale, une surface de terre de la taille des États-Unis était potentiellement disponible pour planter un trillion d’arbres. Ce nombre d’arbres pourrait absorber jusqu’à 100 à 200 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et contribuer à empêcher les températures moyennes mondiales d’augmenter de plus de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels d’ici 2100.

La loi «Trillion Trees Act »  introduite au Congrès au début de l’année compte de nombreux soutiens républicains et démocrates. Le projet de loi vise explicitement à « établir des pratiques de conservation des forêts par la gestion, le reboisement et l’utilisation qui conduisent à la séquestration des gaz à effet de serre ».

Traduction d’Alexandre Massaux pour Contrepoints

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