Congrès LR : le seul candidat libéral écarté de la compétition

Denis Payre kiala business objects by Herve Kabla (creative commons) (CC BY-NC 2.0)

L’entrepreneur Denis Payre a déclaré avoir déposé un recours auprès de la direction des Républicains pour contester sa relégation.

Par Frédéric Mas.

Finalement, l’entrepreneur Denis Payre n’a pas eu les parrainages nécessaires pour se présenter au Congrès des Républicains en vue de la présidentielle de 2022. Les militants de la formation de droite devront donc choisir entre Michel Barnier, Xavier Bertrand, Éric Ciotti, Philippe Juvin et Valérie Pécresse, soit plusieurs nuances de conservatisme, et se passer du seul candidat clairement libéral au sein de la galaxie de centre-droit.

Avec une petite trentaine de signatures sur les 250 nécessaires à l’accession au Congrès, Denis Payre ne décolère pas et accuse la direction de LR d’« obstruction systématique », qui se serait traduit par « 6 semaines de blocages et 2 semaines de dénigrement ».

L’entrepreneur a déclaré avoir déposé un recours auprès de la direction des Républicains pour contester sa relégation. Du côté de la direction de LR, Christian Jacob a assuré que les règles de la compétition avaient été respectées : « Après, on a la notoriété qu’on a, et la capacité à aller recueillir des parrainages […]. Le sujet, c’est la capacité qu’on peut avoir à porter un projet et se présenter devant les Français pour être candidat à la présidence de la République ». Reste à savoir si la « notoriété » des barons de la droite suffira à les prévenir du naufrage face aux mastodontes de l’extrême droite et du centre autoritaire macronien.

Avec l’éviction de Denis Payre, c’est la sensibilité libérale, au cœur de la tradition orléaniste de la droite française, qui disparaît de la compétition pour la présidentielle de 2022. Clairement engagé contre l’État bureaucratique et pour la libéralisation de l’économie du pays, Denis Payre proposait un ambitieux programme de réformes qui renouait avec les aspirations les plus disruptives du candidat Fillon de 2016. Qui maintenant pour relever le gant de la liberté que la droite vient de laisser tomber ?

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, LR traverse une crise d’identité qui fait tanguer le parti entre le bloc populiste et le bloc populaire, les questions sécuritaires et identitaires d’un côté, la défense des intérêts étroits des classes protégées de l’autre. Il avait la possibilité d’incarner l’alternative libérale, le parti a préféré passer son tour.

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