Présidentielles 2022 : entretien avec Denis Payre – « L’État détruit le pays »

Screenshot 2021-09-24 at 08-33-10 BE SMART - Le débat du lundi 30 août 2021 - YouTube — B SMART on Youtube ,

Denis Payre, entrepreneur à succès et candidat à la primaire des Républicains (LR), fait le constat que la France réussit à être la championne du monde de la bureaucratie, des dépenses publiques, des impôts, de la dette.

Un entretien mené par Nathalie MP Meyer.

« Vous êtes un libéral pur, vous ! »

Cette remarque très spontanée d’un journaliste de France Info, c’est à Denis Payre, entrepreneur à succès et candidat à la primaire des Républicains (LR), qu’elle fut adressée récemment. Mais qu’avait-il donc pu dire de si horrible ? Qu’en France, en contrepartie des indemnités chômage, les chômeurs de longue durée n’avaient pas l’obligation, par exemple, de suivre des formations sur les métiers qui n’arrivent pas à recruter.

Plus largement, Denis Payre fait le constat que la France réussit à être la championne du monde de la bureaucratie, des dépenses publiques, des impôts et des charges sociales, sans oublier une dette publique de plus en plus élevée, tout en étant aussi le lieu d’un effondrement inquiétant qui affecte le niveau de notre Éducation nationale, l’autorité régalienne de l’État, la qualité des services publics, la compétitivité des entreprises, le pouvoir d’achat et l’emploi. D’où sa proposition de « réinventer la France pour tous » qu’il compte lancer dans les débats de la primaire de droite.

Un constat partagé par les libéraux depuis des années, d’où leur intérêt pour toutes les candidatures qui semblent vouloir sortir le pays de la spirale infernale « Dépenses-Impôts-Déclassement-Fronde sociale » qu’Emmanuel Macron, malgré de vagues promesses sur le fait de libérer les énergies qui sommeillent en nous, n’a fait qu’encourager.

Voici donc, chers lecteurs, le verbatim d’un entretien téléphonique que Denis Payre a eu l’amabilité de m’accorder avant-hier, mercredi 22 septembre 2021. Mais pour commencer, une petite notice biographique (sources : ici et ici) :

– 1963 : naissance à Lyon de parents ingénieur et assistante sociale.
– 1985 : diplôme de l’ESSEC.
– 1985-1990 : premières expériences professionnelles dans le domaine de l’électronique et de l’informatique, notamment chez Oracle.

– 1990 : création de l’éditeur de logiciels Business Objects avec Bernard Liautaud (Centrale Paris) et une mise de fonds de 10 000 euros.
– 1990-1997 : directeur général de Business Objects.
La société s’implante dans 54 pays et devient rapidement le leader mondial dans son domaine. En 1994, elle est la première entreprise française à entrer au Nasdaq. Elle sera rachetée par l’Allemand SAP en 2007.

– 1997 : création de l’association Croissance Plus avec l’objectif de dénoncer la bureaucratie française qui étouffe les entreprises, donc l’emploi et le pouvoir d’achat.
– 1998-2008 : départ à Bruxelles en raison du déplafonnement de l’ISF et création d’un Croissance Plus européen.
– 2001 : création en Belgique de Kiala, entreprise à succès de distribution du e-commerce en points relais. Elle sera rachetée par UPS en 2012.

– 2013-2014 : fondation et présidence du mouvement politique « Nous Citoyens », en opposition à la politique toujours plus bureaucratique, confiscatoire et anti-entreprises du « Moi Président » François Hollande, et avec l’objectif d’avoir des candidats proposant une réforme de l’État ambitieuse en 2017.

– Depuis 2015 : fondation et présidence de Nature and People First, entreprise spécialisée dans les solutions de stockage d’énergie.

– Janvier 2021 : publication du livre Le Contrat mondialsous-titre : « pour que l’humain et la nature soient enfin au cœur de la mondialisation ».
– Septembre 2021 : candidature à la primaire de droite en vue de la présidentielle de 2022 « pour l’animer ».

 

Nathalie MP (NMP) : Bonjour Denis Payre, et merci beaucoup de prendre le temps d’échanger avec moi. Les Républicains doivent décider ce week-end de la façon dont ils vont sélectionner leur candidat présidentiel. Rien ne dit qu’il y aura une primaire. Il semblerait de plus que vous avez du mal à faire admettre votre candidature dans leurs rangs. Êtes-vous toujours partant ?

Denis Payre (DP) : Tous les Républicains n’en sont pas là, heureusement, et certains se montrent ouverts à mes idées. Mais effectivement, à part un bref texto sur les règles de la primaire, le Président Christian Jacob ne veut pas me parler et invente même que je ne suis pas à jour de mes cotisations ! Il voudrait nous confirmer que son parti n’est qu’un cénacle de politiciens de carrière qui veulent rester dans leur entre-soi et garder leur rente politique sans la moindre écoute de la société civile et de la sphère entrepreneuriale qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est décevant, et à mon avis contre-productif pour la crédibilité de la droite.

Mais si les militants LR, qui doivent se prononcer demain (samedi 25 septembre 2021) à ce sujet, optent pour une primaire, bien sûr que j’y vais ! Dans mon équipe, Loïc Rousselle et près de 70 autres militants se démènent actuellement pour m’obtenir les 250 parrainages nécessaires pour y participer. En revanche, si c’est la formule du congrès qui l’emporte, c’est plus difficile à dire.

NMP : Après l’expérience « Nous Citoyens » de 2013 et 2014, vous avez pu donner l’impression que vous vous désintéressiez de la politique, que votre engagement à ce titre n’était pas durable. Qu’est-ce qui vous pousse à repartir aujourd’hui ?

DP : Très rapidement après l’élection de Hollande en 2012, on pouvait constater que la période 2012-2017 serait un quinquennat pour rien. La politique restait aux mains des politiciens de carrière et des fonctionnaires, le « riche » et le « monde de la finance » servaient une fois de plus de boucs émissaires faciles aux difficultés de la France et la pression fiscale imposée par François Hollande atteignait des sommets inédits.

Au-delà du clin d’œil au « Moi, Président » de Hollande, « Nous Citoyens » avait pour objectif d’avancer de nouvelles idées afin que la future élection de 2017 ne débouche pas à son tour sur un nouveau quinquennat pour rien. D’où nos thèmes principaux d’alors (que vous allez retrouver dans mon programme de 2022) : recentrage de l’État sur ses fonctions régaliennes, baisse de la dépense publique, déblocage des verrous à la création d’emploi et engagement plus fort de la société civile en politique.

Et de fait, la campagne présidentielle de 2017 a vu émerger un débat – très modeste chez Macron, nettement plus ambitieux chez Fillon – autour de l’impérieuse nécessité de libérer les énergies françaises par une profonde réforme de l’État. Plutôt un État efficace qu’un État omniprésent. Le succès de François Fillon à la primaire de droite de 2016 montre que les électeurs LR n’y sont pas insensibles, loin de là.

Aujourd’hui, il ne reste plus rien de ces ambitions. Non seulement Emmanuel Macron qui ne connaît que le modèle du tout-État a complètement renoncé à réduire les effectifs de la fonction publique de 120 000 agents comme il s’y était engagé pendant sa campagne – ce qui était encore très insuffisant par rapport aux 500 000 envisagés par Fillon – mais il faut se rappeler également que la crise des Gilets jaunes a commencé par une révolte fiscale accompagnée de l’interrogation : mais qu’est-ce que vous faites de l’argent, de notre argent ?

Et maintenant, en plus du problème de prospérité, on a un vrai problème de sécurité parfaitement illustré par le film BAC Nord.

Alors, pourquoi je repars en politique ? Parce qu’on en est arrivé à un point où, véritablement, l’État détruit le pays dans une succession d’aberrations que j’appelle les « paradoxes scandaleux français ».

Vous voulez des exemples ?

Alors que nous sommes historiquement un pays industriel, l’industrie ne représente plus que 11 % de notre PIB. Comme la Grèce, qui est un pays traditionnellement agricole, et moins que l’Espagne et l’Italie ! L’Italie se paie d’ailleurs le luxe d’être en excédent commercial quand nous sommes en déficit.

Nous avons les surfaces agricoles les plus importantes en Europe, et pourtant nous avons perdu notre souveraineté alimentaire dans plusieurs domaines tant nos agriculteurs sont assommés par des prélèvements excessifs et corsetés par la bureaucratie, et tant nous prenons plaisir à transposer les directives européennes en les alourdissant le plus possible.

Autre exemple : selon les catégories A, B et C de Pôle Emploi, on a 6 millions de chômeurs auxquels il faut ajouter 2 millions d’allocataires du RSA. Et pourtant les entreprises ont du mal à recruter, on a un million de postes vacants. Voilà qui en dit long sur les failles de notre système éducatif et sur la formation professionnelle !

Savez-vous que dans le dernier classement TIMSS pour les élèves de CM1 en maths et en sciences, la France arrive derrière l’Albanie ? Derrière l’Albanie qui sort pourtant d’un communiste bien rouge vif ! Nos enfants ne sont pas formés aux défis du XXIe siècle alors que nous entrons de plus en plus dans une économie de la connaissance. C’est inimaginable et ce sont les classes populaires qui en pâtissent le plus.

En tant que citoyen et père de 4 enfants, je ne pouvais pas continuer à assister à cet effondrement sans réagir. Voyant que David Lisnard n’y allait pas, voyant que Bruno Retailleau renonçait, j’ai décidé de me présenter pour animer la primaire de droite autour de l’idée qu’il est préférable d’avoir un État efficace plutôt qu’un État omniprésent.

NMP : Lors de votre déclaration de candidature, vous vous êtes défini comme étant libéralsocial réformateur et conservateur sur les valeurs. À propos de ce dernier point, cela signifie-t-il que vous souhaitez conserver ce qui existe déjà sans entreprendre de nouvelles réformes sociétales ou bien s’agirait-il de revenir sur certaines mesures en vigueur ?

DP : J’en reste à ce qui existe actuellement. Mais il n’y aura pas d’ouverture vers la GPA, par exemple. Je suis d’ailleurs surpris que les féministes ne trouvent rien à redire à une telle évolution qui reviendrait à instrumentaliser le corps des femmes.

Mais plus fondamentalement, je considère que la société française est déjà suffisamment fracturée socialement sans qu’on lui inflige un débat sociétal qui risque de la fracturer encore plus comme on l’a vu au moment du « Mariage pour Tous ». D’autant qu’à mon sens, il y a des réformes plus urgentes que je qualifierais même de plus vitales, à mener auparavant. L’activisme sociétal sert souvent à masquer l’impuissance de l’État à se réformer quand il en aurait le plus besoin.

NMP : Avant de passer à l’aspect libéral et social réformateur de votre programme, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous êtes parti en Belgique pendant 10 ans ?

DP : À l’époque, 1998, 90 % de mon patrimoine était investi en actions de la société Business Objects que j’avais créée en 1990 et dont le cours fluctuait beaucoup, comme celui de la plupart des valeurs technologiques. De plus, les réglementations de la SEC (l’autorité américaine des marchés financiers) ne me permettaient pas de les vendre à ma guise puisque j’étais encore administrateur de la société. Avec le déplafonnement de l’ISF, je courais le risque d’être mis en faillite personnelle en cas de hausse brutale du titre sur une simple rumeur d’acquisition ou lors d’une bulle spéculative comme quelques années plus tard la bulle internet.

J’ai donc décidé de poursuivre mes activités à Bruxelles, d’abord avec la création d’un Croissance Plus européen, puis avec la création et la gestion de Kiala. J’aurais très bien pu ne jamais parler de mon problème fiscal, mais j’ai choisi au contraire de communiquer, de témoigner sur ce sujet très polémique en voyant à quel point les entrepreneurs français qui créent de la richesse et des emplois sont ensuite pénalisés et tentés de quitter la France. J’ai décidé de prendre la foudre pour aider mon pays. je n’avais aucune obligation de le faire et rien à y gagner. Je suis revenu en France en 2008 quand Sarkozy a replafonné l’ISF.

NMP : Compte tenu de votre constat d’effondrement de la France que vous attribuez au paradoxe scandaleux d’un État de plus en plus envahissant et de moins en moins efficace, j’imagine que votre programme pour 2022 comprend une bonne dose de baisse des dépenses publiques…

DP : Cet aspect que vous mentionnez sera porté par le premier pilier de mon programme qui en comporte trois au total. Je vous signale d’ailleurs que mon responsable des programmes est Sébastien Laye que vous connaissez peut-être, car il lui arrive d’écrire pour Contrepoints.

Notre premier pilier, qui sera dévoilé officiellement lundi prochain (le 27 septembre 2021), consiste à sortir du tout-État bureaucratique pour retrouver de la prospérité en baissant les prélèvements sur les ménages et les entreprises et en réinvestissant les domaines éducatifs, l’innovation, la réindustrialisation et le régalien.

Je pense notamment qu’il est important de revaloriser le salaire des enseignants, mais que ceci doit être précédé d’économies ainsi que d’une réorganisation visant à l’efficacité. En tant qu’entrepreneur et manager soucieux d’instiller une culture de la performance dans les services publics, je suis très attaché à l’idée d’une part variable dans la rémunération enseignante.

Idéalement, pour redescendre à un profil étatique proche de la moyenne de la zone euro et permettre aux entreprises de redevenir compétitives, avec ce que cela suppose de bénéfices pour la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, il faudrait alléger les prélèvements de 140 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 80 milliards correspondant grosso modo à notre déficit public annuel. Cela signifie donc une baisse de dépenses de 220 milliards d’euros.

NMP : C’est-à-dire environ 15 % des dépenses publiques de 2020. En combien de temps ? Un quinquennat ?

DP : Non, ce sera impossible en un quinquennat. On ne met pas fin à 40 ans de laisser-aller du jour au lendemain, malheureusement. Une part importante du chemin pourra être faite néanmoins.

Parallèlement à cela, le second pilier va consister à réparer trois fractures béantes de la société française.

D’abord la fracture territoriale entre les métropoles et la France périphérique qui se désindustrialise à grande vitesse. Pour bien faire, ou du moins pour revenir à la moyenne européenne comme évoqué ci-dessus, il faudrait baisser les impôts de production non pas de 10 milliards d’euros comme s’en vante le ministre de l’Économie, mais de 30 à 40 milliards d’euros.

Sans oublier les banlieues qui posent un problème spécifique de sécurité. Mais aussi un problème de fracture éducative. Vous savez, quand j’ai l’occasion de discuter avec des jeunes de quartiers défavorisés, ils m’interrogent toujours sur mon parcours d’entrepreneur, ils me demandent comment faire pour créer leur entreprise. Je pense que de ce côté-là, il faut en finir avec la carte scolaire, introduire un chèque éducation, donner plus de liberté aux établissements scolaires, et d’une façon générale avoir une approche plus innovante de l’éducation.

Ensuite la fracture citoyenne qui fait que la société civile est tenue à l’écart de la politique, entièrement laissée à la discrétion des politiciens de carrière.

Et enfin la fracture du commerce mondial entre des pays comme la France et l’Occident en général qui ont des exigences sociales et environnementales et des pays comme la Chine, le Bangladesh ou l’Inde qui en ont très peu et qui captent ainsi les parts de marché qui désertent nos régions industrielles. C’est précisément ce que j’explique dans mon livre Le contrat mondial : il faut introduire des compensations sous forme de taxe carbone et de taxe sociale aux frontières, au moins pour les produits stratégiques pour rééquilibrer la concurrence.

NMP : Ce point risque de susciter un vaste débat chez les libéraux. La France, pays européen supérieurement boursouflé par le paradoxe scandaleux de son État providence inefficace, ne devrait-elle pas commencer par entreprendre une cure d’amaigrissement sur la dépense publique et les prélèvements comme vous le proposez et voir comment les choses évoluent ? Les taxes aux frontières finissent toujours par peser sur les consommateurs en prix comme en qualité.

DP : Complètement d’accord avec vous sur la cure d’amaigrissement, c’est précisément mon premier pilier.

Ceci dit, personne n’est plus favorable au libre-échange que moi, mais encore faut-il que cela se fasse entre pays qui ont les mêmes règles du jeu. En l’état actuel, la Chine est parvenue à capter 90 % du marché des terres rares et elle représente à peu près 70 % de l’ensemble du matériel indispensable à la transition énergétique. Chez nous, cela se traduit par des pertes d’emploi, des friches industrielles et des populations qui se vivent comme les abandonnées de la mondialisation.

Quand, dans les années 1980, les Américains ont vu arriver des voitures et des produits électroniques japonais à la fois technologiquement supérieurs et nettement moins chers, ils ont bien tenté d’améliorer leur production locale, mais surtout, les constructeurs ont filé au Mexique pour bénéficier d’une main-d’œuvre moins chère. Un mouvement qui n’est pas sans expliquer le succès de Donald Trump auprès des classes populaires. Le commerce mondial est actuellement basé sur une concurrence déloyale majeure qu’il faut absolument résorber.

Comment un fabricant occidental de panneaux photovoltaïques peut-il lutter contre ses concurrents chinois qui font appel à du travail forcé Ouïghour ? Les libéraux sont en général de fervents défenseurs d’une concurrence libre et non faussée. Les conséquences sociales sont considérables, de même que les conséquences stratégiques car nous perdons des savoir-faire essentiels.

NMP : Vous parliez de la transition énergétique. Dans nos pays occidentaux, n’est-elle pas en train de tourner à l’horreur bureaucratique, autoritaire, fiscale, subventionnée et décroissante ?

DP : Le troisième pilier de mon programme consiste précisément à faire en sorte que la transition énergétique soit acceptable et qu’elle ne contribue pas à détruire le peu d’industries qui nous reste, l’automobile notamment. Il devient indispensable et urgent de se poser les bonnes questions sur les choix effectués. Pourquoi sortir du nucléaire ? Pourquoi le tout-électrique pour les transports ?

Elon Musk s’est lancé sur le segment des voitures électriques, tout le monde l’a suivi sans rien explorer à côté, et résultat, nous risquons de devenir dépendants d’un petit cartel de cinq pays (Argentine, Bolivie, Chili, Australie et Chine) qui représentent environ 95 % de la production mondiale du lithium nécessaire aux fonctionnement des batteries.

NMP : Denis Payre, merci beaucoup pour cet entretien. Je suis certaine que les libéraux, quelles que soient les nuances ou même les divergences qu’ils pourraient entretenir avec tel ou tel point de votre programme, souhaitent comme moi que vous puissiez participer au débat présidentiel de la droite pour y apporter vos idées et insuffler un peu de cette effervescence libérale qu’on avait vu poindre en 2017, sans lendemain hélas.

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