Gaspard Koenig : « Notre ambition, réduire les normes par 100 »

50 ans de l'AJIS by Force Ouvrière (Creative Commons CC BY-NC 2.0) — Force Ouvrière,

Un entretien avec Gaspard Koenig, président du think tank Génération libre, et créateur du mouvement politique SIMPLE.

Gaspard Koenig, président du think tank Génération libre, lance le mouvement SIMPLE pour alimenter le débat à quelques mois de l’élection présidentielle. La rédaction de Contrepoints a voulu en savoir plus sur le projet.

Entretien réalisé par Alexandre Massaux pour Contrepoints.

Quelle politique générale souhaitez-vous impulser avec le mouvement SIMPLE ?

SIMPLE est né d’un constat de terrain après plusieurs mois de voyage et déplacements à travers la France : celui d’une inflation normative galopante qui entrave les Français dans leur quotidien, dans leur vie personnelle comme dans leurs projets professionnels.

Le constat n’est pas nouveau : la France compte aujourd’hui plus de 400 000 lois et règlements. Personne n’en connaît d’ailleurs le nombre exact. Les gouvernements successifs mettent en place des commissions de simplification mais le problème demeure. Le sujet n’est pourtant pas anecdotique : il devrait au contraire être au cœur de nos priorités.

La simplification n’est pas une mesure technocratique mais une question de justice sociale et de démocratie. De justice sociale d’abord, car les insiders s’arrangent bien de la complexité administrative quand les outsiders la subissent de plein fouet. De démocratie aussi, car nombre de nos concitoyens, excédés par les absurdités qu’ils subissent au quotidien, rejettent en bloc le pouvoir central symbolisé au choix par la préfecture les ministères parisiens ou l’Europe. Un État qui fait peur aux honnêtes gens est en passe de perdre toute légitimité.

La simplification est une politique matricielle qui renverse notre paradigme jacobin et ouvre tout naturellement sur d’autres sujets (fiscalité, sécurité, solidarité, aménagement du territoire…).

Nous révèlerons le 15 novembre prochain, à l’occasion de notre premier rassemblement qui se tiendra au théâtre des Variétés à Paris, des propositions radicales.

SIMPLE est décrit comme un parti. Avez-vous déjà des membres et des personnalités au sein de celui-ci ?

SIMPLE est en effet un parti politique car c’est dans le contexte actuel le moyen le plus efficace d’agir. Il y a près de dix ans j’ai fondé le think tank Generation Libre que je préside toujours. Les propositions de politique publique que nous avons développées ont fait leur chemin dans l’opinion mais peu d’acteurs politiques les reprennent. Par conservatisme sûrement, par étatisme atavique, par manque de courage. C’est frustrant car nombre de Français les partagent.

La création d’un mouvement à vocation politique était aujourd’hui la meilleure façon de peser dans le débat dans un contexte électoral. Nous avons un collectif structuré depuis mars dernier, une équipe de permanents et des centaines de jeunes coordinateurs sur le terrain.

De nombreuses personnalités publiques, députés et sénateurs de tous bords partagent notre combat. Plusieurs parlementaires nous ont d’ailleurs accueilli sur leurs territoires lors de la phase de collecte des témoignages. Ils seront présents dans la salle le 15 novembre.

Si votre parti arrivait au pouvoir, quelle serait la première réforme ?

Nous portons pour ambition de réduire l’ensemble des normes aux principes fondamentaux, en divisant par cent le nombre de textes. C’est le cœur du « Projet Portalis » que nous présenterons.

Nommé d’après l’architecte du Code civil de 1804, œuvre majeure de simplification et de rationalisation du droit français le Projet Portalis a pour objectif de révolutionner le rapport des citoyens à la norme et à l’administration. C’est une manière de créer concrètement des espaces de liberté, dont les citoyens se saisiront d’eux-mêmes pour entreprendre, s’engager, vivre tout simplement.

Comment auriez-vous géré la crise sanitaire ?

La crise sanitaire aura eu le mérite de révéler les réflexes autoritaires, verticaux et jacobins du gouvernement actuel. La mise en place de l’état d’urgence de façon répétée, la gouvernance à quasi huis-clos, le gouvernement des « experts », la multiplication des attestations, et enfin le passe sanitaire… tout cela aurait pu être évité en misant davantage sur la responsabilité individuelle.

Je me réjouis que la campagne de vaccination soit aujourd’hui un succès : mais je dénonce sans nuance l’introduction du passe sanitaire dans nos vies, mesure disproportionnée qui nous habitue peu à peu à un univers de surveillance technologique généralisée. On trouve toujours de bons prétextes pour réduire les libertés.

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