Gaspard Koenig : « Notre ambition, réduire les normes par 100 »

Un entretien avec Gaspard Koenig, président du think tank Génération libre, et créateur du mouvement politique SIMPLE.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
50 ans de l'AJIS by Force Ouvrière (Creative Commons CC BY-NC 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Gaspard Koenig : « Notre ambition, réduire les normes par 100 »

Publié le 15 octobre 2021
- A +

Gaspard Koenig, président du think tank Génération libre, lance le mouvement SIMPLE pour alimenter le débat à quelques mois de l’élection présidentielle. La rédaction de Contrepoints a voulu en savoir plus sur le projet.

Entretien réalisé par Alexandre Massaux pour Contrepoints.

Quelle politique générale souhaitez-vous impulser avec le mouvement SIMPLE ?

SIMPLE est né d’un constat de terrain après plusieurs mois de voyage et déplacements à travers la France : celui d’une inflation normative galopante qui entrave les Français dans leur quotidien, dans leur vie personnelle comme dans leurs projets professionnels.

Le constat n’est pas nouveau : la France compte aujourd’hui plus de 400 000 lois et règlements. Personne n’en connaît d’ailleurs le nombre exact. Les gouvernements successifs mettent en place des commissions de simplification mais le problème demeure. Le sujet n’est pourtant pas anecdotique : il devrait au contraire être au cœur de nos priorités.

La simplification n’est pas une mesure technocratique mais une question de justice sociale et de démocratie. De justice sociale d’abord, car les insiders s’arrangent bien de la complexité administrative quand les outsiders la subissent de plein fouet. De démocratie aussi, car nombre de nos concitoyens, excédés par les absurdités qu’ils subissent au quotidien, rejettent en bloc le pouvoir central symbolisé au choix par la préfecture les ministères parisiens ou l’Europe. Un État qui fait peur aux honnêtes gens est en passe de perdre toute légitimité.

La simplification est une politique matricielle qui renverse notre paradigme jacobin et ouvre tout naturellement sur d’autres sujets (fiscalité, sécurité, solidarité, aménagement du territoire…).

Nous révèlerons le 15 novembre prochain, à l’occasion de notre premier rassemblement qui se tiendra au théâtre des Variétés à Paris, des propositions radicales.

SIMPLE est décrit comme un parti. Avez-vous déjà des membres et des personnalités au sein de celui-ci ?

SIMPLE est en effet un parti politique car c’est dans le contexte actuel le moyen le plus efficace d’agir. Il y a près de dix ans j’ai fondé le think tank Generation Libre que je préside toujours. Les propositions de politique publique que nous avons développées ont fait leur chemin dans l’opinion mais peu d’acteurs politiques les reprennent. Par conservatisme sûrement, par étatisme atavique, par manque de courage. C’est frustrant car nombre de Français les partagent.

La création d’un mouvement à vocation politique était aujourd’hui la meilleure façon de peser dans le débat dans un contexte électoral. Nous avons un collectif structuré depuis mars dernier, une équipe de permanents et des centaines de jeunes coordinateurs sur le terrain.

De nombreuses personnalités publiques, députés et sénateurs de tous bords partagent notre combat. Plusieurs parlementaires nous ont d’ailleurs accueilli sur leurs territoires lors de la phase de collecte des témoignages. Ils seront présents dans la salle le 15 novembre.

Si votre parti arrivait au pouvoir, quelle serait la première réforme ?

Nous portons pour ambition de réduire l’ensemble des normes aux principes fondamentaux, en divisant par cent le nombre de textes. C’est le cœur du « Projet Portalis » que nous présenterons.

Nommé d’après l’architecte du Code civil de 1804, œuvre majeure de simplification et de rationalisation du droit français le Projet Portalis a pour objectif de révolutionner le rapport des citoyens à la norme et à l’administration. C’est une manière de créer concrètement des espaces de liberté, dont les citoyens se saisiront d’eux-mêmes pour entreprendre, s’engager, vivre tout simplement.

Comment auriez-vous géré la crise sanitaire ?

La crise sanitaire aura eu le mérite de révéler les réflexes autoritaires, verticaux et jacobins du gouvernement actuel. La mise en place de l’état d’urgence de façon répétée, la gouvernance à quasi huis-clos, le gouvernement des « experts », la multiplication des attestations, et enfin le passe sanitaire… tout cela aurait pu être évité en misant davantage sur la responsabilité individuelle.

Je me réjouis que la campagne de vaccination soit aujourd’hui un succès : mais je dénonce sans nuance l’introduction du passe sanitaire dans nos vies, mesure disproportionnée qui nous habitue peu à peu à un univers de surveillance technologique généralisée. On trouve toujours de bons prétextes pour réduire les libertés.

Voir les commentaires (35)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (35)
  • Bon courage….! Défaire est toujours bcp plus difficile que faire dans ce pays de bureaucrates!!!!

  • Pour une fois que je suis d’accord avec Gaspard …

    • Ne faites pas trop la fine bouche. C’est le seul libéral un peu connu, un peu doué politiquement, que nous ayons à notre disposition.

      • Et me voilà d’accord avec Jeremy Lapurée… Quelle journée pleine de surprise !
        Cela dit il faut garder à l’esprit que c’est le choix du « moins pire », pas le choix du coeur

        • Gaspard Koenig est infiniment plus libéral que la totalité des autres partis politiques cumulés.
          On peut tergiverser sur certains désaccords doctrinaux, mais à tous ceux qui soutenaient monsieur Z ou autre faute de mieux, voilà nous avons mieux.

          • On est bien d’accords, et contrairement à ceux que vous citez il a le mérite de se présenter comme libéral

          • Certes mais il n’a aucun poids médiatique.
            Et surtout, il se présente sous l’étiquette du Libéralisme ce qui est suicidaire en France.
            Mieux vaut présenter un étatisme économique de bon aloi qui n’est que difficilement attaquable (en France du moins) mais électoralement porteur et faire passer qq réformes libérales une fois élu.

    • sauf que la politique dans le cadre de la démocratie representative n’est pas un buffet..

      c’est voter pour le revenu universel..sans bien en connaitre les contours.. + suppression de 90% des normes..+ x+y

      et j’ai appris dans mon boulot que certaines normes n’etaient pas obligatoires mais avait juste un caractère incitatif..

  • J’aime ce radicalisme-là, au moins 100 fois que celui d’une Sandrine R., par exemple.

  • Un rêve ! mais que vont devenir 3 millions de gratte papier ? chomage technique ? ceci dit, cela ferait moins mal que leur incontinence administrative à tout vouloir mal régenter…

    • Le plus simple : qu’ils continuent à pondre jusqu’à leur retraite ! Il suffit de rendre l’application de ce qu’ils auront pondu facultative, et de ne plus en recruter de nouveaux. Le coût de continuer à payer leur traitement est ridicule devant les gains obtenus en cessant d’appliquer leurs élucubrations.

  • En France et dans la majorité des pays, pour des pb comme le COVID ‘miser davantage sur la responsabilité individuelle.’ c’est avoir plus de morts, comme on le voit en ce moment au Royaume Unis. En soit ça ne me pose pas de problème mais les chantres de la liberté à tout prix n’ont pas l’air d’évoquer ce point.

    • Le fait d’avoir plus de morts n’est pas un problème en soi. Si vous laissez les gens libres de boire, fumer, conduire (bref vivre) vous avez plus de morts que si vous les enfermer dans leur chambre. Pour autant, je pense que nous préférons tous la première option

    • Absolument pas, ce n’est pas ce qu’on constate aujourd’hui au Royaume Uni (ou alors vous avez de informations dont je ne dispose pas).

      En revanche, il est désormais admis, y compris par ceux qui le défendaient à l’époque (OMS, etc), que le confinement a présenté un bilan sanitaire négatif. Oui le confinement a causé plus de morts qu’il n’a sauvé de vies !

      Et il s’agit uniquement d’un bilan sanitaire immédiat, il est encore impossible de quantifier les conséquences désastreuses à long terme de cette mesure, directes mais aussi indirectes, comme celles d’une crise économique majeure causée par l’endettement historique qui s’est ensuivi par exemple.

    • Miser sur la responsabilité individuelle nécessite cependant que le maximum d’informations soit fourni aux populations pour faire face aux problèmes. Je pense qu’il y a eu un manque en Grande-Bretagne, carrément des mensonges en France alors que la Grèce qui a joué carte sur table a passé la phase initiale de l’épidémie de façon sécurisée avec peu de morts alors que c’était un pays très exposé (population vieillissante, système hospitalier en mauvais état, …).

    • « miser davantage sur la responsabilité individuelle.’ c’est avoir plus de morts »

      Mensonge !
      .
      Nombre de décès par million d’habitants
      ———————
      Allemagne 1094
      Suisse 1220
      Luxembourg 1306
      Suède 1408
      Bolivie 1478
      Portugal 1659
      France 1671
      Roumanie 1673
      .
      Proportionnellement ça fait 38’000 morts de plus que l’Allemagne. Vous avez eu le totalitarisme sanitaire ET les morts en plus.

  • A défaut, je vais voter pour lui, ça va dans la bonne direction, même si les mots de « justice sociale » et « démocratie » me gêne tjrs un peu dans la bouche de quelqu’un qui se dit libéral

  • J’ écoutais l’ autre jour un débat entre Gaspard Koenig et François-Xavier Bellamy sur Sudradio, on a bien compri qu’ il était plus proche de Mélanchon et de la gauche Woke que de Eric Zémmour . Moi c’ est ça qui me gêne avec les libéraux comme lui…….. Vous me direz que si Koenig veut passer à la TV et vendre ses livres il a choisi le bon camp.

  • Les combats désespérés sont les plus beaux: la grande majorité de la population veut être « protégée » des « prédateurs » dans tous les domaines par des normes qui empêchent les « agressions » contre leur confort et leur sécurité

    • La grande majorité de la population adore surtout dans les normes le pouvoir de restreindre ceux envers qui elle se sent dépendante ou jalouse.

  • Ce travail de simplification a déjà été effectué par Guillaume Poitrinal et Thierry Mandon. On peut se glorifier du résultat quasi-null sur nos vies.
    https://www.economie.gouv.fr/50-premieres-mesures-simplification-pour-entreprises

  • Mais, mais, mais! Comment va t’on occuper les hordes de gratte-papiers?

  • Merci beaucoup pour votre engagement! Ce sont en effet des idées importantes. Je pense qu’elles font leur chemin mais ce sera encore long…

  • « tout cela aurait pu être évité en misant davantage sur la responsabilité individuelle. »

    Dans quel monde vit-il ? Ou plutôt, dans quel pays croit-il que nous vivons ? Nous sommes en France, et non pas dans un pays scandinave, où à la limite, un appel à la responsabilité individuelle serait déjà plus crédible.
    Cela me fait penser aux socialistes qui croient que tous les gens au chômage font tout le nécessaire pour retrouver le plus rapidement du travail sans aucune incitation les poussant dans ce sens. Ou aux anarchistes qui croient que tous les gens vont se comporter de manière civile sans loi ni police. Quelle que soit l’idéologie, il y a un moment où l’on arrête de regarder certaines facettes du réel. Les libéraux n’échappent pas à la règle…

    • D’ailleurs, je remercie ce journal en ligne, car venant du centre gauche social démocrate, j’ai été séduit par le libéralisme, grâce notamment à la lecture de certains auteurs libéraux (notamment Thomas Sowell), mais la lecture de ce site m’a permis de me prémunir contre une trop grande adhésion au libéralisme, voyant ce que cette idéologie, (à laquelle j’accorde encore une bonne dose de sympathie), acceptée avec une trop forte adhésion et sans assez de nuance, faisait à certains cerveaux…

    • Sur la responsabilité: toute bonne mère sait qu’il faut laisser les enfants faire leurs expériences négatives et éponger les dégâts tout seul, c’est à cette condition seulement qu’ils deviennent autonomes et responsables.
      En France il suffit de pleurer un petit coup auprès des médias pour avoir une loi et de l’argent. Le problème est bien politique.
      D’abord l’état doit cesser d’intervenir sur tout, ensuite les gens se prendront en main.
      .
      Robert Sine a écrit: « anarchistes qui croient que tous les gens vont se comporter de manière civile sans loi ni police. »

      Les libéraux sont totalement pour un régalien fort, loi et police. Le constat des libéraux est que l’état en dehors du régalien créer plus de problèmes qu’il n’en résout.
      .
      Il suffit de regarder la différence entre la Suisse qui régule et impose « peu » et la France qui régule et impose tout. La Suisse trust les premières places des tous les classements, économiques et sociaux, la France s’enfonce dans la faillite, l’insécurité, la dette et la faillite.
      Simple exemple: un éboueur suisse gagne autant qu’un enseignant d’université française bien qu’il n’y ait pas de salaire minimum et que le code du travail fasse 20 pages (5000 en France).
      .
      Robert Sine a écrit: « Les libéraux n’échappent pas à la règle… »

      Les libéraux classique sont ceux qui font fonctionner les pays bien gérés, par contre les libertariens ou autres anarcap sont perdus dans leurs utopies complètement déconnectées et malheureusement une partie de la rédaction de Contrepoints fait partie de cette frange là.

  • La démarche SIMPLE, à laquelle je souscrit évidemment, s’inspire de toutes les approches développées dans le privé depuis les années 80. Quel retard de la bureaucratie et de ses satellites! Pour le fun, le procédé mnémotechnique était la méthode KISS: KEEP IT SIMPLE STUPID. Faire tellement simple que cela paraît stupide!

  • Ce ne sont pas les normes qu’il faut réduire, ce sont les lois et les règlements. France = pays des lois (et donc des passe-droits, logique !)

    • Ne formulez pas ça comme ça, il y a une norme en préparation comme quoi seuls les 10 premiers mots d’un commentaire doivent être pris en compte.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
Gaspard Koenig mouvement Simple
5
Sauvegarder cet article

Dans sa dernière chronique du quotidien Les Échos sur le burkini, Gaspard Koenig, bien loin d’une tradition libérale organique héritée de Hayek, tente de nous faire croire que le salut démocratique serait dans une sorte de juridisme éthéré. On comprend mieux pourquoi le courant libéral a si peu d’adeptes : autant de naïveté ne saurait susciter grand enthousiasme, et ses arguties byzantines semblent bien dérisoires en face d’idéologies autrement plus structurées et prosélytes. Il est dommage qu’un homme qui nous exhorte à lire Montaigne à dos ... Poursuivre la lecture

2
Sauvegarder cet article

Le vote Mélenchon est révélateur d’un symptôme propre à la France : l’extrême gauche est plus forte dans notre pays que dans les autres.

Pourquoi ? Il existe plusieurs réponses.

La première est conjoncturelle : Mélenchon a du talent, c’est un politicien cultivé qui s’exprime avec conviction et éloquence, il entraîne les foules et son islamo-gauchisme lui a attiré les suffrages du monde musulman, en particulier ceux des musulmans en rupture avec la civilisation française. Le vote utile a aussi joué pour lui.

Mais ce sont l... Poursuivre la lecture

Aymeric Caron et Jean-Luc Mélenchon n’ont pas toujours été les meilleurs amis du monde. En 2014, quand il était chroniqueur dans l’émission On n’est pas couché, le premier reprochait au second de passer son temps à glander sur les bancs du Parlement européen et le second l’accusait en retour d’être un « branleur » agitant n’importe quelle rumeur pour faire son show.

Aymeric Caron candidat à la nouvelle union de la gauche

En 2017, timide rapprochement. Le patron de la France insoumise ayant reconnu le caractère « révolutionnaire » du vé... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles