Collectif citoyen sur la vaccination : ne cherchez pas, il n’existe plus

Le collectif citoyen sur la vaccination, créé pour conseiller le gouvernement, a vite été écarté des questions sérieuses.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Pr Alain Fischer sur LCI youtube https://www.youtube.com/watch?v=2pw6AIy99Xs

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Collectif citoyen sur la vaccination : ne cherchez pas, il n’existe plus

Publié le 13 octobre 2021
- A +

Par Nathalie MP Meyer.

Vous vous souvenez de ce conseil de 35 personnes tirées au sort qui devait veiller à la transparence de la politique vaccinale et faire remonter les questionnements des Français jusqu’au M. Vaccin du gouvernement le professeur Alain Fischer, sous la houlette du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ? Peut-être pas, mais ne vous affligez pas plus que ça car de toute façon, il n’existe plus.

Un conseil de consultation pour la vaccination

Le quotidien Le Parisien nous apprenait en effet ce week-end que le « collectif citoyen sur la vaccination » installé au début de l’année par le Premier ministre et le ministre de la Santé dans l’esprit indéfectiblement démocratique qui anime en permanence le gouvernement dans sa gestion de la pandémie de Covid-19 s’était réuni il y a trois semaines, c’est-à-dire mi-septembre, pour une ultime réunion consacrée à officialiser la fin de ses activités.

Au vrai, dès lors qu’Emmanuel Macron avait annoncé (le 12 juillet 2021) la mise en place du pass sanitaire, moyen détourné de rendre la vaccination obligatoire sans le dire et surtout sans plus se préoccuper le moins du monde du libre choix des Français à cet égard, les jours du collectif étaient comptés. Olivier Véran s’était d’ailleurs empressé d’annoncer sa dissolution dans la foulée de l’allocution présidentielle alors qu’il était prévu qu’il poursuive ses activités au-delà du mois de juillet pour faire un suivi puis un bilan de la campagne de vaccination.

Parole de citoyenne du défunt collectif :

Au tout début, on a été écoutés sur des problématiques de terrain : la prise de rendez-vous en mairie, l’utilisation des personnes en service civique au profit de la vaccination… Mais dès qu’il a été question de vaccination obligatoire ou de passe sanitaire, on ne pesait plus vraiment.

Le mieux, c’est qu’au moment de définir les missions du collectif, Patrick Bernasconi (qui était Président du CESE à l’époque) n’a pas jugé utile d’y inclure un débat sur le caractère obligatoire de la vaccination puisque que c’était « une question déjà tranchée par le président de la République ». Déjà tranchée… dans le sens de la non-obligation, si vous vous rappelez :

 

De la même façon, Emmanuel Macron avait ensuite promis que le pass sanitaire ne serait jamais un outil de discrimination entre les Français et qu’il ne concernerait pas les actes de la vie quotidienne :

Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis.

Une déclaration 100 % opportuniste et sans engagement, peut-être motivée par le fait que la consultation citoyenne en ligne sur la question du passeport vaccinal ouverte par le CESE du 17 février au 7 mars 2021 avait montré que 72,7 % des plus de 110 000 répondants y étaient farouchement hostiles :

L’échantillon n’était certes pas représentatif de la population française, mais à ce moment-là, le haut niveau de désapprobation répertorié pouvait néanmoins inciter l’exécutif à une certaine retenue… toute provisoire, comme on sait.

Un collectif citoyen sur la vaccination qui a perdu tout possibilité de discuter des sujets qui fâchent

Autrement dit, les membres du collectif ont été habilités à discuter de tout sauf des sujets qui fâchent, ces sujets qui marquent la frontière entre un régime respectueux de sa propre parole en même temps que des libertés individuelles et un régime qui s’enferme dans son autoritarisme sanitaire – alors même que 85,4 % de la population éligible (+ de 12 ans) est maintenant complètement vaccinée (10 octobre 2021) et que la pandémie régresse considérablement au point que le taux d’incidence est tombé hier à 43 cas pour 100 000 habitants sur une semaine.

Mais surtout, sujets qui fâchent dont on leur avait dit qu’ils ne seraient jamais un problème compte tenu des prises de position sublimement citoyennes du président de la République. Que voilà une magnifique entourloupe !

On a donc vu les 35 citoyens se plonger avec enthousiasme dans les caractéristiques techniques des nouveaux vaccins puis faire assaut de propositions pratico-pratiques pour faciliter l’accès de tous aux centres de vaccination. S’ils ont recommandé au gouvernement de clarifier sa communication et de ne pas changer les dates, les critères d’éligibilité vaccinale et les arguments scientifiques tous les quatre matins, ils ne se sont pas privés non plus de foncer tête baissée dans une sorte de propagande active en suggérant des slogans à placarder partout du style :

« Je choisis la vie, je me vaccine » ou « Une petite piqûre pour l’Homme, un grand pas pour la liberté. »

Un collectif citoyen des plus dociles, donc, qui s’est gentiment plié à la figuration demandée, mais qui n’avait cependant plus guère d’utilité à partir du moment où le gouvernement renonçait à convaincre la population pour passer directement à la coercition qu’il s’interdisait avec force belles paroles et trémolos hypocrites quelques mois plus tôt.

Au moment de faire le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron, il ne faudra pas oublier combien ce dernier aura usé et abusé des artifices grossiers de la démocratie dite participative.

Qu’il s’agisse du niveau municipal, où le plus grand projet « citoyen » qu’on puisse envisager consiste généralement en l’aménagement de trois bacs à sable et deux jardinières de fleurs éco-responsables, ou du niveau national, où le président de la République n’a aucun scrupule à venir expliquer en grande pompe à la télévision que toutes les propositions émises seront reprises « sans filtre » par le gouvernement, le but recherché est toujours le même : faire ruisseler la bonne parole des élus vers les électeurs via des citoyens exagérément flattés d’avoir été tirés au sort et rapidement convaincus que c’est tout simplement une nouvelle page de l’histoire de France qui va s’écrire à travers eux.

Au fil d’un quinquennat rapidement houleux, Emmanuel Macron a vite saisi l’intérêt de recouvrir ses mini-réformes, ses non-réformes et ses échecs d’un voile de fausse pureté démocratique. On a eu le Grand débat national, on a eu la Convention citoyenne pour le climat, on sort tout juste du collectif citoyen sur la vaccination, tous des instruments destinés avant tout à sa propre conservation qui nous confirment amplement qu’il maîtrise à merveille les gadgets politiques, les écrans de fumée, les promesses non tenues, bref, la démagogie inhérente à tous les populistes. Pas très citoyen, tout ça…

(Ce qui ne signifie nullement que ses opposants de gauche ou de droite seraient automatiquement plus dignes d’attention ou moins susceptibles de nous jouer la comédie de l’homme d’État pur et parfait, je préfère le préciser.)

Sur le web

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • il y un un article sur contrepoint…
    https://www.contrepoints.org/2021/10/13/408633-podcast-pourquoi-nous-adorons-letat-tout-en-le-detestant-avec-pierre-bentata

    désolé devout de bonne heure..
    le comité citoyen était similaire au service réclamation en somme; qu’une enterprise a interet à écouter si elle ne souhaitent pas que les client s passent à la concurrence. ou que les produits arrêtent de se vendre quand leurs défauts sont révélés.. .ah…il n’y pas de concurrence.. et il y a aura obligation d’achat.. c’etait donc donc pour faire semblant..mais un paradoxe, il EST » la représentation  » élue du peuple..
    par ailleurs à tous ceux qui veulent juger macron car il a menti, ou non tenu ses promesses ou causé des morts… c’est peine perdue.. c’est quasiment le boulot. la PREUVE en tweets!
    bein entendu on doit rire des justifications ou des buts qui ont été avancés comme CAUSE des mesures prises par macron… mais la révolte contre la personnalité de macron.. n’est pas la réponse ça doit être sortir le politique de la prise de décision.

    la santé publique est un concept SUBJECTIF. et à multiples dimensions, qui ne peut être optimisée sans avoir choisi d’une façon qui ne peut être qu’arbitraire une façon de la calculer.. les scientifiques qui en parlent sans le rappeler sont des escrocs intellectuels qui ne défendent que leur gagne pain.

    la seule certitude..la souffrance de certains individus, sinon de tous dans un dictature qui ne la craint pas, est sans valeur, car l’arbitraire a été admis dans l’acceptation de l’idée de santé publique.. les plaintes sont alors le fait d’égoistes ou d’idiots. c’est implacable..et incontestable. le gouvernement peut alors se targuer de courage car il a pris des decisions difficiles pour…la santé publique..

    il a « choisi » les morts..enfin pas trop, .. i la juste joué avec les conséquences sur la santé et la vire des gens..sans vraiment savoir;.

    vous avez signé un blanc seing ..

    dans une démocratie représentative bien sûr… la santé publique ne va devenir qu’un outil électoral.

    quand macron a remarqué dans les sondage qui s’opposait à l’obligation ( et aussi je présume le risque d’une polémique sur des vaccins non utilisés! ) allez zou obligation…je vais remonter dans les sondages..effet chef de guerre..

    Et vous ne pouvez pas démontrer à macron que les mesures n’ont servi à rien sans vous même choisir une métrique arbitraire de calcul sur la santé publique….

    il ne vous a même pas donné la sienne!!!

    l’aureit il fait… qu’ il na jamais prétendu à l infaillibilité il a pris des décisions courageuses, forcément courageuses , qu’il pensait necessaire, et il est « en charge »…..

    justement non i n’est pas en charge de la santé publique; à la rigueur du secteur publique..

  • Ces revirements à gogo, probablement impulsés par une hautadministration toute puissante, questionnent :
    – y a-t-il un président dans la salle ?

    • ce ne sont pas les revirements qui posent problème , mais leur inexplicabilité…

      on ne sait pas où on va vraiment mais on décide de changer de direction..et interdiction de critiquer;

  • Eh oui, dans ce gvt, il n’y a que de la com, le concret se décide au château entre le roi la reine et le valet de pique. Et ce qu’il en sort est toujours lamentable. La dernière com, pas cher, 30 milliards jetés par la fenetre

  • Je suis (évidemment) d’accord sur le fond de cet article dénonçant une énième manipulation du gouvernement ; cependant je voudrais faire une remarque à propos du passage suivant :

    alors même que 85,4 % de la population éligible (+ de 12 ans) est maintenant complètement vaccinée (10 octobre 2021) et que la pandémie régresse considérablement au point que le taux d’incidence est tombé hier à 43 cas pour 100 000

    Nathalie semble faire un lien entre le taux de vaccination et la régression de l’épidémie. Et pourtant, l’épidémie est repartie en début d’été dans pas mal de pays ayant beaucoup vacciné (RU, Israël, etc.). Également, tout montre que l’efficacité de la vaccination diminue assez fortement dans les mois qui suivent la vaccination : il y a quelques semaines, une journaliste de LCI citait deux études faites par les services de santé britannique et israélien, qui aboutissaient à la même conclusion : l’efficacité passe de 90% environ immédiatement après la vaccination, à 30% environ 6 mois après. D’où la 3ème dose. Donc 85% de vaccinés parmi les éligibles, excusez-moi mais on s’en fiche.

    Si la pandémie doit régresser définitivement, la vaccination n’y sera sans doute pas pour grand-chose ; ce sera son évolution naturelle, comme l’indique par exemple le Pr. Raoult, ou d’autres (un article de Ouest-France tenait il y a quelques semaines pour plausible l’hypothèse selon laquelle le virus va évoluer vers une moindre dangerosité et que nous devrons vivre avec comme nous le faisons avec d’autres virus). La vaccination aura servi, pour ce virus comme pour bien d’autres, à protéger les vaccinés, c’est à peu près tout – du moins ceux passés au travers des effets secondaires graves.

    • il ne faut pas mélange les choses..l’épidémie on s’en fout ce sont les malades et les morts…

      mais reste que chercher la plus grande couverture possible reste pour moi un mystère..

    • et elle ne fait vraiment de lien …

      la pandémie de rhume on s’en tape..
      les évolutions naturelles des épidémies c’est du flan on n’en sait rien..pas d’utilité pratique à court terme…
      les médecins gèrent le présent et essayent d’eviter des morts…maintenant..

      pourquoi vacciner des enfants…c’est en effet dans une vue épidémique que je ne comprends pas..il existe peut être des arguments mais ils sont du calibre d’evolution plausible.. va réfuter le plausible qui ne se produit pas..
      en français on sait pas.

      • les médecins gèrent le présent et essayent d’eviter des morts…maintenant..

        Vous en êtes bien sûr ?
        Mon père, octogénaire, a eu une bronchite le mois dernier et est revenu de chez son médecin – une jeune remplaçante, pas encore diplômée ! – sans aucun traitement, rien de rien. Ce qui m’a énormément étonné (et même irrité), à son âge surtout. Et on ne peut incriminer un quelconque abus d’antibiotiques de sa part, loin de là.
        J’ai su après coup que la jeune doc lui avait prescrit un test PCR : elle suspectait donc le Covid (qu’en réalité il n’avait pas). J’en ai conclu, peut-être me trompé-je mais la coïncidence serait troublante, qu’elle avait appliqué strictement les instructions d’O. véran et cie : ne pas soigner les malades du Covid. Les renvoyer chez eux avec du Doliprane et attendre qu’ils s’en tirent tout seuls ou en crèvent. Quand je vois ça, j’ai des envies de dire très vertement à ces médecins ce que je pense de leur conception de leur métier.

        • Aujourd’hui, plus d’antibio pour une bronchite, fini, va, c’était avant.
          Ma fille a vu son toubib lundi, toussant comme une folle, et il lui a donné de la cortisone, quand même, et … du doliprane.
          Aucune suspicion covid, donc pas de test, les symptômes n’étant pas évocateurs.
          Elle a fini ses 5 jours de cortisone, pas guérie, dommage pour elle…

  • Votre avant-dernier paragraphe résume parfaitement ce à quoi se résume la présidence Macron.

  • Il faut croire que les français ont vraiment ma mémoire courte : ils ont oublié le celebre adage : # les promesses de nos dirigeants n’engagent que ceux qui les écoutent #.
    Que vont devenir les membres de cette commission? Vont-ils continuer à être gobergés par nos impôts?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Victorieuse à la présidentielle mais fortement contestée après les élections législatives, la Macronie va devoir transiger, négocier et réinvestir le champ parlementaire. Et ce n’est pas vraiment dans ses habitudes.

Le triomphe d’Emmanuel Macron en 2017 est aussi le triomphe de l’hyperprésidentialisation du régime. Porté en triomphe par les médias et bénéficiant d’une confortable majorité à l’Assemblée, le nouveau président peut s’imaginer Jupiter. Il s’entoure de technocrates chargés d’appliquer à la lettre ses consignes et exige l’ob... Poursuivre la lecture

La prolongation du pass sanitaire européen (appelé Certificat COVID numérique de l’UE) a été acceptée par le Parlement européen ce jeudi 23 juin avec une large majorité : 453 pour et 119 contre (avant correction des votes). Il est toutefois possible de savoir comment ont voté les députés sur ce document (pages 44 et 45). Celui-ci est riche en enseignement sur leurs positions individuelles, mais aussi sur le positionnement des partis sur la question sanitaire.

 

Le Rassemblement national, la France Insoumise et François-Xavier ... Poursuivre la lecture
casier Législatives coute
0
Sauvegarder cet article

Ce n’est pas Macron, aujourd’hui, c’est la démocratie qui est en marche. Depuis l’heureuse surprise du deuxième tour de l’élection législative, nous retrouvons enfin un équilibre des pouvoirs tel que l’avait défendu Montesquieu dans L’Esprit des lois.

C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

C’est chose faite depuis le 19 juin.

Malgré la position privilégiée que ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles