La France par temps de covid (2) : la vérité officielle médiatisée

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OPINION : dans cette France par temps de Covid nous assistons au spectacle de l’actualité sanitaire marquée par les images de réanimations ou du port du masque.

Par Julien Plouchart.

Nous avons assisté à une saturation de l’espace médiatique par l’actualité sanitaire dès mars 2020. Cette stratégie politique de la saturation médiatique entraîne une diffusion omniprésente et permanente de l’information littéralement covidifiée. Le paradoxe de la diffusion d’une information concentrée illustre le règne du spectaculaire intégré prédit par Guy Debord dans ses Commentaires sur la société du spectacle.  Cette spectacularisation de l’actualité sanitaire est marquée par l’importance de la visibilité de la maladie marquée par les images de réanimations ou du port du masque en extérieur et par la mécanique du protocole avec la mise en œuvre du pass sanitaire et les files d’attente masquées et espacées dans l’espace public.

Les mass médias omniprésents en France par temps de covid

L’actualité sanitaire a été en grande partie orientée à partir de mi-mars 2020. La déclaration de guerre des dirigeants français à l’ennemi covidien s’est immédiatement accompagnée de la mise en branle d’une redoutable communication, une propagande renouvelée. Les médias les plus suivis, que ce soit les chaînes d’information, les chaînes généralistes, nombre de sites de journaux en ligne, se sont révélés à maintes reprises les vecteurs de l’information officielle. De nombreux journalistes ont eu pour rôle de réaliser la transmission massifiée de l’information officielle en relayant la communication gouvernementale sans reprise critique.

La diffusion d’inexactitudes scientifiques telles que l’absence de contamination par les vaccinés afin de justifier le pass sanitaire ou la capacité des vaccins à protéger à 95 % les gens vaccinés contre le Covid quel que soit le variant afin de pousser à la vaccination la population permet d’imposer une technologie politique du traitement de la maladie.

En fait, nous avons assisté à une instrumentalisation de la connaissance. C’est dans cet ordre d’idées qu’un penseur comme Jean-François Lyotard a expliqué que le savoir est devenu une marchandise informationnelle dans les sociétés postmodernes. Au cours de la crise du covid, la diffusion massifiée d’une information a permis d’en imprimer la véracité auprès de la population. La reprise de certaines études dans les médias a donné le vernis scientifique à une décision politique.

La fermeture des restaurants sur la période de novembre 2020 à mai 2021 fut ainsi prise avec pour justification principale l’étude Comcor de l’équipe du professeur Fontanet, et ce alors que de nombreux pays ont laissé les restaurants ouverts sur la même période sans constater d’impact significatif sur le cours de l’épidémie. La donnée officialisée est devenue une arme politique : la manipulation statistique comme la décontextualisation de modélisations ont été mises au service de la décision politique. Il y a à la fois manipulation des chiffres et biais de l’interprétation. De manière exemplaire, la confusion entretenue entre lits de réanimation et lits de soins critiques a été mise en œuvre afin de dramatiser la situation sanitaire.

L’utilisation de la peur

Au cours de cette crise du Covid, la manipulation de la population s’est révélée d’autant plus efficace qu’elle jouait sur la peur de la mort. Le président Macron insista ainsi dans son discours d’octobre 2020 sur le risque d’avoir 400 000 morts au cours de l’automne et de l’hiver 2020 en France et de la certitude de l’occupation par des malades du covid d’au moins 9000 lits de réanimation en novembre 2020. Au cours d’une interview en octobre 2020, le président du conseil scientifique Delfraissy affirmait que le covid était diabolique. Jouer sur la peur de la mort permet d’avoir l’assentiment de la population.

Dans son roman La naissance de l’Odyssée, Jean Giono dit d’Ulysse :

Par-dessus la besace à mensonges, il avait de tout temps porté la peur.

La capacité d’Ulysse par sa parole mensongère à transformer la réalité et à instiller la peur s’applique à la stratégie gouvernementale. Dans le roman covidien, Olivier Véran est l’Ulysse du navire français.

En mars 2021, Olivier Véran affirmait ainsi que les patients atteints du Covid admis en réanimation étaient de plus en plus souvent jeunes. En août 2021, il affirmait que les malades du covid aux Antilles étaient très jeunes. Ces assertions médiatisées en contradiction avec la réalité d’une maladie qui se révèle sévère dans la très grande majorité des cas chez des sujets âgés ont eu pour but de dramatiser la situation afin de justifier des mesures telles que le confinement d’avril 2020 en France ou le confinement d’août 2021 aux Antilles.

La médiatisation du décès d’une lycéenne en Ile-de-France en mars 2020 ou du décès d’un nourrisson en PACA en juillet 2021 répondait à la volonté d’apeurer la population avec le message que le Covid était une maladie grave pour toutes les tranches d’âge, y compris pour les enfants et les adolescents. Dans ces deux cas, cette médiatisation a accompagné des mesures de restrictions des libertés telles que le confinement de mars à mai 2020 ou la réimposition du port du masque en extérieur dans certaines localités en juillet août 2021. L’actualité covidifiée emplie de récits tragiques permet d’aliéner les individus en les dépossédant de leurs aptitudes et de leurs destinées.

Il y eut bien quelques réactions de personnalités engagées comme le 10 septembre 2020 une tribune signée par des chercheurs, médecins et penseurs dans le quotidien Le Parisien remettant en cause la communication officielle fondée sur la peur, le recours au confinement et l’imposition du masque en extérieur. Cette tribune n’a guère eu d’écho public puisque peu médiatisée. En revanche, la médiatisation de la peur permet la mise en place d’une société de surveillance et de contrôle dans le cadre d’une stratégie de l’aliénation de l’individu. C’est dans ce contexte que l’idée du pass sanitaire prend tout son sens et c’est dans cette logique que la pérennité de cette idée est probable.

Cette stratégie communicationnelle explique à la fois l’omniprésence médiatique de médecins alarmistes promoteurs de l’idée de confinement entre le printemps 2020 et l’été 2021 et les campagnes de dénigrement menées contre des médecins et experts comme Didier Raoult remettant en cause la stratégie de gestion du Covid.

La brièveté de l’exposition médiatique de Jean-Michel Claverie est elle aussi exemplaire de la marginalisation de la conception dite rassuriste de l’évolution de l’épidémie. L’exposé de cet expert sur la faiblesse de la quatrième vague en France durant l’été 2021 au cours d’une interview fin juillet 2021 sur LCI entraîna sa disparition quasi immédiate des chaînes d’information à la ligne éditoriale alarmiste.

Avec l’imposition du pass sanitaire nous avons assisté au cœur de l’été 2021 à l’achèvement du processus d’unanimisme médiatique autour de la gestion du covid : il y a eu à la fois le soutien des penseurs médiatiques au pass sanitaire tandis que les opposants à cette idée étaient souvent présentés dans les médias comme des antivax et des extrémistes ce qu’ils pouvaient bien sûr parfois être, et étaient affublés du terme définitif de conspirationnistes.

La crise du Covid a en fait permis le déclenchement d’une infodémie d’une ampleur inconnue jusqu’alors en France. Le retour à la rationalité est la seule solution pour sortir du piège informationnel covidien. Le concept du cogito cartésien peut permettre à l’individu de repenser par lui-même la situation actuelle.

L’idée clé que le fait de penser par soi-même permet de s’assurer et de son existence individuelle et de son autonomie de décision est le moyen d’affronter l’emprise mentale de l’appareil de communication du Covid. Seul le retour à la raison permet de libérer l’individu. La résistance doit partir de l’individu afin de briser la tyrannie mentale impulsée par le pouvoir central et entretenue par de nombreux médias.

Comme l’écrivait La Boétie dans son Discours sur la servitude volontaire :

Soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres.

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