USA, Australie, Royaume-Uni : nouvelle alliance contre la Chine

Prime Minister Boris Johnson G7 Leaders Summit Day One (creative commons CC BY-NC-ND 2.0) — Number 10, CC

L’Australie, le Royaume-Uni et les USA scellent l’AUKUS, une alliance dans la zone indopacifique. Une mauvaise nouvelle pour l’Europe.

Par Alexandre Massaux.

La rupture par l’Australie du contrat des sous-marins français de Naval Group fait réagir. La raison ? L’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis scellent une alliance renforcée nommée AUKUS dans la zone indopacifique. Celle-ci vise avant tout à renforcer les capacités militaires des trois membres et a pour premier objectif la construction de sous-marins nucléaires avec l’aide des Américains et des Britanniques.

Cette alliance fait suite à une réunion trilatérale entre le président américain Joe Biden, le Premier ministre anglais Boris Johnson et son homologue australien Scott Morrison.

Le centre de gravité géopolitique est désormais en Asie

La mise en place de l’AUKUS montre plusieurs tendances.

Tout d’abord, que les liens entre les pays anglo-saxons restent forts. Avec le Brexit et l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, plusieurs commentateurs pensaient que les liens entre le Royaume-Uni et les USA allaient être moins importants. Cette alliance prouve le contraire.

Mieux, avec l’AUKUS, Londres renforce ses relations avec l’Australie (pays qui reste dirigé par la reine d’Angleterre Elizabeth II). Une politique qui s’inscrit dans la tendance d’un rapprochement entre le Royaume-Uni et le Commonwealth notamment au niveau économique avec le CANZUK.

Ensuite, cette alliance est motivée par la montée en puissance de la Chine et la volonté des pays anglo-saxons d’y faire face. L’Australie et les USA bordent l’océan Pacifique, qui est désormais le centre de gravité économique mondial. Quant aux Britanniques, outre les pays du Commonwealth, il convient de rappeler que Hong Kong était jusqu’en 1997 un territoire britannique.

L’Europe : la grande perdante de cette alliance dirigée par les USA

Néanmoins, cette alliance et la rupture du contrat avec le groupe français montrent un désintérêt de plus en plus marqué envers l’Europe des États-Unis et de ses alliés. Le champ de bataille potentiel n’est plus l’Europe, comme lors de la guerre froide, mais le Pacifique.

Nous pouvons nous poser la question de la place de l’OTAN dans le futur proche. Les États unis, son principal contributeur, se désintéressent de l’Europe et de l’Atlantique Nord. Bien que souvent médiatisée Moscou n’est plus le cœur des préoccupations de Washington. Après tout, entre une Russie qui a un PIB inférieur à celui du Canada et une Chine qui est la seconde puissance économique mondiale qui a le plus de potentiel de nuisance ?

Les pays européens vont devoir déployer des efforts considérables pour rester dans l’arène géopolitique. La naïveté dont font preuve trop d’Européens est en train de se retourner contre eux. Quoiqu’on le veuille, la scène internationale reste un monde anarchique où s’affrontent les intérêts des États.

Lord Palmerston, Premier ministre britannique du XIXe siècle est connu pour cette citation reprise et adaptée par plusieurs hommes d’État : « L’Angleterre n’a pas d’amis ou d’ennemis permanents, elle n’a que des intérêts permanents. »

Tout pays européen devrait garder en tête cette logique.

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