Royaume-Uni : l’accès à la nationalité britannique facilitée pour Hong Kong

En permettant aux résidents de Hong Kong de voter avec leurs pieds, le Royaume-Uni pourrait combattre très pratiquement le totalitarisme chinois en se faisant le refuge de la liberté individuelle.

Par Frédéric Mas.

En réponse à la répression chinoise de Hong Kong, le Royaume-Uni a décidé de faciliter l’accès à la nationalité britannique aux résidents de son ancienne colonie. « Si la Chine applique cette législation sur la sécurité nationale, nous donnerons à ceux qui détiennent des passeports BNO (British National Overseas’ Passports) le droit de venir au Royaume-Uni » a déclaré le secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux relations avec le Commonwealth Dominic Raab, interrogé par la BBC dimanche dernier.

Dans un premier temps l’offre était proposée aux seuls détenteurs du fameux passeport. Vendredi, le gouvernement britannique a précisé que sa proposition était bien plus radicale : il proposait une voie vers la pleine citoyenneté aux 3 millions de résidents de Hong Kong nés avant 1997 et qui pouvaient demander ces passeports.

La fin de l’autonomie politique de Hong Kong

Depuis maintenant quelques semaines, Hong Kong est le théâtre d’un regain de protestations de la part des militants démocrates et pour l’autonomie de l’ex-colonie britannique.

Les autorités pro-chinoises ont en effet voté une loi sur la sécurité nationale qui aura pour effet de criminaliser toute activité jugée subversive par Pékin. Pour beaucoup d’observateurs, l’adoption de cette loi signe la fin du système hérité de 1997 admettant « un pays, deux systèmes », c’est-à-dire la garantie de l’autonomie de Hong Kong et des droits de ses citoyens à la liberté et à la démocratie.

Face à cette agression sans précédent contre les libertés de Hong Kong, les États-Unis n’ont pas tardé à répliquer. Donald Trump a déclaré vouloir supprimer les exemptions commerciales dont bénéficie Hong Kong, estimant que son statut désormais clairement rattaché à la Chine ne justifiait plus de tels privilèges.

Une manière efficace de combattre pour la liberté

Le geste britannique, comme celui américain, a agacé la Chine, qui prétend que le gouvernement de Boris Johnson viole sa souveraineté, en déniant aux habitants de Hong Kong la nationalité chinoise, que le Royaume-Uni a reconnu en 1984 par une déclaration jointe entre les deux pays.

En permettant aux résidents de Hong Kong de voter avec leurs pieds, le Royaume- Uni pourrait non seulement attirer à lui l’une des populations les plus prospères d’Asie, mais aussi combattre très pratiquement le totalitarisme chinois en se faisant le refuge de la liberté individuelle.

Si les paroles des politiques britanniques sont suivies d’effet, il n’y aura pas de meilleur sondage possible pour juger de l’attrait du « modèle de développement » de la dictature chinoise.

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