Hong Kong met à mal les convictions démocratiques des Européens

Pékin avertit les Européens de ne pas « s’ingérer dans les affaires internes chinoises » – une déclaration posture, surtout destinée à rassurer sur le plan de la politique intérieure chinoise.

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President Xi Jinping by Chairman of the Joint Chiefs of staff (CC BY 2.0)

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Hong Kong met à mal les convictions démocratiques des Européens

Publié le 28 août 2020
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Par Lun Zhang1.
Un article de The Conversation

L’annonce est tombée le 19 août : les États-Unis ont formellement notifié à Hong Kong leur retrait de trois accords bilatéraux en matière d’extradition et de fiscalité.

Cette mesure fait suite à l’entrée en vigueur au mois de juillet de la loi relative à l’autonomie de Hong Kong (Hongkong Autonomy Act, HKAA). Cette dernière a été votée aux États-Unis en réaction à la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong promulguée le 30 juin par le président Xi Jinping et mettant fin à la politique « un pays, deux systèmes », prétendument appliquée durant cinquante ans dans cette ancienne colonie britannique.

Tous les avantages, notamment fiscaux, dont jouissait Hong Kong en termes d’échanges commerciaux et de circulation humaine sont de fait annulés.

Pour les États-Unis, désormais en guerre froide avec la Chine, la mainmise chinoise sur Hong Kong est inadmissible.

Washington a donc actionné une sanction visant 11 personnalités de l’administration hongkongaise comprenant la chef de l’exécutif Carrie Lam et plusieurs hauts responsables chinois chargés des affaires de Hong Kong.

Ils sont désormais privés de la possibilité de se rendre aux États-Unis et d’avoir recours aux services bancaires américains. S’ils possèdent des biens aux États-Unis, ceux-ci seront contrôlés et leurs échanges avec les États-Unis seront interdits.

Outre-Atlantique, la France et l’Allemagne ont réagi début août en suspendant le traité d’extradition mis en place en 2017 et visant à sanctionner « la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères ».

Mais ces actes suffisent-ils vraiment pour riposter à Pékin et soutenir la liberté et la démocratie à Hong-Kong ?

Cette loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong-Kong suscite également de l’incompréhension, de la déception et de la colère dans le monde, même parmi ceux ayant traditionnellement témoigné de leur sympathie vis-à-vis de Pékin.

La promesse de liberté faite par le gouvernement chinois aux Hongkongais a été rompue ; la crédibilité morale et politique de certains pays, notamment la Grande-Bretagne, et celle des Nations unies, est gravement atteinte : il ne faut pas oublier que la Déclaration sino-britannique conjointe concernant Hong Kong en 1984 a été déposée auprès de cette organisation internationale suprême, donc d’une certaine manière garantie par celle-ci.

Une répression intense de la démocratie à Hong Kong

À Hong Kong, la répression visant les démocrates s’intensifie jour après jour, comme le montre la nouvelle vague d’arrestations de dix contestataires pro-démocratiques il y a quelques jours. Parmi eux, Jimmy Lai, le patron du journal critique très populaire Apple Daily, et une étudiante de 23 ans, Agnes Chow, deux figures bien connues du mouvement contestataire de ces derniers temps.

La militante Agnès Chow, AFP, Youtube.

 

Ils ont été relâchés un peu plus tard sous caution suite à une forte réaction internationale. Tous n’ont pas bénéficié d’un tel appui et beaucoup de militants sont toujours incarcérés : depuis un an, plus de 10 000 arrestations ont eu lieu.

Plus d’une centaine d’activistes hongkongais se sont déjà enfuis par différents moyens pour trouver refuge à l’étranger : le Canada en compte déjà une quarantaine.

Hong Kong, cité-refuge devenue prison

Tout au long du XXᵉ siècle, Hong Kong a fait office de cité-refuge pour des milliers voire des millions de personnes fuyant la misère et la guerre, mais aussi pour des artistes, des essayistes ou des savants.

Pensons ainsi à l’historien Qian Mu en 1949 ou à la romancière Zhang Ailing, dont certaines œuvres ont été adaptées au cinéma.

Des hommes d’affaires et des révolutionnaires ont aussi trouvé refuge à Hong Kong, y compris des communistes avant leur conquête du pouvoir en Chine.

Aujourd’hui, pour la première fois de son histoire, Hong Kong « exporte » des réfugiés.

Nombreux sont ceux qui désormais se tournent vers l’Occident, et plus particulièrement le Royaume-Uni (et certains pays anglophones comme les États-Unis, l’Australie, le Canada, etc). De par son histoire coloniale, la Couronne porte une responsabilité morale particulière envers les Hongkongais.

Downing Street a annoncé que le gouvernement est prêt à accueillir massivement des Hongkongais disposant d’un passeport BNO (British Nationals Overseas) et désireux de venir vivre et travailler en Angleterre.

Le Royaume-Uni a déclaré accueillir et faciliter l’entrée de nombreux Hongkongais sur son sol, BBC, juillet 2020.

 

Le Royaume-Uni a suspendu avant les autres pays l’accord avec Hong Kong concernant l’extradition de criminels, tout comme les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, et donc l’Allemagne et la France.

Cette situation permettrait entre autres d’accueillir des citoyens non Hongkongais que la loi sur la sécurité nationale peut inquiéter. C’est par exemple le cas de Zhu Muming, citoyen américain d’origine hongkongaise, résidant aux États-Unis depuis plus de 30 ans et néanmoins poursuivi par la police hongkongaise pour « incitation à l’indépendance de Hong Kong ».

Des mesures jugées trop timides

Fin juillet, outre la suspension de l’extradition, d’autres mesures prises par l’Union européenne sont rendues publiques : y figurent une facilitation de l’entrée des Hongkongais en Europe et la prohibition de la vente à Hong Kong d’équipements et de produits techniques à usages militaire et policier. Sans surprise, Pékin avertit les Européens de ne pas « s’ingérer dans les affaires internes chinoises » – une déclaration posture, surtout destinée à rassurer sur le plan de la politique intérieure chinoise.

Cependant, les mesures de l’UE ont été qualifiées de « timides » par le député européen Reinhard Bütikofer, président de la Commission des relations du Parlement européen avec la Chine.

Tensions lors du sommet UE-Chine, DW, 22 juin 2020. 

 

En Chine, ces décisions européennes ont fait également du bruit. Nombreux sont ceux qui s’expriment à travers les réseaux sociaux et Internet, soit ouvertement, soit de manière indirecte, mais masqués afin d’échapper à la censure.

Il n’est pas étonnant de voir les Hongkongais et les Chinois continentaux ayant un penchant libéral éprouver une certaine déception et du regret vis-à-vis de cette « timidité » européenne.

En revanche, ceux ayant une position nationaliste s’affichent sur les réseaux sociaux sous un ton ironique, avec des propos émaillés de moquerie, de mépris et d’arrogance. Ils qualifient les pays européens de « tigres de papier » ou de « lâches qui ne cherchent qu’à gagner l’argent de la Chine ». Ils sont fiers de témoigner ainsi de la puissance de leur « grande patrie » et de son ascendant sur l’Europe.

En tant qu’intellectuel et universitaire d’origine chinoise, je ne peux que constater à quel point le monde européen semble répéter un même schéma où l’inertie psychologique collective prend le pas sur la décision politique.

L’Europe a certes été marquée par deux grandes guerres sur son sol et une guerre froide. Mais n’a-t-on pas observé les conséquences d’un même manque de réaction et d’opposition dans le passé lors de points de rupture majeurs, comme la violation du traité de Versailles en 1936 par Hitler ?

Un test pour la solidité de l’Union européenne

Le plan de relance adopté le 21 juillet par les Européens pour lutter contre la pandémie est un signe très encourageant de solidarité économique interne. Il renforce également le besoin commun du respect de la démocratie et de la liberté.

Une autre façon de consolider cette Union serait une réponse commune à la montée en puissance de la Chine, un État néo-totalitaire. Lui faire barrage pourrait, d’une certaine manière, offrir une occasion à l’Europe d’accélérer sa construction politique.

En effet, la réaction de l’UE vis-à-vis de la situation actuelle en Biélorussie montre que l’UE est capable d’agir politiquement et rapidement. Mais l’UE, portée par le couple franco-allemand, saura-t-elle renoncer aux sirènes de Pékin ?

« Diviser pour mieux traiter avec »

« Diviser pour mieux traiter avec », telle a été la politique européenne de Pékin depuis des décennies.

Nous pouvons imager que, dans les années à venir, pour atténuer la pression des sanctions américaines, la Chine tentera de jouer la carte européenne pour briser l’étau de plus en plus serré que lui impose Washington.

Rappelons quelques chiffres. La Chine est le deuxième partenaire commercial de l’UE derrière les États-Unis, avec 394 milliards d’euros d’importations vers l’UE et 210 milliards d’exportations vers la Chine en 2018.

La Chine est aussi le septième client de la France et le deuxième fournisseur, avec des chiffres de respectivement 20,8 milliards et 49,2 milliards d’euros. Quant à l’Allemagne, en 2018, les mêmes chiffres étaient de 106 milliards et 93 milliards euros, soit 200 milliards au total. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’UE atteignent aujourd’hui, selon la Commission européenne, un milliard d’euros par jour.

Déjà, comme le relève une tribune de Ben Hall dans le Financial Times, Angela Merkel comme Emmanuel Macron, qui se sont rencontrés au fort de Brégançon pour discuter de l’avenir de l’Europe, pourraient chercher à accommoder Pékin afin d’éviter tout conflit économique.

Hong Kong sera-t-il, dans ce contexte, un test des convictions pro-démocratiques des têtes pensantes de l’UE ?

Sur le web

  1. Professeur, chercheur au laboratoire AGORA et au Collège d’Études mondiales (FMSH, Paris), « visiting scholar » à l’Université de Harvard, CY Cergy Paris Université.
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  • J’ai beaucoup de commisération pour les habitants de HK. Néanmoins, cet article se plaît surtout à condamner le régime « néo totalitaire » de la Chine ?
    Je ne dirais que 2, 3 choses pour que l’on garde les choses en perspectives :
    1) les chinois dans leur immense majorité approuvent et apprécient leur régime. On ne peut certes pas appeler cela un régime « démocratique » (l’alpha et l’oméga de la vertu selon l’occident !). Mais tout de même. Il y a 90 millions de chinois membres du parti ! Et quand on voit les progrès accomplis et les projets, il me parait évident que pas un régime « démocratique » occidental n’aurait fait le 1/4 de ce qu’a accompli la Chine en 30 ans ?!
    – les chinois ne sont pas des guerriers impérialistes : ce sont des commerçants ! J’ai beaucoup plus confiance dans les chinois que dans les américains !
    – La principale crainte de la Chine est une attaque, de l’intérieur ou de l’extérieur à son intégrité. D’où le besoin de contrôler. Désolé pour les HK, mais je ne suis pas persuadé qu’ils seront plus malheureux sous la coupe de la Chine ?

    J’ai bien conscience que ce que je dis là scandalise mais je vous invite à faire un petit tour en Chine où vous aurez du mal à trouver un flic ! Parlez aux gens et voyez comme ils sont gentils (mais pressés !) et satisfaits de leur régime !

    • Merci de ce rappel, qui montre combien, à mon avis, les manifestations et sanctions ont au final un effet plutôt contraire à celui espéré par leurs initiateurs. Entendons nous bien : je n’ai pas la moindre sympathie pour les durcissements et restrictions imposés par la Chine à HK, et je n’ai pas non plus de proposition concrète alternative, mais il me semble que c’est à rechercher de telles alternatives compatibles avec l’opinion du Chinois moyen qu’on devrait travailler. Pas à de grandes indignations à l’usage de l’électeur occidental moyen.

    • Tout à fait d’accord avec Milrem. Hong Kong est quand même un territoire chinois, et il faut se rappeler dans quelles conditions il était devenu anglais à l’issue de la guerre de l’opium. Cette guerre a été une honte historique qui devrait ramener l’Occident à un peu d’humilité.

    • Yup. J’ajouterai que je ne vois pas bien pourquoi la France devrait chercher à faire le bonheur (malgré eux) des Chinois au risque de faire le malheur des Français – en se privant par exemple d’une manne touristique, secteur qui avant la grande panique sanitaire aidait un peu à compenser la ruine de l’économie industrielle.
      A nuancer évidemment selon l’appréciation que l’on a du commerce avec la Chine et des nécessités de rééquilibrage. Personnellement je pense que celui-ci révèle les faiblesses de notre pays, et les révèlera de plus en plus à mesure que la Chine forme des ingénieurs et que nous formons des socio-fonctionnaires grands amoureux de mouches.

    • il y a peu etre 90 millions de membre du PCC mais combien y sont pour faire carriere ? (en chine etre membre du PC est un booster pour votre carriere pro ou simplement pour avoir des passes droits). J ai frequente certains membre du PCC et le moins qu on puisse dire c est qu ils ont rien de communiste. Je ne pouvais pas leur demander ouvertement s ils approuvaient le regime (dire non est un suicide et en plus devnat un etranger c est impensable). Mais c est sur que les chinois sont plus divises qu il ne le semble. Xi et sa tentative de pouvoir absolu est loin de faire l unanimite

      2)  » régime « démocratique » occidental n’aurait fait le 1/4 de ce qu’a accompli la Chine en 30 ans ». Regardez la ressurection de la RFA entre 45 et 1970 ou l essor de la coree du sud. la democratie et l etat de droit ca marche
      3) « les chinois ne sont pas des guerriers impérialistes : ce sont des commerçants ! ». La chine etait pas en etat d envahir ses voisins depuis plus de 100 ans. Mais la coree ou le vietnam ont ete envahi par les chinois quand celle ci etait un pays puissant

      4) « La principale crainte de la Chine est une attaque, de l’intérieur ou de l’extérieur à son intégrité » n importe quel pays doit craindre une attaque interieure ou exterieure. France y compris. doit ont instaurer une dictature ? En plus bon courage au pays qui va tenter d occuper un pays immense avec 1.2 millards d habitants
       » HK, mais je ne suis pas persuadé qu’ils seront plus malheureux sous la coupe de la Chine ». Les habitants de HK ne semble pas persuadé et manifestent en ce sens. Rappelez vous la pharse de Franklin « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. »

      « je vous invite à faire un petit tour en Chine où vous aurez du mal à trouver un flic » Serieux ? il y en a partout ! (meme si tout ce qui porte l uniforme n est pas la police). ET en plus il y a des cameras partout. Prenez le train, reconnaissance faciale. le metro idem. Allez vous balader place tien an men et vous devez meme subir un controle de passeport et un passage sous portique …
      La chine est un etat policier (pas que des mauvais cote. je me suis balade en pleine nuit a pekin sans probleme. impossible de faire de meme a paris)

      • Envahir leurs voisins, ils s’en moquent, c’était une autre époque. Par contre, faire de bonnes affaires à leur détriment, c’est un sport national. C’est bien là la différence entre le guerrier et le commerçant.

        • ils ne s’en sont pas moqués d’envahir le Tibet et au Xinjiang et aujourd’hui de remplacer les populations autochtones par des Hans…

          • Ok, j’ai été trop simpliste. Ce que je veux dire est que si vous n’êtes ni Chinois pur, ni assimilé Chinois, vous ne devez pas craindre l’invasion militaire chinoise mais vous ferez bien de vous prémunir contre leur dominance commerciale, et que vous ne passerez pas d’une catégorie à l’autre, des fils égarés aux bons à escroquer ou inversement.

    • Excusez-moi de détoner : au nom de la « démocratie » à la chinoise, annexer Hong Kong et surtout, supprimer les libertés élémentaires des Hongkongais, excusez-moi mais cela ne me paraît pas bien compatible avec la liberté et le libéralisme.
      Les nazis aussi ont été régulièrement élus : cela en faisait-il un régime acceptable ? Hitler était soutenu par une majorité d’Allemands durant la guerre, cela interdit-il de le critiquer ?
      Pourquoi, si le Chinois moyen est d’accord avec le régime en place, ce dernier laisse-t-il si peu de place aux libertés élémentaires : celle de voter, celle de s’exprimer, par exemple ?
      Vous dites que les Chinois ne sont pas des impérialistes mais des commerçants : et Taïwan ? (et Hong Kong) êtes-vous hostile au principe d’autodétermination ? Vous croyez à la Chine « une et indivisible » comme peut-être à la « République une et indivisible » ? Et les craintes régulièrement exprimées par les Japonais ?
      C’est curieux, mais moi j’inverserais votre affirmation : les Américains sont un peuple de commerçants. Et sans les USA, où en serait le monde aujourd’hui ? Où en serait la France : allemande, ou soviétique ? Où en serait l’Europe ?
      Curieux tout de même d’avoir davantage confiance en un pays qui place – ou tolère – à sa tête des communistes et des liberticides forcenés, parce que la façade est souriante, qu’en un pays dont la Constitution, en place depuis 240 ans, est un modèle de respect et de promotion des libertés fondamentales.

    • « Parlez aux gens »

      Pas facile vu que ceux qui ont quelquechose à dire sont en prison.

      • Chacun a quelque chose à dire. Et c’est à l’interlocuteur de prendre avec le grain de sel de rigueur ce qui lui est dit, et de se construire une image de la réalité à partir de cela. La fainéantise et le degré zéro de se contenter de répéter les slogans de l’opposition, ça ne mène nulle part.

        • Et quand vous analysez les paroles des uns et des autres, n’oubliez pas combien ont pour seule motivation le slogan « Calife à la place du Calife »…

    • « – les chinois ne sont pas des guerriers impérialistes : ce sont des commerçants ! J’ai beaucoup plus confiance dans les chinois que dans les américains ! »
      Euh désolé mais je pense que vous être soit naïf, soit aveugle.
      La Chine n’est en rien un enfant de choeur en la matière. Au contraire. Il suffit de regarder quels îlots revendique et occupe illégalement la Chine : ça va jusqu’au large de Brunei, en Indonésie ! Et la Chine ne fait pas que les occuper mais y construit d’immenses bases militaires.

      Par ailleurs, les chinois ont bien compris que l’annexion pure et simple n’est pas forcément la seule méthode pour se constituer des territoires. On parle beaucoup des nouvelles routes de la soie. Il faut bien comprendre ce que c’est : les chinois ont accepté de financer à crédit d’énormes investissements dans des infrastructures dans beaucoup de pays tiers. Ca n’est pas seulement une question de pouvoir y écouler leurs produits. Mais c’est d’abord et avant tout un outil de mise sous tutelle de ces pays, en les mettant face à une dette qu’ils ne pourront pas rembourser.
      La Chine a déjà testé cette méthode en Afrique depuis un certain temps. Maintenant des états entiers sont quasiment sous tutelle chinoise, avec comme compensation à la clé, la mainmise sur leurs ressources en matières premières que les pays sont obligés de concéder à des entreprises chinoises, dépendant du pouvoir.

    • beaucoup de russes admiraient Staline à l’époque et certains en sont encore nostalgiques…

  • « La promesse de liberté faite par le gouvernement chinois aux Hongkongais a été rompue ; la crédibilité morale et politique de certains pays, notamment la Grande-Bretagne, et celle des Nations unies, est gravement atteinte : il ne faut pas oublier que la Déclaration sino-britannique conjointe concernant Hong Kong en 1984 a été déposée auprès de cette organisation internationale suprême, donc d’une certaine manière garantie par celle-ci. »
    Très bien : que va faire l’ONU ? Adopter une résolution détaillant pourquoi ce que fait le pouvoir chinois, ça n’est pas gentil ?
    Même ça, l’ONU ne peut pas le faire, la Chine opposerait son veto.

    En d’autres termes, une déclaration de bonnes intentions non contraignantes et sans mesure efficaces de rétorsion, n’a aucune valeur.
    Il fallait être d’une naïveté sans borne pour croire qu’une simple déclarations de ce type allait pouvoir avoir un poids significatif. Et dire que nous n’étions même pas après 1991 donc les occidentaux ayant accepté ça comme suffisant, n’avaient même pas l’excuse de croire à « la fin de l’histoire »…

    Conclusion : les occidentaux, vis à vis de la Chine, depuis son entrée dans l’OMC sans réelle contrepartie, se liés les pieds et les mains. Il va en falloir maintenant du courage pour essayer d’inverser la tendance et reprendre la main face à cet empire agressif et sûr de lui.

  • L’Europe est pauvre et faible, tout simplement.

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