Pourquoi Onlyfans ne laissera pas tomber les contenus pour adultes

Onlyfans aurait finalement plus à perdre qu’à gagner en se séparant de ses créateurs les plus dénudés.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
sexy by Rachel Haller (creative commons CC BY 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pourquoi Onlyfans ne laissera pas tomber les contenus pour adultes

Publié le 2 septembre 2021
- A +

Par Théophile Gacogne.

Il y a quelques jours, un coup de tonnerre chez Onlyfans faisait trembler une partie des créateurs de contenus de la plateforme. Le réseau social sur abonnement prévoyait de changer ses conditions d’utilisation afin d’interdire purement et simplement toute activité pornographique.

Le problème est que même si Onlyfans ne l’avoue pas directement, une grosse partie de son activité se fait autour du sexe. Forcément, les utilisateurs n’étaient pas ravis et beaucoup étaient même très inquiets pour leurs revenus.

Quelques jours plus tard, rétropédalage du boss de la plateforme, qui annonce avoir désormais les garanties nécessaires pour « suspendre » le changement de politique. Les contenus pornographiques sont saufs !

Pourquoi Onlyfans a songé à arrêter le porno ?

Contrairement aux autres plateformes plus classiques, comme Facebook, Youtube, ou Instagram, Onlyfans laisse la possibilité à ses créateurs de monnayer leurs contenus. En gros, on peut prendre un abonnement, comme sur Netflix, pour voir ce que propose un créateur.

De véritables stars, comme la rappeuse Cardi B, l’actrice Bella Thorne ou encore le boxeur Floyd Mayweather ont des comptes créateurs, et les plus gros comptes Onlyfans gagnent des millions de dollars chaque mois.

C’est un immense succès. En quelques années, le site a attiré plus de 150 millions d’internautes, dont deux millions de créateurs de contenu. En 2020, la société basée au Royaume-Uni a réalisé un chiffre d’affaires dépassant les deux milliards de dollars.

Avec de tels chiffres et une croissance aussi rapide, Onlyfans devrait attirer facilement de gros investisseurs… mais ce n’est étrangement pas le cas. La faute à une réputation sulfureuse, qui n’est clairement pas usurpée. Onlyfans a prôné la liberté dès le départ et contrairement à Instagram, il était donc possible de publier des photos de nu, mais aussi de la pornographie.

C’est ce qui bloque actuellement les investisseurs. De nombreux fonds d’investissement ne souhaitent pas ou ne peuvent pas conformément à certains accords, investir dans les contenus pour adultes. D’autres craignent un scandale de pédopornographie, qui entacherait forcément leur réputation.

C’est donc en partie à cause de cette frilosité des investisseurs qu’Onlyfans songe à faire peau neuve, en interdisant de manière radicale la création de contenu pornographique.

La menace des partenaires ?

L’autre menace qui plane sur le réseau social provient directement des banques. Dans une interview donnée au Financial Times, Tim Stokely, le fondateur d’Onlyfans expliquait que la banque américaine BNY Mellon avait notamment refusé de faire des virements vers les comptes créateurs.

On se souvient également que le géant Pornhub avait été lâché par Mastercard et Visa après une enquête du New York Times accusant le site de laisser passer des vidéos avec des mineurs ou du contenu violent.

Onlyfans est aussi la cible d’enquêtes qui critiquent un manque de réactivité de la modération, notamment pour clôturer les comptes de mineurs. Lorsqu’on autorise la pornographie, il y a donc toujours un risque élevé de perdre totalement l’appui des banques. Pour un site qui fonctionne sur la base de contenus payants, c’est forcément dangereux.

Mais il semblerait que le problème ne soit pas uniquement celui des banques… mais plus d’image…

Une perte de fréquentation trop importante ?

On ne connait pas exactement la part de l’industrie du sexe sur la plateforme mais une grosse partie de ses revenus actuels proviennent sans aucun doute de la pornographie. Le changement des conditions d’utilisation aurait donc un impact non négligeable sur la fréquentation du réseau mais également sur les revenus engendrés par la compagnie.

Les premiers perdants seraient bien entendu tous les travailleurs du sexe qui vendent leurs vidéos sur Onlyfans et qui se retrouveraient du jour au lendemain sans revenus. Ils estiment, à raison, qu’Onlyfans s’est servi d’eux pour lancer son succès, et que désormais ils seraient laissés sur le bord de la route.

On trouve des alternatives, comme le Français MYM par exemple, mais c’est toujours très compliqué pour un créateur de changer de plateforme.

Finalement, après une fronde importante sur Twitter, notamment de la part des créateurs mais aussi d’un grand nombre de simples utilisateurs, Onlyfans a décidé de faire marche arrière et de ne pas empêcher la création de contenu à caractère sexuel.

Onlyfans : un virage grand-public compliqué

Même du côté des stars, des modèles Instagram, ou des stars de TV réalité, il y a une crainte. La majorité ne postent pas de pornographie, mais dévoilent bien plus leur corps que sur les autres réseaux sociaux. Onlyfans avait d’ailleurs précisé que même si la pornographie était bannie, les photos de nu seraient toujours autorisées.

En 2018, en prenant un virage grand-public, la plateforme Tumblr avait perdu plus de 30 % de sa fréquentation. Onlyfans ne peut pas se le permettre. Cependant, en continuant d’accepter la nudité et le sexe, le réseau social écarte de fait les plus gros investisseurs…

Il ne semble donc pas y avoir de solution parfaite pour Onlyfans, qui aurait finalement plus à perdre qu’à gagner en se séparant de ses créateurs les plus dénudés. Sur Twitter, le groupe a donc annoncé la suspension de sa décision de bannir le contenu pornographique, assurant vouloir faire « front pour l’inclusion » et permettre toujours un hébergement à « tous les créateurs ».

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • Onlyfans je ne connais pas et m’en fous..entreprise privée ..

    Le seul problème, comme avec la drogue c’est que des gosses ou des personnes irresponsables puissent accéder..

    C’est donc d’abord une gestion de responsabilité parentale et éducative.

    Où est le problème avec la pornographie???
    à l’instar de la prostitution je ne sais même pas si une société où toute pornographie aurait disparu serait « souhaitable »..

    Nous devons assumer une part d’hypocrisie pour construire une société…
    la famille est le fondement, mais avoir une relation monogame supposément pour la vie n’est pas « naturel » , en tous es cas j’en doute….

    • C’était naturel lorsque l’espérance de vie atteignait 50 ans. Aujourd’hui ce n’est pas le même monde qu’il y a ne serait-ce que 200 ans. Pour commencer on rentre dans la vie active beaucoup plus tard et difficilement. Ce qui est un obstacle pour avoir une relation sérieuse. Ensuite, il y a une libéralisation des rencontres dans le sens où, grâce aux applications, il n’y a presque aucune conséquence (ou coût) à aborder sur ces applis contrairement au coût social/mental requis pour aborder dans la vraie vie et au même rythme (passer pour un dragueur ou « forceur »). Naturellement les meilleurs (les plus offrant) s’en sortent très bien. Rajoutons à cela le fait que ces applis (Tinder etc.) ont pour but d’être rentable et donc de faire payer les utilisateurs, il faut qu’elles y créent la frustration pour que l’utilisateur paye. Conséquence de quoi, seule une minorité d’hommes y trouve son bonheur, et les femmes ont l’embarras du choix mais se retrouvent à devoir gérer un nombre incalculable de conversations qui deviennent forcément ennuyantes. Avec Onlyfans, le principe est par exemple que l’utilisateur ait l’impression d’être en contact privilégié avec le créateur de contenu, en payant et recevant du contenu spécial, parfois sur requête.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Matt Hampton. Un article de la Foundation for Economic Education

 

Depuis des années, certaines personnes qui s'opposent à la censure sur les médias sociaux affirment que c'est à l'État d'y mettre fin. D'autres ont fait valoir que le marché libre est une meilleure solution que l'État, malgré le problème posé par des entreprises qui déforment le discours public.

La semaine dernière, l'achat de Twitter par le PDG de Tesla, Elon Musk, est l'exemple parfait pour illustrer que des acteurs privés peuvent apporter des c... Poursuivre la lecture

Pour épargner, commencer par définir ses objectifs

La première priorité pour bien placer son argent ? Savoir ce qu'on veut en faire, ce qu'on aura besoin d'en faire et quand. Il est essentiel de commencer par vous demander pourquoi vous mettez de l'argent de côté : pour un projet à court terme ou à long terme ? Pour un objectif précis comme un achat immobilier ou les études de vos enfants ?

Cette première étape vous permettra ensuite de choisir les produits appropriés. Elle ne doit pas être négligée, faute de quoi vous risqueriez de so... Poursuivre la lecture

"Mon premier souhait est de voir ce fléau de l'humanité banni de la Terre".

George Washington écrit cela à propos de la guerre dans une lettre de 1785, et malheureusement, plus de 200 ans plus tard, ce souhait que tant de personnes ont ardemment formulé ne s'est toujours pas réalisé.

La guerre est un événement épouvantable, banal et horrible. Cette réalité est si traumatisante et inhumaine que l'on a du mal à croire que des hommes et des femmes continuent à s'engager pour y participer.

Mais, comme l'a récemment dit Ron Pa... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles