La discrimination des femmes à l’embauche n’existe pas

Les employeurs ne discriminent pas les femmes. Ils cherchent tout simplement des compétences.

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La discrimination des femmes à l’embauche n’existe pas

Publié le 4 juillet 2021
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Par Philbert Carbon.

Un article de l’Iref-Europe

En décembre 2016, à Deauville, au Women’s Forum, à l’aube de sa campagne électorale, Emmanuel Macron déclare :

Les progressistes sont ceux qui croient en l’innovation, l’égalité entre les genres, à l’environnement, au numérique, à l’équité et à l’égalité des chances dans notre société et en Europe.

Une fois élu, il affirme – en novembre 2017 – qu’il sera « personnellement attentif » à ce que l’égalité entre les femmes et les hommes, la « grande cause » de son quinquennat, permette « de faire de notre société une société plus égalitaire, plus juste ».

Lorsqu’il prend la présidence du G7 en janvier 2019, Emmanuel Macron annonce que la lutte contre les inégalités sera « la priorité de la présidence française, au premier rang desquelles l’égalité entre les femmes et les hommes ». Le 8 mars 2020, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il affirmait : « notre génération sera celle de l’égalité femmes-hommes ».

La « grande cause du quinquennat »

Mais le Président Macron ne se contente pas d’évoquer le sujet dans ses discours. Il a pris un certain nombre d’initiatives comme :

  • la création d’un secrétariat d’État, puis d’un ministère délégué consacré à cette cause de l’égalité entre les femmes et les hommes en lieu et place des traditionnels ministères des droits des femmes ou de la condition féminine qui se sont succédé de manière intermittente depuis 1974 ;
  • la loi contre les violences sexistes et sexuelles d’août 2018 ;
  • le Grenelle sur les violences conjugales de septembre 2019, qui propose 46 mesures pour lutter contre ce fléau ;
  • la mise à disposition de protections périodiques gratuites dans les universités.

L’entreprise n’échappe pas à cette grande cause du quinquennat.

En septembre 2018, avec la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », était mis en place l’index de l’égalité professionnelle, censé réduire l’écart des rémunérations des femmes vis-à-vis des hommes.

En juillet prochain, le congé paternité passera de 14 à 28 jours, avec 7 jours obligatoires. Certains préconisent même qu’il soit porté à 6 semaines obligatoires. En attendant, arrivent les quotas de femmes dans les directions des grandes entreprises, et les « objectifs de mixité » dans les financements publics aux entreprises.

Bien entendu, ces obligations qui pénalisent les entreprises ne s’imposent pas au gouvernement. La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Élisabeth Moreno, s’est émue début mars que le cabinet du président de la République compte douze hommes et une seule femme.

La ministre est même allée jusqu’à déclarer sur RTL :

Si on prêche quelque chose d’aussi important, il faut donner l’exemple, et nous en avons discuté. Je lui ai dit : « Monsieur le Président, vous ne donnez pas l’exemple. »

Elle ajoute ensuite qu’elle préférait garder la réponse d’Emmanuel Macron pour elle.

On ne sera donc pas étonné que l’administration française consacre beaucoup d’énergie à cette grande cause du quinquennat. Comme nous l’avons mentionné par ailleurs, l’inspection du travail va, en 2021, réaliser au moins 15 000 contrôles sur le thème de l’égalité professionnelle. Le ministère du Travail est donc pleinement mobilisé sur cette question. Sa direction chargée des études et des statistiques (Dares) vient d’ailleurs de publier une note sur la discrimination à l’embauche selon le sexe.

Pas de discrimination à l’embauche selon le sexe

La Dares part du principe que les inégalités entre les femmes et les hommes sont un trait marquant du marché du travail. Mais la « contribution des conditions d’accès à l’emploi à ces inégalités professionnelles reste encore mal connue ». C’est pourquoi une expérimentation de grande ampleur a été menée en envoyant des CV fictifs en réponse à plusieurs milliers d’offres d’emplois dans onze métiers distincts.

Les métiers ont été choisis selon trois critères : le niveau de qualification qu’ils requièrent, leur degré de féminisation et les difficultés de recrutement auxquelles les recruteurs sont confrontés sur ces métiers. De même, trois catégories d’âge ont été choisies de manière à correspondre à des étapes clés de la carrière, mais aussi de la parentalité. Par ailleurs, pour éviter de confondre à tort les différences liées au sexe et celles liées à l’origine perçue des candidats, l’étude ne prend en compte que les candidatures portant un prénom d’origine française.

Ainsi, 4800 candidatures ont été envoyées (2400 femmes et 2400 hommes). Un tiers d’entre elles a reçu une réponse manifestant un intérêt de la part du recruteur, un taux identique pour les candidates et pour les candidats. Même constat pour les taux de refus (environ 17 %) et de non réponse (50 %).

La Dares conclut donc qu’il n’y a pas d’inégalité de traitement significative entre les candidatures féminines et masculines. Comment expliquer alors que certains métiers soient moins féminisés que d’autres si les employeurs n’éliminent pas les candidatures féminines ? Tout simplement, peut-être, par le fait que les femmes ne candidatent pas sur ces métiers.

On voit d’ailleurs dans l’enquête que les candidatures féminines sont privilégiées dans les métiers masculinisés, comme développeur, ingénieur commercial en informatique, ingénieur de production, directeur de restaurant, directeur de magasin. À l’inverse, les employeurs privilégient les candidatures masculines dans les métiers féminisés, comme employé administratif et chargé de recrutement. Bref, les entreprises privilégient la mixité.

Et la Dares est contrainte de reconnaître :

Les femmes ne sont pas davantage discriminées à l’embauche dans les métiers où la proportion d’hommes est importante et pour lesquels les stéréotypes de genre auraient pu jouer en leur défaveur.

De même, il n’existe pas de discrimination en fonction de l’origine sociale que pourrait suggérer le prénom du candidat ou de la candidate.

La Dares s’étonne que « l’ajout d’indications maritales ou de périodes d’inactivité ait peu d’effet sur les chances d’être contacté par un recruteur potentiel ». Même « l’introduction d’informations dont on aurait pu penser qu’elles seraient défavorables aux femmes (par exemple le fait d’être célibataire avec enfants) ne réduit pas leurs chances » d’être appelées par un employeur.

En un mot comme en cent, les employeurs ne discriminent pas les femmes. Ils cherchent tout simplement des compétences. Peu importent le sexe, le prénom, la situation familiale, etc. C’est une très bonne nouvelle qui aurait dû faire la Une des journaux. Il nous semble même que cela aurait mérité une conférence de presse d’Élisabeth Borne, la ministre du Travail.

Mais pour la Dares, la non-discrimination est louche. En effet, elle conclut l’étude en s’interrogeant sur la possibilité « que les employeurs utilisent ensuite l’entretien d’embauche pour cerner la situation individuelle et la motivation des candidats et leur capacité à s’investir dans leur travail. Il n’est donc pas exclu qu’à l’étape de l’entretien, la situation parentale ou la probabilité (réelle ou supposée) d’avoir des enfants dans un futur proche jouent sur les chances de recrutement, au détriment des candidates ».

Voilà matière à programmer d’autres études aussi coûteuses qu’inutiles !

Sur le web

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  • L’étude contredit les présupposés
    Donc l’étude est mal faite

    • Bien sûr que ça existe. Ça existe même dans les deux sens. Certains employeurs préfèrent une femme pour garder leurs enfants par exemple…

    • Il y a aussi des femmes qui préfèrent rester à la maison et même des hommes qui traînent au bar toute la journée, j’ose, vue qu’on enfile des perles. ?

    • @Lucx
      Oui, c’est la beauté de la néoscience de notre lumineuse époque: en toutes circonstances, quand la réalité contredit la théorie c’est la preuve que la réalité a tort.

    • oui çà existe !!!  » c’est comme les poissons volants mais ce n’est pas la majorité du genre  » !!!!

    • sans être sexiste bosser avec des femmes c’est lourd, entre elles c’est langue de vipère au quotidien et c’est bien plus sournois qu’un mec surtout au boulot ..certaines femmes le disent elles-mêmes qu’elles préfèrent travailler uniquement avec des hommes.

  • C’est le patron qui crée l’entreprise et des emplois, laissons lui la liberté du recrutement selon la devise: Liberté, égalité, fraternité. plus on instaure contraintes dans une entreprise, moins elle se développera et créera des emplois. voir le régime communiste qui a fait faillite.

    • Fraternité hum… ça fait pas très égalité… vous en faites quoi de la soeuritude ? 😀

      • Vous ne semblez pas savoir qu’en français les mots fraternité et fratrie ne concernent pas spécifiquement les frères mais indistinctement les frères et les sœurs (et réciproquement pour ne pas faire de jalouses).

      • Sororité auquel cas non ? merci diablo 2 🙂

      • Liberté, égalité, fraternité, 3 mots de genre féminin quand on pourrait avoir un masculin, un féminin et un neutre. Il y a déjà un biais…

    • mâle ou femelle ?? qu’importe pourvu qu’il ou qu’elle fasse le job !!! et puisque vous rappelez les bienfaits communistes retenons cette forte pensée chinoise :  » qu’importe la couleur du chat pourvu qu’il attrape les souris  » tout à fait transposable dans le recrutement d’entreprise !!!

  • C’ est forcément louche, ça délégitime l’ utilité d’ une telle usine à gaz. Et quid des femmes qui s’ épanouissent maman au foyer?

  • En tout cas ça corrobore ce qui se passe chez nous. Étant un métier très masculin, nous aurions tendance à privilégier les candidatures féminines à cv égal. Mais ça reste un facteur secondaire par rapport au reste.

  • le bon sens l’emporte dans un domaine où l’Etat ne peut pas tellement intervenir en pratique : comme c’est curieux !

    c’est dur pour des fonctionnaires de voir la réalité…

  • « En juillet prochain, le congé paternité passera de 14 à 28 jours, avec 7 jours obligatoires.  »

    un avantage de plus pour les fonctionnaires !

  • Bien sûr que si la discrimination des femmes à l’embauche existe…

    « j’ai embauché une femme tiens. »..

    mais juste que les patrons mettent leur sexisme après leur interet et que les entreprises des patrons qui ne le font pas deviennent de facto moins concurrentielles et disparaissent.

    Des patrons très racistes, embauchaient contrairement à leurs opinions..

    ce n’est pas le sexisme qu’ils combattent….c’est la liberté économique!
     »
    le fameux « le marché ne marche pas » …pour atteindre l’egalité …et c’est vrai,

    et discriminer…. c’est à dire différencier est à la base de tout choix..

    un patron discrimine TOUT ce qui peut être pertinent à l’embauche. donc le sexe…

    quand on a un advantage concurrentiel on veut la liberté économique…

    m’enfin! il a fallu imposer la parité en politique!!!! qui a empêché des femmes de créer un parti de femmes… sinon la « mentalité » des femmes elle même..

    l »égalité finale est entre deux groupes distincts est un résultat rare car les distinctions qui existent entre deux groupes qui permet justement de les distinguer est associé à des tas de causes possible d’i’négalité de résultat!!!! et il suffit de quelques individus dans un groupe …pour générer une différence..

    • l’égalité entre deux groupes n’est en général atteinte que si on l’y force…

      mais ça va être drôle, il va forcer aussi les hommes à redevenir généraliste ou prof ou infirmier …etc…

    • A parce que la parité politique c’est bien ? Au lieu de mettre cette parité en politique ou dans les hauts postes, pourquoi ne pas commencer en bas : éboueurs, maçon, charpentier, mineurs, poids lourds, tiens, rajoutons aussi développeur (il ne faudrait pas pouvoir commencer un projet sans une équipe en parité, et la direction de projet faite par un homme et une femme bien évidemment !).
      Cette histoire de parité, c’est quand même une belle régression : désormais, et moi le premier, quand je vois une femme à un poste « non féminin », et bien je me pose des questions quant à ses compétences…

  • Conclusion : il n’y a pas de discrimination mais il pourrait y en avoir !!! Avec ce genre de constat on envoie n’importe qui à l’échafaud !!!!

  • . article qui sans s’en rendre compte introduit l’idée que une entreprise qui appartient à un type …ne lui appartient pas tout à fait…

    j’ai un principe..si on me demande si je suis sexiste ou raciste ou je ne sais quoi je réponds bien sur que oui..

    ça m’evite une succession de procès d’intention dont le seul objet et de donner le pouvoir aux juges de contrôler ma vie…

    avec cet article un patron trouve légitime que des gens regardent qui il embauche..

    • Par contre, ces mêmes moralisateurs n’acceptent pas qu’on regarde les personnes invitées dans leurs conférences, soit interdites aux blancs, soit aux hommes pour débattre sur les sujets de minorité ou de sexisme. 🙂

  • Ca me rappelle l’étude sur les discriminations raciales à l’embauche il y a quelques années. Convaincus de montrer que les méchantes entreprises refusent les immigrés puisque ces derniers gagnent en moyenne moins et sont plus au chômage. Hop, CV anonymisés pour tester ? Ah ben non, en fait quand on fait comme ça il y a encore moins d’embauches d’immigrés, donc on oublie l’étude vite fait et on fait deux trois conférences de presse pour dire « méchants patrons embauchez donc les immigrés » puis motus…
    Le « paradoxe scandinave » aurait déjà du allerter nos braves fonctionnaires, mais leur sexisme a prévalu. Non, messieurs et mesdames les ronds de cuire, si les femmes n’ont pas les mêmes carrières que les hommes en moyenne c’est pas parce qu’elles sont inférieures et incapables de se défendre sans Maman Etat, mais parce qu’elles choisissent des choses différentes.

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