Mitterrand, une parenthèse libérale vite refermée

Si Mitterrand ouvre une petite parenthèse libérale dans le domaine des mœurs, c’est pour mieux préparer la route de la servitude que nous connaissons encore aujourd’hui.

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Mitterrand, une parenthèse libérale vite refermée

Publié le 10 mai 2021
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Par Aurélien Véron.

Les socialistes ne cessent de se référer à leur parrain – dans tous les sens du terme – historique, François Mitterrand. Ce 10 mai, nous fêtons les 40 ans de son arrivée au pouvoir à la tête d’une gauche unifiée sous la bannière d’un marxisme décomplexé.

Ce fut la première alternance digne de ce nom, mais aussi la dernière tant la droite poursuivit son travail de sape de notre économie et de nos libertés. Nationalisations, abaissement arbitraire et uniforme de la durée légale du travail et de l’âge de départ à la retraite et ouverture des vannes de la dépense publique. Rapidement, l’économie du pays se retrouva plombée par les orientations catastrophiques de François Mitterrand.

Fiscalité et endettement, l’héritage Mitterrand

L’arrêt de cette fuite en avant collectiviste eut lieu en 1983 et se traduisit par une modération transitoire d’une tendance qui ne s’est jamais interrompue depuis lors. La fiscalité et l’endettement ont ensuite poursuivi leur ascension de manière ininterrompue malgré les timides efforts entrepris durant ce qui a été abusivement qualifié de « tournant de la rigueur ».

L’étatisation rampante de pans entiers de la société ne reculera plus. La confusion toxique entre justice et morale ne cessera de prendre de l’ampleur. L’État n’a cessé de dicter aux Français ce qui est bien ou mal pour eux avant de leur imposer des choix de vie et des valeurs de façon autoritaire et paternaliste. Paradoxalement, ce mélange des genres s’est accompagné d’une multiplication de scandales d’une gauche découvrant le pouvoir et ses vices.

Bernard Tapie fut l’ami du Président (amitié gratifiée de précieux avantages), les délits d’initié et la corruption explosèrent avec l’implication de plus en plus massive et brutale de l’État dans l’économie. Que les entreprises soient nationalisées ou privatisées, le capitalisme de connivence à la française entretient des passerelles douteuses.

Anecdote illustrant bien cette dérive générale, l’homme des coups tordus Roland Dumas est parachuté à la tête du Conseil constitutionnel. Il a reconnu il y a peu avoir validé les comptes de campagne des deux finalistes de la présidentielle de 1995 alors qu’ils avaient largement franchi les limites fixées par la loi. On imagine le reste… Les années Mitterrand sont avant tout celles de la manipulation des foules et de la triche de grande ampleur.

La parenthèse libérale

Certes, François Mitterrand ouvre indéniablement une parenthèse libérale avec l’abolition de la peine de mort, la fin du monopole des médias audiovisuels et la fin des discriminations contre l’homosexualité (le 12 juin, l’homosexualité ne figure plus dans la liste des maladies mentales).

Réformes auxquelles nous devons ajouter celles entreprises par Pierre Bérégovoy de 1984 à 1986 qui favorisent une meilleure circulation des capitaux, préalable incontournable au développement des activités économiques sur le territoire. Cette courte ouverture se referma vite.

Les leviers d’émancipation des individus retournant à leur fonction d’outil de propagande au service de l’État et de la majorité au pouvoir. Du sursaut culturel à la culture d’État, les Français subissent un vrai travail de rééducation collectiviste qui passe d’ailleurs par l’école.

Pire, l’instrumentalisation de la lutte contre le racisme divise comme prévu la droite en faisant monter un Front national infréquentable. Cette stratégie fragilise longtemps la droite avec des triangulaires mortelles… jusqu’au jour où, à force de jouer avec le feu, le Front National capta l’électorat populaire de la gauche en changeant sa ligne économique.

Les années Mitterrand ont embarqué les Français sur une voie sans issue, la route d’une servitude volontaire dont le pays ne sortira qu’avec le retour d’un nationalisme menaçant… ou l’arrivée au pouvoir d’une Margaret Thatcher capable de rompre avec cette trajectoire mortifère. D’ailleurs le 4 mai, nous fêtions les 42 ans de son arrivée au pouvoir.

Article initialement publié en mai 2016.

Voir les commentaires (22)

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  • MLP aurait bien une stature et un caractère thatchrien.
    Hélas c’est une buse en économie et ses maîtres à penser sont au mieux keynésiens, au pire des manipulateurs façon ENA, donc sous la coupe de la CGT, force bolchevique d’occupation. État fort, nationalisations, monnaie de singe avec fermeture des frontières et contrôle des changes: un avenir vénézuélien ou argentin, sinon nord coréen nous pend au nez…

  • une route s’arrête toujours quelque part ; celle de la servitude cessera aussi un jour ; parce qu’un jour , il n’y aura plus du pain et des jeux pour maintenir la masse ;

  • Qui est l’homme à lunettes sur la photo ?

  • l’abolition de la peine de mort n’est pas libérale, ni illibérale d’ailleurs, ce point ne regarde pas le libéralisme.

    • Bonsoir, c’est un sujet a debat, si l’on considère les physiocrates comme les premiers liberaux, il est objectif de remarquer que leur philosophie etait extrement progressiste, et a ce titre dans le sens des courants de pensées abolitionistes.
      Certains conservateurs se disent liberaux ne souhaitant adhérer qu’a la dimension economique: c’est ainsi que certains ont pu croire la droite francaise liberale, elle le fut tres mollement d’un point de vue economique et nullement d’un point de vue progressiste…
      Gauche et droite francaise sont des « collectivistes » et semble ne se demarquer que par une tres faible inclinaison moins conservatrice a gauche…
      Bref, cela ne me semble pas aberrant que Mr Veron souhaite s’ approprier l’heritage progressiste tant il me semble dans les « gènes » de la pensee liberale contemporaine.

    • Exact.

      Un libéral peut cependant préférer l’abolition car la peine de mort est, contre-intuitivement, plus coûteuse que la perpétuité.

      Une autre approche est possible par la notion de responsabilité : un libéral s’attachera prioritairement au système de réparation du crime commis. De ce point de vue, la peine de mort qui s’apparente plutôt à une vengeance ne présente aucun intérêt.

      Enfin, il s’agit d’une question d’éthique, voire de logique : une société peut-elle utiliser comme « outil pédagogique » l’homicide, qu’elle condamne fermement par ailleurs ?

      Bref, tout type sensé, libéral ou pas, car les arguments ci-dessus sont accessibles à toute intelligence, devrait opter pour l’abolition…

      • Heu, la peine de mort présente l’avantage de l’élimination d’un prédateur irrécupérable, pour les homicides (annulation de la contrainte totale d’un individu sur un autre) à moindre coût et avec un effet d’exemple certain. Ca garantit les droits naturels liberté, propriété et sureté.

      • L’histoire de la peine de mort n’est valable qu’aux USA à cause des frais de justice. Quand on voit le coût de détention de certains terroristes on voit que c’est complètement faux.
        La peine de mort ne peut être pédagogique, l’éxécuté est très peu capable de réflexions après l’exécution.

  •  » la fin du monopole des médias audiovisuels  »

    Pour ce qui est de la radio je crois qu’il n’avait plus trop le choix de libéraliser tellement qu’il y avait une recrudescence de radio libres ou pirates qu’il devenait impossible de leur faire la guerre pour les fermer. On en fermait une que dix autres voyaient le jour ailleurs. C’était tout naturelle que la TV suivent aussi le même chemin de la libéralisation de l’audiovisuel que les radios.

    D.J

    • radio libres de gauche uniquement ! la chasse aux radios de droite a été sans pitié avec tous les moyens possibles jusqu’à complète extinction (Georges Fillioud, le Joseph Goebbels de Mitterrand)

  • La parenthèse libérale

    Très osé. Il ne suffit pas d’être libéral pour les mœurs. C’est un tout. Ou rien. je penche pour le rien.
    Parce qu’encourager l’agression de ceux qui ne pensent pas comme vous, c’est libéral ❓
    Expérience personnelle.

    • Un tout ou rien ? Dans l’idéal oui. Dans la vraie vie, on rencontre un paquet de libéraux qui ne le sont que pour la chose économique, et un autre paquet uniquement pour la chose sociétale…

  • Les années Mitterrand ont institutionnalisé le gauchisme culturel et sacralisé l’inculture économique en vertu canonique: Hollande n’a-t-il pas enseigné (1988-1991) l’éco à Sc-Po?
    et encore plus tard (2009-2010)?
    http://www.vanityfair.fr/actualites/france/articles/quand-hollande-etait-mon-prof/30501

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