« La culture nous sauvera », de Christophe Tardieu et David Lisnard

Bien que les deux auteurs sachent que la France est championne de la dépense publique, ils voudraient l’accroître pour l’éducation culturelle et la préservation du patrimoine, qu’ils considèrent comme un investissement.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

« La culture nous sauvera », de Christophe Tardieu et David Lisnard

Publié le 5 mai 2021
- A +

Par Francis Richard.

Les auteurs, Christophe Tardieu et David Lisnard, ont raison de dire que La culture nous sauvera, où « nous » signifie les Français. Ils ont tort de penser et de dire que c’est à l’État, décentralisé ou pas, qu’il revient d’intervenir.

En ces temps de restrictions des libertés individuelles sous le prétexte de préserver sa santé physique, ils ont donc bien raison de rappeler que « l’être humain n’est pas qu’une réalité biologique, mais également spirituelle et culturelle ».

Ils ont raison de dire que « l’art a aussi des vertus thérapeutiques ». Car la culture est essentielle pour l’homme, qui ne vit pas seulement de pain, et que l’en priver, c’est une manière de tuer ce qui le distingue des autres êtres vivants.

La France championne des dépenses publiques

Bien qu’ils sachent que la France est « championne du monde de la dépense publique« , ils voudraient l’accroître pour l’éducation culturelle et artistique et la préservation du patrimoine, qu’ils considèrent comme un investissement.

S’ils estiment qu’il faut maîtriser les dépenses « pour ne pas laisser de dettes à nos enfants », celles-ci restent pour eux prioritaires dans les secteurs de la santé, la sécurité, la justice et l’éducation, où l’échec de l’État est pourtant patent.

Leurs parcours de vie, à l’un comme à l’autre, ne les prédisposent pas à concevoir la culture autrement qu’institutionnalisée par l’État, que ce soit via l’éducation nationale ou les établissements publics d’administration du patrimoine.

Bien sûr ils ne sont pas contre les initiatives privées, mais on sent bien que ce ne peut être qu’à la marge. Tous les événements culturels qu’ils citent sont soutenus par de l’argent public, hormis un seul, Hellfest, qui n’est d’ailleurs pas le moindre.

Certes le mécénat devrait être davantage encouragé et l’avantage fiscal sur l’impôt sociétés des grandes entreprises n’aurait pas dû être réduit. Mais ils défendent le droit d’auteur qui permet aux créateurs de ne pas dépendre du mécénat.

À l’instar des paradores en Espagne, ils ne seraient pas hostiles à une exploitation hôtelière de certains lieux, à condition qu’ils en respectent l’esprit, « ce qui n’est pas difficile : la plupart des monuments historiques étaient avant tout des logements ».

Pour que la culture se répande et que se forme ainsi la pensée individuelle, ils disent la nécessité de créer une demande dès le plus jeune âge. Mais, à aucun moment, ils ne parlent d’une remise en cause du quasi monopole éducatif.

Le salut par la réglementation

Avec les GAFA, il faudrait avoir un rapport de forces parce que ces entreprises ne comprennent que ça. Autrement dit, le salut ne se trouve que dans leur réglementation. Défaitistes, ils ne croient pas à l’émergence de futurs concurrents.

Ils ont la même attitude à l’égard des plateformes numériques telles que Netflix, qu’il faut réglementer : ce qu’ils proposent est une véritable usine à gaz – ce qui est très français – pour que le partage de la valeur sur Internet soit équitable…

Ils n’échappent pas enfin au couplet sur l’exception et la souveraineté culturelle. Là encore, ils se réjouissent de l’intervention étatique pour la faire respecter, notamment pour ne pas subir l’abominable hégémonie culturelle américaine.

Ils appellent à un sursaut culturel pour qu’advienne un renouveau du pays, parce que la culture française « conjugue enracinement et universalité, effort et créativité, héritage et rupture, émancipation et cohésion, prospérité et panache ».

Oui, mais ne faut-il pas cultiver d’abord l’excellence et l’émulation, s’inspirer des trésors culturels du passé, à condition de les connaître, pour en créer d’autres ? Ce ne peut être qu’une démarche individuelle, de préférence privée.

David Lisnard et Christophe Tardieu, La culture nous sauvera, Éditions de l’Observatoire, avril 2021, 192 pages.

Voir les commentaires (11)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • Macron : « Il n’y a pas de culture Française ».
    Pour nous sauver il faut d’abord éliminer Macron.

    • il parle beaucoup macron , le plus souvent pour dire des conneries ; la phrase que vous citez en fait partie ;

  • Pourriez-vous ajouter les notes de bas de page ?

    Dans les évènements privés marquants de ces dernières années, j’aurais mis l’exposition de la collection Chtchoukine à la fondation Vuitton et, plus tristement, la disparition du musée Dapper

  • Le gauchisme de droite, finançons la culture, mais attention ! pour coller avec l’idéologie conservatrice, ce sera seulement l’opéra et le théâtre. D’ailleurs, le terme « culture » semble galvaudé tant le divertissement est mis en avant. Ah ! et ils veulent donner une éducation artistique aux enfants, c’est vrai que la lecture forcée en cours de français avait su susciter une appétence unanime pour la littérature ! Non, l’homme n’est pas un animal culturel, c’est un animal rationnel et c’est cette culture qui participe à la destruction de sa raison. Le nihilisme est un libéralisme.

  • Cela ne sauve pas les Woke et les écolos dont l’inculture historique pour les premiers, scientifique pour les seconds, sont atterrantes!

  • Ah, ah ! David Lisnard, ce n’est pas le type que les gens de droite nous présentent comme grand libéral ?

    Encore un grand libéral à la sauce Sarkozy ou Fillon, à ce que je vois…

    • Je trouve ça plutôt astucieux: réaffirmer le rôle de la culture permet de couper l’herbe sous les pieds des opposants classiques qui argumentent que le libéralisme tuera la culture.

      • Faux! L’état américain n’arrose pas la culture, ce sont les citoyens eux-mêmes qui s’associent pour la financer et la promouvoir!

  • Il n’ y a guère qu’ un seul moyen pour l’ état et son ministère de promouvoir la culture: cesser de la subventionner à des fins électorales sauf de rendre nos grands musées gratuits ( comme chez les rosbifs) et cesser de spéculer sur des plugs anales géants.

  • Des familles, des ingénieurs et des médecins qu’ils disaient 🙂

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Face à la menace internationale, il est urgent de réinvestir dans nos armées afin de protéger la France et l’Europe et défendre nos valeurs de liberté que les générations précédentes ont acquis au prix de leurs vies. Aussi le président Macron a-t-il dévoilé vendredi les grandes orientations de la future Loi de programmation militaire 2024-2030, augmentant les budgets d’un tiers. Mais augmenter les budgets est une chose, dépenser l’argent public avec efficacité en est une autre…

Si, selon Clémenceau, la guerre est une affaire trop série... Poursuivre la lecture

Par Romain Delisle. Un article de l'IREF France

Au mois de mars dernier, un rapport d’une commission d’enquête diligentée par le Sénat avait jeté un pavé dans la mare. Il s’agissait d’examiner les prestations à caractère intellectuel fournies par les grands cabinets de conseil à l’État, pour une somme annuelle avoisinant le milliard d’euros. Par nature, elles sont subjectives et sujettes à caution. Toutefois, ce coup de projecteur plutôt négatif sur les activités externalisées de l’État a fait un peu vite oublier l’intérêt que pouvait ... Poursuivre la lecture

spirale
2
Sauvegarder cet article

Nombreux sont ceux qui essaient de comprendre le sens du mot inflation.

L’inflation va-t-elle impacter notre façon de vivre ? Représente-t-elle un danger ? Les solutions existent-elles ? Est-il judicieux d’être résilient ou d’être résistant ?

Il semble évident que cette crise touche d’abord les populations les plus fragilisées et nous sommes face à une situation pour laquelle nous nous devons de trouver des solutions.

Le pourcentage de la dette mondiale par rapport au PIB est passé de 200 % en 1999 à 350 % en 2021.

Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles