Climat : les écolos font pression sur les banques

https://unsplash.com/photos/DbwoDjKUiVE

Sous la pression des climato-gauchistes les banques vont-elles cesser d’investir dans les énergies fossiles ?

Par Philippe Charlez.

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, les politiques nationales engagées depuis la COP21 ne permettront pas d’accéder à la neutralité carbone en 2050. Elles consentiront au mieux à maintenir les émissions au niveau actuel (35 GtCO2/an). Parallèlement à cette trajectoire de « politiques publiques », l’AIE a proposé un schéma dit « de développement durable ». Il permettrait de réduire drastiquement les émissions à environ 10 GtCO2/an.

Bien que fortement décarboné grâce notamment à l’amélioration de l’efficacité énergétique (premier levier) et à la mise en œuvre massives d’énergies renouvelables (second levier), le mix énergétique DD contiendrait encore en 2050 40 % d’énergies fossiles : presque plus de charbon, beaucoup moins de pétrole mais encore pas mal de gaz. Pour atteindre la neutralité carbone (à ne pas confondre avec le « zéro fossiles »), il faudra alors compenser les émissions résiduelles principalement grâce au CCS (Carbon Capture Storage – troisième levier).

Nécessaire investissement dans les énergies fossiles

Pour satisfaire une consommation d’hydrocarbures même fortement déclinante, il faudra donc continuer d’investir dans les énergies fossiles notamment le pétrole et le gaz. Rappelons qu’en 2019, sur les 1700 milliards de dollars investis dans l’énergie, 700 étaient toujours consacrés aux fossiles dont 400 à la partie exploration et développement de champs nouveaux.

Une hérésie selon les mouvements climato-gauchistes considérant que : « développer des nouveaux projets pétroliers et gaziers reviendrait à verrouiller l’économie mondiale dans la dépendance aux hydrocarbures » sous la pression « d’entreprises déjà chancelantes, vouées à disparaître et dont il est illusoire d’espérer qu’elles puissent changer sans contrainte ».

Leur principal argument repose sur un simple argument d’épuisement des réserves : les réserves prouvées et développées actuelles seraient largement suffisantes pour couvrir la queue de demande. « Chant du cygne d’entreprises déjà chancelantes et vouées à disparaître », de nouveaux développements seraient inutiles et priveraient le développement des énergies vertes de 400 milliards de dollars par an.

Climat : l’avenir de la pénurie

Nous avions dans un précédent article montré que nos détracteurs confondaient naïvement réserves et production. Par ignorance, ils faisaient abstraction du déclin naturel du « socle1 » (de l’ordre de 6 % par an) compensé grâce à la découverte, au développement puis la mise en production de champs nouveaux.

Arrêter d’explorer et de développer de nouveaux champs et se contenter de vivre avec la production du socle existant conduirait en quelques années à peine à une rupture structurelle offre/demande dont résulterait une flambée incontrôlée de prix source de tension internationale et de conflits sociaux.

Persistant dans leur démarche purement idéologique, ces mouvements font quotidiennement pression sur les institutions bancaires et les investisseurs internationaux pour qu’ils cessent de financer tout nouveau développement des énergies fossiles.

Tout le monde se souvient de la mise à sac spectaculaire du siège parisien de Black Rock en février 2020 par des militants déchaînés d’Extinction Rebellion et de Youth For climate avec des slogans (lutte des classes oblige) à la violence sans limite « le kérosène, ce n’est pas pour les avions, c’est pour brûler les flics et les patrons ».

Dans une étude datant de 2019, OXFAM France montrait du doigt quatre des principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE) indiquant que « l’empreinte carbone en lien avec leurs activités dans le secteur des énergies fossiles avait atteint en 2018 plus de 2 milliards de tonnes de CO2 ».

L’ONG demandait la mise en place d’une législation pour garantir l’alignement des activités des banques avec l’Accord de Paris. Récemment, l’ONG Rainforest Action Network « notait certaines restrictions de financement comme les sables bitumineux mais déplorait que des banques engagées dans un objectif de neutralité carbone 2050 n’élabore pas de plan de sortie des énergies fossiles ».

Une clef de croissance

Malgré la pression médiatique et sociétale, la finance mondiale continue fort heureusement de financer tant bien que mal le développement des énergies fossiles. Une déficience d’investissements au cours des prochaines années pourrait avoir raison d’une filière qui reste aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, l’une des clés de notre société de croissance.

Le développement de champs d’hydrocarbures répondant à un « temps long » cette déficience induirait inévitablement une rupture structurelle des offres pétrolières et gazières mettant à bas une société de croissance déjà fortement abîmée par la crise du Covid-19.

Un résultat parfaitement en phase avec l’agenda des climato-gauchistes. Leur but ultime n’est en rien de solutionner la problématique climatique mais de l’instrumentaliser. Leur dessein reste toujours le même : la peau de la société de croissance et de son démon capitaliste et ce au mépris total du bien-être humain.

  1. Le socle est l’ensemble des champs existant et actuellement en production. Son potentiel 2019 était de l’ordre de 110 millions de bbls par jour.
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.