Les élections régionales ne passionnent guère les Français

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Les régions ne sont pas de véritables corps intermédiaires jouissant d’une autonomie dans les domaines qui comptent aux yeux des Français.

Par Francis Richard.

Les élections régionales, initialement prévues en mars 2021, ont été reportées en juin 2021 en vertu de la Loi n° 2021-191 du 22 février 2021, et auront lieu en principe les 13 et 20 de ce mois-là.

Si elles se déroulent bien à ces dates, elles ne passionnent de toute façon pas les Français parce que la régionalisation n’est en réalité qu’une déconcentration administrative de l’État, ne le faisant pas maigrir, bien au contraire.

L’État français est le problème

L’État français est jacobin et entend le rester, c’est-à-dire qu’il est et sera bureaucratique, technocratique et centralisé. C’est pourquoi il est le problème et non pas la solution.

Bien sûr, les 18 régions ont quelques pouvoirs, notamment en matière :

  • de développement économique,
  • d’aménagement du territoire,
  • de transports non urbains,
  • de gestion des lycées,
  • de formation professionnelle.

C’est-à-dire dans des domaines où un service privé, quand il lui est permis d’agir, fait de toute façon mieux que le secteur public, même si les Français dans leur ensemble ont été formatés pour croire le contraire.

Les régions ne sont pas de véritables corps intermédiaires jouissant d’une autonomie dans les domaines qui comptent aux yeux des Français selon un sondage Viavoice publié par Libération :

  • la sécurité,
  • la santé,
  • les impôts et taxes,
  • le pouvoir d’achat.

Car dans ces domaines, c’est Paris qui décide, qui impose, même si pour la forme, les préfets de région consultent, avant de répercuter parfois sans ménagement la voix de leur maître.

Se pose d’ailleurs la question de savoir si la santé et le pouvoir d’achat sont bien du ressort d’une quelconque autorité publique, tant d’un point de vue moral que de l’efficacité, qui vont immanquablement de pair.

Élections régionales : sanctionner Macron

Quoi qu’il en soit, le but de ceux qui iront voter à ces élections ne sera pas d’élire des conseillers régionaux, qui font partie des quelque 618 000 élus du pays, mais de sanctionner Macron et consorts.

En effet, selon le même sondage Viavoice, le Rassemblement national aurait le vent en poupe pour récolter ces votes-sanction, qui ne servent à rien mais font du bien, de manière cependant coûteuse.

Si l’État français n’était pas jacobin, il n’assumerait que les tâches qui excédent les possibilités des régions, celles-ci résoudraient elles-mêmes les problèmes de leur population.

Dans ce cas-là les responsables directs d’impéritie et d’imprévoyance auraient un visage et un nom et les citoyens concernés sauraient leur montrer d’une manière ou d’une autre leur insatisfaction.

Ce n’est que dans le cas où une région ne pourrait pas s’acquitter d’une tâche qu’elle demanderait son soutien à l’État, mais sans oublier que le pouvoir resterait à l’individu, le rôle des élus locaux se limitant à ne pas le laisser seul face à l’État.

On peut rêver à cette subsidiarité qui délègue le pouvoir de l’individu du bas vers le haut, c’est-à-dire à une entité consentie et contrôlée par les individus, mais ce n’est pas demain la veille. Alors commençons à en parler.

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