Biden : une présidence impériale adulée par les médias

Joe Biden at McKinley Elementary School By: Phil Roeder - CC BY 2.0

Nonobstant quelques changements esthétiques, Biden poursuit les plus mauvaises politiques étrangères de Trump.

Par Pierre-Guy Veer.

Dans la psyché médiatique américaine, la politique étrangère se résume à ceci : démocrates bons, républicains mauvais. C’est pourquoi on a vite oublié les nombreuses bourdes de Barack Obama et pourquoi on reprochait tout et rien à Donald Trump. Avec Joe Biden, il semble que l’on soit vite de retour à une adulation de la politique impérialiste des États-Unis.

Pour commencer, le président a pris un ton résolument agressif avec la Russie, accusant Vladimir Poutine d’être un « meurtrier » et qu’il va « le payer. » Il affirme également que, contrairement à son prédécesseur, il ne se « soumettrait » pas aux actes d’agression de la Russie.

C’est un secret de polichinelle que Poutine est un dictateur et que la coïncidence d’actes contre ses opposants comme Navalny est alarmante. Mais employer un ton aussi agressif et menacer de sanctions le pays ne peut que servir Poutine. Regardons seulement Cuba : l’embargo des États-Unis n’a fait que renforcer la main de fer des Castro sur l’île, ce qui a augmenté sa cote de popularité chez lui et les idiots utiles socialistes.

Aussi Trump a-t-il imposé des sanctions à la Russie. Mais comme le pays est « intervenu » dans l’élection de 2016, il faut croire que ce n’était pas assez pour les médias.

Justifier l’injustifiable

Par contre, ces derniers manquaient de superlatifs et d’éloges suite aux frappes américaines « contre des intérêts iraniens » en Syrie. Ainsi, dès le titre et l’accroche, on offrait carte blanche au président pour avoir indirectement attaqué un des grands ennemis de l’Amérique suspecté de soutenir Biden.

On mettait ainsi de côté la sainteté de la Constitution suite à des frappes les violant. En effet, l’article 1, section 8 du document énonce clairement que seule la Chambre des représentants peut déclarer la guerre. Pourtant, même l’égérie Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) n’a ne serait-ce que mentionné ces frappes anticonstitutionnelle en date du 21 mars sur ses deux comptes Twitter. Pourtant, elle répétait ad nauseam que « l’insurrection » du 6 janvier était une violation patente des élections et de la Constitution.

Par ailleurs, et malgré les fortes inquiétudes de son département d’État, Biden a minimisé le génocide et la torture des Ouïghours, affirmant qu’il ne s’agissait que de « différences culturelles. » Il a également esquivé les questions à propos d’éventuelles sanctions contre la Chine et de ses violations patentes des droits humains, au Xinjiang et à Hong Kong notamment.

Imaginez un instant si Donald Trump ou un républicain avait été aussi complaisant et/ou évasif…

Biden et Trump : même fétichisme frontalier

C’est évidemment une question rhétorique. Il suffit de regarder le revirement à 180 degrés des médias face à la crise migratoire aux frontières, même si les politiques de Biden et Trump sont à peu près identiques.

De cages, on est vite passés à des « édifices de débordements », voire à des « abris pour enfants migrants. » Pourtant, la politique de « tolérance zéro » de Trump sur les traversées « illégales » de la frontière est encore en place, et les familles sont encore séparées.

Finalement, la désastreuse guerre commerciale initiée par Trump se poursuivra de plus belle sous Biden. Ce dernier l’a annoncé en grande pompe dans son programme avec sa politique « Buy American », et il a malheureusement tenu parole (par décret) jusqu’à présent.

En outre, il n’a toujours pas annulé la surtaxe sur l’acier, qui a causé tant de dommage sur l’industrie et toutes les autres dépendant de l’alliage. Non seulement sa secrétaire au Commerce les trouve « efficaces », mais une représentante commerciale affirme que les tarifs douaniers sont une arme « à utiliser » contre la Chine. Et ce, malgré qu’ils équivalent à une surtaxe de 80 milliards pour les citoyens.

Bref, ne vous leurrez pas avec le slogan affirmant que « l’Amérique est de retour » puisqu’elle n’est jamais partie. Nonobstant quelques changements esthétiques, Biden poursuit les plus mauvaises politiques étrangères de Trump : des guerres anticonstitutionnelles, des tarifs douaniers destructeurs et un protectionnisme qui ne peut mener qu’à une misère mondiale.

Et ne comptez pas sur ses laquais des médias pour le questionner sérieusement. Surtout qu’il avait promis d’au moins reconsidérer l’inutile guerre commerciale contre la Chine.

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