Donald Trump évite une nouvelle condamnation en destitution

Donald Trump by Matt Johnon on Flicker (CC BY 2.0) — Matt Johnson , CC-BY

OPINION : il aurait été légitime que Donald Trump soit condamné. Par contre, considérant qui l’accuse – le Parti démocrate -, on ne peut que rire de l’hypocrisie crasse.

Par Pierre-Guy Veer.

Pour la seconde fois en autant de tentatives, les démocrates ont échoué à faire condamner Donald Trump dans le cadre d’une destitution. Le second procès visait à l’empêcher de se représenter dans une future élection en le condamnant pour « incitation à l’insurrection. »

Considérant ses nombreuses inepties sur Twitter, on n’a montré aucun de ses messages disant cela noir sur blanc. Par contre, son support tacite des émeutiers ne laisse aucune place au doute. Et si la chronologie des évènements de l’émeute est authentique, alors ses messages auraient pu véritablement mettre en danger son vice-président Mike Pence.

On pourrait également citer ses interventions directes pour tenter de renverser le résultat de l’élection – tentatives qui ont toutes échoué, même devant une Cour suprême qui lui est plutôt amicale.

Partisannerie aveugle républicaine

Malgré tout, seuls sept républicains se sont rangés du côté des démocrates pour condamner Donald Trump. Toutefois, plusieurs partagent une caractéristique étrange : soit ils viennent d’être réélus pour un mandat de six ans, soit ils prennent leur retraite à la prochaine élection.

En d’autres termes, presque aucun ne fera face à l’ire des partisans de Donald Trump, revigorés par l’acquittement de leur generalissimo. Mais pour le reste de leur mandat respectif, les sept traîtres auront la vie dure.

Bill Cassidy de la Louisiane a été unanimement condamné par son parti ; ce dernier compte les jours où une rétribution contre lui sera possible. Plusieurs publications conservatrices populaires parlent également de traitrise. Une question Yahoo – depuis retirée – demandait carrément si ces sénateurs ne devraient pas passer devant le peloton d’exécution.

Ainsi, le Parti républicain est devenu le parti de Donald Trump, et quiconque s’écarte du  droit chemin sera ostracisé, ou pire. Même au faîte de sa popularité, Barack Obama ne provoquait pas une telle vindicte chez ses sceptiques démocrates.

Partisannerie aveugle démocrate

Pour en revenir au procès de Trump, il aurait été légitime qu’il soit condamné. Par contre, considérant qui l’accuse – le Parti démocrate -, on ne peut que rire de l’hypocrisie crasse.

En effet, le parti de Joe Biden s’est plaint, sans preuve aucune, que Donald Trump avait comploté avec des Russes pour influencer l’élection contre Hillary Clinton. Grâce à leurs laquais des médias, ils ont pu pousser cette fausse nouvelle même lorsque les rapports d’enquête n’ont rien montré hors de tout doute raisonnable.

Et que dire de leur refus de condamner – voire explicitement supporter – des actions qu’ils reprochent aux partisans de Trump et aux Républicains. Du cirque hyper-partisan pour empêcher la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême (assortie d’une occupation du Capitol) en passant par un langage (selon leur propre logique) « violent » qui pourrait « inciter » des actes répréhensibles et un parallèle entre les politiciens acquittant Trump et des traitres, les démocrates agissent comme s’ils avaient le monopole du cœur.

Cette prétention atteint son paroxysme quand ils rejettent du revers de la main toute comparaison avec l’émeute du 6 janvier avec les émeutes anti-raciste/brutalité policière tout au long de l’année qui ont causé des milliards – pas millions, milliards – en dommage. Selon eux, ce n’est qu’un tu quoque, une erreur de déduction diminuant la responsabilité personnelle pour montrer que l’autre partie fait la même chose.

Mais alors que, certes très mollement, Donald Trump a ultimement condamné les émeutiers de 2021, aucun démocrate n’avait condamné les attaques contre des pro-Trump après l’élection, et Biden n’a émis qu’un faible et générique « condamner toute forme de violence. » La vice-présidente Kamala Harris a même encouragé les gens à donner de l’argent pour libérer les émeutiers arrêtés suite à l’arrestation de George Floyd.

Bref, tout comme la première, la seconde destitution de Donald Trump n’était qu’un exercice de partisannerie aveugle. Du côté républicain, il semble effectivement que Donald Trump « pourrait tirer des gens sur la 5e Avenue et ne perdrait aucun vote. » La loyauté de la majorité est envers lui et non le pays ou la constitution.

Du côté démocrate, on n’avait toujours pas digéré la défaite de 2016 qu’on a tenté par tous les moyens, plus détournés les uns que les autres, de chasser Trump du pouvoir. On montait en épingle le moindre de ses tweets tout en agissant de la même façon la seconde d’après.

Imaginez simplement si ces mots avaient été écrits pour s’adresser à des démocrates…

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