L’idéologie écologiste : d’ancestrales aliénations

La créativité humaine a toujours inquiété les pouvoirs. L’ambition de l’idéologie écologiste est de soumettre l’inventivité humaine à des critères politiques.

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L’idéologie écologiste : d’ancestrales aliénations

Publié le 15 février 2021
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Par Patrick Aulnas.

L’angoisse climatique et la peur de l’énergie nucléaire ont été développées dans l’opinion pour promouvoir une idéologie autoritariste. Seuls les militants écologistes en sont conscients. La candeur domine dans la population.

Dans les démocraties, l’idéologie écologiste connaît un indéniable succès dans la population et parmi les dirigeants politiques. Les préoccupations concernant le changement climatique ont remplacé le questionnement sur les limites de la croissance que le rapport Meadows de 1972 avait vulgarisé. Mais il s’agit de la même problématique.

Voici donc plus de cinquante ans que le sujet a émergé dans l’opinion publique. En 1990 l’écologie n’intéressait pas encore grand-monde ; elle devient aujourd’hui un enjeu politique.

Par électoralisme, les politiciens s’alignent sur l’opinion. Leur suivisme va-t-il déboucher sur la révolution anti-productiviste qu’appellent de leurs vœux les militants écologistes ? Ou y aura-t-il, comme bien souvent en politique, des retournements ?

Écologie et écologisme

Ne pas confondre ! L’écologie étudie les rapports entre les êtres vivants et leur milieu naturel. Cette approche est de plus en plus nécessaire face aux phénomènes de croissance auxquels nous sommes confrontés. La population mondiale aura approximativement décuplé de 1800 à 2100, passant de un à 10 milliards d’êtres humains, selon les prévisions de l’ONU.

Le PIB mondial, estimé à environ 250 milliards de dollars en 1800, s’est élevé à 73 500 milliards en 2015. Ces deux croissances parallèles ne peuvent pas être infinies. C’est une évidence. Mais jusqu’à présent, la croissance économique a été bénéfique puisqu’elle a entraîné une augmentation du niveau de vie sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Le PIB moyen par être humain était de 250 dollars en 1800 et de 10 000 dollars en 2015. Bien sûr, les inégalités de développement sont considérables.

Les préoccupations écologiques sont donc normales. Mais l’écologisme n’est pas l’écologie. L’écologisme politique est tout autre chose, une idéologie et même une sorte de nouvelle religion anti-technicienne pour les plus extrémistes.

Des penseurs, par exemple Jacques Ellul, ont développé au XXe siècle l’idée que la technique nous asservit. Selon lui, la civilisation technicienne, qui apparaît en Occident au XIXe siècle, débouche sur un enchaînement pernicieux. Tout problème devient technique et doit trouver une solution technique.

Nous sommes donc de plus en plus dominés par un monstre que nous avons créé et qui s’est autonomisé. Nous sommes devenus dépendants de la technique. Elle ne nous libère pas.

De là vient l’idéologie écologiste. Son ambition est de soumettre l’inventivité humaine à des critères politiques. La créativité humaine a toujours inquiété les pouvoirs, mais depuis deux siècles, elle s’était largement libérée. L’écologisme veut la remettre à la niche par la politique.

Selon cette idéologie, la politique doit donc dominer sciences et techniques, empêcher que leur autonomie ne détermine le devenir historique. Pour les croyants écologistes, c’est au pouvoir politique de décider des orientations de la recherche et de ce qu’il convient de développer pour aboutir à des productions.

La liberté de chercher, d’innover, de concevoir un produit ou un service n’est qu’une fausse liberté, une addiction à la technique. Seul le pouvoir politique doit orienter le devenir de l’Homme. Cette sacralisation du politique était également le fait des marxistes et constitue encore un trait dominant de la social-démocratie. Elle conduit à accroître indéfiniment le rôle de l’État et n’est donc pas très originale.

De cette manière de penser résultent les programmes des partis écologistes. Elle explique l’opposition au nucléaire, n’émettant pourtant aucun gaz à effet de serre. Trop technique, elle échappe aux politiciens. Elle justifie la réglementation minutieuse de la production de logements, de voitures, d’appareils de chauffage, etc. Elle éclaire l’acharnement à conclure des conventions internationales se limitant pour l’instant à des promesses, mais permettant de stigmatiser l’État qui n’aurait pas respecté sa promesse.

Des tribunaux administratifs ont même en France condamné l’État pour non-respect de ses engagements écologistes. Il existe désormais un corpus juridique écologiste et même un ordre moral écologiste auquel tout politicien doit adhérer sous peine d’échec. Cela va de l’extrême droite à l’extrême gauche. Personne n’y échappe.

Aveuglement de l’idéologie écologiste

Il faut vraiment être aveugle ou avoir désespérément besoin d’une idéologie pour adhérer à de telles idées. La vie de l’être humain des sociétés riches du XXIe siècle est incomparablement plus libre, plus confortable, plus douce, plus sûre face à la maladie ou aux accidents que celle des hommes des siècles passés. L’espérance de vie a considérablement augmenté, l’alphabétisation s’est généralisée, la culture a été diffusée par l’éducation.

Tous ces progrès résultent des sciences et techniques. Sans elles, nous serions encore dans les masures des serfs d’antan ou dans les châteaux forts glaciaux du Moyen Âge.

En vérité, sciences et techniques ne conduisent pas à une nouvelle servitude mais nous montrent le chemin de la liberté. Il faut en effet une formation intellectuelle bien supérieure pour travailler aujourd’hui.

Sciences et techniques imposent des exigences conceptuelles qui étaient à des années-lumière de l’esprit du paysan du XVIe siècle. Et la capacité de raisonner sur un problème d’électronique, de droit ou d’agronomie, exigée de la classe moyenne, emporte inéluctablement une meilleure compréhension des phénomènes de pouvoir et une volonté politique individuelle.

L’autonomie de l’individu, base de la révolution de la liberté au siècle des Lumières, sort renforcée de notre évolution scientifico-technique depuis trois siècles.

L’intelligence humaine n’est pas parcellisée. Elle forme un tout. Le médecin, l’ingénieur, le technicien ne peuvent pas ne pas se poser des questions politiques. La capacité de réflexion qu’exige leur travail ne s’évanouit pas subitement dans les périodes de loisir.

Le pouvoir politique actuel, dans les riches démocraties occidentales, en a une conscience aigüe puisque la communication politique est devenue une spécialité professionnelle. Il ne suffit plus de décider pour être obéi. Encore faut-il faire comprendre la pertinence des décisions prises. L’intelligence technicienne induit l’intelligence politique.

La technique nous libère des ancestrales aliénations

Cela s’appelle la liberté. Non seulement la technique améliore notre vie matérielle mais elle nous libère des ancestrales aliénations. Les réticences qui se font jour peu à peu face à l’autoritarisme écologiste, par exemple l’implantation d’éoliennes géantes, ne sont que les prolégomènes d’une évolution probable.

Comment alors allons-nous traiter la problématique écologique ? Par le pragmatisme technologique et non par la contrainte idéologique et politique. Les recherches sur la fusion nucléaire progressent remarquablement, nous faisant espérer une énergie propre en quantité importante. L’économie circulaire se développe. Nous recyclons de plus en plus.

Selon certaines sources, la population humaine commencera à diminuer dès la fin de ce siècle. La pression écologique humaine sur la nature se réduira avec le nombre d’individus. L’intelligence artificielle, qui progresse à grands pas, remplacera avantageusement Homo sapiens dans les tâches répétitives, qu’elles soient intellectuelles ou manuelles.

L’Homme pourra se concentrer sur ce qui fait sa singularité : l’intelligence et la sensibilité. Nul besoin d’idéologie politique pour inventer et ressentir.

 

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  • Bien entendu quand l’homme était un chasseur cueilleurs il ne se souciait pas de ses rapports avec son environnement naturel…

    Non , se soucier de son environnement ça va de soi..

    Il me semble que l’écologie trouve son fondement raisonnable, dans l’idée que les modifications que nous apportons à l’environnement dans notre interet « à court terme » pourrait avoir de funestes conséquences pour l’homme à plus long terme.. et moins raisonnablement, car en contradiction avec la nature même de l’homme, c’est de penser que l’homme doit être « régulé » et maintenu à une place qui lui a été donnée dans un environnement immuable ( ?) par une « entité supérieure »..

    si on peut accepter que certains progrès sont illusoires, penser que le progrès est nocif en soi est « dangereux »..

    l’ecologisme serait donc un simple débat sur la notion de progrès.. débat vain ou dangereux puisque cette notion a un aspect « collectif « …et donc arbitraire..cela devient un débat sur nos libertés..

    l’ecolgisme peut exploiter à fond le fait que à peu près n’importe quelle action humaine « nuit » un peu aux autres, façon ,si je fais du feu j’enfumme mon voisin et j’augmente de façon epsilonesque, mais non nulle, son risque de développer un cancer.. je lui « nuis.. (surtout si lui ne fais pas de feu)..

    La conséquence apparemment logique est que TOUTE action humaine doit être jugée par le « collectif  » et « dédommagée »…
    CE qui se réglait auparavant par le bon sens et la tolérance des menues nuisances de son voisin contre la tolérance par celui de nos propres nuisances explose, créant un monde invivable ou l’oisivité est la seule « occupation » irréprochable, la misère une vertu ..avec un problème, déterminer les nuisances devient une obsession.. et génère une monstruosité scientifico juridico bureaucratique.. et logiquement encore refuser le monde « moderne » devient une « solution »… AVANT TOUT parce que dans monde sans science et technologie nous n’avons pas conscience des nuisances …

    Bon, baratin…INSOLUBLE…. un écolo peut me dire qu’il regrette le progrès technique et donc en pratique que lui ou moi soyons simplement en vie… l’écolo n’est démasquable que par son comportement, par ce qu’il fait…

    le monde devient une zad..mais surtout ne regardez pas ce que les zadistes font de la zad, une fois celle ci ..
    sauvée.. tiens https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/notre-dame-des-landes/notre-dame-landes-quel-avenir-ancienne-zad-1775221.html

    • « Bien entendu quand l’homme était un chasseur cueilleurs il ne se souciait pas de ses rapports avec son environnement naturel… »
      Et bien non, ils se préoccupaient de son environnement, il le défendait les armes à la mains, il a même fini par élever et planter ce dont il avait besoin.
      Meme aujourd’hui le ceuilleur de champignons évite de ravager son filon.
      Ce gens se foutent de l’écologie mais se préoccupent de leur environnement et si les loups les embêtent ils les exterminent, si les arbres les gênent, ils les coupent.

      • justement c’etait pour signifier que le souci de l’environnement n’a pas attendu l’ecologisme…

        ça ne définit en RIEN l’ecologisme…

    • Il devait se battre contre la nature pour rester en vie. Regardez les émissions sur les habitants du fond de l’Alaska sur RMC Découverte à qui elle ne fait pas de cadeau! L’angélisme de nos contemporains vient du fait que vivant en citadins ils ne sont pas confrontés à la nature, et ignorent donc complètement ses dangers!

  • Les préoccupations écologiques sont donc normales…… Plus un monde borné, fini, je n’adhère pas du tout, je ne lirai donc pas cet article surement sympa mais qui démarre mal.

    • L’article n’est pas contre l’écologie, bien au contraire. Il pose le problème de l’opposition des écologistes à la technique et du contrôle étatique de la créativité humaine.
      L’écologie doit-elle amener une nouvelle dictature verte ? Peut-on par les sciences et techniques résoudre nos problèmes écologiques ? La réponse de l’auteur à cette dernière question est oui.

      • Problèmes écologiques.. J’en ai deux, comment me debarasser des mauvaises herbes et des nuisibles, à part la chimie, il n’y a rien. Peut être un troisième comment boucher la cheminée de mon voisin qui empeste le bois brûlé et le faire passer à l’électricité nucléaire.

      • et c’ets selon moi le problème avec l’ecologisme tout le monde est « pour » mais personne de la même façon..

        tout le monde est aussi pour que la soupe soit bonne..

    • Vous n’avez rien compris. L’article n’est pas contre l’écologie mais contre l’écologisme, nuance! L’écologie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux écologistes qui n’y connaissent rien, et de ce fait veulent imposer des mesures nuisibles, car ils sont hystériques. La lutte contre le réchauffement en est un parfait exemple. Plutôt que lutter en vain contre un réchauffement normal, puisque consécutif à un refroidissement bien connu des climatologues qui l’appellent Petit âge glaciaire, ils devraient se préoccuper de l’état des océans d’où la vie a émergé. Nettoyer les déchets plastiques qui forment des îlots en certains endroits, tuent la vie marine. Limiter sérieusement la pêche qui dévaste les océans, 95% des poissons ont disparu témoignent les pêcheurs du tiers monde qui n’ont que cela pour nourrir leur famille.
      Nos écolos sont en fait marxistes, irrationnels car militants activistes politiques!

  • De tous temps les pouvoirs ont eu besoin de prétexte pour soumettre le peuple. Çà a été longtemps au nom de Dieu. Dieu démonétisé depuis la fin du XVIIIème siécle, on a trouvé les pauvres (=le marxisme et ses avatars.) Mais après la chute de l’URSS, ni Dieu ni pauvres à qui rendre des compte… Alors on a trouvé encore mieux : la Planète !

    • « prétexte pour soumettre le peuple »
      En agissant toujours sur ces trois leviers très efficaces: la peur, la jalousie et la paresse.

  • Enfin ! Il est grand temps de diffuser largement cette analyse pour le plus grand bien de tous.

  • prétendre, comme le fait l’article, que le nucléaire échappe aux politiques parce que trop technique est une aberration : il n’y a aucune autre filière qui soit à ce point surveillée par le monde politique, et qui soit l’objet d’autant d’attention !

  • La science et la technique ont libéré l’homme du dur travail des champs, et ne parlons pas de la femme qui travaillait du matin au soir pour laver le linge dans la rivière ou au lavoir, cuisinait, s’occupait du verger, de la maison, etc…
    Ils veulent retourner à cet état? Je ne suis pas sûr que les femmes se rendent compte de ce que la modernité leur ont apporté!

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