Cafouillage de la vaccination : la responsabilité du millefeuilles des organismes de santé

La crise du coronavirus et la mise en place de la vaccination ont servi de révélateur à un fait grave : malgré une multitude d’instances de prévision et de gestion des crises sanitaires, la France est incapable d’apporter des solutions.

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Elderly man and woman sitting on a syringe and copy space on top. Vaccination concept BY Jernej Furman (CC BY 2.0)

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Cafouillage de la vaccination : la responsabilité du millefeuilles des organismes de santé

Publié le 27 janvier 2021
- A +

Par Valentine Rault.
Un article de l’Iref-Europe

Un an après le début de la crise sanitaire, près d’un mois après le début de la vaccination, le gouvernement français n’a pas l’air plus efficace face à la crise. Toujours en position de réaction plus que d’anticipation, à la traîne de nos voisins européens en termes de gestion de crise, de distribution et d’injection des doses de vaccin, la France semble fragilisée.

Notre pays dispose pourtant de dix organismes qui auraient dû prévoir la crise et organiser la réponse étatique : directions générales, conseils, agences gouvernementales…

Et si c’était la multitude de ces acteurs qui avait empêché une gestion cohérente ?

Pas moins de dix organismes se partagent la gestion de la crise sanitaire

Les Français les ont découvert au fil de leurs recommandations, instructions, interdictions diverses et variées. Agences régionales de Santé, Haut Conseil à la Santé publique, Agence nationale de la sécurité du médicament… Vous trouverez à la fin de cet article un tableau présentant ces organismes et leurs différentes compétences, qui souvent se recoupent.

Ainsi Santé publique France, le Haut Conseil à la Santé publique et la Direction générale de la Santé ont tous des prérogatives de prévision, respectivement « observation et surveillance épidémiologique », « fournir aux pouvoirs publics l’expertise nécessaire à la gestion de crise », et « protéger des menaces sanitaires nationales et internationales ».

Pourtant, dès le début de la crise sanitaire, rien n’a été anticipé ni même géré : il y a d’abord eu une pénurie de masques, puis une incapacité à tester massivement, et maintenant une véritable cacophonie autour de la vaccination.

Vaccination : qui commande ? Tout le monde et personne

Pour le cas précis de la vaccination, là encore, la France est dotée d’organismes spécifiques.

Il y a notamment l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM), responsable de la sécurité des produits de santé, et la Commission technique des vaccinations, qui élabore la politique de vaccination générale. C’était insuffisant pour le gouvernement, qui a jugé nécessaire de se doter également d’un Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale début décembre 2020.

En plus de ces instances de décision et de conseil, Santé publique France est l’entité concrètement chargée de l’approvisionnement en vaccins, avec les résultats que l’on connaît. Il faut ajouter le ministère de la Santé, ainsi que les ARS (Agences régionales de santé), censées dispatcher les doses de vaccin à travers le territoire et s’assurer de leur répartition dans les centres. Concrètement, les ARS sont chargées de « piloter une cellule opérationnelle de vaccination dans chaque département », mais aussi de recenser les vaccinations. Une compétence partagée avec l’ANSM, qui doit surveiller les effets indésirables et anticiper les ruptures de stock…

Avec cette accumulation, la mauvaise organisation de la logistique vaccinale, décentralisée tout en étant sous la coupe de l’État, doit-elle étonner ? Ces entités aux compétences quasi identiques entrent finalement en contradiction les unes avec les autres, et, tout le monde étant chargé de tout, personne ne décide vraiment de rien.

Comme l’IREF le préconise de manière générale, il faut simplifier drastiquement l’organisation des politiques sanitaires, en délimitant clairement les compétences de chacun, et en supprimant les instances qui font doublon. Il faut aussi faire confiance aux professionnels de la santé et permettre aux praticiens d’agir dans les conditions qu’ils jugent les meilleures.

En termes de santé publique comme en politique générale, la simplicité et la rapidité sont gage d’efficacité. Ce dont nous avons besoin plus que jamais.

Compétences des différents organismes en charge de la santé en France

PNG - 153 ko

Source : https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/PointSur?clef=2

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  • Ne manque-t-il pas un organisme de lobbying, pardon, un comité de concertation, pour obtenir de l’Europe la juste part des vaccins que celle-ci a commandé ?

    Et ne manque-t-il pas l’AFNOR pour établir, grâce au travail acharné et prolongé de courageux experts bravant la pandémie, une norme d’étiquetage des flacons, aussi efficace que celui qu’elle a fourni pour établir une norme pour les masques

  • La multiplication de ces organismes administratifs accroît fatalement le temps perdu en bavardages et la dilution de la responsabilité. Quand tout le monde s’occupe d’un problème, plus personne ne le prend en charge et plus personne n’en est responsable, mais n’est-ce pas justement l’objectif de nos technocrates ?

  • Dommage on ne voit pas le budget de chaque organisation. Juste histoire de mettre un prix sur l’incompétence…

  • Pffff vous jouez petits bras…. Nous, en Belgique, on a un gouvernement pour chacune des trois régions, un gouvernement pour chacune des trois communautés et un gouvernement fédéral. Pour structurer ce dernier « bazar », nous battons régulièrement les records du monde: 541 jours sans gouvernement ! Question mille – feuilles administratif on se situe à un autre niveau. Pour ce qui est des vaccins en Belgique je ne sais rien. Je n’écoute ni ne regarde la propagande officielle.

    • Comme ne disait pas Mao ; « Que cent fleurs s’épanouissent, que mille-feuilles prospèrent »

    • Ah oui, mais vous les Belges, vous aimez bien les « blagues »!!!! Là y a pas à dire, vous êtes les champions, chapeau bas! Et merci de votre précision même si c’est de l’humour noir, on commence à savoir l’apprécier en France!

    • Petits joueurs de multiplier les administrations en s’appuyant sur des divisions réelles. En France, on y arrive tout en prétendant être une république « une et indivisible » et à avoir un pouvoir hyper centralisé tout en multipliant les administrations décentralisés.

  • Millefeuille des organismes de santé, parce qu’il est beaucoup plus profitable, y compris pécuniairement, d’administrer la santé que de soigner les malades.

  • quelle serait le mécanismes qui limiterait la multiplication des instances de gestion?
    la concurrence.. eu égard à la réalisation d’un résultat.
    une entreprise a une condition d’existence…nul n’a besoin de décider de sa disparition ou de son existence.
    une instance de gestion publique n’en a pas vraiment, elle peut se contenter d’exister.
    tant que le gouvernement les paie..

    le miracle est que ça rende des services à peu près correctement..ça a peut très bien parasiter.

  • Vous n’avez pas encore compris? Cette multitude d’organismes ne sert qu’à une chose, permettre à des parents et des copains des politiciens de vivre en parasitant les cochons de contribuables au dépens des français! C’est ça un régime communiste, la nomenklatura vit sur le dos du peuple!

  • Ne nous faisons pas d’illusions. Si les instances administratives se multiplient sur un même sujet avec recoupement systématique des compétences, ce n’est aucunement pour mieux faire le travail. C’est juste pour avoir plus postes à distribuer. Au sein des administrations, le pouvoir se mesure au nombre des ses subordonnées. Et le Graal est la direction indépendante où on n’a pas de supérieur donc pas réellement de comptes à rendre sauf à une cour des comptes sans pouvoir. Il y a donc une pression permanente pour la création de nouveaux « fromages républicains » qui servent de distributions de récompenses pour bons et loyaux services aux politiques.

  • Le privé n’est dans le fond pas mieux géré que le public car les hommes ont tous les mêmes travers. La différence vient du fait que les entreprises privés ainsi que leurs organisations ne sont pas immortelles car soutenus par la puissance publique et ses budgets gargantuesques. Donc quand on fait n’importe quoi, l’argent se tarit et il y a disparition. Au contraire, une administration continue à exister quand son besoin disparait. Et comme son budget n’est pas lié à son utilité réelle, elle peut croitre sans difficulté tout en étant inutile. C’est ce mécanisme de création/destruction qui apporte l’efficacité du privé, pas une quelconque supériorité morale qui n’existe pas.

    • Tout à fait d’accord que c’est le mécanisme de création/destruction qui fait la différence d’efficacité entre le privé et le public. En attendant, on pourrait tout de même tenter d’appliquer certains traitements de cheval, comme supprimer le statut d’emploi à vie des fonctionnaires, ainsi que leur statut, sauf dans les domaines régaliens, responsabiliser tous les niveaux aux résultats, par le remplacement de l’augmentation de salaire à l’ancienneté par l’augmentation au mérite, par l’application des procédures de licenciement du privé et la possibilité d’embaucher les bonnes compétences à tous les niveaux, raisonner par processus dont on mesure l’efficacité, faire de la baisse de coût par prestation un objectif permanent, et non le maintien, voire l’augmentation de l’emploi..

  • Confirmation du principe de Sharky : Toute institution tend à perpétuer le problème dont elle devrait être la solution

    • pas nécessairement… toute institution n’ pas pour objet de régler un problème, parfois juste de gérer, mais aussi d’imaginer en gros de faire des trucs..

      c’ets juste qu’ils ne sont pas jugés sur pièce..et comparés à rien..leur existence est le fait du prince..leur mort ne dépend que de la volonté du prince.

  • On en revient toujours « Skin in the game » ou pas.

  • En vous concentrant sur la France, vous oubliez l’essentiel: la bêtise puissance 1000 des fonctionnaires européens. Ces fonx ont été les derniers à commander des doses à Pfizer et Moderna (je ne rentre pas dans le débat de l’efficacité de ces vaccins). Parce qu’ils voulaient obtenir les meilleurs prix des labos, pensant rendre service aux européens. Et pas un mec pour leur dire à l’oreille que les millions qu’ils avaient économisés sur le budget d’achat des vaccins allaient coûter les dizaines de milliards aux pays membres à cause des retards dans la vaccination (toujours dans l’hypothèse où ces vaccins sont efficaces, sans compter les retards de livraison qui arrivent toujours quand on est le dernier à commander.
    Isarel, un pays plus intelligent, a payé plus cher, a commandé plus tôt et va devenir le pays qui aura le plus de citoyens vaccinés dans le monde et pourra redémarrer son économie.

  • Les commentaires sont fermés.

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