Macron est responsable de ses erreurs de gestion de crise

Si la gestion de l’épidémie de Covid 19 par Emmanuel Macron et ses gouvernements n’est qu’une suite d’erreurs, les Français ont-ils tort de le remarquer ?

Par Sébastien Leblet.

Alors que le FMI vient manifestement de siffler pour la France la fin de la récréation et des chèques Covid sans provisions, les Français peuvent légitimement se demander comment leur pays se trouve désormais proche de la faillite, comme la Grèce en 2008, alors qu’en même temps, la France est l’un des pays qui connait le plus grand nombre de morts de la covid-19 par million d’habitants.

D’ailleurs, dans une démocratie quasi-monarchique où tous les pouvoirs sont concentrés en une seule main, qui est responsable si ce n’est son président ?

Mais non, Emmanuel Macron ne l’entend pas comme ça ! Dans son discours de présentation d’un plan d’investissement national de 1,8 milliard d’euros dans les technologies quantiques, par une incroyable inversion des rôles, il n’a pu s’empêcher de se plaindre une nouvelle fois des Français qui ne seraient pas assez bien pour lui, et non l’inverse.

Il commence par « Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs », oubliant que c’est à la seule faveur de son irresponsabilité pénale qu’il n’est pas actuellement poursuivi, par exemple pour la gestion de la crise sanitaire, à l’instar des ministres et anciens ministres perquisitionnés.

Ensuite, il fustige la « traque incessante de l’erreur » de la part des Français qui sont simplement confrontés chaque jour à la stupidité ou à l’incohérence des mesures du gouvernement qu’il a choisi pour la France, Édouard Philippe puis Jean Castex ensuite : les fameux masques qui ne servent à rien, puis trop compliqués à mettre et commandés tardivement ; les fameux tests de dépistage longtemps introuvables ; ces confinements à répétition alors que l’OMS annonce qu’ils ne sont pas la bonne solution ; ces stations de ski ouvertes mais pas les remontées mécaniques, ces supermarchés bondés tandis que les petits commerces fermés n’accueillaient plus que quelques personnes en même temps ; ces restaurants fermés alors que les cantines d’école, les restaurants d’entreprise ou le restaurant de l’Assemblée nationale sont ouverts ; ces vaccins dont on parle sans cesse depuis le début de l’épidémie mais qui arrivent au compte-gouttes, etc.

Si la gestion de l’épidémie de Covid 19 par Emmanuel Macron et ses gouvernements n’est qu’une suite d’erreurs, les Français ont-ils tort de le remarquer ?

« C’est pas comme ça que l’on fait face aux crises et que l’on avance » dit ensuite le chef courageux à ses troupes qu’il a lui-même mises dans le pétrin.

« Celui qui ne fait pas d’erreur, c’est celui qui ne cherche pas ou qui ne fait rien » ajoute encore ce président qui n’a justement rien fait – ou fait faire – et c’est bien cela que les Français lui reprochent : pas de commandes de masques ; pas de fabrication de masques ; pas de tests aux frontières, pas de tests massifs ; pas d’études sérieuses sur l’hydrochloroquine ou sur l’ivermectine ; pas d’ouverture de lits d’hôpitaux ; pas d’approvisionnement en vaccins…

« Nous avons besoin d’avoir des femmes et des hommes qui cherchent, qui ont la capacité à inventer ce qui n’est pas encore perceptible et à se tromper » ajoute enfin celui qui, s’il est d’ores et déjà entouré de celles et ceux qui se trompent, n’a par contre rien inventé.

En quoi a-t-il été innovant dans sa gestion de la crise sanitaire ? Les Français n’ont vu qu’un ancien inspecteur général des finances empêtré avec son administration dans de nouvelles lignes Maginot inopérantes pour contrer la propagation d’un virus. De quel toupet fait-il preuve pour tenter d’endosser à nouveau le costume trop grand de l’entrepreneur de la start-up Nation, lui qui n’a jamais créé de sa vie une entreprise qui fonctionne, une recette de cuisine qui plait, une équation de Schrödinger qui permette d’expliquer des phénomènes physiques jugés antinomiques ?

Et il conclut que « l’un des problèmes de la France, c’est la défiance. »

Alors, déni ou mépris ? Comment celui qui n’a cessé d’échouer et qui est toujours incapable de le reconnaitre voudrait-il qu’on lui fasse encore confiance ? Par quelle magie ? Il faudrait croire en son intelligence supérieure même quand la réalité la dénie ?

La confiance ne se décrète pas, elle se mérite. Emmanuel Macron n’a aucune excuse car, enfin, il dispose de tous les pouvoirs : ceux que lui donne la Constitution et ceux qu’il s’octroie allègrement à la faveur de la crise sanitaire. Pouvons-nous imaginer le dictateur Kim Jong-un reprocher aux Nord-Coréens la pauvreté de leur pays ?

Alors, quand il nous fait la morale après avoir géré de manière calamiteuse la crise sanitaire, Emmanuel Macron est-il simplement suffisant ou bien se moque-t-il ouvertement de nous ?

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