Aux futurs investisseurs voulant venir s’installer en France 

Prisoner by Mr.Kitsadakron Pongha (CC BY-NC-ND 2.0) — Mr.Kitsadakron Pongha, CC-BY

En France on n’aime pas l’entreprise et les « salauds de patrons » sont souvent décriés par les médias et des syndicats politisés qui entretiennent cette relation malsaine entre l’entrepreneur et ses salariés. Coup de gueule.

Par Jean Kircher.

Il est utile de préciser aux candidats que le paradis n’est pas de ce côté du Rhin. Mais s’ils sont vraiment décidés à venir s’installer en France, autant savoir ce qui les attend.

Il y a deux solutions :

Soit ils créent une entreprise de moins de 50 salariés et leur vie sera à peu près sereine.

Soit ils passent carrément à 250 salariés et plus pour ne pas vivre les affres du seuil des 50 salariés.

Notre chère startup-nation leur proposera dans ce cas les joyeusetés suivantes :

  • Contribution au FNAL de 0,5 % de la masse salariale
  • Contribution à l’Effort construction de 0,45 % de la masse salariale
  • Participation des salariés aux résultats
  • Mise en place d’un C.S.E étendu (Comité d’entreprise, Comité d’hygiène et de sécurité) avec attribution d’un budget de fonctionnement de 0,2 %
  • Mise en place de délégués syndicaux
  • Mise en place de représentants de sections syndicales
  • Négociation obligatoire sur les salaires, les temps de travail…
  • Mise en place du droit d’expression des salariés
  • Règlement intérieur obligatoire
  • Réfectoire obligatoire
  • Affichage consignes incendie obligatoire
  • Plan de sauvegarde sur l’emploi si licenciement d’au moins 10 personnes
  • etc. etc.

Toutes ces contraintes sont bien sûr ardemment vérifiées et contrôlées par de gentils inspecteurs et autres officines publiques dont c’est la mission.

Notre cher pays n’a depuis 40 ans que deux interlocuteurs dans toutes les négociations tournant autour du travail : les syndicats et les grands patrons. Ces derniers sont largement équipés en conseillers, experts, avocats et autres consultants et arrivent donc facilement à négocier avec les pouvoirs publics et avec les syndicats. On parle alors de « partenaires sociaux ».

Par contre les commerçants, indépendants ou petits patrons sont trop modestes ou ont trop peu de temps et de moyens pour répondre à toutes les sollicitations de notre chère administration. C’est sans issue, souvent ubuesque et rarement objectif !

Ce problème des seuils n’existe quasiment pas en Europe. On laisse les entreprises travailler et les travailleurs n’ont pas moins d’avantages ou de respect au travail. Les syndicats y sont responsables et non pas ennemis des patrons.

En France on n’aime pas l’entreprise et les « salauds de patrons » sont souvent décriés par les médias et des syndicats politisés qui entretiennent cette relation malsaine entre l’entrepreneur et ses salariés. L’État quant à lui se mêle de tout alors qu’il est un très mauvais patron lui-même, à l’exemple des entreprises publiques qui accumulent les déficits et les conflits sociaux.

Les exemples d’entrepreneurs ambitieux ne voulant pas passer le seuil des 50 employés sont nombreux. Dans le meilleur des cas ils créent une deuxième entreprise à moins de 50. Le plus souvent ils restent petits. C’est là un des handicaps majeurs de la France qui a cinq fois moins d’ETI que l’Allemagne. Or ce sont justement ces ETI qui rendent l’économie allemande performante…

Alors futurs investisseurs en France, sachez que venir chez nous n’est pas une partie de plaisir…

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