De la Start Up à la Shut Up Nation

France pays des Start Ups ? Nous sommes susceptibles de demeurer longtemps confinés dans la Shut Up Nation, le pays en marche silencieuse.
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De la Start Up à la Shut Up Nation

Publié le 18 novembre 2020
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La fermer, s’enfermer à double tour : telle est la nouvelle vie de Maxence à la fin du roman d’anticipation Un traître mot de Thomas Clavel publié par les éditions de la Nouvelle Librairie (2020), dont je recommande la lecture. Ce roman d’anticipation a toutes les chances de voir la réalisation de ses prédictions accélérée par le Covid-19.

La résurgence de la loi Avia visant à contrôler les parutions sur les médias sociaux, avec des « milliers de modérateurs » dixit la députée (L’Obs du 5/11/20) et la création d’un parquet numérique, risque de rendre réel le monde décrit par Clavel.

Dans ce roman, les crimes de mots, les fautes de langage en cas de non respect du politiquement correct du vivre ensemble sont plus durement punis que les violences physiques.

Surveillance et capitalisme de surveillance

Cette fiction devient réalité : au-delà de la surveillance des écrits déjà implémentée, le contrôle algorithmique des paroles est lui aussi devenu possible. La technologie est désormais parfaitement au point. Toutes nos paroles peuvent être enregistrées et analysées. Les logiciels de speech analytics (exemple d’une solution parmi d’autres) permettent de décortiquer de façon systématique les conversations des clients qui appellent les call centers.

L’artisanat des écoutes téléphoniques comme on les découvrait dans les films policiers des années 1970 est remplacé par l’industrie de ces logiciels capables d’analyser simultanément des millions de conversations, toutes les conversations.

La Stasi en aurait rêvé. Et si demain nous étions tous des futurs Maxence ? Il ne reste plus qu’à exiger des opérateurs téléphoniques l’implémentation systématique de ces logiciels…

Ce n’est peut-être qu’une question de temps. Le « capitalisme de surveillance » (L’âge du capitalisme de surveillance : Le combat pour un avenir humain face aux nouvelles frontières du pouvoir de Shoshana Zuboff, Ed Zulma 2020) se superpose de plus en plus au capitalisme de connivence. À titre d’exemple, les banques sont tenues de dénoncer au fisc les citoyens déviants.

C’est le cas avec les Français non résidents et la réglementation CRS (Common Reporting Standard), élaborée par l’OCDE en 2014, portant sur l’échange automatique d’information entre pays partenaires à des fins de lutte contre l’évasion fiscale.

Comme l’indique la Société Générale sur son site,

« elle s’applique à chaque pays engagé dans le CRS et l’ayant transposé dans son droit local. La France fait partie de la première vague de pays participants, appelés « pays primo-adoptants » […]

CRS impose aux institutions financières déclarantes localisées dans un pays engagé dans le CRS « d’identifier les clients non-résidents et de les déclarer à leurs administrations fiscales locales ».

Gare aux récalcitrants : les clients qui ne fourniraient pas les documents requis par le CRS sont déclarés comme « non documentés » auprès de leur administration fiscale  et s’exposent le cas échéant aux sanctions prévues, soit 1500 euros.

Bienvenue dans la Shut Up Nation

Quant à la liberté d’expression, elle risque de s’évaporer progressivement non seulement sur les médias sociaux lieux d’échanges plébiscités par tous et sur les médias classiques subventionnés mais aussi dans les entreprises.

En théorie, la liberté d’expression au travail est encadrée par le Code du travail (article L.1121-1). Le principe général veut que tout employé dispose de ce droit d’expression et ne peut être sanctionné pour l’avoir utilisé. Ainsi, tout salarié a le droit dans l’enceinte de l’entreprise de discuter avec ses collègues, sans restriction de sujets abordés, y compris politique, religion, etc.

Cela étant dit, la loyauté envers l’entreprise impose un devoir de réserve et certaines limites. Or de plus en plus, les entreprises se veulent citoyennes, autrement dit deviennent des acteurs politiques. Un phénomène accéléré avec la loi Pacte par le nouveau statut de société à mission et par la conversion fortement encouragée à la RSE (Responsabilité sociale des entreprises).

Dans ce contexte, les entreprises bonnes élèves sont impeccablement alignées, le doigt sur la couture du pantalon, sur toutes les tendances de la pensée dominante du moment.

Dans ce contexte, quel employé, attaché aux produits et services de son entreprise, mais moins à l’aise avec son discours sociétal, osera exprimer une opinion critique, dire quoi que ce soit de dissonant sur les médias sociaux… ou même à la machine à café ?

Où passe la liberté d’expression quand la prise de position politique mainstream fait désormais partie intégrante des caractéristiques des produits et services vendus ?

On a rêvé d’une France pays des start ups. Nous sommes susceptibles de demeurer longtemps confinés dans la Shut Up Nation, le pays en marche silencieuse.

Voir les commentaires (16)

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  • Laurent Lenormand
    18 novembre 2020 at 5 h 24 min

    L’alliance du politiquement correct, des technologies de surveillance et des législations liberticides est en train de produire un monde orwellien.
    L’élection de Trump en 2016, l’episode des Gilets jaunes en 2018 ont montré que la cohabitation pacifique entre les élites mondialisées et le peuple, entre les « anywhere » et les « somewhere » était illusoire. Pour éviter que les peuples se rebellent, un nouveau mode de gestion était devenu nécessaire. Il est en train d’être imposé, l’affaire Covid fournissant l’occasion rêvée. Le port généralisé du masque-bâillon en est la parfaite illustration.

    • j’aimerais que vous ayez tord…
      Mais je crois que vous avez raison…
      Hélas…
      +1

    • On dit souvent que nous copions les Etats-Unis avec 10 ans de retard. J’espère que ce n’est pas la Chine que nous sommes désormais en train de copier…

      • Les conditions ne sont plus du tout réunies en France pour créer des entreprises, en revanche sous d’autres cieux . . . .

  • « On a rêvé d’une France pays des start ups »… bof… pour qui connait les start-ups…
    Dans 99% des cas, elles sont créées et dirigées par un prétentieux qui se croit génial et omniscient, qui brûle tout le cash de la société dans des projets insensés, qui s’effondre dès qu’il est confronté au monde réel et qui ne laisse qu’un champ de ruines… car il n’est fondamentalement qu’un médiocre avec pour seule qualité une certaine forme de charisme.
    De ce point de vue, la France rêvée par Macron est bien une start-up nation, hélas pour nous …

    • Le principe des startups est que chacun peut essayer, 99% se plantent et les happy few multiplient l’investissement par 1000. Espérance mathématique de gain global: 900%.
      C’est en totale contradiction avec l’esprit français qui interdit l’originalité, punit l’échec et punit encore plus le succès.

    • Une startup entièrement privée ne brûle pas « le cash de la société » mais celui des investisseurs privés et si le risque est fort les gains potentiels sont élevés, c’est le marché capitaliste qui finis par un gain très net pour « la société ».
      Ils peuvent aussi investir sur des entreprises plus classiques qui se lancent, c’est 50% seulement d’échecs sur 3 ans et les gains sont moins élevés, c’est encore le marché, l’entreprenariat est risqué.
      Ce ne sont ni des « médiocres » ni des « prétentieux » qui se lancent la plupart du temps, il faut à minima du talent et une bonne idée pour attirer les investisseurs privés et pour un GAFA qui domine il existe des myriades de petites pousses qui finissent en TPE ou PME profitables.
      .
      Sauf en France…
      Les « startup » française font beaucoup rire dans les expositions: 100% de financement public, donc sans risque personnel ni investisseurs qui ont évalué le potentiel et 0% de chance de trouver un marché privé.
      .
      Macron est un ex-PS, ministre de Hollande qui a été élu majoritairement par des socialistes (cf: wiki) dans un pays dont le poids de l’état se rapproche de celui de l’URSS, ses sorties sur « la startup nation » sont à rapprocher de celles de Brejnev.

  • Pas bien réveillé j’ai cru lire  » de la Start up nation à la shit up Nation »

  • Il y a déjà longtemps que l’on n’a plus le droit d’exprimer ses positions sous peine de sanction sociale. Les salariés des entreprises bien sûr sont très exposés, mais les patrons aussi. Il m’est impossible d’exprimer ouvertement mes opinions sur le réchauffement climatique, le glyphosate ou les énergie renouvelables (sans parler du Covid ou de l’immigration) sans mettre à court terme mon entreprise en difficulté…
    J’en profite pour dire à ceux qui nous reprochent d’écrire sous pseudo que tout le monde n’est pas retraité ou fonctionnaire indéboulonnable. Beaucoup d’entre nous risquent leur boulot et leur avenir en prenant des positions pourtant rationnelles et modérées comme celles qu’on peut lire sur Contrepoints.

    • récemment dans une conférence un collègue parlait de ‘climato révisionnisme’ cette expression fait froid dans le dos, plus question d’exprimer quoi que ce soit de ‘divergeant’ dans un tel climat… (sans mauvais jeu de mots…)

      • Avec la covid, ils ont inventé les « rassuristes » pour désigner ceux qui osent dire qu’on ne va pas tous crever et que la covid, ce n’est pas tout à fait la peste noire.

        Climato-révisionnistes, négationnistes, complotistes, rassuristes : ça ne va pas mieux !

        Le camp du bien est tellement sûr de lui et de ses fumeuses théories qu’il ne supporte pas la moindre contradiction, ce qui est le signe d’une intelligence étroite et bornée, une intelligence de kapo pour lequel les ordres reçus constituent l’horizon intellectuel infranchissable.

        • C’est surtout le signe que ces gens n’ont pas d’arguments solides à nous opposer. Dès lors, comme tous les dictateurs, ils censurent, ils menacent, ils usent de violence.
          La généticienne Alexandra Henrion-Caude, qui ose critiquer la politique gouvernementale en matière de Covid, a tout récemment déclaré qu’elle trouve insupportable d’être cataloguée comme « complotiste » en tant que ce terme renvoie au procès des nazis à Nuremberg. Sa sensibilité évidente à ce sujet montre que ces gens sans scrupules emploient ces termes à dessein, pour blesser, humilier, déstabiliser psychologiquement, et finalement décourager de s’exprimer.
          Audiard a fait dire à un de ses personnages : ‘les c*** ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît’. Le problème, c’est que les c*** en question sont légion, de nos jours.

          • Vu la séquence. Elle semblait confondre les accusations de comploteur (le conspirateur qui complote) et de complotiste (celui qui voit des complots partout), mais son émotion n’était pas feinte et l’accusation à son égard de toute façon scandaleuse, quelle qu’elle ait été.

            Et comme vous le précisez avec justesse, l’accusation permet de qualifier sans doute possible celui qui la profère.

  • Et que dire d’un rêve p

  • En Écosse, cela pourrait aller plus loin encore : le Secrétaire du Cabinet à la Justice Humza Yousaf a récemment parlé de criminaliser les ‘discours de haine’ à la maison : https://news.yahoo.com/scottish-bill-criminalize-hate-speech-184012893.html

    Cela rappelle étrangement l’URSS et autres pays ‘frères’ qui encourageaient les enfants à dénoncer leurs parents si ces derniers ne se comportaient pas en bons citoyens, non ?

    Le système qui semble se mettre en place ne peut manquer non plus d’évoquer la Chine communiste et son ‘crédit social’ : comme quoi, parfois on se demande si des décennies de rapprochement Occident-Chine auront conduit la Chine à se démocratiser, ou au contraire les régimes occidentaux à s’inspirer de la Chine communiste…

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