Fermer les écoles était une erreur selon une étude britannique

Back to School By: Nick Page - CC BY 2.0

Il s’agit de la plus grande étude jamais réalisée (35 auteurs) sur le risque de Covid pour les adultes en cas de contact avec des enfants, et sa conclusion n’est pas surprenante.

Par Jeffrey Tucker.
Un article de l’American Institut for Economic research (AIER)

Le 12 mars 2020, un memorandum était rédigé par Carter Mecher, expert en bioterrorisme à destination du Département des Anciens combattants. Il a été envoyé aux responsables de la santé publique et à d’autres dans tout le pays.

Fermez les écoles. Agissez maintenant. Et c’est arrivé, et dans le même temps des libertés civiques que nous avons longtemps considérées comme acquises – la liberté de voyager, d’exploiter des entreprises, d’aller au cinéma, et même de quitter nos maisons – nous ont été retirées.

Ils ont fermé les écoles et tout le reste a suivi

Ils ont fermé les écoles. Puis, tout le reste est tombé comme des dominos l’un après l’autre. Les entreprises ont dû fermer pour que les gens puissent surveiller les enfants à la maison. Les centres commerciaux ont dû fermer pour éviter que les enfants s’y retrouvent. Les églises aussi. Les lieux de divertissement ont été fermés.

Même les parcs ont été fermés. Les ordres de rester à la maison ont suivi les fermetures d’écoles. À bien des égards, toute la légitimité du confinement reposait sur le bien-fondé de la fermeture de l’école.

Un petit groupe de scientifiques favorables au confinement a applaudi, leur rêve décennal de mener une telle expérimentation sociale devenait enfin réalité.

Les fermetures d’écoles ont eu un effet disproportionné sur les femmes qui travaillent. Elles ont quitté leur emploi pour s’occuper des enfants, essayant de les aider à naviguer dans le nouveau monde étrange des classes virtuelles et des devoirs par mail. Les hommes ont continué à travailler en tant que principaux soutiens de famille.

Comme le rapporte le Washington Post :

La récession pandémique [confinement] a été surnommée « she-session » parce qu’elle a fait beaucoup plus de mal aux femmes qu’aux hommes. La proportion de femmes travaillant ou cherchant du travail est tombée à son niveau le plus bas depuis 1988, anéantissant des décennies de gains durement acquis sur le lieu de travail.

Vendredi, le rapport sur l’emploi du ministère du travail a montré que l’économie a récupéré un peu plus de la moitié des emplois perdus en mars et avril, mais la situation reste désastreuse pour les femmes. Il y a 2,2 millions de femmes de moins qu’en janvier qui travaillent ou cherchent du travail, contre 1,5 million d’hommes de moins, selon les données du ministère du travail.

Des fermetures inutiles pour les enfants

Après neuf mois de cet enfer, on pourrait supposer qu’il y aurait eu une étude précise pour savoir si et dans quelle mesure les résultats graves de l’infection par le virus étaient réellement associés à la fréquentation scolaire. La nouvelle est enfin arrivée, et elle n’est pas bonne pour les confineurs.

Il est désormais évident (depuis février) que presque aucun enfant n’est en danger à cause du virus. Le gradient âge/santé du virus touche presque exclusivement les personnes âgées présentant des comorbidités.

Les enfants auraient pu contribuer à atteindre de bons objectifs de santé publique et à éliminer le virus, plutôt que de perdre presque une année complète d’enseignement, sans parler des traumatismes liés aux masques obligatoires et aux messages incitant à voir dans leurs amis des ennemis potentiellement porteurs de pathogènes.

Les enfants se seraient mieux portés mais qu’en est-il du personnel et des adultes ? Le fait d’enfermer les enfants chez eux permet-il vraiment d’assurer la sécurité des personnes et de réduire l’infectiosité et la mortalité associées au SRAS-CoV-2 ?

Comment tester cela ? Un moyen simple pourrait consister à examiner la différence d’évolution de la maladie entre les environnements domestiques dans lesquels les enfants sont présents et ceux où ils ne le sont pas.

Cela semble être un test concluant. Une étude de ce type a enfin été publiée par la prestigieuse revue médicale Medrxiv : « Association entre le fait de vivre avec des enfants et les résultats de COVID-19 : une étude de cohorte OpenSAFELY de 12 millions d’adultes en Angleterre ».

Une étude de grande ampleur

Il s’agit de la plus grande étude jamais réalisée (35 auteurs) sur le risque de Covid pour les adultes en cas de contact avec des enfants, et sa conclusion n’est pas surprenante, du moins pour ceux qui ont suivi la science jusqu’à présent.

Elle n’a découvert aucune augmentation des résultats graves liés à la Covid chez les adultes vivant avec des enfants. Elle a démontré une légère augmentation des infections, mais sans mauvais résultats. En fait, l’étude a démontré que les décès associés aux adultes vivant avec des enfants à la maison étaient moins nombreux que ceux associés aux adultes sans enfants.

Pour citer directement l’étude :

Il s’agit de la première étude de population visant à déterminer si le risque d’infection enregistrée par le CoV-2 du SRAS et les résultats graves de la Covid-19 diffèrent entre les adultes vivant dans des ménages avec et sans enfants d’âge scolaire pendant la pandémie britannique. Nos résultats montrent que pour les adultes vivant avec des enfants, il n’y a pas de preuve d’un risque accru de résultats graves de Covid-19, bien qu’il puisse y avoir un risque légèrement accru d’infection enregistrée par le CoV-2 du SRAS pour les adultes en âge de travailler vivant avec des enfants âgés de 12 à 18 ans. Les adultes en âge de travailler vivant avec des enfants de 0 à 11 ans ont un risque de décès par Covid-19 inférieur à celui des adultes vivant sans enfant, l’ampleur de l’effet étant comparable à leur risque de décès, quelle qu’en soit la cause. Nous n’avons pas observé de changements cohérents dans le risque d’infection enregistrée par le CoV-2 du SRAS et dans les résultats graves de Covid-19 en comparant les périodes avant et après la fermeture de l’école.

Qu’est-ce que cela implique ?

Nos résultats ne démontrent pas que la Covid cause de graves préjudices aux adultes en contact étroit avec des enfants, par rapport à ceux qui vivent dans des ménages sans enfants. Cela a des implications pour la détermination du rapport bénéfice-dommage des enfants scolarisés lors de la pandémie.

Questionnements sur le confinement

La formulation semble un peu alambiquée, ce qui correspond au style de ce genre d’écrit. Pour le dire en bon français, la peur de la Covid n’était pas une raison suffisante pour fermer les écoles. En d’autres termes : c’était une énorme erreur.

Il est scandaleux de constater ce qui a été perdu, comment les enfants ont été traités, à quel point les parents qui paient des impôts ou des frais de scolarité dans les écoles privées ont été spoliés. Ils ont été privés non seulement de leur argent, mais aussi de leur éducation et d’une vie agréable.

L’AIER est en général d’accord avec la position de John Ioannidis depuis la mi-mars. Ces politiques ont été mises en place sans preuve solide qu’elles permettraient d’atténuer le virus ou d’améliorer les résultats médicaux.

Dès le début, les mesures de confinement ont été des politiques se cherchant des justifications. Au cours de tous ces mois, aucune n’a été confirmée. Et c’est seulement maintenant que nous voyons des recherches solides qui prouvent que les sceptiques avaient raison dès le début.

La seule question qui se pose maintenant est de savoir si et quand les « experts » qui ont produit cet étonnant échec admettront leur erreur. La réponse est peut-être la suivante : quand les médias commenceront à en parler.

Traduction : G.M. Thermeau pour Contrepoints.

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