Charlie et le pape François : même combat ?

Et je blasphème by Gerry Lauzon (CC BY 2.0) — Gerry Lauzon, CC-BY

La liberté d’expression ne doit pas être confondue avec une laïcité agressive, consistant à dénigrer toute forme de croyance. Un billet d’opinion.

Par Damien Theillier.

En tant que professeur de philosophie et également catholique je suis doublement touché par les assassinats de Samuel Paty et des trois catholiques tués dans la basilique de Nice.

Et pourtant je ne suis pas Charlie. Et je ne suis pas non plus un admirateur inconditionnel du pape François, le pape des « migrants » et de la fraternité universelle.

Je montrerai dans cet article pourquoi il est nécessaire de renvoyer dos-à-dos ces deux discours tout aussi faux et pervers l’un que l’autre.

Parlons d’abord de Charlie

Oui à la liberté d’expression, mille fois oui. Mais la liberté d’expression ne doit pas être confondue avec une laïcité agressive, consistant à dénigrer toute forme de croyance. En effet si Charlie c’est la France, cela n’aide pas les musulmans de France à se sentir Français et à combattre les islamistes.

Au contraire, cela les met en porte-à-faux et crée un dilemme terrible pour eux, sommés de soutenir Charlie ou incités à se couper de la communauté nationale.

En Amérique, pays de la liberté d’expression par excellence, les caricatures du prophète ne font pas la Une des journaux et ne symbolisent pas la culture nationale.

Pourtant je ne crois pas du tout que Charlie soit en lui-même la cause du terrorisme que nous subissons en France. Il s’agit seulement d’un prétexte de plus, un vent stupide qui attise un incendie déjà existant. Je m’explique.

Comme l’a écrit Boualem Sansal, écrivain algérien, beaucoup de pays qui n’ont pas de Charlie ont subi et subissent encore la même guerre totale de la part des djihadistes et des salafistes : Algérie, Mali, Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Somalie et j’en passe. Car dit-il, « ceux qui égorgent et violent au nom de l’islam ne sont pas des assassins, ni des fous, ni des ignorants ».

En effet, ils adhèrent à une idéologie radicale qui ordonne, au nom de l’Islam, de « combattre les mécréants et de châtier les blasphémateurs et les apostats » que sont les chrétiens et les juifs. Ils sont prêts à mourir pour cela puisqu’en récompense ils iront au paradis et auront les 72 vierges.

Si la France est plus fortement touchée, c’est en raison de sa propre histoire (la colonisation) et en raison de sa politique migratoire associée à l’État-providence qui en est la matrice (les subventions et la gratuité sans condition pour tous).

Parlons maintenant du pape et des catholiques

Là où je voudrais attirer l’attention et me démarquer de nombreux bien-pensants, c’est que l’Église catholique et tout particulièrement le pape François porte une lourde responsabilité dans ce drame du terrorisme islamiste, comme le rappelle avec raison, sur ce point-là en tout cas, Éric Zemmour qui compare le Vatican à une ONG altermondaliste.

Dans sa dernière Encyclique, Fratelli tutti, le pape apporte sans réserve sa caution morale, non seulement à l’immigration, aux migrants, mais aussi à l’État-providence, chargé de fournir toutes les aides nécessaires. Tout cela bien sûr au nom d’une morale faussement identifiée aux Évangiles.

Que dit le pape dans cette nouvelle Encyclique ?

Que « personne ne peut être exclu, peu importe où il soit né » puisque « chaque pays est également celui de l’étranger ». Il est donc « important d’appliquer aux migrants arrivés depuis quelque temps et intégrés à la société le concept de citoyenneté ».

En plus de confondre le marché libre avec le capitalisme de connivence, le pape confond la charité chrétienne avec une fraternité collective contrainte, organisée par la loi.

En fait, depuis des décennies, le pape et les évêques vont dans le même sens que Charlie et toute la clique islamo-gauchiste. Car au-delà des oppositions de façade, entre catholiques et anticléricaux, c’est la même fausse morale, une morale humanitariste dévoyée et aveugle aux réalités historiques, politiques et économiques.

Je n’ai rien contre l’immigration en soi, au contraire, c’est une liberté que je chéris tout autant que la liberté d’expression. Mais je refuse cette immigration subventionnée par l’État, qui force les contribuables à payer pour créer finalement une société parallèle d’assistés sociaux, entassés dans les banlieues, sans dignité, sans travail, sans autre horizon que le trafic de drogue et la délinquance.

Voilà pourquoi je renvoie dos-à-dos ces deux pôles de pensée, Charlie et le pape François, comme deux facteurs aggravants de la menace terroriste. Et plus encore, deux facteurs aggravants d’une crise de civilisation qui touche l’ensemble de l’Europe.

 

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