La gauche a perdu son âme

La gauche politique est désormais confrontée à un problème considérable : trouver de nouveaux dominés à défendre ou renouveler sa pensée.

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La gauche a perdu son âme

Publié le 12 octobre 2020
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Par Patrick Aulnas.

On sait que l’art contemporain a perdu son âme en perdant son ambition de créer de la beauté. Il en va de même en politique. La gauche a perdu son âme en renonçant à penser le devenir historique.

Le goût éperdu de la liberté et de la justice, qui l’avait guidée au XVIIIe siècle, s’est dilué dans des considérations matérielles. L’économie d’abord, la redistribution avant tout. Quant à la droite, elle n’a jamais brillé intellectuellement parce que défendre l’existant ne conduit pas à penser les évolutions.

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

L’impardonnable faute de la droite au XXe siècle l’empêche de penser

Après la déroute historique du fascisme et du nazisme au XXe siècle, aucune idée n’a émergé à droite. Elle se prétend libérale économiquement, mais a adhéré de facto à l’augmentation de l’État-providence, qu’elle gère à peu de choses près de la même façon que la gauche lorsqu’elle est au pouvoir.

Quant au libéralisme culturel ou sociétal de la droite, il ne se manifeste que tout à fait exceptionnellement. Citons la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse votée en 1975 sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing.

Le nationalisme subsiste partout à la frange la plus droitière, mais il ne constitue qu’un discours vide de sens lorsque l’information se diffuse à la vitesse de la lumière, sans tenir compte des frontières, et que le libre-échange est une réalité massive si on observe l’évolution de la situation internationale depuis un siècle.

Les propositions de repli sur les anciennes nations relèvent du populisme dans un monde qui, structurellement, va dans la direction opposée. Les palinodies protectionnistes de Trump et les erreurs politiques massives de Boris Johnson ne remettent pas en cause ce constat, qui repose sur la croissance exponentielle des échanges internationaux de marchandises, de services et d’informations.

Le recul des dominations, succès historique de la gauche

Rien à droite, donc. Et à gauche ? Pas grand-chose, sinon la vaine recherche de nouveaux dominés à défendre. Depuis le XVIIIe siècle, la gauche a fait de la lutte contre la domination le noyau dur de sa doxa et il faut reconnaître que ses succès ont été nombreux. L’esclavage (et le servage), qui subsistait dans de nombreuses parties du monde voici trois siècles, n’existe plus juridiquement, même si des situations s’apparentant à la domination maître-esclave peuvent encore se rencontrer.

La domination écrasante des hommes sur les femmes, cautionnée par les monothéismes, est également en recul sur notre planète. Il reste beaucoup à faire dans les pays où l’État s’appuie sur les vieilles légendes inscrites dans les textes religieux pour maintenir la subordination juridique des femmes.

C’est le cas, en particulier, dans de nombreux pays de culture musulmane : la monarchie absolue saoudienne, la dictature religieuse iranienne, le régime autoritaire d’Erdogan en Turquie, pour n’en citer que quelques-uns.

La domination de la bourgeoisie sur le prolétariat, théorisée par Marx et Engels au XIXe siècle, conduisait avant l’émergence du droit du travail et du droit social à des situations d’exploitation éhontée de la main-d’œuvre, avec des temps de travail très longs et des conditions de travail extrêmement dures. L’encadrement juridique de plus en plus strict du contrat de travail et l’octroi de droits sociaux (retraites, santé, chômage) a fait reculer, sinon disparaître, cette domination.

Voilà également une évolution à mettre au crédit de la gauche, même si le capitalisme a financé les droits sociaux par son extraordinaire efficacité productive. Au XXe siècle, le compromis historique tacite patronat-syndicats ouvriers ou encore État-capitalisme a permis de faire naître dans les pays occidentaux des sociétés de type social-démocrate.

La sortie, probablement définitive, de ces trois situations de domination (esclaves, femmes, travailleurs contractuels) représente une réalité historique incontestable et incontestée qui peut être sans aucun doute considérée comme un progrès social majeur.

Et maintenant qui doit-on libérer ? La vérité est toute simple : au niveau des principes généraux, il ne reste plus personne à libérer des contraintes ancestrales. Autrement dit, il est acquis conceptuellement par tous ceux ayant la capacité de penser que le retour vers l’esclavage, la subordination des femmes et l’exploitation économique des travailleurs ne sont absolument plus envisageables en tant que modèles socio-politiques.

Deux exemples pour illustrer cette idée : le modèle proposé par Mein Kampf ayant conduit au désastre, il n’est plus revendiqué que par des marginaux psychologiquement fragiles ; l’Amérique défendue par Trump est celle du passé, soutenue par les couches de la population les plus mal formées et les moins aptes à réfléchir.

En quittant les principes généraux pour observer la réalité, il est évident que tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il reste encore beaucoup à faire pour libérer les femmes et les travailleurs dans de très nombreux pays. Mais l’essentiel était de faire admettre cette évolution comme un progrès, notion floue mais pourtant compréhensible intuitivement par tous.

À part quelques dictateurs et leurs affidés, personne n’osera désormais soutenir, comme Aristote, qu’il existe deux catégories d’êtres humains : les esclaves et les hommes libres.

À part quelques leaders religieux et les fanatiques qui les suivent, personne ne pourra accepter l’idée figurant dans la Genèse que l’homme doit dominer la femme pour l’éternité des temps.

À part quelques primates en voie d’extinction, personne ne pourra considérer qu’il vaut mieux laisser le patron fixer « librement » à 15 heures par jour le temps de travail des ouvriers.

La pensée de gauche : aucun renouvellement

La gauche politique est donc désormais confrontée à un problème considérable : trouver de nouveaux dominés à défendre ou renouveler sa pensée. La gauche radicale a opté pour la poursuite de la lutte contre les dominations, mais comme sur le plan conceptuel il ne reste plus de dominés, elle a simplement cherché à en trouver dans la réalité sociale actuelle pour justifier la radicalité politique.

Tout se passe comme si la lutte politique constituait en elle-même son objectif majeur. La faiblesse des idées pour lesquelles on lutte importe peu. Du côté de la gauche modérée, de type social-démocrate, le vide intellectuel a conduit tout simplement à s’affilier à l’idéologie écologiste dans laquelle il est toujours possible de picorer quelques propositions de réformes.

Nous passerons ce point sous silence dans cet article. Aucun renouvellement de la pensée politique de gauche n’apparaît donc aujourd’hui, mais examinons malgré tout l’approche des dominations actuelles par l’extrême-gauche.

Inventer des dominations ?

La lutte contre les dominations, dont la gauche radicale se fait toujours le héraut, repose-t-elle sur des idées nouvelles ? Absolument pas. Au lieu de théoriser sur l’avenir souhaitable comme elle l’a toujours fait par le passé, la gauche radicale se recroqueville sur des dominations factices, créées de toutes pièces par des sociologues universitaires n’ayant pour horizon intellectuel que des concepts anciens : le capitalisme, le racisme et le féminisme.

À son anticapitalisme traditionnel, la gauche a donc ajouté le racialisme et le féminisme radical. Examinons ces trois aspects.

  • Anticapitalisme

Notre époque est celle du dialogue entre le capitalisme et l’État-nation, qui constituent les deux puissances majeures contemporaines. Le capitalisme n’est plus dominant, ni à l’échelle internationale, ni à l’intérieur de l’État-nation. Il doit négocier en permanence pour que l’avalanche de normes juridiques élaborées par les pouvoirs publics ne lui soit pas trop défavorable.

L’anticapitalisme de gauche représente donc une tradition historique déjà ancienne, mais ne pouvant en aucun cas constituer un axe d’action pour l’avenir. État-nation et capitalisme subsisteront à horizon perceptible.

  • Racialisme

Pour simplifier, utilisons le néologisme racialisme pour englober sémantiquement quelques lieux communs actuels de la gauche radicale, dont voici les principaux aspects.

Les Blancs sont racistes sans le savoir du fait de la situation subordonnée des membres des autres communautés (noirs, magrébins, asiatiques, roms, etc.) pour l’accès au logement, aux médias, à l’emploi, aux mandats électifs, etc.

Les Occidentaux conservent également une mentalité colonialiste car les minorités issues des anciens pays colonisés ont une situation sociale inférieure. La gauche radicale se veut donc décoloniale. Les racisés doivent se regrouper pour faire tomber le pouvoir blanc.

L’hystérie de la gauche racialiste et décoloniale atteint son niveau pathologique lorsqu’il est question de l’islam. Le terrorisme islamiste ne serait que la réponse des nouveaux damnés de la Terre, les musulmans, à la domination des Occidentaux ou des Blancs. Le mot islamophobie est constamment utilisé.

  • Féminisme radical

Les hommes, principalement les hommes blancs, maintiennent un comportement de domination à l’égard des femmes, se manifestant de multiples façons. Ils occupent la grande majorité des emplois d’encadrement, mandats électifs et postes politiques de haut niveau.

Les violences sexuelles de gravité diverse subsistent et ne sont en général pas connues. Le droit pénal serait dans ce domaine le produit de la domination masculine.

Comment apprécier ces outrances ? Il est incontestable que le comportement des hommes à l’égard des femmes, formaté par des millénaires de domination masculine cautionnée par les monothéismes, est encore loin du point d’équilibre.

Mais c’est précisément dans les démocraties occidentales qu’il s’en rapproche le plus. L’égalité de droit entre hommes et femmes est acquise, l’égalité de fait a progressé comme jamais depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le radicalisme féministe, en général relié au racialisme décolonial de gauche, se trompe donc de cible lorsqu’il focalise sur l’homme occidental ou parfois même l’homme blanc. Il serait plus pertinent de s’en prendre à tel ou tel ayatollah ou à tel ou tel dirigeant africain.

Mais cela ne ferait pas l’affaire de nos gauchistes qui veulent absolument synthétiser artificiellement les dominations dans le concept d’intersectionnalité (anticapitalisme + racialisme + décolonialisme + féminisme radical).

Anti-occidentalisme fascisant

La pseudo-pensée de la gauche radicale aboutit donc paradoxalement à un anti-occidentalisme se manifestant par la remise en cause de la pensée philosophique du XVIIIe siècle. La philosophie des Lumières (l’Aufklärung allemand) est rejetée par cette gauche parce que son universalisme masquerait une volonté de domination sur les autres cultures.

L’ambition de libérer les humains des contraintes ancestrales inscrites au cœur de chaque culture spécifique serait un universalisme colonialiste. Il n’est pas pertinent de penser l’être humain comme une entité unique. Il convient de prendre en considération les situations réelles, de ne privilégier aucune approche théorique mais d’adhérer à toutes les luttes contre les dominants.

Les Lumières, qui voyaient dans la rationalité et l’autonomie de l’individu par rapport aux pouvoirs la seule voie de libération des hommes, représentent pour cette gauche une approche occidentalo-centrée faisant fi des particularités culturelles qu’il convient de respecter.

La gauche radicale rejoint ainsi paradoxalement la droite fasciste qui considérait l’insertion de chacun dans une culture spécifique comme l’horizon indépassable de l’humanité véritable. Pour les fascistes, nous sommes d’abord le produit d’une terre et de traditions qu’il ne saurait être question de replacer dans un ensemble plus vaste : l’homme libre des démocraties. Il convient, bien au contraire, de respecter pour l’éternité des temps les enracinements culturels.

Les déracinés de Barrès sont le produit des Lumières. La gauche radicale devient ainsi barrésienne. Ce n’est qu’une demi-surprise.

La domination par le pouvoir politique

La gauche radicale ne se trompe pas en choisissant la lutte contre la domination, alors que l’écologisme vert pâle des sociaux-démocrates fait piètre figure.

Mais quelle domination subissons-nous aujourd’hui ? Celle de l’État principalement. Or, la gauche a toujours considéré l’État comme l’instrument le plus important pour atteindre ses objectifs. Il faut d’abord conquérir le pouvoir politique étatique par l’élection ou la révolution pour ensuite mettre en œuvre les réformes.

Il lui est donc impossible de cibler l’État lui-même comme l’instrument ultime de domination par le biais de la violence dite légitime.

Pourtant, le seul facteur de coercition pouvant apparaître comme une domination est désormais le pouvoir politique en lui-même. Le poids économique de l’État n’a cessé de croître depuis un siècle et son interventionnisme juridique produit une réglementation minutieuse de chaque acte de la vie sociale.

La liberté se vit désormais entre les mailles d’un filet normatif de plus en plus serré. La fameuse violence légitime n’est légitime que parce qu’un processus formel permet d’ériger en droit positif la capacité d’un petit nombre à diriger la société.

Avec l’accès généralisé à l’information numérisée, cette verticalité du pouvoir a du plomb dans l’aile. Des spécialistes peuvent à tout instant remettre en cause les décisions gouvernementales car ils disposent d’une expertise équivalente à celle des gouvernants.

Mais, chose nouvelle, ils peuvent diffuser leurs analyses sans aucune difficulté. Le monopole de l’information était depuis toujours un des éléments essentiels de la domination des dirigeants politiques. Ce monopole s’effondre sous nos yeux, mais le processus en cours est loin d’être achevé puisque nous venons à peine d’inventer la numérisation de l’information permettant technologiquement de faciliter sa diffusion.

L’informatique naît au milieu du XXe siècle, elle n’a même pas un siècle d’existence. Tout ou presque reste à faire pour utiliser efficacement l’information afin de contrecarrer l’expertise, parfois fragile, des gouvernements. L’évolution technologique n’est pas favorable à la centralisation extrême du pouvoir. Internet est une calamité pour les dictateurs.

Nous avons tout à gagner à parier sur la liberté

L’horizontalisation du pouvoir politique est donc probable à terme plus ou moins lointain. Cela n’empêchera pas les soubresauts du devenir historique à court et moyen terme.

Il est clair en effet que de nombreux humains estiment encore le leader charismatique irremplaçable. Le tropisme consistant à admirer celui ou celle qui veut vous diriger, donc vous subordonner, est très loin d’avoir disparu.

Mais la crise actuelle du pouvoir politique dans les démocraties et les évolutions technologiques majeures en cours permettent d’espérer qu’un jour cette béate admiration pour ceux qui dirigent constituera un archaïsme historique.

Si cet élément, à savoir la dilution du pouvoir politique dans l’ensemble de la société, n’advient pas un jour, c’est tout simplement que la liberté politique a atteint son acmé et que notre avenir ne se situe pas du côté de la liberté.

Il faut donc faire le pari pascalien que la liberté vaincra et que les hommes de pouvoir perdront. Nous avons tout à y gagner.

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  • Je ne sais pas l’avenir, j’ai tendance à l’optimisme en observant les sociétés humaines au fil de l’histoire, toutefois je n’aimerai pas une tyrannie de l’efficacité administrée par les algorithmes et le transhumanisme. Il n’y a pas vraiment d’idéologie derrière cela mais la recherche apparente de performances pour tous, c’est à dire un nivellement jamais bénéfique.
    Bienvenue à Gattaca !

  • Je me permets de rappeler à l’auteur que le succès principal de la gauche est la totale dépendance des populations du bon vouloir de l’Etat, et que cette dépendance passait nécessairement par la destruction de toutes les structures existantes – la lutte « anti-quelque chose » plutôt que la lutte « pour quelque chose ». C’est d’ailleurs pourquoi je pense qu’on ne peut écarter la tentation écologiste de la gauche, et sa conséquence, la décroissance.

  • Elle n’a pas disparu au contraire;elle a réussi,c’est pour cela qu’elle n’existe plus.
    Qui osera remettre au travail tous ceux qui bénéficient de la large redistribution sans contrôle dont notre pays est le champion du monde?
    Qui osera faire travailler plus ceux qui travaillent déjà ?alors que nous sommes le pays qui travaillons le moins,la crise sanitaire génère une crise économique qui va avoir des répercussions sur des années et la question qui hante les médias depuis 1 semaine ce sont les vacances de la Toussaint?

    Ses idées délétères ont infusées dans toute la société,d’où nos brillants résultats.
    Ses représentants ne sont plus dans le parti historique mais disséminés partout LREM,les verts au sens large bien sur et même chez LR.

  • la gauche a bien l’intention de présenter un candidat unique pour 2022 ; il faut juste que la gauche tout parti confondu et eelv se mettent d’accord sur l’homme suprême et battir un programme écologiste , sociale et démocratique ( c’est hollande qui le dit )….je vous laisse imaginer les dégâts si ces gens reprennent le pouvoir….

  • Considérer la droite comme un ramassis de conservateurs et à laquelle le fascisme et le nazisme seraient affiliés de près, c’est surprenant…
    L’auteur mélange un peu tout en dézinguant un peu tout. Ce qu’il dit sur la recherche de dominés par la gauche n’est cependant pas entièrement faux (exagéré bien sûr) mais vu que la lutte des classes n’est plus celle d’il y a 1 siècle (même si les textes de l’époque et même de 1880 sont encore plein de bonnes analyses (mais pas de remèdes)), il est normal de se mettre à la page.
    Exemple (en schématisant vite fait hein…, faut pas le prendre au pied de la lettre) il y avait les patrons vs la classe ouvrière. Depuis quelques décennies, il y a les patrons puis la classe ouvrière et puis encore en-dessous les travailleurs immigrés. Et encore en-dessous les immigrés sans travail.
    Le souci actuel n’est plus la dualité possédants / possédés, mais possédants / non-possédants. Un grand nombre de riches ne sont plus les possesseurs des moyens de production, de terre, de rentes, ou quoi, mais des possesseurs de capital non liés à de la production. Ces gens très riches en actions, en obligations et qui n’exploitent personne, qui ne font rien en fait…

    • Tiens vous nous ressortez le mythe gauchiste du rentier! certes il y en a mais ils sont rares. Les riches bossent comme tout le monde mon bon monsieur.

      • Virgile…. je ne vous parle pas des riches avec 2 ou 3 millions hein… je vous parle des multimillionaires avec 300 ou 1 milliards etc.. qui ont des comptes en banque qui débordent, qui ne savent plus quoi faire avec à part acheter des yachts et partir au ski à Courchevel.
        Et je ne critique pas tellement les rentiers vu que c’est mon avenir personnel à moyen terme :-).
        Ce que je critique, c’est pas le « riche » qui possède des appartements, des parts dans quelques sociétés réellement productives, des affaires qui fournissent du boulot…
        non, ce que je critique, ce sont les riches qui possèdent des trucs avec fonds de pension qui contrôlent des sociétés à l’autre bout du monde avec objectifs de rentabilité démentiels, qui détruisent de l’emploi pour augmenter les dividendes, qui font monter les prix de l’immobilier, etc et qui par leur richesse créent la pauvreté.
        Ne mélangez pas tout…

        • La titrisation est le mal de notre siècle, on ne sait plus ce qu’on a vraiment et qui nous doit vraiment, et comment c’est géré en pratique. Mais c’est plus la classe moyenne qui a ces revenus fourre tout.
          Adam Smith recommandait de ne faire des affaires qu’avec des gens que l’on connaissait bien.

  • « La gauche a perdu son âme »… Parce qu’elle en a eu une?

    • Vous me volez la réplique. Pourquoi tout le monde se penche-t-il au chevet de la gauche, origine de toutes les erreurs ? Mérite-t-elle tant de sollicitude ?

  • Que d’approximations et d’erreurs dans cet article :
    La gauche américaine s’est opposée à Lincoln pour l’abolition de l’esclavage.
    La gauche française promouvait la colonisation au début du XXe siècle.
    Les fascismes du XXe siècle sont issus du socialisme : Mussolini dissident du PSI, Hitler se revendicant socialiste le plus pur et les communismes soviétiques et chinois.
    La révolution française a servi de modèle à Lénine.

    • Et comparer implicitement l’Amérique de Trump avec l’Allemagne hitlérienne, il faut le faire, quand on sait que Trump et ses partisans sont les plus ardents défenseurs de la Constitution américaine, laquelle ne véhicule pas précisément le même message que Mein Kampf. Le mépris affiché de l’auteur pour les électeurs de Trump me fait penser au fameux « panier de déplorables » d’Hillary Clinton, ou comment insulter la moitié des Américains.
      Très dubitatif également sur les lois protégeant les salariés contre l’exploitation des méchants patrons, ou comment justifier, au moins implicitement, le code du travail et ses 3000 pages. Alors qu’un libéral est censé réclamer plus de libertés pour tous, au point que nul salarié n’étant obligé de rester chez un patron donné, et tout salarié étant en mesure de créer sa propre entreprise, il n’y a plus d’exploitation des uns par les autres, donc plus besoin de code du travail : le droit ordinaire suffit à régler les éventuels litiges.

  • Texte lui-même « outrancier ».

    Quant au dilemme « trouver de nouveaux dominés à défendre ou renouveler sa pensée », l’auteur est un peu en retard sur le dernier choix de la Gauche : il s’agit désormais des animaux. Le « spéciste » a sa némésis, l’anti-spéciste !
    L’Animal ne vote pas mal, ne s’exprime pas et est un signe de vertu. L’égalité Homme – Animal est le nouveau renouvellement pour que rien ne se renouvelle.

    • L’étape après l’anti-spécisme, c’est le retour au paganisme, l’adoration du Veau d’or ou de chimères façon Apis ou Baal, divinités auxquelles on sacrifiera des humains.

      Le socialisme sous toutes ses formes (fascisme, communisme, social-démocratie, écologisme…) est une barbarie, intolérable résidu persistant d’antiquité inclus dans le monde moderne.

  • Après la déroute historique du fascisme, du nazisme et du communisme au XXe siècle, aucune idée n’a émergé à GAUCHE, l’écologisme n’étant qu’un fascisme revisité.

    La droite quant à elle aidées depuis qu’elle a rejeté ses fondamentaux à la fin du XIXe siècle. Elle ne pouvait qu’être libérale mais a constamment refusé cette voie, fascinée par le pouvoir sans limite que pouvait lui offrir un Etat obèse collectiviste.

  • Excellent résumé du théâtre des opérations.
    Après avoir eu la droite la plus bête du monde, ce qu’elle semble ne plus être, mais qu’elle est toujours car en réalité c’est que nous ne l’entendons plus… voilà que nous avons la gauche la plus bête du monde, que nous n’entendons, elle, que trop, avec ses outrances et ses solutions archaïques.

  • Elle n’en a jamais eu puisque composée d’imposteurs et d’escrocs!

  • Texte remplis d’invraisemblables erreurs historique et d’idées reçues fabriquée de toute pièce par la gauche. Sur une telle base, le développement est trop bancal pour avoir un quelconque intérêt.

  • Je ne sais pas si la gauche a perdu son âme mais puisqu’elle a si bien réussi à contaminer toute la société (droite incluse) elle doit maintenant beaucoup s’ennuyer. Un petit coup de vert pour la consoler?

  • Dans les entreprises, les employés travaillent dans un monde à 2 dimensions afin de tout faire entrer dans un tableau Excell.

    Les politologues travaillent dans un monde à 1 dimension – droite/gauche.

    Remarquez que c’est pratique pour les médias : cela permet d’établir une relation d’ordre (le bien à gauche et le mal à droite). Dans un plan ce serait plus difficile.

    • C’est amusant cette accusation de simplisme binaire envers les politiques. Je fais le même reproche envers une flopée de contrepointistes depuis quasi 3 ans : socialisme/libéralisme.
      Et qui font également le Kamp du Bien (qui est trèèèès limité pour certains) et le rest (tout le reste).

  • Analyse très intelligente sur le manque d’imagination de la droite et le « désarroi » de la gauche, qui se cherche des nouvelles frontières dans une fuite en avant radicale. En ce qui concerne la conclusion et l’horizontalisation du pouvoir, je suis plus sceptique. C’est vrai qu’il y a beaucoup de créativité et d’intelligence dans la société civile. Le problème, c’est que le poids de l’Etat est tel que cette « opposition citoyenne non politique » n’est pas reprise par l’état et peu soutenue par les citoyens. La France a été formatée dans une attitude de contestation et de refus du côté des citoyens, et dans un refus de l’état de se remettre en cause de l’autre côté. Le rapport de force au lieu du dialogue, c’est un des maux de notre pays

  • Monsieur Aulnas,
    Quand vous écrivez « l’Amérique défendue par Trump est celle du passé, soutenue par les couches de la population les plus mal formées et les moins aptes à réfléchir », vous ne faites que vous faire l’écho des arguments les plus simplistes des opposants à Trump que l’on trouve systématiquement repris en boucle dans nos chers media mainstream, primairement anti-Trump.
    La réalité est toute autre, l’électorat de Trump comprend une large part de la classe moyenne américaine qui est éduquée, qui produit et entreprend sans être redevable des inventions socialistes d’assistance asociale des démocrates. Des gens qui sont impliqués dans l’économie sans rente de situation et qui font la différence entre les promesses à crédit des démocrates et de la réalité du choc fiscal fait par Trump en 2017.
    Je vous invite à discuter avec des américains. Vous y gagnerez en intelligence de la situation.

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