Le socialisme est incompatible avec la liberté

the pointed touch by canopic(CC BY-NC-ND 2.0) — canopic, CC-BY

Combattre le socialisme n’est pas qu’une affaire d’économie, mais avant tout une question morale.

Par Nicolas Jutzet.
Un article de Liber-Thé

Le socialisme conserve un grand pouvoir de séduction et il bénéficie actuellement d’un retour à la mode particulier sous le couvert de diverses revendications sociales, écologiques et économiques. Entre plan de relance, mesures collectivistes et toute-puissance de l’État, il prend différentes formes.

Pourtant, cette idéologie a échoué dans le passé et continuera de le faire, pour deux raisons principales : c’est un système immoral et irréaliste. C’est sa nature qui explique ses échecs et non l’intensité de son application.

Le socialisme dont nous parlons – qui poursuit les idéaux de justice sociale et d’égalité – n’est pas affaire de parti et les questions que nous traiterons ici n’ont que peu de choses en commun avec celles qui font l’objet des conflits entre familles politiques.

Nous allons clarifier en quoi le socialisme et les idées qui le sous-tendent sont incompatibles avec les principes d’une société libre.

Le socialisme et sa volonté de modifier la nature humaine

Pour différencier le socialisme et le libéralisme, on peut faire la distinction entre le collectivisme d’une part et l’individualisme d’autre part.

L’attitude du collectiviste consiste à penser qu’on peut « modeler » une société selon ses propres vœux, qu’on peut la conduire comme on le ferait d’une machine. C’est l’approche adoptée par le socialisme, dans laquelle on veut imposer sa vision de la société idéale aux autres.

À l’opposé, l’individualiste ou le libéral laisse la société évoluer librement, même si cette réalité est liée à une certaine imprévisibilité des résultats. Le libéral souhaite respecter l’individu en tant que tel, reconnaître que ses opinions et ses goûts n’appartiennent qu’à lui, dans sa sphère. L’égalitarisme est une forme connue d’application concrète de projet collectiviste.

Il existe deux visions différentes de l’égalité : l’égalité face à la loi et l’égalité des résultats. Ces revendications sont antinomiques. La première approche constitue l’un des fondements du libéralisme, car elle postule que tous les individus sont égaux devant la loi. La seconde école, qui vise l’égalité des résultats défend une vision de la société qui nécessite un interventionnisme fort dans les processus naturels de vie en commun.

La différence entre les deux types de vision est fondamentale. C’est la même qu’entre poser des panneaux indicateurs et imposer aux gens la route à prendre. En interférant dans le cours des choses, pour imposer des résultats conformes au modèle défendu par les détenteurs du pouvoir, cette approche est en réalité extrêmement injuste, car elle place sur un pied d’égalité ceux qui souhaitent vivre de leurs efforts et s’en donner les moyens, et ceux qui profitent du fait que chacun a droit à la même récompense, et qui vivent sur le dos des efforts d’autrui.

Le socialisme est par nature immoral

Comme nous avons pu le voir, le socialisme place l’entité collective (la nation, la classe, le groupe etc.) avant l’individu et ses droits. Au nom d’un but commun, le groupe peut le sacrifier à son gré, car l’intérêt collectif est supérieur.

Le libéralisme rejette la substitution de l’individu par le groupe et réfute la notion d’un « intérêt général », tout simplement car il ne peut pas exister. Car comme tous les individus sont uniques et ont des préférences diverses et variées, il est impossible d’affirmer qu’il existe un « intérêt général ». Prétendre le contraire, c’est faire preuve d’une arrogance et d’une ambition aussi vertigineuses qu’illusoires.

En affirmant et en imposant un but collectif au nom d’une destinée prétendument d’intérêt général, on nie le fait que chaque individu peut avoir des préférences différentes qui sont elles aussi légitimes et qui méritent d’être respectées. Le socialisme s’attaque donc au fondement de nos sociétés libres et fait preuve d’un profond mépris pour l’individu.

Comme l’affirme Alain Laurent, « ce qui caractérise les systèmes qui portent le nom de socialisme, c’est une tentative continue, variée, incessante, pour mutiler, pour écourter, pour gêner la liberté humaine de toutes les manières ; c’est l’idée que l’État ne doit pas seulement être le directeur de la société, mais doit être, pour ainsi dire, le maître de chaque homme[…]son maître, son précepteur, son pédagogue ; que de peur de le laisser faillir, il doit se placer sans cesse à côté de lui, au-dessus de lui, autour de lui, pour le guider, le garantir, le retenir, le maintenir ; en un mot, c’est la confiscation de la liberté humaine ».

Pour toutes ces raisons, le socialisme est avant tout, immoral.

Le planisme est avant tout un échec économique

En plus d’être une doctrine immorale, le socialisme a toujours échoué dans son application. Sa principale erreur étant sa volonté de planifier de façon centralisée les actions d’une communauté.

Le fait de vouloir anticiper les activités d’un groupe, ou à l’échelle individuelle, n’est pas en soi une démarche problématique. Elle répond même à une volonté somme toute raisonnable de gérer des ressources de façon rationnelle. La controverse porte sur le meilleur moyen de le faire.

Pour les collectivistes, il ne suffit pas de mettre en place des institutions et un cadre légal qui offrent aux individus et aux groupes la possibilité de prévoir de façon rationnelle leurs activités.

Car cette approche libérale ne permet pas de viser un objectif préalablement défini sur le plan politique. Ils appellent de leurs vœux une direction centralisée de toute l’activité économique, avec un but à atteindre.

L’échec du planisme centralisé est explicable par son absence de mécanisme transparent de fixation des prix. Sans concurrence ni processus de remise en question des prix, il est impossible de déterminer le coût et le rendement d’une activité et de s’appuyer sur cette réalité pour décider de la pertinence de son idée.

Cette seule raison suffirait déjà à montrer que le socialisme est irréalisable et qu’il mènera à des inefficacités. Car sans « signal prix » qui peut indiquer à quel point un produit est désiré par autrui, il est impossible de définir l’utilité réelle qu’il représente aux yeux des consommateurs.

Arbitraire et pouvoir politique

Dans un tel système, tout est arbitraire et donc sujet à une lutte de pouvoir politique.

Dans les systèmes d’économie de marché libéraux, la rencontre entre l’offre et la demande permet de régler de façon décentralisée les échanges entre les individus. Ces échanges spontanés se basent sur la libre variation des prix. Leur fixation autoritaire par la collectivité entraîne toujours une conséquence économique.

Si le prix fixé est trop élevé : une surproduction est inévitable, car l’incitatif est clair. Il faut produire davantage, car le niveau de prix est garanti, même au-delà de l’utilité réelle pour les gens.

Dans l’autre sens, en cas de prix fixé de manière centralisée à un niveau trop bas, la demande excèdera l’offre. Ici, une pénurie surviendra. Car personne n’aura une incitation à fournir d’autres produits à un tel prix.

Ce genre de situation est inévitable dans des économies planifiées.

L’économie de marché ne fonctionne donc pas sous le socialisme, car la collectivité se substitue de façon rigide aux individus et à la fixation décentralisée des prix. Donner ce pouvoir exorbitant à la collectivité, c’est confier une tâche irréaliste à une petite minorité privilégiée qui peut fixer des prix pour tous, sans être capable de prendre en compte les sensibilités de chaque personne du groupe.

En résumé : l’économie de marché décentralise le pouvoir de décision, en le donnant à chaque individu, le socialisme le centralise et laisse la porte ouverte à une dérive clientéliste qui est, en définitive, tout sauf sociale, puisqu’elle bénéficie à une partie de la population déjà favorisée : les groupes qui ont un accès privilégié au pouvoir politique.

Malgré son immoralité intrinsèque et son absence de réalisme sur le plan économique, ce courant de pensée continue de trouver des adeptes. Ce que disait Ludwig von Mises « le socialisme n’a pas échoué en raison de résistances idéologiques, il reste l’idéologie dominante. Il a échoué car il est irréalisable » est toujours d’actualité.

Plus que jamais ? Combattre le socialisme n’est pas qu’une affaire d’économie, mais avant tout une question morale.

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