La moralité de l’économie de marché

 » Les raisons morales d’une économie libre » est un ouvrage du Père Sirico, de l’Institut Acton. Une rencontre est organisée à Paris en sa présence, avec la participation de Charles Gave et de Jean-Philippe Delsol le 6 septembre prochain.

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La moralité de l’économie de marché

Publié le 24 août 2018
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Par Jean-Baptiste Noé.

Réfléchir aux fondements moraux de l’économie de marché, analyser les raisons et les justifications d’une société libre, tels sont les deux objectifs de cet ouvrage du Père Robert Sirico qui vient d’être publié en français. Cette publication est doublement importante.

D’une part parce qu’elle permet aux lecteurs français de découvrir l’Institut Acton, qui travaille depuis 1990 sur les liens entre religion, éthique et développement économique, d’autre part parce qu’elle contribue à démontrer que le libéralisme repose sur des principes éthiques nourris par la philosophie antique et le christianisme.

Des milieux progressistes au retour au catholicisme

Le Père Sirico a un parcours intellectuel et spirituel des plus intéressants. Né à Brooklyn en 1951, il a passé sa jeunesse dans les milieux progressistes américains, défendant les combats pour davantage d’État et pour la restriction des libertés individuelles. Puis, grâce à des échanges avec des amis conservateurs, il a fini par abandonner ces positions et à revenir au catholicisme.

À tel point qu’il est devenu prêtre catholique en 1989, devenant curé à Brooklyn. Il a fondé l’Institut Acton en 1990, en référence à Lord Acton, pour étudier les rapports entre économie, éthique et christianisme. Le site de l’Institut est aujourd’hui très riche de nombreuses ressources et études. C’est l’un des grands think-thank américains, basé à Grands Rapids. Pour ceux qui lisent l’anglais, cela vaut le coup de se tenir informé de leurs études.

Les personnes habituées au libéralisme retrouveront dans l’ouvrage les grands thèmes qu’ils ont l’habitude de traiter. Mais l’originalité du livre est double : d’une part, démontrer que le libéralisme est fondamentalement moral, alors que le socialisme est immoral (même s’il se drape sans cesse dans le manteau de la probité et de la vertu), et démontrer aussi que le christianisme, et notamment le catholicisme, est au fondement du libéralisme. Parce que le christianisme reconnaît la prééminence de la personne, parce qu’il accorde la primauté au droit, parce qu’il défend les droits naturels, et notamment la propriété privée, parce qu’il encourage l’initiative et la responsabilité individuelle. Il est vrai que certains auteurs chrétiens sont profondément antilibéraux, certains vont même jusqu’à vouer un culte à l’État. Ce faisant, ils trahissent la foi dont ils se réclament.

L’ineptie de l’aide sociale

L’ouvrage est écrit dans un style très vif et il est nourri de la longue expérience du Père Sirico, ce qui lui permet de n’être jamais ennuyeux et de présenter de nombreux exemples forts instructifs. Ainsi le chapitre audacieusement intitulé « Si vous voulez aider les pauvres, créez une entreprise » qui démonte minutieusement l’ineptie de l’aide sociale et de l’aide humanitaire, en démontrant que seul le développement économique fondé sur le développement des entreprises permet le recul de la pauvreté et donc la réduction des inégalités.

Pour les libéraux attaqués de toute part par les socialistes, l’ouvrage fournit des armes intellectuelles qui permettent d’analyser les attaques et d’y répondre tout en montrant la profonde richesse de ce courant intellectuel qui repose sur deux mille ans d’histoire et de réflexion.

Robert Sirico, Catholique et libéral. Les raisons morales d’une économie libre, éditions Salvator, Août 2018, 288 pages (Trad. Solène Tadié).

Pour ceux qui souhaitent découvrir l’ouvrage et l’auteur, une table ronde est organisée à Paris le 6 septembre prochain. Le Père Robert Sirico échangera avec Charles Gave (Institut des Libertés) et Jean-Philippe Delsol (IREF).

Lieu : 11 bis rue Scribe 75009

Horaire : 18h-20h

 

 

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  • En effet, beaucoup de catholiques ne sont pas libéraux.
    Et aussi, beaucoup de libéraux ne sont pas catholiques.

    • @ cachou42
      Il y a une différence entre foi et option politique: donc tous les chrétiens ne sont pas libéraux: eux aussi subissent le discours socialo-étatiste prégnant!
      Et un libéral croit en ce qu’il choisit! Et le Dieu des chrétiens n’impose rien!

      Ce qui ne change rien aux propos de l’abbé Sirico qui ne parle qu’en son nom propre.

      Mais est-on libéral si on ne considère pas la liberté individuelle comme la première des vertus?

      • Et tous les chrétiens ne sont pas catholiques.
        Né dans une ville au passé politique et industriel protestant, j’ai pu constater à quel point cette ville est ou a été plus proche des cités d’Europe du nord dans son organisation.
        Dirigée par des bourgmestres élus par les chefs de corporations (drapiers, boulangers, maréchaux, agriculteurs, etc), ces chefs de corporations étaient élus annuellement par les membres de celles ci, et jamais deux années de suite.
        Vous pouvez imaginer la différence avec une communauté catholique dirigée par Monseigneur l’évêque et Mr le comte ou le baron…
        En gros la différence entre la Suisse et la France

  • Les commentaires sont fermés.

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