11 septembre 2001, l’attentat terroriste qui a conduit à la guerre contre la liberté

World Trade Center Lights .. New York City ...9/11/08 By: Scott Hudson - CC BY 2.0

Le 11 septembre 2001, les États-Unis sont victimes d’une attaque terroriste qui clôt le XXe siècle et ouvre une décennie catastrophique de « guerre contre le terrorisme ».

Par Frédéric Mas.

Le 11 septembre 2001, deux avions s’abattaient sur les tours jumelles de New York, pratiquement en direct sur toutes les chaînes de télévision du monde. À la stupéfaction de l’opinion internationale, la première puissance mondiale était touchée sur son sol même par une organisation terroriste islamiste, ce qui allait se traduire par des milliers de morts et une crise occidentale sans précédent sur le plan politique et moral.

Face à l’affront et au traumatisme causés, le président américain George W. Bush Jr ne pouvait pas ne pas réagir. Hélas, l’ensemble des décisions prises au nom de la guerre contre la terreur, devenue rapidement guerre contre le terrorisme, allait initier l’une des pires décennies du pays en matière de diplomatie, de guerres, de terrorisme et de libertés publiques à l’échelle internationale.

Le président américain s’est laissé convaincre par ses conseillers les plus radicaux, les néoconservateurs, de profiter de l’occasion pour déclencher des interventions militaires en Afghanistan et en Irak. Le 11 septembre sera le Pearl Harbour de la sécurité nationale.

La campagne irakienne en particulier fut un désastre à tout point de vue, du discours mensonger de Colin Powell en 2003 sur les « armes de destruction massive » jusqu’à l’occupation du pays par les troupes américaines en passant par le scandale de Guantanamo et de la torture.

Après le 11 septembre, l’échec de la guerre en Irak

La guerre à 7000 milliards, qui fit des milliers de victimes, n’a pas éliminé le terrorisme islamique, et le renversement de Saddam Hussein n’a pas été perçu comme une libération.

Au contraire, le ressentiment contre « l’envahisseur » américain a transformé la région en foyer de radicalisation islamique et préparé son embrasement autour de l’État islamique, construit sur les ruines de l’ordre politique renversé par les États-Unis et ses alliés.

En planifiant la réorganisation de la région en « Grand Moyen Orient », Bush Jr et ses conseillers « néoconservateurs » ont durablement perdu leur influence sur la région, ce qui a profité à leurs ennemis de toujours.

La guerre contre le terrorisme a aussi justifié la mise en place d’un système de surveillance sans précédents des individus. Le Patriot act, signé dès le 26 octobre 2001 aux États-Unis, normalise l’état d’urgence et pose les jalons des détentions d’« ennemis combattants » prisonniers à Guantanamo.

En 2010, les révélations de Wikileaks sur le nombre de victimes de la guerre et l’étendue de la torture a fini de condamner aux yeux du monde cette entreprise militaire tragique.

Sur le plan diplomatique, l’ère post-11 septembre est une ère de paranoïa aiguë, qui rend l’Amérique défiante y compris à l’endroit de ses alliés jugés trop tièdes quant à ses menées militaires et diplomatiques. La France, parce que ses diplomates ont eu raison trop tôt, en sera la première victime. Il faudra attendre l’élection de Nicolas Sarkozy pour voir un retour en grâce auprès du grand frère américain.

L’apogée du néoconservatisme

Le début des années 2000 et la mobilisation totale des États-Unis en faveur de la guerre contre le terrorisme marquent aussi l’apogée du néoconservatisme, cette frange du mouvement conservateur américain qui réclame la guerre pour asseoir la domination impériale du pays sur le monde comme garant de la démocratie.

Ces intellectuels autoritaires, en général venus de la gauche, s’opposent violemment aux démocrates, aux libertariens et aux conservateurs pacifistes qu’ils jugeaient  anti-Américains parce qu’insuffisamment belliqueux.

Paul Wolfowitz, Richard Pearle, Elliott Abrams, etc. furent les architectes du « wilsonisme botté », pour reprendre l’expression de Pierre Hassner, d’une guerre mondiale pour la démocratie qui ne supportait pas les sceptiques.

L’un d’entre eux, John Bolton, a survécu à leur discrédit, d’abord en se mettant au service de Donald Trump, puis, depuis quelque temps, en se présentant comme l’un de ses adversaires de droite.

Le 11 septembre 2001 fut avant tout une catastrophe humaine, qui fit près de 3000 victimes civiles. Pendant des jours, des milliers de policiers, de pompiers et de citoyens américains anonymes donnèrent leur vie pour aider leurs proches et leurs concitoyens victimes de la barbarie des fanatiques islamistes. Ce sont aussi ces gestes exceptionnels qu’il faut célébrer aujourd’hui.

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