Cela aurait été dommage de gâcher une si bonne crise

La planète tente de se remettre de la crise sanitaire douloureux en faisant preuve d'imagination. La France, elle, choisit l'opposé.
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Cela aurait été dommage de gâcher une si bonne crise

Publié le 28 août 2020
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par h16

Une grosse crise, on le sait, est par définition la manifestation violente d’événements soudains, mais c’est aussi l’apparition d’opportunités de changement, de remises en cause et l’occasion de procéder à de fulgurants progrès. Sans exception, celle du coronavirus aura été, en France, une parfaite démonstration de ces opportunités et de l’extraordinaire capacité de l’État à ne surtout pas s’en saisir pour le bien-être de sa population.

Dès mars, j’avais noté que la mondialisation et le marché fourniraient les meilleures réponses à cette crise. Quelques mois plus tard, le constat est sans appel : c’est bien grâce au commerce international qu’on peut trouver gel et masques en France, c’est bien grâce à la mondialisation que des avancées notables ont été faites en matière de compréhension et de traitement de la pandémie, et c’est encore de façon assez claire grâce aux échanges libres que la population s’en sort le mieux tant il est évident que les pays qui se coupent le plus de ces échanges subissent le plus durement les effets délétères de la crise économique et de la crise sanitaire.

Cette crise est un véritable accélérateur d’innovations et de créativité tant de la part des chercheurs que des individus voire des entreprises pour surmonter les difficultés, résoudre les nouveaux problèmes qui se posent, faciliter le quotidien des gens et la vie en société, voire adapter les solutions issues d’une situation particulière à une situation plus générale, hors crise.

On peut multiplier les exemples, depuis les lampes à ultraviolets antigermes jusqu’aux robots virucides en passant par des filtres à air et autres améliorations techniques ou commerciales : il est simple de comprendre qu’aux demandes multiples des individus d’un renforcement des besoins sanitaires, le marché a largement répondu présent, tout comme l’ensemble de ses agents a su s’adapter aux profonds changements que la crise a déclenchés ; il n’est qu’à voir pour s’en convaincre la démocratisation rapide du télétravail et des solutions qui le facilitent ainsi que les nombreuses solutions de commerce sans contact (depuis la prise de commande en ligne jusqu’à la distribution en passant par le paiement)…

Les années qui viennent montreront assurément que le marché et l’inventivité humaine permettront de trouver des points positifs et tirer, malgré tout, des bénéfices de cette crise.

Et devant la multiplication des prouesses humaines, il aurait été dommage que l’État soit en reste, notamment en France où, petit à petit, tout est pour lui, rien n’est hors de lui ni contre lui.

Rassurez-vous, nos dirigeants ont compris l’impérieuse nécessité de conserver notre appareil administratif dans la course et de « capitaliser » sur cette crise au profit de l’État. Grâce au coronavirus, il a rapidement été établi que ce problème essentiellement médical était bien trop important pour être laissé à des médecins et qu’il devait avant tout être traité à coups de directives, de décrets, de petits formulaires et de niveaux hiérarchiques décidant chaque micro-aspect de toutes les actions à mettre en place.

Le coronavirus en France fut donc l’occasion d’un déploiement sans précédents de nombreuses ressources via tout ce que l’État compte d’indispensables et de frétillants bureaucrates afin d’interdire, de contraindre, de compliquer et bien évidemment de pruner compulsivement le citoyen français, la verbalisation étant dans ce domaine la véritable raison d’être de tout l’appareil mobilisé.

Et alors que le « monde libre », le marché et les citoyens inventifs déployaient des trésors d’imagination et de nouvelles technologies pour surmonter le nouveau problème qui s’imposait à eux, l’État français faisait lui aussi preuve d’une souplesse remarquable pour utiliser toutes les technologies les plus abouties afin de traquer le citoyen. Grâce à sa légendaire maîtrise de l’outil informatique, l’État nous aura gratifié d’une application (StopCovid), redoutable d’efficacité et d’un coût fort modique.

Parallèlement et ne se reposant surtout pas sur ses lauriers technologiques, l’administration française aura largement contribué au bien-être de sa population par le truchement d’une police à la fois souple, adaptable et compréhensive. Souplesse, adaptativité et compréhension qui expliquent d’ailleurs assez bien le choix judicieux de certains appels d’offres, depuis les gaz lacrymogènes (en lieu et place des tests) jusqu’aux drones policiers de surveillance.

Sens du timing et des priorités : on reconnaît là encore la patte inaltérable de notre administration cornaquée avec finesse par des équipes gouvernementales survitaminées.

Bien évidemment, il serait naïf de croire que s’arrêtent ici les approches administratives de la crise et l’opportunisme de notre appareil d’État pour saboter nos libertés avec la délicatesse d’un cuirassé dans un port de plaisance. En réalité, tout sera fait pour exploiter cette crise encore et encore, autant que faire se peut, jusqu’à la corde et au-delà.

J’en veux pour preuve la multiplication insensée des pistes cyclables où des millions milliers dizaines rares cyclistes vont pouvoir s’éparpiller mollement partout dans les villes over-conscientisées à des questions climatiques de plus en plus fumeuses : puisque, tout le monde le sait, le Monde d’Après est maintenant composé à 100 % de télétravailleurs chimiquement purs, la voiture devient inutile, pouf, c’est comme ça, sauf lorsqu’elle est électrique et – de préférence – facilement retournable et incendiable sur les Champs-Élysées un soir de match.

Et comme il va y avoir des vélos partout, toute prétention à atteindre le 40 ou le 50 km/h en ville devient immédiatement obsolète. Il devient donc logique d’y réduire la vitesse à 30 km/h ou d’en supprimer des places de parking. Comme le disent les Américains, « no parking, no business » et c’est clairement l’option « No Business » que Paris a choisi, pour enfin mettre un terme au capitalisme, au consumérisme, à la richesse et aux rentrées fiscales les accompagnant.

La pauvreté, y’a rien de tel pour lutter contre les virus et la pollution, c’est bien connu et l’actuelle propreté de la Ville Lumière en témoigne amplement.

crise

Alors que le reste de la planète tente de se remettre de l’épisode sanitaire douloureux en faisant assaut d’imagination, en essayant d’améliorer partout où c’est possible les échanges inter-individuels, en fluidifiant les transports, en sécurisant les contacts, en facilitant les transactions, la France énarchique, administrative et gouvernementale a, la tête haute, droit dans ses bottes et les pieds dans son tas de dettes, résolument et fermement choisi l’exact opposé.

Le résultat va vous surprendre.
—-
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  • On faisait la course en tête sur l’épreuve sanitaire (cocorico!), il serait dommage d’être en queue de peloton dans la bataille des perdants économiques ! (re-cocorico!)

  • Il est bien possible que la France soit entrée en récession pour plusieurs années successives, loin des espoirs irréalistes de rebond en V. On se souvient que la récession a commencé au dernier trimestre 2019, indépendamment de l’épidémie de coronavirus. 19% de PIB perdus plus tard, cette crise accélérant les mauvais investissements (notamment la transition énergétique et l’expansion sans fin du secteur public), il n’y a pas de raison que la situation s’améliore dans un proche avenir, ni même à moyen terme.

    A plus long terme, la récession faisant son oeuvre, les Français atteindront tôt ou tard un seuil de douleur tel qu’ils se révolteront. C’est la condition pour que ce pays retrouve un jour de la croissance en mettant un terme définitif à ses errements actuels.

    • Sans aucun doute mais ce sera violent vu le niveau d’énervement moyen et les antagonismes actuels dans la population, et le chemin vers la liberté risque d’être plus tortueux que l’on ne le souhaiterais.

    • Notre seul espoir est – comme toujours – une forte relance mondiale. Donc une reprise en trombes de l’économie US.

      Quand je lis partout la « bien-pensance » se réjouir des problèmes de l’économie US, je me dis qu’on est tombé bien bas (ou monté bien haut) dans la stupidité.

      • Les étrangers se moquent de la bêtise infinie des français, seul peuple au monde à n’avoir pas réussi à comprendre que leur prospérité dépend de l’économie et que l’état n’a pas un rond hormis l’argent qu’il leur pique dans la poche!

    • Récession ???? mais vous n’y êtes pas cher ami ; nos énarques appellent çà  » une contraction du PIB  » !!!! vous saisissez tout de suite la différence !!! Quant à la révolte consécutive au seuil de douleur atteint ne rêvez pas ; nous aurons bien un Mélenchon ou assimilé qui prétendra que ce n’est pas l’excès d’état mais l’insuffisance d’état qui nous auront mis dans la panade !!! Et si en plus ce sauveur providentiel promet des petits cadeaux en expliquant qu’ils seront payés par les riches il faudra atteindre le niveau du Vénézuela pour espérer un début de réaction car nous sommes devenus un peuple mou assisté et incapable de prendre une initiative courageuse !!!!

      • je le pensais aussi , mais à voir comment le Venezuela s’enfonce jours après jours avec toujours 40% de la population qui soutient le pouvoir, je ne crois plus à une solution salvatrice. Lénine ,je crois , disais qu’avec 15% de la population derrière vous, vous contrôlez un peuple il avait raison. Notre avenir est noir et les français avec leur inculture économique sont ravi de foncer dans le mur.

      • Y en même qui prétendent que le PIB ne recule pas, il ‘prend de l’élan’…

  • « Le résultat va vous surprendre » : malheureusement pas.

  • Opportunités de changement et de progrès fulgurants…a part le green washing planifié issu de cerveaux débiles je vois pas trop…ça pue la crise planifiée pour de petits intérêts et pour un revival du déclin industriel de l’Europe qui essaie de remuer ses petites pattes pour survivre

  • Excellent article, comme d’habitude. Petit bémol :
    « …le reste de la planète tente de se remettre de l’épisode sanitaire douloureux… Je suppose que vous n’intégrez pas la zone euro dans le reste de la planète au vu des mesures prises également chez nos plus proches voisins ?

    • La zone euro….. Quand il s’agit de faire ce qu’il ne faut pas, ils le font, de vrais aventuriers de la 5 ème dimension,ou la 6 ème, avec eux tout est possible, si on leurs dit de se jeter du haut de la falaise et n’y vont pas, ils s’y precipitent….

  • comment provoquer des crises dans un pays en crise : réponse : copier l’état Français ;

  • Caton l’avait recommandé :
    « delenda est Carthago »
    – ce qui se traduit par « il faut détruire l’ENA ».

    Mais les français ont voulu porter à la Présidence un jeune psychopathe sans culture, sans convictions et sans sentiments.

    Le résultat (qui se dessine déjà) montre une économi en lambeaux, des entreprises privées asphyxiées par les taxes et les réglementations, des fonctionnaires toujours aussi incompétents mais de plus en plus arrogants et agressifs envers les citoyens qui paient (pourtant) leurs salaires, une classe politique avide et totalement corrompue, plus soucieuse de défendre les intérêts financiers des groupes pharmaceutiques que de protéger la population qui a élu cette caste de nantis, un dogmatisme vert qui a pour objectif de dominer une population asservie, et pour couronner le tout un recours à une immigration de masse d’individus qui veulent imposer au pays leur religion et leur mode de vie tribal.
    Tout va bien se passer, assurément …

  • Tout ça ne m’intéresse pas, ce que je veux, un rendez vous chez le dentiste et celui ci est tellement full qu’il ne répond pas et ça risque de durer longtemps…

  • Bien que moi même convaincu des bienfaits du commerce international, en tant que grossiste en gels hydroalcooliques et masques, je dois reconnaître que sur ce coup là, mes appros ont pu être réalisés grâce à la production française (la chimie est encore un peu présente en France et la pénurie des masques a pu être résolue grâce aux masques réutilisables produits en France). En effet, face à des besoins hors normes, chaque état producteur a retenu (interdit d’exporter) sa production pour ses propres besoins. La semaine dernière, un producteur allemand a annulé ma commande de masques jetables au profit de son ministère de la santé… Alors, le commerce international oui, mais avec une solide production nationale (et ça, c’est un autre débat)

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