Hidalgo veut (encore !) supprimer 60 000 places de parking

Parking by Bente Jensen (CC BY-NC-ND 2.0) — Bente Jensen, CC-BY

Serons-nous tous contraints à embouteiller Paris à la recherche d’une place de parking « coup de bol » digne du tirage du loto ?

Par Pierre Chasseray.

60 000 places de stationnement supprimées pour débarrasser Paris des voitures ? Voilà la proposition saugrenue d’Anne Hidalgo. L’heure des enchères est arrivée et qui dit mieux ? Pour l’instant personne n’ose tenter une pire bêtise.

Le constat est évident : Paris n’a pas vocation à accueillir toutes les voitures du monde sur les places de stationnement. Mais proposer cette mesure relève davantage de l’ubuesque que du bon sens.

Essayons de décrypter cette proposition. Avant tout, il convient de s’appuyer sur une réalité : la capitale comptait plus de 320 000 places de stationnement avant l’accession de Bertrand Delanoë à la ville de Paris. Le nombre de places a alors diminué du tiers pour s’effondrer à 120000 places disponibles sous le mandat de Anne Hidalgo .

Moins de parkings, plus d’inégalités sociales

Ne croyons surtout pas que cette mesure n’a pas eu de conséquences directes sur la circulation, elle a au contraire directement entraîné un effet dévastateur ! Pendant que vous lisez ces mots, à Paris, un automobiliste sur trois est à la recherche d’une place pour se garer. Il ne la trouvera certainement pas, ce qui l’obligera à recourir aux services de plus en plus onéreux de sociétés de parkings souterrains approchant ou dépassant parfois les 5 euros par heure… Un parking incontestablement réservé à une élite, qu’on le veuille ou non.

Avec cette première dégradation des places de stationnement en voirie, il est indéniable que la maire de Paris a renforcé le clivage entre ceux qui « rêvent » de stationner à Paris et ceux qui le « peuvent ». Désirant lutter contre la possession de la voiture, Anne Hidalgo a donc surtout lutté en faveur du renforcement des inégalités sociales, reléguant le banlieusard au statut de persona non grata à l’intérieur de son périphérique.

Supprimer davantage de places de parking

Qu’adviendra-t-il si, une fois de plus, la maire de Paris met à exécution son projet de suppression drastique des places de stationnement ? Les victimes de cette mesure seront majoritaires… Les résidents parisiens ont déjà l’outrecuidance de vouloir tout de même posséder leur propre voiture : près d’un habitant parisien sur deux en possède une. Comment fera-t-il ? Devra t-il lui aussi se résoudre au parking souterrain, dont les tarifs deviennent délirants ?

Il y a aussi ceux qui participent à la vie économique de Paris. Que nous puissions y travailler ou que nous y allions pour nos loisirs, Paris vit de sa banlieue, Paris respire de nos provinces.

Serons-nous tous contraints à embouteiller Paris à la recherche d’une « place coup de bol » digne du tirage du loto ? Les habitants parisiens devront-ils accepter de subir les embouteillages générés par ce trafic ? Eh oui… Pas de place, pas d’arrêt possible. Et sans arrêt possible, on continue à rouler, encombrant un trafic déjà congestionné, saturant par voie de conséquences des axes déjà engorgés.

Alors non, pour le bien-être des Parisiens comme des autres, il serait fou d’être favorable à ce type de mesure dénuée de tout intérêt, sauf pour la maire de Paris désireuse de présenter une carte postale bien différente de la réalité.

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