Électricité : un blackout comme dans les années 1970 ?

The best ideas stand out by Geoff Livingston (CC BY-NC-ND 2.0) — CC-BY

Faut-il nous préparer à vivre comme dans les années 1970 ou dans un pays sous-développé, avec des coupures de courant régulières, puisque nous n’avons plus de quoi fournir suffisamment d’électricité ?

Par Sébastien Richet.

Nous sortons à peine de la crise du coronavirus qu’on nous réassène sereinement la venue dans un futur proche, d’ici 2022 au plus tard, d’un blackout national, c’est-à-dire d’une incapacité à fournir l’électricité que les Français et leur industrie demandent avec, pour conséquence, l’effondrement généralisé du réseau.

Le blackout, qu’est-ce donc ?

Depuis la fin de la mise en service de nouvelles productions pilotables (centrales thermiques – nucléaire, gaz, charbon – et hydrauliques vers le milieu des années 1990), la consommation des Français a continué d’augmenter comme elle le fait quasiment partout dans le monde. Par exemple, les réseaux pour l’internet et la téléphonie portable consomment plus de 3 % de l’énergie produite en France.

On a bien ajouté des énergies non pilotables (éolien et solaire) mais bien qu’en puissance théorique importantes, elles ne comptent en fait que pour quelques pourcents de la consommation usuelle, c’est-à-dire quand on en a besoin. Qui plus est, par leur absence de modulation intrinsèque, elles contribuent à la perte de fréquence du réseau donc elles le fragilisent.

Aujourd’hui, après avoir sacrifié le « palier N4 » sur l’autel de le politique – nous devions avoir des réacteurs tout neufs construits au fil du temps pour compenser l’augmentation de la consommation – et alors que nous sacrifions de nouveau Fessenheim (2 % de la production nationale), on nous annonce que l’électricité va manquer.

On devra procéder au mieux à des coupures (je me rappelle cette époque dans les années 70 où le courant était coupé et où allumer une lampe n’était pas garanti – pas plus que réfrigérer de la nourriture), ce qui ressemble à s’y méprendre à la situation des pays en voie de développement, mais pire, à un blackout, c’est-à-dire une perte généralisée du réseau.

Ce qui est choquant est que cela est présenté comme une chose inéluctable qui a du bon… puisque lié à l’essor des énergies intermittentes.

Le blackout a du bon, vraiment ?

  • Celui de faire mourir prématurément des personnes fragiles ou d’augmenter les risques de coupures dans les hôpitaux (panne des diesels de secours peu entretenus faute de moyens) ?
  • Ou celui de coûter plusieurs milliards d’euros par jour sans électricité alors que la France doit faire face à la crise économique liée au virus Corona ?
  • Celui de convaincre les entreprises de délocaliser encore plus vers des pays où l’électricité est dorénavant garantie ?
  • Ou encore être responsable de la chute de l’ensemble du réseau européen par effet domino ?

C’est folie que tout cela !

Arrêtons le massacre et remettons notre industrie énergétique en ordre de marche, il en va de la santé physique morale et économique des Français !

Nous devons engager d’autres chantiers, cesser de découpler nos moyens de production et redonner à EDF les moyens de se développer de nouveau au fil des besoins de notre pays, voire au-delà pour permettre à notre balance commerciale d’afficher des bénéfices.

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