Congé paternité obligatoire : confiner les pères à la maison ?

Sommes-nous en marche vers le confinement sans fin ?

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Congé paternité obligatoire : confiner les pères à la maison ?

Publié le 21 juin 2020
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Par Philbert Carbon.
Un article de l’Iref-Europe

Il devient de plus en plus évident que la France est un des pays les plus touchés économiquement par la pandémie. Pour l’OCDE, qui a publié ses prévisions ce 10 juin, la croissance française reculera de 11,4 % en 2020, tandis que les chiffres s’affichent à – 9,1 % pour la zone euro et à – 6 % pour l’économie mondiale.

Les pays qui ont le mieux géré la crise – s’en étonnera-t-on ? – alignent des prévisions meilleures que les nôtres, à l’instar de l’Allemagne (- 6,6 %) ou de la Corée du Sud (- 1,2 %).

C’est désormais une habitude, la France fait partie des mauvais élèves, malgré les 134 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour « sauver l’économie » qui figurent dans le troisième budget rectificatif depuis le mois de mars.

Et si on dépensait un milliard pour laisser les pères à la maison ?

Ce n’est manifestement pas assez de dépenses, de déficit et de dette publique pour certains membres du gouvernement.

Des « indiscrétions » dans la presse au mois de mars nous avaient fait comprendre que le secrétaire d’État auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, Adrien Taquet, préparait une réforme du congé de paternité pour le rendre obligatoire et le porter à un mois (contre 11 jours actuellement).

Il y a quelques jours, le 6 juin dans les colonnes du quotidien  Le Parisien, Marlène Schiappa, sa collègue chargée de l’égalité femmes-hommes au gouvernement, affirmait vouloir « repenser la question des congés familiaux » et proposait « que l’on inscrive dans la loi l’allongement du congé paternité à un mois ».

Au même moment, les députés communistes, sous la houlette de l’ancienne ministre Marie-George Buffet, déposaient une proposition de loi pour porter à 21 jours le congé de paternité et le rendre obligatoire. La députée PCF de Seine-Saint-Denis veut également allonger la durée du congé de naissance, actuellement de 3 jours, à 5 jours.

Ces propositions vont dans le sens d’un texte européen en préparation dont la première version mise sur la table par Commission européenne précédente prévoyait « un congé parental individuel minimal » de quatre mois pour chaque parent.

Rappelons également que l’idée d’allonger le congé de paternité avait été énoncée par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dans un rapport de juin 2018. Les trois scénarios proposés par les rapporteurs coûtaient entre 50 millions et 1,2 milliard d’euros. Celui que propose Marlène Schiappa et Adrien Taquet devrait coûter environ un milliard d’euros si l’on se réfère aux calculs faits par l’IGAS en 2018.

Nous nous interrogions à l’époque sur l’opportunité d’un tel rapport commandé par le directeur de cabinet du Premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas, qui demandait expressément, dans sa lettre de mission à l’IGAS, que soient étudiées des propositions d’évolution du congé de paternité, et notamment son allongement.

La même interrogation revient aujourd’hui alors que notre pays a besoin de tout autre chose qu’une nouvelle réduction du temps de travail. Car c’est bien cela que signifie l’allongement des congés : une baisse du nombre d’heures travaillées.

L’allongement du congé de paternité n’est qu’un début

Il est probable que cet allongement du congé de paternité ne soit qu’un début.

Nous avions dénoncé ici-même il y a quelques mois, la proposition de loi du député Guy Bricout qui visait à faire passer de cinq à douze jours le congé d’un salarié lorsqu’il perd un enfant mineur. La proposition avait été rejetée par la majorité parlementaire – avec de très bons arguments comme nous l’avions souligné –, ce qui avait suscité un tollé général.

Après moult tergiversations, prises de parole, surenchères entre le Sénat et l’Assemblée nationale, la « loi n°2020-692 visant à améliorer les droits des travailleurs et l’accompagnement des familles après le décès d’un enfant » a été promulguée le 9 juin. Le congé est désormais de quinze jours, soit trois jours de plus que dans la proposition initiale.

Il n’est pas inutile de rappeler que le député Bricout avait initialement proposé douze jours car il était choqué que le congé pour deuil soit d’une durée inférieure au congé de paternité de onze jours.

Mais si le congé de paternité passe à un mois, Guy Bricout et ses collègues parlementaires ne risquent-ils pas d’être à nouveau choqués ? Il serait alors tout à fait plausible de voir apparaître une nouvelle proposition de loi pour porter à 35 ou 40 jours le congé pour décès d’un enfant.

S’il est évident que le congé pris à l’occasion du décès d’un enfant doit aider à faire le deuil mais aussi à accomplir nombre de démarches administratives, il ne faut pas oublier que le congé de paternité allongé doit permettre de « répartir au mieux le travail parental ». Bref, il s’agit bien de rester chez soi pour accomplir les nombreuses tâches familiales et permettre à la mère de se reposer.

On l’aura compris, ces congés ne sont pas là pour prendre du bon temps, encore moins partir en vacances. Non, ils s’apparentent davantage à un confinement obligatoire pour les parents. Le confinement sans fin, est-ce vraiment tout ce que le gouvernement a à proposer aux Français ?

Après tout, cela pourrait leur convenir. Il y a quelques semaines, Jean-Philippe Delsol ne se demandait-il pas si les Français voulaient encore travailler, bercés par le chômage partiel qui donne l’illusion que l’État peut prendre tout le monde en charge.

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  • c’est à ne plus rien comprendre ;  » il faut remettre les français au travail  » nous dit-on d’un côté , et en même temps on les incite , voire on les oblige à prendre des congés pour un oui ou u non ….et le patron dans tout ça , qui doit se décarcasser à trouver un remplaçant au papa , il en dit quoi ???

  • Quand je vois toutes ces obligations, tracas et autres fadaises étatistes voulant absolument légiférer sur la manière dont on doit uriner, je ne regrette absolument pas de m’être mis indépendant. Je travaille 60 heures ou 25 heures par semaine, prend 10 jours ou 50 jours de congés par an, si cela me chante et bien entendu si c’est financièrement rentable.

  • Je me pose une question. Si par malheur un enfant décède 3 jours après sa naissance, tous ces jours se cumuleront ils?
    Je dis cela parce qu’un tel malheur m’est arrivé. A l’époque nous n’avions que 3 jours de congés. Je dois avouer que j’ai repris mon travail au plus vite ce qui m’a permis d’éponger ma peine et de retrouver un équilibre pour mieux soutenir mon épouse.

  • L’allonger, certes, mais le rendre intégralement obligatoire, là c’est abusé. Une solution intermédiaire avec une durée maximale possible et, disons, la moitié obligatoire, serait plus souple.
    Pourquoi une partie obligatoire ? C’est plus pour obliger le patron à accorder ce congé au travailleur que de forcer le travailleur à le prendre.

  • L’opportunité en plus de déguiser une partie du chômage en congés, sans le moindre égard sur la production de richesses.

  • Le problème est idiot, lorsqu’on commet une réglementation une loi elle doit s’appliquer à tout le monde les cas particuliers si existants devrait rendre une loi caduque.

  • Je propose le congé paternité jusqu’à la majorité de l’enfant. Non mais!
    Nos édiles ne sont que les serviteurs de ceux qui veulent détruire les économies occidentales. Les mêmes qui ont « organisé » la crise sanitaire.

  • quand on n’a pas à payer les conséquences, pourquoi se priver ???

  • Tout cela devient du grand n’importe quoi! Un bébé a besoin de calme, pas d’avoir ses parents sur le dos 24 heures sur 24! Laissez-le respirer! Un père peut travailler et aider la mère dans les tâches ménagères et les courses de façon à ce qu’elle puisse se reposer. Elle n’a pas besoin d’avoir en plus un père dans les jambes!

  • Tant qu’il s’agit de fliquer les gens et de leur dire « fais pas ci fais pas ça » dans l’organisation de leur vie, il y a du monde.
    Pour toute autre chose, c’est plus difficile.

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Claude Sicard.

Par décret, le congé paternité vient de passer de 11 à 25 jours. Il devient en partie obligatoire et passer de 3 à 28 jours. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.

Le Medef s’en inquiète à juste titre, estimant que cette nouvelle mesure va coûter entre 300 et 500 millions d’euros aux entreprises françaises et ne va pas manquer de créer un surcroît de difficultés pour les entreprises, tout particulièrement les PME.

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