Sous les PV, la plage

Sous le soleil by B. Mehdi(CC BY-SA 2.0) — B. Mehdi, CC-BY

Opinion : le dernier délire en date consiste à réglementer de manière hallucinante ce que les gens sont autorisés à faire sur les plages. Un billet d’opinion.

Par Marc André.

Comme l’on devait s’y attendre, le déconfinement est tout aussi remarquablement géré que la crise sanitaire par nos zautorités, dont l’incompétence crasse n’a d’égale que leur insatiable appétit à restreindre nos libertés les plus fondamentales.

Ne nous y trompons pas, sous couvert d’épidémie, ce qui se joue en ce moment n’est ni plus ni moins que notre degré de tolérance à un contrôle toujours plus strict de nos moindres faits et gestes.

Après nous avoir raconté que les masques étaient inutiles et qu’il suffisait de se laver les mains et d’éternuer dans son coude pour préserver les autres de nos miasmes, le gouvernement entend nous expliquer, maintenant, comment il convient de nous promener, à quelle distance nous devons nous tenir les uns des autres, etc, etc.

Et comme l’État est ce qu’il est, il produit des règles imbéciles à un rythme effréné, en n’écoutant que les avis des spécialistes qu’il souhaite entendre et il les met en œuvre avec une décontraction de démocrate zaïrois qui force le respect. Souvenons-nous, entre autres, de l’usage des drones par la préfecture de Police de Paris, pour détecter les rassemblements…

Réglementer ce que vous avez le droit de faire sur la plage

Le dernier délire en date consiste à réglementer de manière hallucinante ce que les gens sont autorisés à faire sur les plages. Après nous avoir seriné que les écoles étaient le lieu de tous les dangers, Big Mother s’en prend au bord de mer. Vous avez le droit de prendre le métro pour aller bosser, mais pas de vous poser sur une serviette au bord de l’eau.

La bronzette n’est pas en odeur de sainteté sanitaire. Si vous voulez voir la mer, il vous faut réserver votre carré de plage à l’avance comme à la Grande-Motte et pour une durée limitée ou alors marcher le long des vagues, sans vous arrêter, sinon PV.

Même chose si vous vous baignez, vous êtes priés de vous sécher en marchant. Peu importe que le virus se diffuse surtout dans des lieux clos, l’océan est devenu l’ennemi de la technostructure !

Pourquoi un tel acharnement à réglementer une activité somme toute de plein air et où le vent abonde, à en juger par le nombre de ventilateurs destinés à produire une électricité aussi coûteuse qu’alternative qui défigurent nos côtes ? Pour au moins deux raisons.

La première est que maintenir la peur permet de justifier les contrôles, même les plus comiques et l’existence de toute la chaine de clowns qui les produit. La seconde est plus prosaïque, nos gouvernants sont bouchés. Quand ils ont décidé de quelque chose, même (et surtout) s’ils s’aperçoivent que c’est idiot, ils s’y accrochent telles des moules à leurs rochers : souvenons-nous des 80 km/h

Renoncer c’est perdre la face dans un monde où les apparences comptent bien plus que les actions. Nous sommes revenus à la fin de l’Ancien Régime, nous nageons dans la peur du Ridicule.

Répression par-ci, tolérance par-là ?

Sous couvert de préservation des gestes barrières — qu’il aurait sans doute été préférable de mettre en place dès que les mangeurs de pangolins ont été infectés — se profile une France à deux vitesses de répression.

Vous l’avez certainement noté, les exemples destinés à scandaliser la France qui tremble ont tous un point commun très peu vivrensemblesque. Les bobos du canal Saint-Martin s’agglutinent dangereusement. Ces bourgeois du 16e envahissent l’île de Ré ou les plages bretonnes, tandis que la jeunesse dorée du 7e fait un apéro géant sur l’Esplanade des Invalides… Scandale dans la France sanitairement correcte !

Des conditions dans lesquelles nos « quartiers sensibles » ont « respecté » le confinement et « organisent » leur « retour à la normale » pas un mot. Les rodéos urbains continuent…

Empêcher les vacanciers de bronzer, réglementer et délimiter des carrés de plage, voilà maintenant la mission de l’État régalien. Faire régner l’ordre dans les cités ? Quelle idée saugrenue ! Ne nous y trompons pas, ce deux poids deux mesures en matière de liberté n’est pas le fait de la police. Les fonctionnaires qui la servent obéissent aux consignes que leur donne le gouvernement et c’est tant mieux.

Alors lorsque vous aurez été verbalisé pour non-port du masque sur une plage où vous aurez eu le malheur de tenter de vous faire sécher cet été, pendant que des jeunes déboulonneront les bouches à incendie pour s’en faire des douches collectives, ne vous en prenez pas à la police. Pensez à cette France à deux vitesses et demandez-vous à qui vous devez toujours davantage de restrictions dans vos libertés, quand vous irez voter.

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