Climat : opération Récup’ du Covid-19 !

Nicolas Hulot by Jacques Paquier(CC BY 2.0) — Jacques Paquier, CC-BY

Certains semblent bien décidés à se refaire une santé en instrumentalisant la crise au nom du réchauffement climatique.

Par Nathalie MP Meyer.

Décidément, le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux aggrave son cas. Non seulement il a eu l’audace de suggérer qu’il faudrait peut-être travailler « un peu plus » pour sortir de la crise économique résultant du confinement anti-coronavirus, mais voilà qu’on apprend maintenant qu’il a écrit à la ministre de la Transition écologique et solidaire afin de demander un « moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales » en raison des difficultés dans lesquelles les entreprises se débattent actuellement !

Typique. Les patrons ne pensent qu’à remplir leur tiroir-caisse et aimeraient bien profiter de la crise sanitaire pour se refaire une santé sur le dos de la transition écologique et climatique ! Une attitude parfaitement scandaleuse qui frise le crime contre l’humanité, ni plus ni moins, car si l’on en croit les déclarations récentes de la climatologue Corinne Le Quéré qui préside le Haut Conseil pour le climat (HCC) :

La plupart des causes du Covid-19, comme la déforestation ou les énergies fossiles, sont aussi à l’origine du changement climatique. Il faut donc s’attaquer à ces causes profondes, et la transition bas carbone est une réponse.

Ah, tiens, on connaîtrait précisément les causes de l’apparition du Covid-19 ? Pourtant, alors que l’épidémie poursuit sa danse macabre en France et dans le monde, personne ne songerait sérieusement à affirmer aujourd’hui que le coronavirus qui en est à l’origine a dévoilé tous ses secrets.

Personne, sauf les militants de la lutte contre le changement climatique.

Il leur suffit de lire dans le rapport du GIEC consacré à la gestion des sols, à l’agriculture et à l’alimentation (août 2019) que les maladies infectieuses « peuvent être amplifiées » par des activités humaines telles que le défrichement et il leur suffit de savoir que la pollution atmosphérique n’est pas sans impact sur la santé respiratoire pour en déduire par un amalgame hâtif mais favorable à leur culte que la déforestation et les énergies fossiles sont à coup sûr responsables du Covid-19.

Se refaire une santé idéologique

Aussi, profitant opportunément de ce que la crise sanitaire et ses désastreuses conséquences économiques mobilisent toute l’attention des gouvernements et du public, ils semblent bien décidés à se refaire une santé idéologique et médiatique par instrumentalisation climatique et écologique du coronavirus.

Le fait est que la crise actuelle a largement de quoi faire des envieux dans les rangs des écolos :

Ceux-ci nous mettent en garde depuis des années contre l’hécatombe humanitaire que le réchauffement climatique ne manquera pas de provoquer si l’on ne change pas immédiatement et drastiquement nos modes de vie. La romancière et nouvelle experte du climat Fred Vargas va même jusqu’à prédire que la moitié de l’humanité « mourra de soif, de faim, de chaleur » d’ici 20 ans !

Seul petit problème, personne n’a jamais rencontré un seul de ces morts qui n’existent que dans les projections volontairement alarmistes des acharnés du climat tandis que les décès consécutifs à une infection par le coronavirus sont tout ce qu’il y a de plus authentique. Des médecins parfaitement identifiés ont signé des certificats de décès parfaitement concrets et des familles qui n’en demandaient pas tant ont eu la douleur de voir l’un des leurs effectivement emporté par le Covid-19.

De ce fait, la population a instantanément pris la mesure du danger et a accepté de se confiner sans (trop) sourciller en dépit des abus et des excès1 du confinement généralisé tel qu’il a été conçu par le gouvernement. Du jour au lendemain, les Français ont modifié radicalement leur mode de vie, abandonnant trajets en voiture et consommations non indispensables, ce qui a eu pour effet de mettre aussi la production à l’arrêt. Une situation qu’ils espèrent provisoire mais que les acharnés du climat aimeraient prolonger et surtout organiser selon leurs propres standards.

Car n’allez pas croire que la réduction des émissions de CO2 observée depuis le début du confinement (une baisse de 30 % en France selon les calculs du HCC) leur procure la moindre satisfaction. Comme ils n’en maîtrisent ni les intentions sous-jacentes ni les axes de réalisation et comme elle ne résulte d’aucune obligation liée à l’urgence climatique, cette baisse ne peut en aucun cas accéder à la pureté des actions en faveur du climat :

Surtout, elle (la baisse) n’est pas désirable ni durable, car elle n’est pas le résultat d’un changement structurel organisé. La probabilité d’un effet rebond est majeure. (Corinne Le Quéré)

Oui à la baisse des émissions de CO2, mais uniquement si les Français, dûment culpabilisés par les descriptions apocalyptiques de Greta Thunberg, Fred Vargas et Aurélien Barrau réunis, renoncent à leurs transports en voiture, renforcent leur temps de télétravail et privilégient les productions locales par véritable dédication à la noble cause climatique ! Et quoi de mieux pour s’assurer d’une parfaite adhésion que d’en passer par des obligations définitives ?

Ces comités pour le climat qui élaborent le « jour d’après »

C’est ainsi que tout ce que la France compte de Comités, Conventions et Hautes Autorités pour le climat s’est empressé de « s’auto-saisir » afin d’apporter sa contribution à l’élaboration du « jour d’après ».

Observons d’abord que cela finit par totaliser des effectifs non négligeables – des effectifs qui grenouillent dans les allées du pouvoir, utilisent les « moyens de l’État » et encaissent éventuellement salaires et défraiements.

Je vous rappelle que chez nous, la question écologique et climatique mobilise non seulement le ministère de la Transition écologique et solidaire et ses 24 agences spécialisées ainsi que le très décoratif Conseil économique, social et environnemental (CESE), mais également le Conseil national de la transition écologique (CNTE) qu’Emmanuel Macron s’est empressé de « renforcer » en 2018 par la création d’un Haut Conseil pour le Climat (ou HCC, instance que préside Mme Le Quéré citée plus haut) et en 2019 par un Conseil de défense écologique dépendant directement de l’Élysée.

Cerise sur le gâteau de la démocratie participative, dans la foulée du grand débat national lancé pour répondre à la colère des Gilets jaunes (printemps 2019), le CESE a été flanqué d’une Convention citoyenne pour le climat (CCC) constituée de 150 citoyens tirés au sort et chargés de réfléchir à des mesures qui permettraient de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre du pays entre 1990 et 2030, tout cela « dans un esprit de justice sociale » naturellement.

Et observons ensuite qu’on peut difficilement s’attendre à ce que des instances spécialement créées pour passer les politiques publiques au filtre unique des engagements pris lors de la COP21 pour limiter la hausse de la température globale à 1,5 ° C depuis l’ère pré-industrielle parlent d’autre chose que de réduction des gaz à effet de serre.

Aussi, profitant de ce que l’épidémie de Covid-19 a véritablement alarmé les Français, tant la Convention citoyenne pour le Climat que le HCC se sont dépêchés d’asséner dans leurs rapports respectifs (ici et ) l’idée que :

La crise (sanitaire) que nous traversons n’est apparemment pas sans lien avec le dérèglement climatique et la dégradation de l’environnement. (CCC)

Dans cette conception, le coronavirus n’est jamais que l’une des épouvantables conséquences auxquelles il faut s’attendre dorénavant si l’on n’adopte pas immédiatement un programme de relance économique exclusivement décarboné. Urgence climatique et instrumentalisation des peurs, encore et toujours…

Et la « très, très bonne nouvelle », ainsi que l’a expliqué le membre du Haut Conseil pour le Climat Jean-Marc Jancovici au think tank Novethic, entité étatique dépendant de la Caisse des Dépôts et Consignations, c’est que l’argent que les États comptent affecter à la relance de leurs économies à l’arrêt ne manque pas – ce en quoi il n’a malheureusement pas tort :

On a besoin de 300 milliards ? On les trouve. On aura besoin de 500 milliards ? On les trouvera.

Il ne reste plus qu’à orienter tous ces milliards vers un profil bas carbone dirigé par l’État et le climat sera sauvé ! (Et les pandémies éradiquées, mais ça, en fait, on s’en fiche, c’était juste un prétexte pour orienter les demandes de l’opinion publique).

Si ce n’est qu’on parle de milliards de dette et d’impôts futurs. C’est beau, la pensée magique. Comme si l’argent poussait dans les arbres ou tombait mystérieusement d’un hélicoptère ! Typiquement un « monde d’après » qui s’annonce comme un « monde meilleur » si ce n’est le meilleur des mondes, mais qui risque pourtant de finir pour longtemps dans la récession, les faillites d’entreprises, la pauvreté et le chômage.

Ça promet.

Sur le web

  1. Les abus, c’est quand un hélicoptère de gendarmerie traque les rares randonneurs dans les Vosges. L’excès, c’est d’avoir rendu obligatoire le fait de rester chez soi quand il suffisait peut-être en de nombreuses circonstances de s’organiser pour respecter les distances sociales et les gestes « barrière ». Mais évidemment, comme on manque de masques et de tests…
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