Santé : non, il n’y a jamais eu d’austérité en France !

Non, il n’y a pas d’austérité en France, M. Montebourg, il y a le problème de l’État obèse et impuissant, bureaucratisé, réglementé.

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Santé : non, il n’y a jamais eu d’austérité en France !

Publié le 20 avril 2020
- A +

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Depuis plus d’un mois, le nombre d’experts augmente encore plus vite que le nombre de décès causés par le coronavirus. Il y a des spécialistes en épidémies et autres infections de tous bords, ceux qui veulent généraliser le traitement du professeur Raoult et ceux qui mettent en doute son efficacité.

Il y a le président Macron qui n’a pas respecté le confinement pour rendre visite au docteur Raoult à Marseille. A-t-il été impressionné par la popularité croissante de ce médecin qui donne espoir aux Français ?

Il y aussi Bernard Tapie, neuf fois condamné au pénal, qui s’est prononcé sur une chaîne d’info sur les traitements contre le virus.

Mais le nombre d’experts en économie et politiques publiques est encore plus impressionnant.

On ne cite plus les inévitables Attali, Védrine ou Chevènement, toujours prêts à dégainer leur science de l’interventionnisme. Une mention à part pour Christine Ockrent qui s’en prend, dans sa chronique de L’Express du 9 avril au Brexit et au système de santé britannique (NHS) qui aurait été « saigné à blanc » par le Premier ministre conservateur David Cameron.

Une rapide vérification des chiffres et Mme Ockrent aurait pu constater que le NHS est un gouffre financier avec un budget qui ne cesse d’augmenter tous les ans, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous. Le problème du NHS, c’est l’étatisation du système et sa bureaucratisation.

La palme d’or des experts revient, du moins jusqu’à aujourd’hui, à l’ancien ministre Arnaud Montebourg qui nous explique doctement, dans une longue interview accordée au journal Libération du mercredi 8 avril, que « l’austérité se paye aujourd’hui en morts, dans nos hôpitaux ».

Dans le dictionnaire Larousse, on apprend que le mot austérité provient du latin austeritas (âpreté) et qu’il signifie « sévérité, rigorisme ». Où M. Montebourg a-t-il pu voir ne serait-ce que la moindre rigueur dans nos dépenses sociales ? Comme Mme Ockrent, il ne s’est pas donné la peine de vérifier les chiffres alors qu’un simple collégien, un tant soit peu averti, sait que la France est championne du monde des dépenses publiques : 53,8 % en 2019 ; des dépenses sociales : 32 % du PIB et des prélèvements obligatoires : 46,09 % en 2018.

En ce qui concerne la santé, M. Montebourg aurait pu lire les données récentes (novembre 2019) fournies par la Commission européenne et l’OCDE, qui montrent que la France (avec l’Allemagne) est le pays qui dépense le plus (11,3 %) dans ce domaine ! De 10,3 % du PIB en 2007, le budget est passé à 11,3 % en 2017, soit un pourcentage largement supérieur à la moyenne de l’UE (9,8 %).

Contrairement à ce qu’on a pu entendre de la part de nombreux experts, comme M. Montebourg, le plus grand poste des dépenses de santé correspond bien aux soins hospitaliers, 32 %, plus que la moyenne de l’UE (29 %). Plus encore, la France ne manque pas d’infirmiers. Leur nombre est passé de 7,6 pour 1000 habitants en 2007 à 10,5 en 2017, ce qui est au-dessus de la moyenne de l’UE (8,5 pour 1000 habitants).


Non, il n’y a pas d’austérité en France, M. Montebourg, il y a le problème de l’État obèse et impuissant, bureaucratisé, réglementé et aussi celui des 35 heures à l’hôpital. La réforme et la privatisation de nombreux hôpitaux en Allemagne ont permis d’y gérer la crise bien mieux qu’en France.

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  • Rappelons quelques faits : l’Allemagne détient le record européen en nombre de lits d’hôpitaux et en nombre de lits de réa ; et elle a choisi dès le départ de tester un maximum de patients…
    Cela, à mon sens, a compté bien plus que la nature publique ou privée des établissements de soins, dont le ratio reste d’ailleurs assez comparable entre la France et l’Allemagne…
    La stratégie payante prépondérante dans la lutte contre le Covid, les pays asiatiques l’ont significativement montré, est le dépistage en masse, au plus tôt de l’épidémie.
    Le reste, ce sont des querelles d’idéologues, qui ne nous seront pas d’un grand secours pour la deuxième vague ou la prochaine pandémie…

    • une chose est claire pour les gens qui veulent voir: plus les dépenses contraintes de santé ont été élevées dans un pays donné, plus important a été l’échec face au corona!
      Mais si on en croit le robot lapurée, ceci voudrait dire qu’à l’avenir, il faudrait financer l’échec encore d’avantage!

      • Vous croyez de travers, ou me faites un procès d’intention. Ce n’est pas parce que je nie telle explication que je réclame l’inverse…
        Je dis juste que cette approche (par la nature juridique des établissements de soin) n’a rien à voir avec la choucroute.
        Pour votre info, les dépenses de santé ( % PIB) sont quasi égales entre la France et l’Allemagne. De même que leurs répartitions publique/privée…

    • Bien sûr que la nature publique des établissements comme de tout le système de santé explique l’ampleur de l’échec, l’ampleur du confinement, l’ampleur des pénuries, l’ampleur des décès.

      Les morts en surnombre, 11 fois plus qu’en Allemagne, mettent un terme définitif à la querelle idéologique. La démonstration de l’échec de l’Etat obèse est éclatante, lourde, violente, cruelle, sans doute possible.

      Ce résultat désastreux est la conséquence de plusieurs décennies de refus obstiné de la bonne solution pour faire face aux situations, dans le domaine de la santé comme dans tous les autres, l’éducation, la retraite, l’énergie, le logement, le transport, la culture…

      Il va falloir remettre la rivière étatique dans son lit régalien. Voilà trop longtemps qu’elle déborde, pour le malheur de la France et des Français.

      • « Il va falloir remettre la rivière étatique dans son lit régalien. Voilà trop longtemps qu’elle déborde, pour le malheur de la France et des Français » ben c’est ps gagné, apprendre à un camé depuis en gros 1948 de se passer de sa dose, ça va être dur. Désintoxication progressive ou sevrage sec?

    • « Le reste, ce sont des querelles d’idéologues »…? Mais, le covid n’est qu’un révélateur de l’état des hôpitaux, de même que la crise précédente des urgences. La perte de chances, en France, ne concerne pas que cette nouvelle maladie. Les CHU qui utilisent leur budget recherche pour leur fonctionnement ; les médecins français qui se tirent à l’étranger dès qu’ils le peuvent, plus ou moins remplacés par des étrangers, souvent méritants mais qui n’ont pas toujours le niveau ; le manque de lits, le manque de personnel, qui repoussent des opérations urgentes, etc., etc. Et quant aux 35h, pour passer près de la moitié de ma vie dans des chambres de pédiatrie depuis bientôt 3 ans, je peux vous dire que cela nuit aux patients (multiplication des transmissions, perte d’une séance de kiné respi parce que le personnel débauche tôt…) sans avantager pour autant le personnel soignant. Regardez plus loin que le covid (même si votre analyse des meilleures performances de l’Allemagne est juste).

      • L’article fait le lien entre certains éléments budgétaires et le Covid, comme un autre article publié ici aujourd’hui. Je me suis donc borné à réagir sur ce point précis, pour rappeler quelques évidences.
        Pour le reste, la teneur de certains de mes commentaires devraient vous montrer que je suis loin d’être un défenseur des dépenses de santé « coûte que coûte » ou des choix opérés par le gvt français dans ce domaine.
        La seule chose que je tente de faire passer est une approche raisonnée, reposant sur des éléments précis et des comparaisons non biaisées entre pays, pour expliquer succès et insuccès des pays dans cette crise sanitaire.
        Cela me semble important car on en a probablement pas fini avec cette saloperie, pas avant 2021 en tout cas…

        • « car on en a probablement pas fini avec cette saloperie, pas avant 2021  »
          On n’en sait strictement rien!
          Les ‘experts’ tenaient le même discours que vous pour le SRAS (autre coronavirus) au plus fort de l’épidémie d’où la mégacommande de vaccins par Bachelot. Or l’épidémie s’est effondrée et a quasi-disparu en qq semaines au printemps et début de l’été comme bcp d’autres épidémies bénignes avec le même type de virus.

          Par contre, quand vous êtes en train d’essayer de mettre au pas une population, vous avez tout intérêt à ce que cette épidémie se poursuive au moins à bas bruit, pour justifier la poursuite de vos mesures liberticides…

  • ajoutons l’incurie des administrations , des normes ,des syndicats,des batailles d’ego , d’organisations etc.. la cacophonie est générale

  • Article plein de bon sens et de vérités. C’est le même refrain pour l’hôpital que pour l’Educ. nat : on aurait géré comme une entreprise , on manque de moyens ,de personnel ,suprême critique syndicale et des partis de gauche voire d’une partie des droites . En fait ces deux entreprises auraient fait faillite depuis belle lurette avec de telles gestions…
    L’auteur dénonce avec raison la bureaucratie , la haute administration , l’action des petits chefs fonctionnaires bref de la nomenklatura d’Etat.
    Sacré boulot pour épurer ! Toute une culture française à bouleverser ( à l’image des masques) et dépenser moins mais mieux , dépenser en équipements d’abord et non en fonctionnement (réformer les modes de recrutement c’est urgent tant à l’hôpital ….que dans les établissements scolaires: temps de travail, présence professorale ).

    • En fait c’est géré comme des entreprises, mais qui ont pris des mauvais managers, des mauvais consultants, des comptables imprécis et qui ont un conseil d’administration laxiste.
      On a la même chose dans le privé sitôt une certaine taille acquise, mais eux peuvent faire de la croissance externe ou se faire manger.

  • Pour le NHC, même les conservateurs britanniques reconnaissent qu’ils ont été trop loin dans les coupes budgétaires. Boris Johnson, l’actuel premier ministre a déclaré qu’il fallait réinvestir massivement dans la santé… Aussi je reste dubitatif sur cet article qui semble nier l’austérité et les privatisations ayant touché le secteur de la santé britannique…

    • Si les dépenses de santé du RU (en % du PIB) sont inférieures à celles de l’Allemagne ou de la France, elles restent supérieures à celles de la Corée du Sud.
      L’explication budgétaire dans les bons résultats de la lutte contre le Covid ne tient pas plus que celles de la nature des établissements de soins.
      Ce virus envoie énormément de patients en réa et nécessite de dépister beaucoup et tôt pour éviter une contamination des personnes âgées, très problématique au niveau de la mortalité.
      Dès lors les pays qui s’en sont sortis sont ceux, et uniquement ceux-là, qui ont dépisté vite et tôt, pour identifier et isoler les personnes porteuses du virus. Ce qui évite au passage le confinement général, dont le but principal est d’éviter l’engorgement des blocs de réa. Dans ce cadre, le nombre de lits de réa est un plus salutaire…
      Tout le reste n’est que littérature.

  • « Dépenses publiques : 53,8 % en 2019. »

    Ca, c’était la « trajectoire » optimiste, fruit de l’imagination fertile des comptables de Bercy quand il s’agit de raconter n’importe quoi.

    La réalité est nettement moins plaisante, comme toujours avec l’Obèse. On n’oublie pas que la France était déjà en récession au dernier trimestre 2019 (pas besoin du covid pour être mauvais), situation pas vraiment anticipée dans les joyeuses prévisions des comptables publics. On se souvient également que la dette avait dépassé 100% du PIB avant la crise.

    – Dépenses publiques : pratiquement 56% en 2019, plus de 60% en 2020.
    – Déficit public : au moins 3% en 2019, vers 10% en 2020.
    – Dettes publiques : environ 2400 milliards en 2019, vers 2600 milliards en 2020 (120% du PIB, voire plus).

    En effet, les 110 milliards d’aide annoncés ne suffiront probablement pas. Ces milliards s’ajoutent au déficit courant programmé, de l’ordre de 80 milliards. Dans le même temps, si le PIB s’ajuste de -10%, il va retomber sous 2200 milliards. Entre la hausse des dépenses publiques et la baisse concomitante du PIB, l’effet ciseau est garanti.

  • Peut-on connaître le nombre de fonctionnaires du ministère de la Santé chez nous vs Allemagne?
    Je crois avoir lu sur ce site que pour celui de l’Agriculture c’est
    16 000 chez nous contre 900 Outre-Rhin.
    Notre ministère de l’Endoctrinement ,pardon Education, Nationale,
    c’est plus d’1 Million,ils ne savent même plus,c’est la plus grosse « entreprise » au monde!

    • …la plus grande » entreprise » pour formater les esprits ( cf. Sciences éco , hist géo , philo ,svt …). 20% des élèves résistent , c’est déjà ça !

    • Sur les 16 000 personnes ( ils ne sont pas tous fonctionnaires) du ministère de l’agriculture, tenez compte du fait qu’environ 12 000 ressortissent de l’enseignement agricole (qui en All. est assuré par les Länder) et que ce même ministère assure la sécurité alimentaire par les services vétérinaires. Vous avez raison quand vous dites qu’ils sont trop nombreux (pas forcément au ministère, mais pensez aux effectifs et rémunérations des chambres d’Agriculture…) mais les comparaisons doivent tenir compte des différences de structures.

      • « ce même ministère assure la sécurité alimentaire par les services vétérinaires »… Il doit avoir du boulot avec l’abattage halal (bon d’accord, c’est HS, mille excuses).

  • Analyses systématiquement biaisées de cet auteur. Le poids des dépenses de santé en France comparé à la moyenne européenne, quand on connaît les disparités en son sein ; le nombre d’infirmiers pour 1000 habitants sans tenir compte des autres professions de santé, etc
    Quand on va sur son blog on est éclairé : un article qui veut démontrer que les hôpitaux en France ont une part relative de personnels non soignants supérieure aux autres pays, mais sans à aucun moment se demander ce qu’il y a dans ces catégories non soignantes (les fonctions supports, logistiques etc ) et sans faire la seule analyse valable les concernant, une analyse de coût en intégrant toutes les externalisations (les sous-traitances… mais il ne doit pas connaître le concept)

  • du point de vue budgetaire, il n’y a pas d’austérité, mais du point de vue des soignants et des conditions de travail l’austérité est bien visible. Donc le problème est ailleurs, les moyens n’arrivent pas là où ils sont nécessaires. il y a des problèmes de mise en oeuvre, de stratégie comme le tout vers l’hopital??? de mise en concurrence, de gestion, de bon sens, de subsidiarité… le poids de l’état est une notion un peu trop floue qui mériterait d’être développée.

  • Effectivement comparons ce qui est comparable,est-ce que les hôpitaux allemands disposent du même parc immobilier que celui de l’APHP dans Paris (beaux arrondissements) et qui lui permet de loger à des prix largement en dessous du marché son personnel?Même principe que les élus logés dans les HLM.
    Combien de directions et de sous- directions et de sous- sous directions …. etc au sein de l’APHP pour gérer ce parc immobilier?

  • « la France est championne du monde des dépenses publiques : 53,8 % en 2019 ; et des prélèvements obligatoires : 46,09 % en 2018. »
    Et non, les prélèvements obligatoires c’est 48,4% du PIB source OCDE et les dépenses publiques c’est 57% du PIB. Les chiffres français sont systématiquement sous-évalués par nos organismes de statistiques par rapport aux calculs des organismes internationaux. Donc inutile de reprendre leurs chiffres qui ne sont là que pour minimiser le désastre français.

  • Mauvaise analyse d’un vrai problème. Vous oubliez que les dépenses sociales comprennent le financement des cliniques privés, des médecins libéraux, et j’en passe. Le nombre de lits à l’hôpital à été drastique ment réduit, on a supprimé les gardes des médecins libéraux et en gorgé les urgences de l’hôpital où les gens ne paient pas…
    Quant aux dépenses publiques l’Etat à compressé les siennes mais les intercommunalites ont créé des postes au lieu de transférer ceux des communes. Et les aides aux entreprises (CICE, baisse des charges, allègements multiples) coûtent 100 milliards d’euros par an à l’état.

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