Nous devons apprendre de l’échec de Qwant !

Surfant sur la vague des scandales relatifs aux atteintes à la vie privée, Qwant n’a pas réussi à nous faire changer de paradigme et relève plutôt de la poudre aux yeux.

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Nous devons apprendre de l’échec de Qwant !

Publié le 7 avril 2020
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Un modèle économique bancal

Reposant essentiellement sur de l’argent public, le business model de Qwant est fondamentalement bancal dans le contexte du développement de l’économie numérique, alors que les succès de la Silicon Valley illustrent le potentiel des nouveaux modes d’innovation et de croissance économique.

L’économie numérique au sens scientifique du terme est l’étude des biens immatériels qui sont par définition des biens non rivaux à coût marginal nul. Cette définition induit de nouvelles relations, de nouveaux modèles d’échange/partage, uniquement possible par Internet, un nouveau concept de propriété privée.

Les plateformes n’ont de valeur pour un groupe de clients que si les autres groupes sont également présents. Si Google est numéro un, c’est parce qu’il indexe, analyse et met en forme de vastes quantités de données sur toute la planète. Malheureusement Qwant n’a jamais réussi à percer à l’échelle de la France (avec seulement 1 % des requêtes), et encore moins à l’échelle européenne, dont il se réclame pourtant depuis son lancement.

Nous ne sommes pas que le produit

La majorité des résultats de Qwant sont eux-mêmes basés sur les techniques dénoncées par le moteur de recherche. Le 25 septembre 2019, lors d’une audition, Qwant reconnaissait sa dépendance à Bing de Microsoft à 64 % pour les résultats de recherche sur le web, quant aux résultats concernant les images ils venaient à 100 % du géant américain.

La réalité c’est que l’utilisation des données de navigation rend la navigation plus efficace pour tout le monde. Si nos données de navigation sont sauvegardées par les moteurs de recherche ce n’est pas uniquement parce que nous sommes le produit mais bien aussi pour rendre le service intuitif. L’objectif est de rendre la navigation intuitive et centrée sur nos préférences de recherche.

Nos requêtes sont enregistrées et peuvent ainsi réapparaître lors d’une prochaine requête lorsque nous tapons les premières lettres depuis notre clavier ou notre smartphone. Cet historique associé à notre compte de connexion et stocké sur les serveurs du moteur de recherche permet de le rendre accessible depuis différents terminaux.

L’illusion de la vie privée sur Internet

Plus nous avons le sentiment de contrôler nos données, moins nous sommes prudents. Qwant entretient malheureusement l’illusion qu’il est possible de conserver son anonymat sur Internet. En réalité, personne n’est réellement anonyme sur Internet.

Du point de vue de la technique informatique, l’anonymat pose aujourd’hui trop de contraintes pour un utilisateur moyen. Malgré les outils, il existe toujours un moyen de retrouver l’identité de l’internaute. Paradoxalement les gouvernements (et la France n’échappe pas à la règle) ont de plus en plus tendance à limiter la liberté et la confidentialité sur internet.

C’est pourtant là qu’il faudrait être le plus vigilant. Les fournisseurs d’accès internet (FAI) peuvent en effet déjà tout savoir de ce que vous avez fait en ligne. Si vous n’y prenez garde, des hackers peuvent également accéder à votre historique, vos données de connexion, vos informations bancaires, etc. Entre tous ces maux, ce n’est certainement pas d’une publicité ciblée qu’il faut le plus se méfier.

Alors que l’Europe a pris du retard dans la plupart des secteurs technologiques, il faudrait que nous apprenions parfois à échouer pour réussir ! Espérons que Qwant permette à l’Europe et à la France d’apprendre de leurs erreurs.

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Créer un compte Tous les commentaires (28)
  • Je ne sais pas très bien s’il y a autre chose à apprendre de l’échec de Qwant que des évidences: quand c’est moins bien et trop tard, il est urgent de faire autre chose.

  • Je ne sais si qwant est un échec. A quoi se mesure t il? Qwant marche très bien est aussi rapide que google, et je l’utilise tous les jours ! Et je préfère un système qui ne trace pas mon activité !

    • Il y avait déjà duck duck go…

    • Qui paie ?
      résultat 2014 -1.4m€, 2015 -4m€, 2016 -3.7m€, 2017 -8.5m€, 2018 -11.2m€, …

      • Utilisant les services étasuniens ON paye deux fois, par l’impôts et par l’influence sur les achats pilotés par l’oncle Sam !

        • Certes, mais en apprenant à recevoir de manière critique les résultats d’un moteur de recherche, quel qu’il soit, on peut à la fois se libérer du pilotage de l’Oncle Sam et de celui de la Tante Marianne.

        • Le différence étant que les impôts c’est de la COERCITION, les achats impulsifs c’est VOTRE bêtise. les achats pilotés par l’oncle sam sont des achats de choses que vous possédez ensuite, dont vous juissez. Les impôts c’est une perte sèche.

      • Oui, c’est monté à 20 centimes par an et par français: c’est trop bien sûr, mais si on compare au coût des dépenses nuisibles imposées par l’état c’est peanuts.

        • Vous avez raison, mais c’est une question de principe, pour être indépendant il faut équilibrer ses comptes sans aide de l’état.

    • Oui, «Qwant marche très bien est aussi rapide que google» mais du fait qu’il est moins utilisé il donne moins de résultats… Et comme il n’espionne pas, il ne donne pas nécessairement l’info qu’ON a l’habitude d’avoir ; et ça c’est peut-être «PAS MAL» pour ne pas rester coincé dans l’environnement qu’ON aime bien ????

    • Vous y croyez? Vous êtes super naïf !

  • Pour l’anonymat le passage par TOR ne demande pas de virtuosité particulière et d’après Snowden la NSA n’a toujours pas réussi à l’intercepter (?). Comme il y a beaucoup d’utilisateurs c’est devenu fluide.
    Attention quand-même aux espions de claviers.

    • tor est un navigateur, pas un moteur de recherche. Par défaut son moteur est duduckgo, un moteur alternatif comme Qwant, écosia, et d’autres basés sur Bing.
      Le problème de ces moteurs c’est le manque de précision sur des requêtes rares et pointues, que seul peut apporté l’acteur en monopole : Google.

  • « rendre la navigation intuitive et centrée sur nos préférences »

    Si nos préférences passées encadrent de plus en plus nos requêtes, cela ne peut conduire qu’à un appauvrissement progressif du résultat, enfermant les individus dans un tunnel étroit d’informations constamment répétées, rapidement dénuées d’intérêt, jusqu’à ne plus fournir de résultat du tout.

    Il y a également les choix éditoriaux des moteurs de recherche qui mettent en avant certains résultats plutôt que d’autres, parfois pour de douteuses raisons politiques. C’est très désagréable.

    Qwant a peut-être des défauts mais, au moins, il apporte une diversité de résultats bienvenue, une bouffée d’air frais.

  • Pour ne pas être pisté, je peux me mettre en navigation privée. Quelles sont les conséquences en pratique?
    Les publicités ne sont pas ciblées, mes recherches moins pertinentes, mes paniers non enregistrés.
    Ça peut être utile parfois, mais soyons sérieux, je préfère une publicité qui pourrait m’intéresser, avoir des recherches plus adaptées. En général j’aime être pisté…
    Beaucoup plus intéressant est de contourner les blocages et les localisations. Changez vos DNS, et si vous acceptez de payer, prenez un VPN. Avec un VPN, vous pouvez virtuellement changer de pays. Utile pour regarder des films américains. Utile pour contourner le message d’alerte RGPD… Utile pour les chinois, Xi (pour l’instant…) ferme les yeux la dessus.

  • Cette histoire n’est pas nouvelle, et il n’y a donc pas grand chose à en apprendre. Quand l’Etat se lance dans ce genre d’entreprise, l’échec est quasi assuré, et des milliers de livres et d’articles ont déjà été écrits sur les causes de ces désastres coûteux. Les exceptions à cette règle (exemple: le nucléaire français, qu’on essaie précisément aujourd’hui de démanteler !) sont rarissimes. La conclusion est simplissime: l’Etat (et ses affidés) doit se mêler le moins possible d’économie.

  • Que penser de DuckDuckgo?

    • C’est plutôt Duckduckgo le concurrent de Qwant en ce qu’ils attirent le même minuscule sous-ensemble d’internautes éclairés.

    • Il offre la garantie, tout comme Qwant, de ne pas avoir de filtre personnel : les résultats des recherches sont donc censées être toujours les mêmes, en tout temps, pour tous les utilisateurs. Il garantit aussi l’absence de pistage.

  • On se demande si l auteur maitrise vraiment son sujet.
    Il nous explique que l anonymat sur internet pose trop de probleme pour l utilisateur moyen (ah bon ? l utilisateur moyen a t il vraiment besoin de pub ciblee ou qu on lui suggere tel ou tel produit basé sur son historique ?)
    Plus fort encore, l auteur nous explique qu il faut se mefier des hackers qui peuvent acceder a vos donnees et que c est plus grave que de savoir que des publicitaires puissent acceder a vos donnees… Lui est il venu a l idee que ces fameux hackers peuvent aussi hacker les fournisseurs de pub pour acceder a vos donnees ?
    D aillerus dans certains cas, ils n ont meme pas besoin de competance techniques. Si vous representez un etat, la loi obligera ceux qui detiennent des donnees a les fournir !
    facebook fournira les donnees a l etat US tout aussi bien qu Orange a l etat francais

  • Il semble quand même qu’un changement de stratégie soit en oeuvre chez Qwant, qui, aux côtés de Tom-Tom, vient de s’offrir un beau partenariat avec Huawei.

    Aux dires même de la direction de l’entreprise, pour se relancer après ses déboires initiaux, Qwant avait initialement tablé sur une levée de fonds qui ne s’est pas finalisée. Elle s’est alors tournée vers d’autres solutions…

    C’est sûr que l’association avec Microsoft (US) et Huawei (Chine) entache sévèrement l’image d’un moteur de recherche transparent et indépendant. Mais ce ‘revirement’ de politique sera sans doute salutaire (du moins je leur souhaite).

  • Vous avez déjà vu des politiciens apprendre de leurs erreurs? Regardez le problème des immigrés, ils s’obstinent malgré tous les inconvénients dénoncés qui crèvent les yeux!

  • Il faudrait soutenir (au moins arrêter d’interdire) des solutions massivement décentralisées, basées sur des équipements privés : stockage dispersé, réseau maillé, virtualisation des services, partage des ressources de calcul… Avec la mode des box nos FAI pourraient tout à fait proposer des solutions innovantes et sûres. Mais relativement aux biais mis par le gouvernement, ils font de la télé (certifiée exception culturelle en plus, et avec notre belle chronologie des médias qu’on a à nous). A la base, le problème avec Qwant c’est qu’il sert des objectifs de contrôle plutôt que d’usage. Son échec ne servira à rien : l’objectif restera le contrôle… d’ailleurs qu’est-ce qui a échoué pour ceux qui l’ont supporté ? c’est notre argent qui a été dépensé pour en faire profiter des copains et ils peuvent montrer leurs bonnes intentions et fustiger la population pour ne pas avoir les bons comportements… je suis sûr que les responsables trouvent que c’est un succès.

    La question de la vie privée me semble en effet périphérique. Ce qui est central c’est notre lente assimilation de l’arnaque et de la manipulation comme des modèles économiques et de gouvernance normaux voire basiques. Il y aurait sans doute de nombreux services utiles qui pourraient être envisagés avec plus de transparence… mais le secret et l’opacité règnent, sans doute parce que nous découvrions que l’acteur principalement problématique dans l’utilisation des données personnelles est l’état qui essaie pourtant de se faire passer pour notre sauveur.

  • Mon commentaire a été caviarde..

  • A rectitude 2.0 qui avance de façon méprisante que les fonctionnaires passent leur temps sur des sites pornos via qwant, si ces derniers y passaient autant de temps que lui les services publics qui Co tinurnt a assurer la continuité seraient tous fermés.
    Si qwant peut nous sortir de la dépendance des GAFA alors aidons-le

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