La relance par la dépense publique, ça ne marche pas !

Arrosoirs by Raphaelle Laf Euille (CC BY-NC-ND 2.0) — Raphaelle Laf Euille, CC-BY

Pour lutter contre le coronavirus, il faut un plan de relance ! Tout est dit. Nous serons sauvés !

Par Vladimir Vodarevski.

Un plan de relance est dans l’air du temps. Avec le coronavirus chinois, un mot est redevenu à la mode : la relance. Partout dans la presse, il fait florès. Pour lutter contre le coronavirus, il faut un plan de relance ! Tout est dit. Nous serons sauvés !

À ne pas confondre

Il faut cependant faire quelques distinctions. Même si le terme relance, ou stimulus  pour le plan de Trump, est employé, il faut distinguer les mesures de soutien de celles de relance. Il paraît normal de proposer des mesures pour compenser le manque à gagner des salariés pendant cette période de pandémie, par exemple les mesures de chômage partiel ; d’autant que, si la France, ou d’autres pays, sont en confinement, contrairement à la Corée du Sud, c’est en raison de la gestion étatique de la santé. 

Cependant, ce type de disposition peut être combinée à des mesures plus idéologiques.

Ainsi, aux États-Unis, les démocrates, méprisant l’urgence sanitaire, ont voulu intégrer dans le plan de soutien des mesures idéologiques correspondant au Green Deal par exemple. De nombreuses mesures politiques ont été rejetées par le sénat, mais, face à l’urgence, le Président Trump a demandé au sénat d’en accepter certaines sans aucun rapport avec le coronavirus, pour permettre aux démocrates de sauver la face. Ainsi, 25 millions de dollars sont accordés au Kennedy Center for the Performing Arts dans le cadre de la lutte contre l’épidémie. Allez savoir pourquoi.

Tandis que le plan américain intègre le concept de stimulus, le président Macron évoque un plan de relance européen, sans préciser son contenu. Le mythe du plan de relance post-coronavirus reste vivace. Pourtant, l’Histoire montre que toutes les politiques de relance ont échoué. De même quelles n’ont aucune base théorique.

Roosevelt, ce sauveur

Le mythe de la relance perdure à travers les siècles. Le XXe siècle a abusé de ces politiques, illustrant leurs échecs, à commencer par celui de la crise de 1929. Ce qu’on entend par relance étant l’injection d’argent public dans l’économie.

L’Histoire raconte qu’en 1929, au commencement de la crise, le président américain Herbert Hoover n’a pris aucune mesure particulière. C’est en 1933 que Roosevelt est arrivé sur son cheval blanc, et a lancé un programme de relance keynésienne qui a sauvé les États-Unis. Un belle histoire, certes. Mais fausse.

En fait, le président Hoover a mené une politique de relance. Il a augmenté le déficit public, contraint les entreprises à maintenir les salaires malgré la crise, mené une politique protectionniste. Tous les ingrédients du keynésianisme. Pourtant, cela a échoué.

Roosevelt s’est fait élire en promettant de tenir les dépenses. Il a finalement lâché la bride. L’économie américaine a connu une récession, puis est repartie pendant la guerre, profitant d’une hausse faramineuse des dépenses publiques. Après guerre, la politique fut totalement différente. 

Sous la pression du Congrès, les États-Unis ont mené après guerre une politique totalement contraire au keynésianisme. La dépense publique héritée de la guerre a été diminuée. Le commerce international a été développé sous l’égide du GATT. Les monnaies ont été à peu près stabilisées par le système du FMI. Ce qui a donné les Trente glorieuses.

Ailleurs aussi dans le monde

La France elle-même n’a connu son expansion qu’après avoir appliqué une partie des préconisations du fameux rapport Armand-Rueff, de 1958. Un rapport qui sert toujours de référence aujourd’hui.

Durant les années 1970, la plupart des pays a mené des politiques de relance par la dépense publique. Ce fut un échec. Les gouvernements ont donc commencé à s’interroger sur des réformes dites structurelles… Tous les pays ? Non. Sauf la France, qui a lancé dans les années 1980 une politique de relance, qui a échoué, bien sûr.

Les autres pays d’Europe qui n’avaient pas conjointement mené des politiques de relance, et en particulier l’Allemagne, ont été accusés de profiter de la politique de relance française. Mais n’oublions pas que durant les années Trente, même les mesures protectionnistes aux États-Unis n’ont pas permis le succès de la politique de relance. Accuser l’autre est un réflexe populiste habituel.

Laisser faire plutôt qu’intervenir

Aujourd’hui, en France des voix se font entendre expliquant que la réussite des USA provient de son déficit public. Mais la France connaît aussi un déficit abyssal qui a même été supérieur au déficit américain actuel, et sans effet sur la croissance. D’autres pays de la zone euro ont une croissance supérieure à la France, et un chômage moindre, sans politique de relance par le déficit comme pratiquée ici. Il faudrait peut-être commencer à s’interroger sur l’utilité de cette relance par le déficit. 

Aujourd’hui des entreprises parviennent à tirer leur épingle du jeu face au confinement : les télévisions, les services de streaming, les services dédiés au télétravail. L’économie se réorganise d’elle-même, et c’est la meilleure chose à faire : la laisser faire, lui donner la liberté nécessaire pour créer des emplois et des revenus, pendant et après la crise. La liberté est la plus efficace des relances, l’expérience le prouve ! C’est cela le progrès social.

Certes, il convient de soutenir les entreprises et les salariés face au confinement imposé par l’État, mais n’espérons pas une relance par la dépense publique. La relance, ça ne marche pas. La théorie économique et les fait l’ont prouvé et expliqué ; ce sont les bases de l’économie.

 

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