Coronavirus : les médecins de ville n’ont pas de protection

Equipement de protection à Wuhan-Capture d'écran YouTube-Service de réanimation Wuhan

Je ne suis pas de la Direction Générale de la Santé, je ne suis pas des Agences Régionales de Santé, je suis juste un médecin généraliste. Et comme beaucoup, je n’ai pas de moyens de protection pour moi et mes patients.

Par le Dr Jérôme Marty.

Je ne suis pas du ministère de la Santé, je ne suis pas de la Direction Générale de la Santé, je ne suis pas des Agences Régionales de Santé :  je suis juste un médecin généraliste…

Il n’y a pas assez de moyens de protection

La médecine de ville, dans toutes ses composantes médicales et paramédicales est quasi sans moyen de protections : pas ou peu de masques, de surblouse, de lunette de protection, de soluté hydroalcoolique. Pas de test…

Pas de moyen de prescrire des moyens de protection.

Ce manque de matériel se retrouve aussi dans beaucoup d’établissements sanitaires publics et privés.

Il nous est demandé dans les établissements d’user de masques périmés.

En ville, nous voyons incrédules les rassemblements en plein air suspendus et les métros continuer à fonctionner. Nous ne comprenons pas qu’il n’y ait pas de nettoyage, de port de masques, au sein des zones confinées afin que chaque patient qui s’ignore ne contamine d’autres patients.

Nous ne comprenons pas que l’on teste si peu de patients.

Nous allons être en première ligne

Nous ne comprenons pas qu’il y ait une volonté de ne pas savoir l’importance de la circulation du virus, pour lutter contre une menace il faut aussi la voir.

Nous ne comprenons pas que l’on ne teste pas les soignants symptomatiques afin de mettre ensuite en évidence les immunisés.

Nous ne pouvons supporter que ceux qui parmi nous sont porteurs de pathologies chroniques ou au système immunitaire affaiblis ne fassent pas l’objet de protections particulières.

Nous sommes juste des soignants, nous allons remplir notre mission, nous serons auprès de vous quoiqu’il arrive.

Sans moyens de protection certains d’entre nous seront atteints, certains devront s’arrêter de travailler quelques jours ou plus, d’autres possiblement contamineront leurs patients comme cela a pu être observé dans nombre d’établissements dans différents pays.

Nous ferons tout pour empêcher cela, mais si les moyens de protection restent aussi faibles, cela impactera d’une façon ou d’une autre notre exercice.

Nous sommes celles et ceux qui vont être mis à contribution pour permettre à nos consoeurs et confrères hospitaliers de ne pas être dépassés et de pouvoir se consacrer aux cas les plus graves.

Si les moyens existent et il faut le dire précisément : combien de masques FFP2, de kits de protections, quel état des stocks ? S’ils n’existent pas, il faut le dire.

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