Municipales 2020 à Paris : et si on parlait de la dette et des dépenses publiques ?

Si la stabilisation de la dette ne suffit pas, qui s’engagera effectivement pour réduire les dépenses publiques ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Anne Hidalgo By: Jacques Paquier - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Municipales 2020 à Paris : et si on parlait de la dette et des dépenses publiques ?

Publié le 11 mars 2020
- A +

Par Frédéric Mas et Justine Colinet.

Les candidats à la mairie de Paris se sont affrontés une dernière fois face au public mardi 10 mars lors d’un débat organisé par France Info, France 3 et France Bleu. Rachida Dati s’est faite offensive face à une Anne Hidalgo calme et déterminée et une Agnès Buzyn visiblement en difficulté à trouver sa place.

La propreté, le quotidien des Parisiens, l’intervention publique pour relancer l’activité économique sont autant de thèmes qui ont largement dominé le débat, passant quasiment sous silence le problème essentiel de l’endettement de la mairie de Paris, qui, selon une étude de l’IFRAP publiée en août 2019, s’élevait à 5,7 milliards d’euros, soit 2835 euros par habitant. Depuis 2001, la dette s’est envolée, passant de 507 euros par habitant à 1636 euros, le tout en ayant recours à l’emprunt massif.

Comme le note l’économiste Pascal Salin, « s’endetter c’est reporter à plus tard le remboursement, ce qui veut dire que si on n’est plus au pouvoir, ce sont les autres qui en auront la charge », ce qui revient à masquer le coût réel des politiques publiques.  « C’est vrai que la dette devrait être une priorité dans le débat des municipales, peut-être pas seulement son remboursement mais les exigences pour éviter qu’elle se développe. »

Le problème municipal renvoie à un problème national : « Je suis scandalisé qu’on accepte comme normal d’avoir 3 % de dette par an. Ça signifie une accumulation. En France, on atteint un niveau de dette qui est de 100 % du PIB, ce qui est considérable, et qu’il faudra bien un jour rembourser. On a le même problème à Paris, cela prouve bien le manque de responsabilité de la municipalité. »

Seulement, pour Pascal Salin, ce n’est pas tant la dette que les dépenses publiques qui doivent être jugulées, entraînant toutes les tracasseries que les Parisiens connaissent bien : « Il est très frappant que la fiscalité locale est très élevée à Paris, et en plus de ça, il y a la dette. Ce qui fait qu’évidemment, il y a des dépenses qui sont excessives. L’un des aspects de ce problème, parmi tant d’autres, et tous ceux qui sont à Paris le voient bien, c’est que la municipalité passe son temps à faire des travaux dans les rues qui font des embouteillages aux voitures, ça coûte forcément beaucoup d’argent. C’est un gaspillage de ressources scandaleux, par haine des automobilistes. Ces embouteillages créent en plus de la pollution. »

Si jusqu’à présent Anne Hidalgo semblait largement en tête dans les sondages, la situation a évolué, et désormais, la candidate LR Rachida Dati talonne le maire sortant. Un sondage BVA en date du 10 mars 2020 sur les intentions de vote des Parisiens la place légèrement en tête par rapport à Anne Hidalgo (25 % pour LR contre 24 % pour Anne Hidalgo), donnant à la compétition une nouvelle tournure, plus tendue pour cette dernière. Si la stabilisation de la dette ne suffit pas, qui s’engagera effectivement pour réduire les dépenses publiques ?

Affaire à suivre dans les urnes dimanche prochain.

Voir les commentaires (15)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (15)
  • La recette socialiste est bien connue: regardez tout ce que nous avons réalisé (piscines, bâtiments divers, etc…) sans ajouter que ce seront les contribuables qui paieront plus tard (c’est essentiel) à la fois les dépenses indipensables plus les dettes des anciens socialistes.

  • En cette période d’épidémie, peut-être faudrait-il parler aussi des rats. Ils ne propagent pas le coronavirus, mais a-t’on réellement besoin d’autres épidémies ?

  • Le problème de Paris n’est pas vraiment le niveau de la dette, qui reste « acceptable » pour une ville avec une telle capacité de désendettemment. Ce qui est inquiétant, c’est clairement la tendance actuelle à financer les coûts de fonctionnement par ce biais.
    Pour résumer:
    – Dette pour investissement (si celui-ci est VRAIMENT justifié): Oui
    – Dette pour fonctionnement: Non

    • Pour se désendetter, il faut dégager des excédents de gestion courante. Autant rêver debout en ce qui concerne la gestion parisienne. Quant aux investissements, si la dette finance des pistes cyclables et la destruction des voies de circulation pour les voitures, autant se pendre tout de suite, le résultat sera le même. Les propriétaires parisiens vont prendre cher quand ils devront assumer en même temps les dettes de leur ville tiers-mondisée et la chute de la valeur de leur investissement.

    • du temps de Chirac-Tiberi il y avait 22 000 fonctionnaires (agents territoriaux à vie), avec Delanoë-Hidalgo on dépasse l’entendement : 55 000 à 3 millions d’€uros en moyenne chacun pour toute la durée de leur vie (+avantages très confortables), faites le calcul et restez bien assis !

      • Est-ce qu’un fonctionnaire territorial de la ville de Paris coûte réellement et en moyenne, 3 millions d’euros en masse salariale pour l’ensemble de sa carrière ?

        • Si le gars entre à 20 ans, fait carrière, accumule son ancienneté, puis fait retraite, avec une espérance de vie à 80 ans au moins, on n’est sûrement pas loin des 3 millions budgétés d’une manière ou d’une autre dans la poche des Français qui produisent les richesses.

  • Paris est gérée comme les parisiens le veulent… La dette n’a aucune importance, un peu la circulation pour les artisans mais le parisien, lui, il s’en fout. En fait Anne est une bonne maire comme les autres car les autres feront pareil alors pourquoi changer ?

  • Il n’y a pas que Paris c’est le problème de beaucoup de municipalités qui utilisent des artifices comptables qui sont interdits pour la moindre PME,sans parler du fameux hors bilan et des SEM et autres SPL qui permettent de contourner la loi en toute tranquillité et d’endetter encore plus les communes le tout avec l’approbation des chambres régionales des comptes.

  • Et si Macron arrêtait demain cette masquarade ?

    Si on retarde les mesures d’urgence pour maintenir coûte que coûte ces élections, alors dans 10 jours on en sera au point de l’Italie.

    Macron pense-t’il que ce détail va passer inaperçu ?

  • cette femme manipule même le nombre d’habitants de Paris ; elle comptabilise les habitants des résidences secondaires comme s’ils étaient parisiens 365 jours par an ;

    • Mauvais argument, on peut être parisien et parcourir le monde.. Ce qui n’empêche pas de payer ses impôts locaux et fonciers dans la capitale !

  • s’endetter c’est reporter à plus tard le remboursement, ce qui veut dire que si on n’est plus au pouvoir, ce sont les autres qui en auront la charge »,
    je ne comprend pas qu’on puisse engager des dettes qui dépassent la duree du mandat sans faire une consultation générale du vœux des habitants par referendum

    • Qui ne s’endette pas ? Même Bill Gate recourt à l’emprunt !

      • 1. C’est pas parce que tout le monde est idiot que c’est une excuse pour l’être

        2. Bill Gates s’endette parce qu’emprunter lui coûte moins cher que de mobiliser son cash . Il y a effet de levier. Du cash, la mairie de Paris n’en a pas…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
6
Sauvegarder cet article

Le vendredi, c’est poisson et la morue en est un excellent qu’on peut par exemple déguster en brandade. Sans rapport aucun, signalons qu’Anne Hidalgo fait actuellement parler d’elle alors que la ville dont elle a la charge serait en très fâcheuse posture budgétaire.

Il est vrai que la situation économique du pays et l’inflation galopante finissent par toucher tout le monde, même la Ville des Lumières. Ajoutons-y une petite guerre à l’Est, un méchant covid qui a nettement pénalisé les activités touristiques et voilà la capitale français... Poursuivre la lecture

6
Sauvegarder cet article

Anne Hidalgo avait promis de ne pas augmenter les impôts à Paris. C’était pour rire.

Elle a décidé de taper les Parisiens au portefeuille par surprise au moment qui fait le plus mal. L’inflation galopante a déjà commencé à rogner leur pouvoir d’achat et leur épargne. Une récession dure pointe le bout de son nez. Joli contexte pour accroître brutalement la pression fiscale de 570 millions supplémentaires. Au groupe Changer Paris, nous avions prévenu les Parisiens qu’Anne Hidalgo entrainait la mairie sur une trajectoire financièrement in... Poursuivre la lecture

Les Jeux Olympiques devaient être une fête, une sorte de Coupe du monde 1998 bis destinée à faire briller la France et ses élites politiques à l’international. En quelques années de crises politique, sanitaire et économique, le projet pharaonique pour Paris s’est transformé en une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête d’Anne Hidalgo et d’Emmanuel Macron.

Anne Hidalgo se consacre aux Jeux Olympiques avec application après sa déconvenue spectaculaire à l’élection présidentielle. Bien que réélue à la mairie de Paris en juin 2020... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles