Coronavirus : au-delà des humains, un impact économique déjà énorme

Quel que soit le bilan humain de l'épidémie de Coronavirus, le bilan économique sera de toute façon majeur et l'année 2020 restera dans les annales.
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Coronavirus : au-delà des humains, un impact économique déjà énorme

Publié le 9 mars 2020
- A +

par h16

Bon, voilà, on y est, la crise épidémique est là et on peut déjà s’interroger sur la capacité des pays européens à encaisser le nombre croissant de malades (dont un pourcentage important devra être placé sous respiration artificielle). L’Italie est déjà débordée, et on peut donc gloser longtemps sur les effets humains et médicaux de cette épidémie. Cependant, que la crise sanitaire soit importante ou non, la crise économique, elle, ne fait guère de doute puisqu’elle est déjà là…

Et pour une bonne crise, il suffit de laisser intervenir les frétillantes andouilles qui dirigent les États. Ainsi, on entrevoit toute la puissance de nos clowns à roulettes au gouvernement avec par exemple l’idée lumineuse de Bruno Le Maire, décrétant un blocage des prix sur le gel hydroalcoolique, ce qui entraîne évidemment une pénurie, parfaitement prévisible.

C’est parfaitement idiot d’autant plus que les produits de substitution existent nombreux, et que la production est normalement triviale, et tout à fait à la portée d’un continent comme l’Europe. Il fallait toute l’inculture économique et psychologique d’un ministre pour transformer ces tensions de marché en échec cuisant.

Dans la même veine des bonnes grosses interventions étatiques indispensables à accroître le problème plutôt que le résoudre, on parle déjà, ici ou là, de « relance économique » par des stimulus divers et variés mais dont l’idée générale reste toujours la même : et si on injectait de l’argent à gros bouillons dans les bourses pour doper l’activité ? C’est-y-pas une idée qu’elle est bonne ?

Évidemment, on peut être dubitatif sur ces idées compte tenu des effets des précédents stimulus qui ont surtout dopé les bulles et largement financiarisé l’économie au détriment des productions de richesses répondant à une demande précise. Et puis la magie des taux négatifs a complètement modifié (et pas en bien) les comportements face au risque entraînant des allocations massives de capitaux vers des secteurs normalement peu ou pas rentables et dont on soupçonne fortement la fragilité au moindre retournement de tendance.

Malgré ce constat, il semble qu’une fois encore, en remettant une bonne grosse couche d’une solution qui n’a pas marché des masses, on va enfin avoir des effets bénéfiques.

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

De toute façon, reconnaissons-le : les armes des banques centrales sont un peu épuisées. On ne peut guère baisser davantage les taux directeurs, et les états de situation financière de ces banques montrent une accumulation gravissime de créances plus ou moins pourries, le tout sur fond de dettes énormes des États occidentaux (la France est à plus de 100 % de dettes par rapport à son PIB pour rappel).

On comprend donc que les marges de manœuvres sont donc particulièrement étroites et quoi qu’il arrive, le bilan économique de 2020 ne pourra pas être magnifique.

Ainsi, en Chine, on parle déjà de récession au moins pour le premier semestre 2020. C’est assez peu étonnant du reste, lorsqu’on constate les exportations chinoises sur les deux premiers mois qui se sont très nettement affaissées, pour le dire gentiment.

L’activité économique chinoise a été profondément marquée par cette épidémie.

Et si la Chine exporte nettement moins (voire plus du tout), les flux opposés en ont eux aussi pris un coup : les exportations vers la Chine sont aussi en berne (ici, on pourra voir l’exemple australien, mais nul doute qu’on peut reproduire le schéma avec les exportations européennes et françaises en particulier).

En substance, le seul produit chinois qui se soit vraiment trop bien exporté ces dernières semaines, c’est le fameux virus. L’épidémie résultante provoque d’ailleurs une baisse de la demande pétrolière et, par voie de conséquence, une chute des prix du baril (rassurez-vous, vous n’en verrez à peu près rien à la pompe, l’État français se chargeant goulûment d’amortir les chocs à la baisse en augmentant les taxes au besoin, le petit malin).

Cette baisse des prix est bienvenue en ces temps délicats, mais on devra néanmoins s’attendre à des impacts important de cette crise sur certains marchés bien français comme le luxe, l’aéronautique et, notamment, le tourisme. En effet, qui veut aller visiter un pays où les gens sont contaminés ? À tort ou à raison, on va avoir du mal à attirer des touristes si on ne garantit pas l’absence de contamination dans le pays, ce qui pour le moment n’est pas gagné.

Par voie de conséquence, on doit raisonnablement tabler sur des impacts sensibles sur la restauration, et l’hôtellerie, puis les sous-traitants et artisans de ces industries qui seront inévitablement touchés.

Bien évidemment, la phase 3 de l’épidémie est inévitable et probablement déclarée dans les prochains jours. Avec elle, on peut s’attendre à différents autres impacts, au moins économiques : les gens se confinant, les commerces vont directement faire les frais de cette baisse d’activité ; si le télétravail est possible dans une certaine mesure, il faut comprendre que ce n’est pas le cas pour une majorité d’entreprises, de services. La fermeture des écoles, des universités, des administrations va provoquer des effets secondaires qu’il est difficile d’évaluer, mais il est assez peu vraisemblable que ce soit bénéfique économiquement.

La mise en quarantaine de certaines régions, réellement très complexe voire impossible en pratique, se traduira immanquablement par des faillites en cascade.

La bonne nouvelle, c’est que l’épidémie passera. Beaucoup survivront et l’Humanité s’en sortira : non seulement le taux de mortalité global n’est pas assez fort pour présenter un danger à cette échelle, mais il est raisonnable de penser qu’on trouvera traitements et vaccins dans les prochains mois. Et donc, par voie de conséquence, la crise économique, elle aussi passera.

Mais il est d’ores et déjà certain que l’épidémie de Covid19 aura un impact économique considérable en 2020 dont on parlera longtemps après.

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  • rassurez-vous, vous n’en verrez à peu près rien à la pompe, l’État français se chargeant goulûment d’amortir les chocs à la baisse en augmentant les taxes au besoin, le petit malin

    Il ne faudrait surtout pas qu’il laisse l’économie fonctionner. L’occasion de glisser une petite taxe par ci par là est trop belle.
    De cela, je suis parfaitement rassuré.

    La bourse est en mode bouse rattrapage de crash pour le moment. Il est étonnant que cela n’ait pas dévissé plus fort la semaine passée.

  • Ceux qui se frottent les mains, j’imagine, ce sont les adeptes de la décroissance. Là nous sommes face à un cas réel.

    • Ce qui va être rigolo c’est lorsque la décroissance va venir frapper la porte des « décroissants ». ce qui parait tout beau dans les discours est quelque fois assez vilain vu de trop près…

    • Allez lire les commentaires des derniers articles gratuits du Monde. Terrifiant. La plupart des commentateurs se « consolent » : « ça fera du bien à la planète », « ça obligera à repenser le système libéral mondial », « moins de croissance fera du bien ». J’ai même lu que Bruno Lemaire aurait tenu des propos ultra libéraux à une journaliste ! De quoi réjouire l’auteur de cet article.

  • Il faut être clair, l’impact humain global est null, la grippe fait 1000 fois plus de victimes à chaque épidémie.
    Économiquement cela va être très intéressant, on va pouvoir observer la résistance du système. les paris sont ouvert mais on tient sans doute le prochaine crise économique d’ampleur équivalente voir pire que celle de 2008

    • @Laurent
      Bonjour,
      « La grippe fait 1000 fois plus de victimes à chaque épidémie. »
      h16, le 7 mars à 16h56 en réponse au commentaire de corbc, sur l’article de h16 « Coronavirus une belle gestion de crise en Socialie » (https://www.contrepoints.org/2020/03/06/365847-coronavirus-une-belle-gestion-de-crise-en-socialie) a écrit :
      « Les avis médicaux divergent » [mots de corbc]
      Non. Les médias racontent tous un peu n’importe quoi, mais très majoritairement, les avis médicaux fiables concluent tous à une létalité plus forte d’un rapport d’au moins 20 à la grippe.
      L’autre problème est les complications qui sont nettement plus nombreuses que la grippe.
      Enfin, la viralité est 1.7x plus importante que la grippe. »
      Il donne des liens ensuite :
      https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/who-china-joint-mission-on-covid-19-final-report.pdf
      https://legrandcontinent.eu/fr/2020/03/07/bilan-coronavirus/

      J’ajouterai que la grippe saisonnière c’est la nôtre, on la connaît, elle revient tous les ans. Celle de Chine, nommée Covid19, on ne la connaît pas.
      Notre rhume européen transporté outre-Atlantique a des effets néfastes car les américains n’ont pas le système immunitaire adapté à ce rhume.
      Les chinois ne le connaissent pas non plus ce coronavirus. Sommes-nous mieux immunisés qu’eux ?

      Quant au système, vu sa fragilité déjà quand il n’y a pas de crise…

  • Voilà un vrai stress test que soi disant sur le papier les banques passent toujours .Il faudra ce virus pour mettre au grand jour ce que les discours officiels(basées sur la méthode Coué),les statistiques d’Etat (INSEE et cie),chiffres du chômage sans cesse bidouillés masquaient de plus en plus mal,les chiffres de croissance étaient déjà inférieures aux prévisions(prévisions toujours fausses) de toute façon,en espérant que cela les décide enfin à prendre des décisions repoussées depuis 40 ans!

  • Sans rien savoir de l’origine de l’épidémie, on peut se demander pourquoi une simulation, avec des représentants de l’establishment mondial, sur le thème de la lutte contre une épidémie mondiale du virus Corona a été organisé en octobre 2019 à New York, deux mois avant le véritable départ du coronavirus (à la demande de la fondation Gates et du Forum de Davos qui en a travaillé les conclusions en janvier). Etait évoquée, entre autres, une chute des Bourses de 15%…
    En tout état de cause, pourra-t-on dire que la crise qui va suivre a été causée par le virus ou par son instrumentation?

    • Ya un complot mondial qui repand le fait qu’il y a un complot mondial……a moins que ce ne soit le contraire…ah ces judeo franc maçon islamo jesuites toujours a f…la m…

    • « on peut se demander pourquoi »

      Parce que les pandémies sont un sujet majeur d’inquiétude dans un monde globalisé, le centre Johns Hopkins est spécialisé dans le domaine.
      Ce n’est de très loin pas la première « simulation » et la fondation Gate finance de très nombreux projets tout azimut.

  • Bah, le problème est mondial, et dans ce cadre les gesticulations des ministricules sont peu importantes.

    C’est « marrant » de se gloser des Itailiens ou de chercher des crosses à Trump (alors que les US ont 2 fois moins de cas pour 4 fois plus de population ?!?).

    Alors qu’ils n’ont en fait que 15 jours d’avance ou de retard sur la France …

  • La France est pas foutue, alors?

  • Il convient de rétablir l’épidémie de Covid19 dans son vrai nom, à savoir épidémie de Wuhan, la plupart des précédents virus ayant été dénommés selon leur localité probable d’apparition. On connaît ainsi les virus Ebola ou Zika, pour ne donner que deux exemples.

    Il paraît pourtant que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Pas de raison de faire une exception avec les Chinois.

    Epidémie de Wuhan, donc.

  • Les commentaires sont fermés.

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