Griveaux, Coronavirus : il ne faut jamais perdre une bonne crise

Les crises sont l'occasion d'une récupération permanente et sans la moindre honte ni la moindre vergogne par tous les politiciens du cru.
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L'Etat crée les crises by Jim Bauer(CC BY-ND 2.0)

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Griveaux, Coronavirus : il ne faut jamais perdre une bonne crise

Publié le 2 mars 2020
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par H16

Comme un dicton populaire le fait clairement comprendre, il ne faut jamais perdre les opportunités offertes par une crise. Avec l’actuel gouvernement en France et sa capacité olympique à créer de la crise de façon presque continue, ces opportunités se multiplient donc sans relâche. Et à chaque fois, elles sont utilisées par le pouvoir en place pour accroître l’emprise de l’État sur les citoyens.

Ces deux dernières semaines fournissent autant de magnifiques exemples de cette extraordinaire propension de nos politiciens à toujours retourner, quoi qu’il arrive, les crises pour leurs petits agendas personnels ou leurs lubies idéologiques.

Au passage, rares sont les observateurs de ces récupérations éhontées qui auront la lucidité de remarquer que ces crises, quand elles ne sont pas directement provoquées par l’incurie de ces mêmes politiciens en premier lieu, sont souvent empirées par leurs déclarations et autres décisions paniquées que ne renierait pas un poulet sans tête.

Conséquence d’une société de médias et de communication où l’agitation spasmodique est rapidement confondue à l’action réfléchie et utile, nos politiciens ont en effet compris qu’il importait avant tout de s’exprimer, d’occuper un volume sonore et médiatique d’autant plus grand qu’on n’avait à proposer aucune solution opérationnelle ou en rapport avec le sujet.

Government Demotivator

Ce qu’on nomme à présent l’affaire Griveaux, bouffonnerie pathétique d’un candidat à la mairie de Paris, avait en elle-même essentiellement révélé l’incroyable bêtise de nos dirigeants couplée à une forme de mépris des institutions qu’ils sont censés représenter.

Cette crise aura déclenché l’abandon en rase campagne électorale du candidat de la majorité présidentielle. Il aurait été dommage de gâcher une telle catastrophe politique, et c’est probablement pour cela que, rapidement, quelques brochettes d’élus, se sentant probablement assez morveux eux-mêmes, sont rapidement montés aux tribunes parlementaires et médiatiques pour hurler leur sainte horreur de l’anonymat des réseaux sociaux.

Le subterfuge était gros, énorme même : personne, dans cette affaire, n’était anonyme, au plus grand désarroi de Benjamin Griveaux lui-même qui aurait énormément apprécié, en l’occurrence, de n’être point reconnu dans sa vigoureuse gymnastique du poignet ; les protagonistes sont tous cités, et tous ont agi en leur nom. S’il y a eu réseau social dans cette histoire, c’est la partie la plus étroite, la moins sociale qui a été employée puisque la conversation n’était pas censée être enregistrée et ne se passait justement pas sur la partie publique du réseau social en question. Quant à la diffusion de la vidéo, elle a eu lieu sur un site web qui n’a aucun lien avec les réseaux sociaux. Seul réseau social clairement identifié dans cette affaire : twitter, par lequel un député, absolument pas anonyme donc, a fait connaître le site web hébergeant la vidéo sulfureuse.

Bref, aucun des mots-clés « réseau », « social » et « anonymat » n’entre en ligne de compte dans cette affaire ? Qu’à cela ne tienne ! Élus, chroniqueurs, journalistes sont rapidement montés au créneau : depuis Richard Ferrand jusqu’à Alain Duhamel en passant par Gérard Larcher, tous les vieux caciques que comptent la politique et les médias français se sont agités pour réclamer la fin d’un anonymat qui n’avait absolument rien à voir avec la question.

Outre leur méconnaissance patente du sujet (la règle étant plus le pseudonymat que l’anonymat sur internet, ce dernier étant de plus en plus délicat à conserver de nos jours), on ne peut s’empêcher de noter cette magnifique synchronisation de tout ce que le pays compte d’étatistes liberticides habituels dès qu’il s’agit d’ajouter des lois et des restrictions pour garantir que l’État pourra s’insérer encore un peu plus près de nos vies à tous, à chacun de nos instants, pour qu’enfin le souffle lourd de l’administration française se fasse sentir sur chaque nuque de chaque citoyen français, qu’il comprenne enfin qui est son maître.

Et ce qui est vrai de l’affaire Griveaux l’est tout autant de la crise suivante : le coronavirus est maintenant l’occasion de tester de nouveaux discours, de nouveaux « narratifs » comme aiment les appeler les communicants actuels. Là encore, ce serait dommage de ne pas exploiter cette crise pour oublier de pousser de nouvelles idées liberticides.

Et avec un virus, que dis-je, une pandémie mondiale, c’est un véritable boulevard qui s’offre aux habituels fossoyeurs de la subtilité intellectuelle : il n’aura pas fallu attendre très longtemps pour que monte la petite musique de la nécessaire remise en question de la mondialisation (pensez donc : sans elle, pas d’épidémie, assurément), du problème évident du capitalisme apatride mondialisé qui accroîtrait le problème sans parler de l’individualisme, pire, du turbo-libéralisme effréné et son égoïsme qui poussent les uns à la panique et les autres à répandre la maladie partout où ils passent. C’est évident.

Comme le rappelle Ferghane Azihari, ce point de vue n’est finalement pas si éloigné de celui de Jean-Jacques Rousseau qui faisait finement remarquer après le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 que si la ville n’avait pas été construite et si nous étions restés dans nos cavernes, la nature y aurait fait moins de dégâts.

C’est bien évidemment parfaitement idiot, mais tout comme la bataille contre l’anonymat qui ne s’embarrasse guère des faits, la bataille contre le capitalisme par une engeance politique maintenant baignée d’un marxisme pas uniquement culturel ne va pas s’encombrer de ce genre de détails : peu importe que les pandémies, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont toutes été des zoonoses et que cela prouve amplement à quel point le capitalisme et les sciences modernes gèrent extraordinairement bien ce genre de fléau ! Peu importe que des traitements commencent à apparaître, moins de trois mois après le début du phénomène, qu’un potentiel vaccin soit en cours d’étude, que tout ceci repose sur le capitalisme et la mondialisation honnis, et qu’absolument rien de tout ceci ne soit du fait des agitations grotesques de nos politiciens.

Peu importe : ils sont aux commandes, ils seront interrogés, de nombreuses fois, par l’élite journalistique, et on aura donc le droit, à chaque fois, à une nouvelle exploitation de la crise pour propulser leurs petites idéologies bancales.

Le pompon sera atteint lorsqu’une crise servira à en alimenter une autre, aussi artificielle soit-elle ; avec le coronavirus, il suffira de lui relier, par de tortueux raisonnements, le réchauffement climatique (alpha et omega actuel de toutes les catastrophes réelles ou fantasmées du moment) pour qu’enfin, le crisomètre pète les scores et que les capacités d’exploitations politiques ouvrent de nouveaux champs quasiment sans fin.

Les crises se suivent et se ressemblent en République du Bisounoursland dont la devise (Égalité, Taxes, Pantoufles) garantit à chacun la même misère qu’à tous les autres et l’assurance, dans une taxation de plus en plus rude, qu’aucun risque, aucune action concrète audacieuse ne sera plus jamais prise dans le pays. À chaque nouvelle crise, sa bordée de cris et de nouvelles lois. À chaque bordée de nouvelles lois, ses taxes, ses sanctions et ses diminutions de libertés civiles.

La première victime de la guerre est la vérité. La première victime d’une crise, c’est la liberté.


—-
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  • Exploiter les peurs d’une population est le plus sûr moyen de la contraindre à tout ce qu’on veut.
    Il faudra analyser, après coup, les conséquences de cette épidémie et surtout, de l’exploitation médiatique qui en a été faite. En se rappelant que les médias, pour la plupart, ne sont pas « indépendants »

    • Ceci est d’ailleurs également vrai au niveau international.
      – Bien que ce virus ne soit pas le premier qui affecte la Chine, les conséquences pour l’économie chinoise seront sans commune lesure avec les précédentes. Le tout sur fond de guerre commerciale (et plus généralement hégémonique sino-américaine)
      – le virus fera un coupable idéal en cas de méga crise économique, puis financière. Cela permettra de dédouaner les banques centrales et leur politique…
      – des mesures liberticides peuvent également surgir au niveau mondial

  • Il est au passage bien connu et documenté que l’épidémie de Peste du XIIIe siècle, ainsi que la grippe espagnole de 1919 sont, elles aussi, dues au capitalisme libéral apatride et aux échanges commerciaux à l’époque en pleine expansion.
    C’est triste, mais on ne peut pas attendre le moindre recul en matière d’Histoire de ces clowns… ce qui nous condamne de fait à reproduire les mêmes erreurs, encore et encore. Panum et circensem, comme disait l’autre.

  • « l’anonymat sur internet, […]de plus en plus délicat à conserver de nos jours » semble en revanche très facile à garder, quand il s’agit de menaces de mort proférées contre la jeune Mila. On attend toujours, et je crains qu’on n’attende très longtemps, compte tenu de l’origine ethnique et culturelle , très clairement visible, des aboyeurs et imprécateurs…

  • « avec le coronavirus, il suffira de lui relier, par de tortueux raisonnements, le réchauffement climatique »
    ha!ha! excellent! bravo

  • VIVE LE POUVOIR! Caramba.
    Ces temps-ci et plus que jamais, le pouvoir c’est pour nos hommes politiques (hommes ou femmes, « élus », nommés, « journalistes »,…) juste la possibilité de ne pas s’arrêter au feu rouge comme tout un chacun.
    Quel intérêt sinon?

  • Une fois de plus, H16, vous avez raison.

    Oui, chaque événement est utilisable pour en faire une crise, chaque crise est utilisable pour restreindre les libertés. Et en premier lieu la liberté de penser. Ici, aujourd’hui, en France.
    Celle-ci n’existe plus guère, tant les masses, et donc les individus qui les composent, sont formatées par le binôme constitué par :
    – 1/ les procédés (revoir la “Psychologie des Foules”)
    – et 2/ par les arguments empilés dans une dynamique (voir [je ne dis pas “revoir” car il est peu connu] le décryptage de la praxis du Marxisme, du “national-marxisme” pour être exact dans “L’Albanie d’Enver Hoxha”).

    La maîtrise des médias fournit à nos castes dirigeantes les moyens de mettre en place les procédés.
    La conduite des actions selon le processus rigoureux de l’édification des esprits, dans la praxis du marxisme incluse dans leur formation anti libérale, fournit à nos castes dirigeantes le cheminement des argumentaires. Lesquels aboutissent sans faillir à l’abêtissement et au rançonnage des citoyens. A l’asservissement du peuple par l’élite bien pensante autoproclamée.

    Pour ma part, je n’ai qu’un espoir :
    – partout où ce binôme a été mis en place (de l’Union soviétique à l’Albanie, de Cuba au Cambodge, etc…), même s’il a détruit des esprits et des vies, même s’il a créé de la faim, de la misère, de l’angoisse, de la souffrance, du désespoir, …
    – partout il a échoué devant le dynamisme du capitalisme et du libéralisme.
    Mais que c’est dur, en attendant !

  • Bien vu! Ce n’est pas le virus qui est dangereux, c’est la connerie.
    Mais pour celle-là, je le crains, il n’existera pas de sitôt un vaccin…

  • Dans toute alerte gouvernementale, chercher par priorité :
    – le nouveau mensonge
    – la nouvelle taxe

    Ainsi, vous ne serez jamais déçu ni surpris par la corruption des édiles.

  • en fait…les développement des épidémies est bien lié aux échanges..et leur intensité me semble t il..

    mais les échanges ne sont pas l’apanage des libéraux.. ou de la mondialisation il y a toujours eu des échanges et des épidémies…

    les européens débarquent aux Amériques..et paf « génocide involontaire »…
    la peste arrive en europe..

    mais faut savoir ce qu’on veut…

    l’humanité vit un age d’or en terme de simple probabilité de survie d’un être humain…grâce aux échanges..

    • de mémoire, jordan peterson cite assez souvent une étude que je n’aie jamais cherchée qui met en évidence que les pays isolationnistes sont moins affectés par les maladies contagieuses..
      et l’inverse semble vrai la prévalence de maladies semble causer une montée de l’autoritarisme..

    • « l’humanité vit un age d’or en terme de simple probabilité de survie d’un être humain…grâce aux échanges.. »
      Pas d’accord, vous inversez les termes.
      L’espérance de vie des humains est uniquement due aux progrès de la médecine, découverts en général par un homme seul.
      Mais il est indéniable que les progrès sanitaires ont été un facteur favorisant le développement des échanges.

  • Dans une société capitaliste à la morale douteuse tout est à vendre même les fakenews

  • nos bons politicards rêvent de passer le pays  » au stade 3  » , puisque d’après le ministre de la santé la France est presque à l’article de la mort ; quel pied pour eux de pouvoir interdire tout rassemblement , en plein air ou pas ; quel régal d’affoler les gens pour mieux les asservir ; s’il y a un virus à éradiquer , c’est celui que propage les politiques pour mieux asseoir leur pouvoir ;

    • On est déjà depuis longtemps au stade 3 à l’hôpital, pénurie de lits et de personnel, une étude belge nous renseigne sur ce qu’il va se passer, faudra pas être vieux dans quelques temps, sacrifiés ils seront… Ou avoir bcp d’argent.

  • Quand il a envoyé la Vidéo de sa branlette Benjamin n’a rien « anonymé » Il voulait être certain que sa dulcinée d’une poignée d’Octets soit sut de l’authenticité de la partie centrale du film.

  • La petite bête.
    Exploiter les peurs d’une population est le plus sûr moyen de la contraindre à tout ce qu’on veut.
    Il en va de même des religions qui permettent à une minorité de soumettre les peuples à une peur inventée.
    Quand on voit que des gens revenus d’Italie par avion ne sont pas du tout contrôles à l’aéroport (lieu où par définition le contrôle est facile) . Et que à longueur de journée nos « responsables politiques » relayés par la presse aux ordres nous expliquent les mesures à prendre, on mesure le fossé qui existe entre le discours de ces gens et leur capacité à gérer un quelconque problème. Dormez brave gens l’état s’occupe de vous, et si vous décédez l’état s’occupera de vous biens.

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