France : une administration au taquet

Tout ne va pas si mal en France : l'administration est encore capable de se faire payer pour détruire l'économie, ou ne rien faire de bon avec brio.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Bureaucracy illustration by Harald Groven(CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

France : une administration au taquet

Publié le 21 février 2020
- A +

par h16

Tout ne va pas forcément bien en France. Outre les influences zétrangères zabominables qui parasitent grandement notre grande, belle et turgesc vigoureuse démocratie, l’économie montre de petits signes inquiétants, les tensions sociales ne semblent pas diminuer, et certains problèmes de partitionnement du territoire font bruisser les petits papiers locaux et nationaux. Néanmoins, s’il y a bien une chose qui continue, elle, vaille que vaille et coûte que coûte, de fonctionner au millimètre près, c’est bien notre administration. Ouf !

Et la caractéristique de cette administration, c’est qu’elle couvre absolument tous les domaines, tous les besoins, toutes les demandes, toutes les interrogations que vous pourriez avoir. Si un domaine n’est pas encore couvert par une administration française, si un concept n’a pas été étudié au millimètre par un comité, une agence ou une commission qui formeront plus tard une administration chargée de produire formulaires et cerfas colorés, ne vous inquiétez pas : ou bien c’est prévu et déjà dans le tuyau, ou bien c’est que vous n’avez tout simplement pas correctement considéré la question.

Question à laquelle cette administration s’empressera d’apporter une réponse, évidemment indispensable. Ou de vous la refuser énergiquement. Ou, de la même façon, d’oublier de vous répondre.

Et dans tout les cas, elle le fera avec application, de façon irrévocable et, de toute façon, à vos frais, en emportant un maximum de vos espoirs avec elle. Si, par dessus le marché, cette administration peut provoquer votre ruine, c’est un bonus qu’elle tentera souvent.

C’est ainsi que, grâce à l’argent de vos impôts, de vos taxes, des ponctions opérées tous azimuts et des nombreuses amendes qu’elles distribuent, bref grâce à votre argent, ces administrations vont méticuleusement vous pourrir la vie.

C’est le cas de la CNIL dont la mission et les pouvoirs, généralement restreints au point d’être souvent risibles, s’expriment heureusement avec puissance lorsqu’il s’agit de fusiller une entreprise française et les emplois qui vont avec : son action est maintenant déterminante dans le dépôt de bilan de l’entreprise Fidzup, spécialisée dans des campagnes marketing géolocalisées et qui fonctionnait très bien depuis neuf ans. Grâce à l’absence de communication de la CNIL, sa procédure très longue, lente et opaque, et une mise en demeure publique qui a définitivement fusillé le carnet de commandes de la startup française, Fidzup a plié les gaules.

Pas une larme des administrations et de l’État ne sera versée pour le manque-à-gagner en taxes et en impôts. Probablement parce que la mésaventure de Fidzup n’est qu’un énième avatar de ce qui arrive chaque jour à des douzaines d’entreprises françaises dans tous les domaines : avec plus de 400 000 normes à faire appliquer, les occasions ne manquent pas pour nos grandes administrations de torpiller tel commerçant, tel industriel, tel artisan ou telle startup au motif qu’elle a fait un truc (parmi les 400 000) de travers.

Du reste et comme en témoigne Frédéric Paya, journaliste spécialisé dans l’économie, l’accumulation de ces normes, de ces contraintes administratives et les trilliards de cerfas joufflus que nos bureaucrates enfiévrés nous pondent à un rythme toujours plus soutenu finissent par coûter un pognon de dingue 60 milliards d’euros à la France…

Mais objectivement, qui peut se plaindre de dépenser cette montagne d’argent pour d’aussi indispensables ouvrages, d’aussi nobles buts afin que tout soit correctement calibré, rangé, normé, régulé, vérifié, contraint, taxé, suivi, scruté, interdit et contrôlé ?

D’ailleurs, on aurait tort de se plaindre lorsque le travail est fait puisqu’alors, pour le même coût, il pourrait ne pas être fait du tout.

Eh oui, magie de nos administrations jamais en manque d’une idée lumineuse : à côté de celles qui, zélées, ont compris qu’on pouvait saboter le travail des contribuables en cramant l’argent qu’on leur prend de force pour leur pourrir la vie, on trouve ces administrations qui ont compris que, payées pour faire un travail, elles pouvaient aussi saboter la vie des autres en s’ingéniant à ne surtout pas le faire.

C’est ainsi qu’on apprend que l’AGESSA, la sécurité sociale des artistes-auteurs et dont l’objet consiste (sans surprise) à couvrir maladie et retraite des artistes et auteurs, aurait pendant 40 années de suite relevé le défi d’oublier de collecter les cotisations retraites de leurs assujettis. Et alors qu’il était indiqué aux cotisants qu’ils étaient bien prélevés au titre de leur retraite, il apparaît dans un récent rapport (le rapport Racine) qu’en fait, que nenni, il n’y a rien au bout : cette administration a consciencieusement fait un stupéfiant non-travail de collecte pendant 40 ans. Courronné de succès, bien évidemment : plus de 190 000 retraités verront leur pension amputée par le consciencieux non-travail de ces tâcherons républicains flamboyants d’incompétence.

De la même façon, on pourrait citer les nombreux cas d’employés de ces administrations pléthoriques qu’on aura choisi de garder bien que n’ayant plus aucune tâche à faire ou que les conditions d’emplois aient été largement modifiées sans pour autant que le poste n’ait été supprimé.

Depuis le cas récent de ces éboueurs payés à ne rien faire jusqu’à cet employé SNCF payé à rester chez lui pendant 13 ans, les exemples abondent de ces administrations étatiques ou para-étatiques qui distribuent de l’argent en échange d’un rien aussi discret que coûteux.

Non vraiment, tout ne va pas totalement mal dans ce pays. Oh, bien sûr, le président de la République est bien embêté avec ses députés grivois et ses ministres idiots, l’économie qui ne décolle pas vraiment, la mairie de Paris qui échappe à son camp, sa « réforme » (méforme ?) des retraites qui n’en finit pas de se dégonfler dans un pschitt misérable, et tout le reste de sa communication qui – dans les bons jours – le fait passer pour un gros nul.

Mais au moins peut-il compter, en tous lieux, en tout temps, sur cette grande et belle administration qui sait transformer l’or en plomb et l’argent en air chaud, qui présente la facture aux contribuables, et qui parvient en plus à se faire payer.

En tout cas, jusqu’à maintenant…


Sur le web

Voir les commentaires (31)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (31)
  • je me tue a le dire , c’est l’administration qui gouverne
    les élus ne font que passer

  • Et donc … Les libertariens ont raison : le moins d’administration / gouvernement, le mieux les peuples et les économies se portent.
    Cf l’Espagne et la Belgique qui ont régulièrement des vacances du pouvoir (les veinards) et dont les économies rebondissent subitement pendant ces périodes.
    Ce sujet ne ressort pas des 18 mois de billets jaunes et de grève contre la réforme des retraites. C’est bien la preuve que tout le monde se tient le menton avec notre argent.
    La réforme des retraites = un méga monopole pour dezinguer des mini monopoles.

    • Evidemment que les libertariens ont raison , ca tombe sous le sens,
      et les indices historiques pointent aussi dans cette direction comme vous l’avez souligné!

  • Il y a une certaine frustration de voir que les remèdes sont simples et connus mais qu’il ne seront jamais appliqués à cause de l’inertie du pouvoir ou à cause de l’immobilisme de beaucoup de français.

    • Oui, mais comment un citoyen lambda peut-il, même en se regroupant avec ses semblables, faire évoluer l’administration ?

      • Faire évoluer, aucune idée, mais paralyser ca doit être possible, les enfants regardaient les 12 travaux d’Asterix et Obelix l’autre jour, et le passage dans les administrations (la maison qui rend fou) à un conclusion qui doit être implementable dans la réalité, vu le point ou nous en somme !

    • les français sont des pleutres ils râlent constamment mais quand il s’agit de lutter intelligemment contre les politiques qui les spolient y’a plus personne..on a ce qu’on mérite, c’est triste à dire mais c’est vrai.

  • L’Administration, comme l’Education nationale d’ailleurs, est un système clos, étanche, qui fonctionne en circuit fermé, pour lui-même, et qui en aucun cas n’interagit avec l’extérieur.

  • La CNIL est une abomination juridique en particulier depuis qu’elle à le pouvoir de sanction.
    Quand vous êtes visés par elle, elle vous dit d’abord que ce que vous faites « c mal ». Bien sûr vous pouvez contester. Vous serez alors jugés par …. la CNIL !
    Je ne comprends même pas comment cela peut exister dans un pays civilisé. On me souffle à l’oreille qu’effectivement cela n’existe pas dans les pays civilisés.

    • @Gordon
      Bonjour,
      Un peu comme le tribunal administratif. Celui-ci ne sert qu’à tenter de réfuter une sanction donnée par l’Administration. L’Administration fait appliquer SES règles, et condamne sans procés,C’est alors que pour contester il faut aller au tribunal administratif.

    • et certains croient encore vivre en démocratie par ce qu’on leur donne le droit de voter (pour des élections forcément tronquées au final)

  • La solution est pourtant simple, suppression du statut de fonctionnaire et impossibilité de se présenter à une élection sans avoir définitivement démissionné de la F.P pour éviter le renforcement de la caste de parasites

  • J’en suis bientot a 6 mois d’attente pour une creation de selarl a marseille… dernière avanie, le chèque de 5000 euros de droits d’enregistrement fait aux impôts m’a été renvoyé parce que les impôts ne prennent plus les chèques.
    Sauf qu’un gland dudit service m a dit l’inverse la semaine dernière.
    5000 balles et 6 mois de délais pour créer 4 formulaires format A4 et un coup de tampon… qui est l’abruti qui a dit que la france était un paradis fiscal déjà?

    • pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ..c’est ce qu’on apprend aux fonctionnaires .

      • Et c’est là que tu te dis que les fonctionnaires sont incapables d’innover et de prendre d’initiative… A aucun moment dans ce genre de service il y a un gars qui a du se dire, peut être qu’il faudrait qu’on améliore notre process non ?

  • L’AGESSA… comment dire… une escroquerie en bande organisée, du racket.

  • Je suis globalement d’accord avec vous. Et je suis sidéré en lisant l’histoire de Fidbuz.

    En revanche en lisant les premières lignes du rapport racine sur le site de l’AGESSA, je ne peux m’empêcher de vous trouver une certaine mauvaise foi. Ils expliquent (et c’est leur version certes) que les personnes concernées n’étaient pas éligibles aux cotisations. Je cite :

    « Cette population d’assujettis se composait principalement :

    d’artistes-auteurs dont l’activité de création artistique n’était pas l’activité principale. Leurs faibles revenus artistiques ne leur ouvraient que peu de droits au régime social des artistes-auteurs (chaque année, 90% des assujettis ont perçu des revenus inférieurs à la moitié du seuil d’affiliation). Ils bénéficiaient, par ailleurs, de la couverture sociale de leur activité principale et s’ouvraient donc des droits à la retraite ;
    d’agents publics, qui exerçant en parallèle une activité artistique, étaient toutefois dispensés de précompte jusqu’en 2015 ;
    d’artistes-auteurs déjà retraités : leurs cotisations auraient été reversées à la solidarité interprofessionnelle du régime général, sans leur ouvrir de droits ;
    d’artistes-auteurs (environ 10 000) dont les revenus artistiques dépassaient le seuil d’affiliation. L’affiliation étant une démarche volontaire et une obligation pour les artistes-auteurs dont les revenus dépassait le seuil, ces derniers auraient dû s’identifier auprès de l’Agessa. Ceux dont les revenus étaient inférieurs pouvaient obtenir leur affiliation et cotiser sur le seuil, validant ainsi quatre trimestres de retraite (affiliation à titre dérogatoire). »

  • Rien en changera. On peut en discuter jour et nuit. Les français se plaignent de l’état et de l’administration, mais sont incapables de s’en passer. C’est une relation toxique.

  • On ne sera pas la première nation à mourir de son administration pléthorique et étouffante comme les Incas, les Romains, les Mayas, les Egyptiens, l’URSS etc.. C’est juste les conséquences d’une loi physique dite « de Parkinson » (cf..)

  • « Oh, bien sûr, le président de la République est bien embêté avec ses députés grivois et ses ministres idiots, »
    Ou plutôt :
    « Oh, bien sûr, le président de la République est bien embêté avec ses députés idiots et ses ministres grivois, » ?

  • voui…mais l’horrible vérité..parce qu’on leur bourre le mou ( édudaction et médias publics) les français en redemandent.

    mieux certains commencent à placer les gouvernement élus sous la tutelle de la justice…

  • Un bon Covid19, et ils nous foutront une paix royale …
    :mrgreen: :mrgreen: :mrgreen:

  • L’histoire de Fidzup est énorme. Par contre, le gars est super gentil face à la CNIL dans la son message, voir un peu bisounours quand même… Il espère qu’elle apprendra de son erreur. Mais lol, les gars recommenceront sans se poser de question ! d’ailleurs, leur premier message était très clair depuis le début : « La CNIL nous indique dans une décision complémentaire qu’elle veut profiter de notre mise en demeure pour éduquer le marché (!). »… Tout est dit…
    Et dire que nous sommes obligés de passer par ces services… Pauvre France…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Entretien exclusif avec Valérie Pécresse sur son programme. Candidate à la présidentielle pour Les Républicains, présidente de la Région Île-de-France, et fondatrice du mouvement Soyons Libres, elle révèle pour Contrepoints plusieurs axes de réformes.

Alexandre Massaux : Si vous êtes élue présidente de la République, quelle serait la première mesure que vous mettriez en place ?

Valérie Pécresse : Après ce quinquennat pour presque rien d’Emmanuel Macron, il faut urgemment lancer un ensemble de réformes pour baisser le poids de la... Poursuivre la lecture

la France
0
Sauvegarder cet article

Par Christophe Didier.

Vous pensiez vivre dans un pays socialiste adepte des règlementations tatillonnes et vexatoires à chaque instant de votre vie ?

Un pays dans lequel le citoyen qui avait pris l’habitude de vivre libre devra échanger cette liberté contre la fraternité ?

Un pays dans lequel l’État ne peut supporter un espace dans lequel les citoyens organiseraient eux-mêmes leur vie sans faire appel à un Préfet, une organisation, une communauté de commune ou d’agglomération, un organisme certificateur et/ou contrôleur,... Poursuivre la lecture

Par Yves Montenay.

Le président Emmanuel Macron a annoncé le 8 avril 2021 la suppression de l’ENA, ou plus vraisemblablement sa transformation.

Les grandes écoles françaises sont internationalement réputées, mais pas l’ENA. Pourquoi ? À mon avis parce que les défauts secondaires des grandes écoles françaises sont amplifiés à l’ENA, et dans quelques écoles sœurs, par le cocon de la fonction publique française.

Or à mon avis, l’essentiel est de s’assurer de la bonne formation des élites françaises.

La réputation mondial... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles