La France championne du monde de la durée de vie en retraite

Generations by Kevin Dooley (CC BY 2.0) — Kevin Dooley, CC-BY

La France championne du monde de durée vie en retraite : ne serait-ce pas une des principales causes des déficits ?

Par Daniel Moinier.

Alors que les Gilets jaunes réclament du pouvoir d’achat, un RIC pour en discuter, que les entreprises recherchent désespérément des candidats, que les déficits sont constants, il existe une opportunité pour combler les attentes afin que chacun y trouve son compte.

En diminuant ce temps de vie en retraite qui coûte à l’État des fortunes, mais pas seulement à lui, qui ne bénéficie financièrement à personne, il serait possible de remonter le pouvoir d’achat global, apporter des possibilités de gestion financière positives à l’État, aux collectivités, et des emplois expérimentés aux entreprises.

La France championne du monde de la durée de vie en retraite

La France est de loin la championne du monde de la durée de vie en retraite et cela a un coût énorme, pour l’État mais aussi pour toute la société. Ce sont 6,2 années de plus que la moyenne de l’Union européenne !

Et pourquoi cet écart ? Il y a quatre raisons :

  • une durée de vie parmi les plus longues du monde
  • la durée d’activité la plus courte
  • des départs en retraite les plus précoces
  • des départs anticipés encore très importants

Source: Eurostat pour l’espérance de vie, CLIESS pour les âges légaux, calculs de la rédaction

Un constat

La France doit trouver au minimum le financement de 6,2 années supplémentaires par rapport à la moyenne de l’UE.

Il est très important de noter que chaque année non travaillée vers 60 ans et plus, ce sont 65 milliards d’euros de perdus par an pour l’économie française. Soit environ 400 milliards par rapport à la moyenne de l’UE, deux fois le déficit réel annuel de la France ! Nous empruntons depuis quelques années environ 200 milliards par an voire davantage pour combler tous les déficits.

Et c’est sans compter les retraites anticipées pour ceux qui ont commencé à travailler à partir de 14 ans.

Dès son arrivée en 2012, François Hollande a institué des départs anticipés pour ceux ayant commencé à travailler entre 18 et 20 ans, soit une perte totale annuelle supérieure à 11 milliards.

Dans d’autres pays, on a toujours gardé une base de 65 ans pour les départs en retraite, ou augmenté la durée du travail ; d’autres pays ont fait les deux. Ainsi, l’Allemagne a toujours gardé les 65 ans et voté ensuite les 67 ans.

Aux Pays-Bas, en Pologne, en Allemagne et en République Tchèque, l’horizon est encore plus lointain puisqu’une personne née en 1963 va devoir travailler jusqu’à 67 ans.

Et en Australie ce sera 70 ans.

Alors que le nombre d’offres d’emplois non pourvus, surtout expérimentés et qualifiés, n’a cessé d’augmenter depuis près de deux ans, 600 000 à la dernière estimation, nous envoyons à la retraite les plus expérimentés qui n’auraient aucunement besoin de formation.

Aujourd’hui les entreprises se trouvent face à un problème important : trouver du personnel expérimenté en un temps record. Pour le résoudre, la seule solution est de trouver des chômeurs ou bénéficiaires du RSA qui veulent bien travailler, et formés auparavant par des organismes spécialisés. Sinon, les entreprises se privent de personnel et limitent leur chiffre d’affaires, ce qui est très mauvais pour l’économie.

La possibilité la plus rapide serait de supprimer les retraites anticipées, soit 200 000 salariés par an qui continueraient à travailler en conservant leur expérience et savoir-faire. L’idéal pour l’entreprise mais aussi la France.

Oui, 200 000 salariés qui continuent de travailler, ce sont :

  • 200 000 retraités de moins à supporter par les caisses
  • 200 000 salariés qui cotisent
  • 200 000 salariés qui paient davantage d’impôts
  • 200 000 salariés qui consomment 35 % de plus

Il est bien de rappeler deux choses importantes qui expliquent le chômage, le déficit de l’État et des caisses :

  • un salarié d’environ 60 ans qui ne travaille pas (retraite ou chômage) fait perdre la valeur financière de quatre jeunes embauchés.
  • le taux de non emploi des seniors est proportionnel au taux de chômage des jeunes.
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.