Loi contre la haine : préparez-vous à la censure généralisée… et externalisée !

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Loi contre la haine : préparez-vous à la censure généralisée… et externalisée !

Publié le 25 janvier 2020
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Par Frédéric Mas.

Lundi 20 janvier un collectif d’associations féministes, LGBTI et antiracistes prenait la plume dans Libération pour mettre en garde contre les effets pervers de la loi contre la haine sur internet. La loi en question prévoit en effet d’obliger les plateformes à fermer tout contenu illicite signalé en 24 heures. Ce n’est plus le juge, mais les plateformes elles-mêmes qui seront en charge de la censure, au risque, en cas de non-exécution, de sanctions financières.

Bien que partant de la volonté de protéger les minorités contre le cyberharcèlement, le texte promet, aux yeux des signataires du texte, de se retourner contre les acteurs, qu’ils soient journalistes, militants ou chercheurs, qu’il cherche à défendre sur le papier. L’épée de Damoclès que constitue cette obligation de retrait ne peut en pratique être respectée que par les grosses plateformes où la censure est automatisée, comme pour Facebook ou twitter : « La loi poussera les plateformes à durcir ces filtres automatiques, risquant d’entraîner une censure massive de contenus licites, et en premier lieu les contenus produits par celles et ceux qui dénoncent les violences en ligne ».

Un amendement plus liberticide encore

Mardi soir, la situation se dégrade encore un peu plus. La Quadrature du Net signale qu’un amendement à ladite loi vient en aggraver le caractère liberticide, si cela était encore possible. Ce n’est plus en 24 heures, mais en une heure que les contenus illicites devront être retirés des plateformes en cas de signalement terroriste ou d’abus sur mineurs. Innovation majeure dans ces deux cas, la police décidera seule des contenus terroristes, sans passer par un juge. On sait à quel point le sens du mot « terroriste » peut être extensible. Le spectre de la censure préalable de l’État réapparaît, et sans la médiation de l’État de droit.

Comme pour le collectif des associations protectrices des minorités, la Quadrature du Net met en garde contre les effets de l’obligation de censurer les contenus illicites en un temps ridiculement court : seules les grosses plateformes peuvent s’en sortir, et pourront fournir la censure automatisée nécessaire à la modération des plus petites. Non seulement des sanctions financières sont prévues pour faire plier les récalcitrants, mais la police pourra exiger que les fournisseurs d’accès à Internet empêchent l’accès à cette plateforme depuis la France.

Une loi autoritaire et au profit du pouvoir sous toutes ses formes

Nous constatons donc l’alliance entre une censure lourde, la concentration des pouvoirs dans les mains du politique et la cartélisation de la censure au profit de quelques grosses plateformes, le tout sous couvert de bonnes intentions.

En remettant de facto à la censure automatique l’essentiel du tri entre bon et mauvais contenu, on se condamne à l’autocensure et à la pénalisation de contenus licites passés entre les mailles du filet posé par les algorithmes. Tout le monde a déjà éprouvé les limites de la censure automatique sur les réseaux sociaux. Elle est loin d’être parfaite, et n’est pas capable de délibérer correctement sur les cas litigieux, ce qui entraîne toujours la nécessité d’arbitrages humains.

Le pouvoir donné à la police de définir ce qui est de l’ordre du contenu terroriste, pouvoir donné sans doute au nom de l’efficacité et de la vitesse d’exécution de la décision, est proprement renversant, en particulier à un moment où les accusations de violences policières se multiplient. Qu’est-ce qui garantit que demain, ce ne sont pas les Gilets jaunes, les syndicalistes ou encore les critiques un peu trop radicales de l’État qui seront accusés d’atteinte à sa sûreté ? Il faut rendre au juge sa place d’honneur, comme dans n’importe quelle démocratie libérale qui fonctionne correctement.

Enfin les seules plateformes capables de fournir la censure automatique adaptée à la nouvelle législation sont les big players, les Facebook et les Google, qui risquent de se partager le rôle de nouveau censeur public. Certains s’insurgent contre la « privatisation » de la censure, et le « désengagement de l’État » dans ce domaine. Il faut au contraire comprendre le mouvement de la puissance publique comme une externalisation de ses services parce qu’en expansion, ou pire, une véritable nouvelle délégation de service public sans frontières physiques. La toute-puissance de l’État bureaucratique ne doit pas nous faire glisser vers l’État de surveillance généralisée. Il nous faut rester vigilants.

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  • Cette loi constitue la promotion d’un beau marché en perspective pour les fournisseurs de VPN.

    • Pas vraiment ,il s’agit des sites donc connus pas des internautes anonymes.c’est une police a deux niveaux qui condamne l’auteur et l’organisme délivrant le message publiquement….sans doute que plus tard une troisième couche s’attaquera au lecteur de l’information interdite.

  • Le prétexte terroriste a bon dos. C’est déjà le cas pour les fiches « S » (l’atteinte â la sûreté de l’Etat est une notion extensible). La dérive de la police qui passe de la protection de la population à celle des institutions est du même ressort.
    Les lois de censure ont pour objectif de protéger le « système ». J’entends par là un ordre international qui vise une gouvernance mondiale non démocratique, et vers lequel nos gouvernants successifs ont toujours plus soumis nos lois intérieures.
    Parallèlement les populations (pas seulement en France) étaient soumises à une sorte de Pravda de l’ouest qui, au-delà d’une apparente diversité, interdisait le débat sur toutes sortes de sujets sur lesquels la propagande imposait une « pensée unique ». Ceci a été fort bien dénoncé par Soljenytsine . En gros, tout ce qui s’oppose au projet mondialiste ne doit pas être remis en question, tout ce qui le sert doit etre présenté comme la vérité. Ce qui était le cas pour les médias touche maintenant les lieux de savoir (universités etc…)
    Internet a réintroduit de la diversité dans l’information, il a donné une voix à des gens qui n’en avaient pas et dont les compétences sont indiscutables. Il a permis l’èmergence d’un nouveau journalisme, plus libre.
    Il faut donc, du point de vue de l’oligarchie, y remédier. E. Macron, qui se veut le premier de classe de cette oligarchie qui l’a fait élire, fait du zèle; je pense que le mépris des élites qui nous gouvernent va jusqu’à se moquer complètement de nos récriminations tant qu’on ne va pas chercher l’hôte de l’Elysée chez lui.
    Les autres pays occidentaux ne sont pas épargnés. Les super agences de presse qui orientent nos médias sont supranationales (IISS, CAPS…)

  • « je suis charly » je me souviens avoir écrit sur le coup que ça allait finir par des lois limitant la liberté d’expression…

    ils sont où les intellectuels?

  • et on critique la Chine !

    • Avant l’Amérique était en avance sur nous ,maintenant c’est la chine qui est en avance sur le monde

      • La Chine, l’Amérique mais quid de l’exception française qui s’exerce par « le droit » régalien à la désinformation; un « droit » permettant de censurer la révélation d’une information objective et impartiale…
        Par exemple amis commentateurs, essayez vous à publier des informations statistiques sur le véritable cout de l’immigration notamment au niveau des surcouts de la sécurité publique, de l’administration pénitentiaire, de toute la panoplie des aides sociales, des répercussions néfastes du communautarisme sur notre société actuelle ou de ce qu’il en reste…

        • claude henry de chasne
          25 janvier 2020 at 11 h 29 min

          ben c’est interdit! ha!ha!ha!

        • Et risquez-vous à informer sur les véritables causes de la politique migratoire, alors là…

        • Pour publier des stats interdites , il faut qu’elles existent ! Donc , ce ne sont que des fake.
          Et de toute manière il est impossible de calculer le coût de l’immigration ,trop de paramètres inconnus.

          • Mais voyons, les « stats » existent mais elles ne sont pas consultables par tous les citoyens.
            Par exemple en matière de personnes détenues par l’administration pénitentiaire, on dispose de toutes les informations notamment sur les origines ethniques et sur les pratiques religieuses et autres.
            Il en est de mème en ce qui concerne le secteur de la santé et des aides sociales.
            Il en est encore de même concernant la « réforme » des retraites ou l’on sait avec précision ce qu’une catégorie de français devra payer en plus et, le moment venu, ce qu’ils vont recevoir en moins…
            Il faut croire que nos gouvernants savent ou sauront prendre les français pour ce qu’ils sont….

  • Anastasie n’est pas morte.
    Il reste « la langue d’Esope » qui donnera du fil à retordre aux robots.

  • Un jour, F. Fillon avait avoué d’un air résigné à de P. de Villiers qui s’étonnait de ses « fréquentations » au Bilderberg: «ce sont eux qui nous gouvernent»…
    Pour ceux « qui nous gouvernent », le contrôle des populations passe par celui de l’information.
    Le principal « défaut » (pour nous) de l’information officielle est qu’elle est tronquée. Une information tronquée altère notre jugement, bien souvent dans un sens favorable au pouvoir.
    Dans une vraie démocratie libérale, on laisserait faire puisque la recherche de la verité passe par le débat pluraliste. Mais nous ne sommes pas dans ce cadre.
    Exemple récent: l’épidémie chinoise qui, comme Greta, nous invite à paniquer. Pourquoi ou plutôt dans quel but, les médias ne rappellent-ils pas ce fait pourtant récent:
    https://www.francetvinfo.fr/sante/decouverte-scientifique/chine-nouvelle-etape-pour-le-premier-laboratoire-p4_2070431.html

    Internet, formidable moyen de partage, vient bousculer ce contrôle de l’information et donc le contrôle des populations.
    « Ils » feront tout pour garder ou retrouver ce contrôle. Et le « modèle » chinois de contrôle social les intéresse beaucoup…

  • Jupiter a donné sa définition de la démocrature.
    Il devait se regarder dans une glace lorsqu’il l’a élaborée!

  • Plus l’état se sent menacé plus il s’en prend aux libertés. Menaces extérieures (terrorisme …), menaces intérieures (gilets jaunes …), un état centralisé comme l’état Français ne s’en sort jamais « par le haut » (par exemple en se réformant lui-meme et en réduisant ses dépenses), il glisse invariablement vers les mesures coercitives, les contraintes administratives et finalement vers la réduction des libertés individuelles. Il ne peut que se « renforcer ».
    « L’état couvre la société d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes. Il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige. Il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse; il ne détruit point , il empeche de naitre; il ne tyrannise point, il gene , il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin la nation qui s’est donné à lui à n’etre plus qu’un troupeau d’animaux timides et indistrieux, dont le gouvernement est le berger ». Tocqueville – 1846

  • et ensuite l’auteur parle de la France qui n’est pas une dictature..et pourtant il parle de censure généralisée, toute puissance de l’Etat, amendement liberticide..trouvez l’erreur.

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